Technique : comment améliorer son coup de rame en surf – avec Jamie Mitchell
Posté par Surf Prevention dans ACTUALITES, Figures de surf, Surf Tip le 22 février 2012 16:23 / 4 commentaires
Pour limiter les risques de blessures en surf, il est très important d’acquérir une bonne technique, et pas seulement quand on est debout sur la planche. Comme le surfeur passe le plus clair de son temps allongé à ramer, il doit avant tout avoir une technique de rame efficace. Les questions que l’on se pose quand on évoque la rame sont celles de savoir comment utiliser ses mains, comment les faire entrer dans l’eau, comment mettre ses doigts, etc. Pour tenter d’améliorer notre rame, voici quelques éléments de réponse dans cet article.
Pour répondre à ces questions, personne n’est mieux placé que le surfeur-paddleboarder Jamie Mitchell, qui a remporté la course prestigieuse Molokai-Oahu 10 fois de suite, et qui s’est récemment illustré dans le surf de très grosses vagues en remportant le prix « Surfing Life’s Oakley Big Wave Awards »Â de la plus grosse vague prise à la rame (vidéo).
Pour Jamie Mitchell, il ne sert à rien de serrer ses doigts les uns contre les autres ; les doigts doivent être rapprochés certes, mais il faut garder un petit espace entre eux. La main doit rester souple et ferme. Une idée reçue est qu’il vaut mieux avoir sa main repliée comme une coupe. En fait, la technique la plus efficiente pour ramer est de garder la main à plat.
Il est important que la main entre dans l’eau dans la bonne direction : la main ne doit pas partir de la planche vers l’extérieur mais au contraire se diriger vers le milieu et le dessous de la planche. Ensuite, quand elle se rapproche de l’estomac, elle doit ressortir le plus naturellement possible de l’eau.
Il est également très important d’être bien positionné sur sa planche pour ramer au mieux (pas trop devant où vous piquerez du nose, pas trop derrière ou vous coulerez) ; sur chaque planche on arrive à trouver « le point G », le positionnement correct, qui dépend aussi de notre taille et de notre gabarit. Le but est d’avoir le plus de surface de planche au contact de l’eau en adoptant la position la plus confortable possible.
Jamie Mitchell remarque chez de nombreux surfeurs une tendance à envoyer les bras dans tous les sens. Il les appelle « les moulins à vent ». Ces surfeurs gaspillent une énergie inutile par des mouvements parasites et inefficaces. En comparant la rame avec la boxe, il explique que les bras ne doivent pas faire le même mouvement qu’un crochet du droit ou du gauche mais plutôt celui d’un direct.
Jamie Mitchell conseille de bien observer les mouvements des champions de natation, en nage libre (crawl) notamment, comme Alain Bernard par exemple. En s’inspirant de livres techniques de natation, on apprend beaucoup de choses intéressantes.
On se rend compte par exemple que le bras ne doit pas être en extension totale quand on rame. Avoir le bras tendu implique surtout de pousser vers le bas, plutôt que vers l’arrière (ce qui nous intéresse avant tout). L’idéal est de faire rentrer son bras dans l’eau avec le coude légèrement fléchi.
Quand la main entre dans l’eau, elle ne doit pas taper dedans mais plutôt la perforer proprement : au lieu de faire un plat, elle doit rentrer nettement. Si vous tapez dans l’eau, les bulles d’air formées autour de votre main rendront votre rame moins efficace.
Il est important de trouver le bon rythme de rame avec une continuité entre les mouvements permettant de profiter de l’élan généré : ramer de manière saccadée demande beaucoup plus d’énergie.
On doit sentir une résistance quand on rame ; on doit sentir que les bras et les épaules travaillent. « No pain, no gain » déclare Jamie Mitchell. Une étude australienne* vient d’ailleurs de démontrer un lien entre le force de traction du haut du corps et les capacités de rame rapide des surfeurs.
Il conclut en disant que chacun a sa manière de ramer et doit trouver la technique qui lui est la plus confortable, sans avoir peur d’essayer des façons différentes de ramer jusqu’à trouver la technique optimale. Jamie Mitchell, qui est un esthète de la rame, trouve autant de plaisir à l’améliorer qu’à travailler sa glisse quand il est debout sur sa planche.
Pour résumer, la rame implique une main souple, étendue, avec des doigts légèrement écartés, une flexion adaptée du coude et des épaules puissantes. La rame doit être le plus fluide possible en trouvant le meilleur compromis entre économie de mouvement et efficience du geste. On pourrait ajouter d’éviter de trop cambrer la colonne vertébrale en hyperextension comme on le voit souvent.
Sources : Proper Paddling. Ask the expert. Transworld Surf Magazine. December 2008.
*Sheppard JM, McNamara P, Osborne M, Andrews M, Oliveira Borges T, Walshe P, Chapman DW. Association between anthropometry and upper-body strength qualities with sprint paddling performance in competitive wave surfers. J Strength Cond Res. 2012 Jan 25.
Lire aussi : comment ramer en stand-up paddle ?
Tags : Prévention, rame surf, surf technique, technique pour ramer en surf, tendinite
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4 Comments
La rame c’est avant tout de la natation et on comprend mieux pourquoi ce sport est tellement complémentaire au surf. Le fait de casser le bras permet, outre le fait d’aller chercher l’eau sous la planche, de moins se fatiguer que si on avait le bras tendu, donc une rame efficiente.
le bras cassé est un geste qui se perd en nage libre, surtout en sprint 50 et 100 metres, confere bousquet ciello…il ne faut pas banir le ZERO flex en natation car c’est une option qui fait des records. par contre en rame c’est clair il faut casser.
Mais qu’est ce que c’est moche. Pankratov reste une référence pour moi.
Désolé,c’était juste une remarque par passion pour la natation;-)
Bonsoir,
Même si je vais dans le sens des explications données par Jamie Mitchell, il ne faut pas oublier que les réponses motrices trouvés par les sportifs de haut-niveau correspondent à des vitesses et des contraintes que le commun des mortels n’atteignent pas. En quelques sortes, leurs techniques réponds à des contraintes spécifiques. D’ou l’intérêt d’expérimenter et de trouver sa propre solution et pourquoi pas se faire corriger par un professionnel de l’entraînement, un collègue dans l’eau ou en utilisant la vidéo. La technique et le gainage sont les premières solutions pour éviter les blessures chroniques.
Cordialement
SG