Surfer est la célébration d’une existence pleine et authentique qui ne convient guère aux balisages qu’affectionne notre temps. On comprend mal l’obstination des surfeurs à vouloir répéter les mêmes gestes, à déployer autant d’efforts pour un plaisir si éphémère.

Quoi de plus insensé en effet, dans nos vies accélérées, toujours dans l’urgence, que de se mettre à l’eau et d’attendre une vague hypothétique ? Quoi de moins raisonnable que d’aller au devant du danger, alors que partout s’exprime l’obsession de la sécurité ?

Entrer dans le tumulte glacial pour défier les puissances créatrices, répéter l’incessant corps à corps où fusionnent l’homme et l’élément, se laisser dériver à la surface de l’eau, représente bien plus qu’un jeu ou qu’un divertissement.

Le surf, hymne à la lenteur et à l’altérité, est une discipline à contretemps. En luttant de manière fugace contre l’océan, le surfeur revendique sa singularité.

Le surfeur est l’iconoclaste qui avance à contre-courant du modèle établi. Pour cette raison, il est souvent mis à l’index, catégorisé comme le marginal, l’antiproductiviste indésirable qu’on dédaigne ou qu’on raille. Mais il est aussi – on se l’avoue rarement – celui qu’on envie d’avoir su prendre d’autres chemins.

D’après un extrait du livre « L’INSTINCT DE LA GLISSE. Petit hymne au surf, aux vagues et à la liberté » de la collection « Petite Philosophie du Voyage ». Ce livre de 90 pages explore le monde océanique à travers l’expérience du surfeur, Lodewijk Allaert. Il nous immerge dans un univers poétique dans lequel l’invitation au voyage se mêle à l’instinct de la glisse et à la quête de liberté. Prix 2011 de l’ADELF, association des écrivains de langue française.

 

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A propos de l'auteur :

Surf Prevention est le site Internet sur le Surf, la Santé et l'Environnement.

 

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11 Comments

  1. Marc dit :

    Tout çà c'est du cliché à deux balles ….Le surfeur d'aujourd'hui,c'est l'homme "moderne " et je dis cela avec une certaine ironie …!en effet ,la majorité des surfeurs nouveaux n'ont rien compris à la magie du surf ,c'est le reflet de notre société que nous croisons à l'eau ..désolé de casser vos rêves ,mais il fallait naître ..il y a longtemps …!Tout çà c'est du blin blin de salon ,les vieux me comprendront…!!! le surfeur d'aujourd'hui est archi formaté ,archi conditionné,limite grotesque ,ça n'a rien à voir avec ce que nous décrit le bouquin …!

  2. Léon de Lyon dit :

    ….Surfer pareil,pensant pareil,habillés pareil,le surfer moderne est cloné à l'infini par cela même qu'il refusait :l'establishment.Le surf est devenu une grosse machine à vendre avec des héros plastiques qui puent la monotonie ,un peu comme des 6'3 al merrick toutes shapees pour surfer pareil dans 1 m 50 .ca .ca donne du sous doué de la réflexion motivé par son demi contrat pro qui promeut le culte du "me ,myself and i " ….égocentriques,narcissiques,vaniteux,on retrouve toutes les tares modernes chez le surfer moderne .comme des al merrick clonées pour surfer pareil ,trois manœuvres jusqu'a la plage .le conformisme des trajectoires à fini par rendre conforme la psyché….le surf est devenu la dernière arnaque à clonerie de la société .

  3. agent23 dit :

    Il ne faut pas pousser, le monde est nuancé comme le surf on trouve de tout à l' eau.

  4. evergreen dit :

    @léon de Lyon… Encore un frusté qui vit loin de la flotte… vu ton pseudo… je me trompe ;-)

  5. compagnon Fred dit :

    Surf is dead….vivre dans le passé ne sert à rien, comme dit Darwin, il faut s'adapter ou disparaitre…..mais je suis quand même nostalgique de ce qu'il était quand j'étais jeune….marginal.

  6. Marc dit :

    Tu as raison Fred,il faut s'adapter comme toute les tribus qui ont étaient mises dans le "droit chemin " au nom du Messie…(rire)mais tu sais ce que je veux dire et je suis sur que nous sommes d'accord…à plus à l'eau vieille canaille ….!!!!

  7. sebastien dit :

    "Quoi de moins raisonnable que d’aller au devant du danger, alors que partout s’exprime l’obsession de la sécurité ?"

    Je ne pense pas qu'on soit obligé d'aller au devant du danger pour surfer. la preuve ici meme il y a un tas de choses proposées pour la sécurité du surfer. Le surfer n'est pas suicidaire ou aux prises à des conduites ordaliques.

    Certains sont casse cou d'autres non…. comme partout.

    je suis un obsede de la securité mais je m'eclate et pour autant je ne vais pas au delà du danger. le surfer serait il uniquement celui qui va dans du 6 ou 8 metres?

    Je dirais que depuis maintenant plus de 15 ans le surfer est devenu un être qui potentiellement peut dépenser de l'argent et même pas mal d'argent (planche,combi,materiel, cours…) donc un individu comme les autres dans notre société ou l'argent est roi…

    C'est vrai dans l'eau on se croit parfois seul au monde (ca devient dur surtout à la belle saison), mais la terre n'est jamais bien loin…

  8. Certains commentaires sont teintés d'amertume et de renoncement. Pourtant le voyage en dehors des chemins balisés nous enseigne que l'esprit de liberté n'a pas disparu de la sphère surfistique. Bien au contraire.

    Nombreuses sont les rencontres qui m'incitent à le penser : Léo, surfeur brésilien et cultivateur de café à Hawaï. David, trappeur Canadien, chasseur de vagues sur son bateau. Béto, pêcheur portugais. Dan, barman Irlandais, surfeur des falaises de Moher. Les exemples sont innombrables et planétaires mais ils tendent à nous faire croire que l'esprit de liberté n'appartient qu'à l'exotisme. Qu'il est lointain est donc difficilement accessible pour nous en France.

    Regardons plutôt autour de nous pour s'apercevoir qu'il s'agit bien moins de géographie que d'état d'esprit. Le groupe de jeunes qui se retrouve le week-end sur la plage, pour goûter au spectacle des vagues, de l'immensité et des premiers pas vers l'indépendance. Les surfeurs itinérant qui font l'impasse sur un appartement confortable pour écumer les parkings au rythme des sessions. Tous les surfeurs, ivres des sensations de la glisse. Non, tout cela n'appartient pas au passé. Le surf ne répond pas qu'à l'ostentation, aux marques ou à la compétition. Penser ainsi lorsqu'on croit au contraire c'est admettre que seul les autres ont le droit de cité. Le discours d'une majorité ne doit pas servir de vérité absolue. Cultivons l'esprit de liberté, soyons des surfeurs d'exception!

    Lodewijk Allaert

  9. sebastien dit :

    merci pour cette reponse allaert

  10. Adrien Chauvet dit :

    Ouais ben c'est pas le cas de tout le monde. Avec ma combi Kanabeach et mon shortboard ricain, tous deux d'occasion, je m'en tire pour 160 euros tout rond. Je touche le rsa, et là je taffe à mi-temps comme jardinier. Je vis en-dessous du seuil de pauvreté mais je surfe. Et je ne me mets pas en danger quand je vais à l'eau.
    Et le surf n'est pas vraiment un hymne à la lenteur, surtout dans du 2m qui ferme… Il y a de tout dans le monde, et ce qui est médiatisé n'est jamais la majorité.

  11. Alexandre dit :

    Que d'aigreur dans ces commentaires… Le surf d'aujourd'hui est ce qu'il est, parce qu'il vient de ce qu'il était, construit par ceux qui sont si aigris.
    J'apprécie l'initiative de cet auteur, qui justement met en lumière ce qu'est le surf, son essence, et ce qu'il procure. il est très bien écrit, se lit facilement. Sa lecture m'a été très agréable et permet de revenir à une vision plus juste de sa pratique.

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