Ces derniers jours, les surfeurs de la Côte Basque ont eu à faire face à plusieurs fermetures de plages à Anglet ou Biarritz consécutives à de violents orages et à des inondations dans l’intérieur des terres. Ces fermetures sont souvent mal comprises et génèrent des inquiétudes. Que signifient exactement ces fermetures ?

En cas d’épisode pluvieux suffisamment important pour générer un débordement des déversoirs d’orages ou des cours d’eau, la qualité de l’eau de mer peut se retrouver momentanément altérée. Le temps que les analyses soient faites, ou le temps qu’elles reviennent à la normale, les plages sont fermées de manière préventive car on suppose que la dégradation de la qualité de l’eau peut faire courir un risque pour la santé accru.

Le « risque sanitaire » évoqué dans les arrêtés de fermeture est anxiogène mais il faut bien comprendre qu’on ne court généralement pas un risque grave mais plutôt une augmentation du risque de contracter une infection dans l’eau (gastro, otite, infection cutanée, conjonctivite, sinusite…)

Ces fermetures n’ont lieu que pendant la haute saison, de mai à septembre. Il s’agit d’une manière pour les communes de montrer à l’Agence Régionale de Santé (qui contrôle la qualité des eaux de baignade sur cette période) qu’elles prennent des mesures de protection adaptées pour protéger la santé des usagers.

Même si l’objectif de ces fermetures est noble, elles génèrent des mécontentements chez certains vacanciers qui ne comprennent pas toujours qu’on leur interdise l’accès à la mer pendant leur séjour. Et il arrive fréquemment à des surfeurs de braver ces interdictions quand il y a des vagues, en allant surfer en dehors des zones ou des heures de surveillance.

J’avais posté en 2011 un article critique sur les drapeaux rouges en cas de pollution. Pour lever l’ambiguïté sur la signification du drapeau rouge (qui pouvait aussi bien signifier une mer dangereuse qu’une pollution), j’ai suggéré à mon arrivée au poste d’adjoint à l’environnement à Biarritz un drapeau violet spécifique du risque de pollution (photo).

Il n’en demeure pas moins que ces fermetures de plages ont augmenté ces 2 derniers étés du fait d’un durcissement de la norme européenne sur les eaux de baignade et de la multiplication d’événements pluvieux intenses. Même si dans le même temps les municipalités comme Biarritz travaillent à améliorer en permanence leur système d’assainissement, il reste toujours des situations dans lesquelles les analyses bactériologiques se retrouvent dans le rouge et où il faut prendre des mesures de « gestion active », c’est-à-dire des fermetures de plages.

A titre personnel, je me pose la question de la pertinence des fermetures de plages systématiques quand les analyses sont juste « à la limite ». Qu’on interdise l’accès aux plages quand il existe un risque suffisamment grave paraît évident. Mais les interdire pour des taux de bactéries E.Coli un peu au-dessus de la norme pourrait être sujet à discussion avec les autorités de santé pour faire évoluer la réglementation.

Je suis partisan d’un renforcement de l’information la plus complète possible des usagers sur la qualité de l’eau en temps réel. Mais pourquoi ne laisserions-nous pas à l’usager la liberté de prendre la décision éclairée d’aller dans l’eau, ou de ne pas y aller, en connaissance de cause (à condition que le risque reste « acceptable » bien évidemment) ?

Rappelons que le risque zéro d’infection n’existe pas quand on va se baigner/surfer dans l’océan, et que des mesures simples permettent de limiter les risques.

drapeau violet plage