Un leash qui casse, un vent ou un courant qui porte au large, une série plus grosse que les autres, un malaise, une blessure… Les raisons peuvent être nombreuses pour qu’un surfeur se retrouve en difficulté.  En été, la plupart du temps, les postes de plage veillent : MNS ou CRS interviennent rapidement, étant déjà présents sur les lieux.

Lorsque le sauvetage a lieu dans la bande des 300 mètres, c’est le maire, avec les moyens qu’il a à sa disposition (police, gendarmerie mais surtout pompiers) qui est responsable du sauvetage. Dans le cas d’opérations au-delà de la bande des 300 mètres ou bien si d’autres moyens sont nécessaires (comme un hélicoptère par exemple), c’est au CROSS, Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage que revient la coordination des opérations.

5 CROSS se partagent la responsabilité des sauvetages sur les côtes de la France métropolitaine. C’est le CROSS Atlantique d’Etel (Morbihan) qui est responsable de la zone allant de la pointe de Penmarc’h (sud Finistère) à la frontière espagnole sur la côte basque. Il réalise environ 2000 opérations par an et porte assistance à 5000 personnes, avec un pic d’activité aux mois de juillet et août.

Parmi ces interventions, 13% concernent les loisirs nautiques. En 2013, le nombre de personnes impliquées dans le cadre des loisirs nautiques a été de 314, dont 92 dans la bande littorale des 300 mètres. Le nombre d’opérations d’assistance et de sauvetage s’élevait à 228, impliquant 314 personnes dont 156 secourues, 21 assistées et aucun décès. Le nombre d’opérations de recherche et de sauvetage impliquant des planches à voile s’élève à 47. Le nombre d’interventions relatives à la pratique du kite-surf est en augmentation, 76 opérations pour l’année 2013 (l’augmentation était déjà de 15 % en 2012). Les véhicules nautiques à moteur (jet-skis, scooters des mers…) ont suscité 43 opérations impliquant 45 personnes, dont 5 blessés. La plongée a entraîné 20 opérations impliquant 25 personnes dont 5 blessés. Le nombre d’accidents de baignade (55) (-24,7 %) est en diminution par rapport à 2012. Sont également comptabilisés dans les opérations du CROSS, les chutes à la mer d’une falaise, les suicides ayant donné lieu à des recherches en mer et les pêcheurs à pied. 2013 a montré une nette augmentation du bilan humain : 10 décès ou disparitions, contre 3 en 2012.

Rares sont les images d’un CROSS vu de l’intérieur. Martin Fichez de Nautimages (www.nautimages.fr), également Guetteur au CROSSA Etel a pu réaliser ce film de présentation montrant, entre autres, le fonctionnement de la coordination des moyens de sauvetages (vidéo ci-dessus).  Il y a la SNSM bien sûr mais aussi les hélicoptères de la Sécurité Civile (Dragon 56 à l’œuvre), de la Marine Nationale, de l’Armée de l’Air (RAFFUT SAR sur le sauvetage du Luno à Anglet) ou bien encore de la Gendarmerie (images d’ECU 64 intervenant très souvent sur la côte basque et dans les Landes).  Les pompiers, avec leurs semi-rigides mais surtout leurs jet-skis, interviennent également régulièrement dans le cadre de sauvetages des surfeurs.

kitesurf

Alors imaginez

Votre copain est parti en kitesurf ; vous voyez l’aile dans l’eau et vous vous dites qu’il devrait arriver à la relever… et puis non, le temps passe, le vent pousse au large en cette fin d’après-midi. 2 heures qu’il navigue quand même ! Personne sur l’eau pour aller le voir et le temps de la réflexion, vous ne le distinguez plus très bien derrière les vagues. Vous décidez finalement d’appeler les pompiers.

Un opérateur du 18 prend les premiers éléments. Il décide rapidement de vous mettre en relation avec le CROSS qui va prendre au vu de la situation, la coordination de l’opération. C’est le chef de quart des opérations qui va vous répondre. A ce moment-là, vous ne voyez plus que l’aile sur l’eau qui dépasse. Il va falloir dans un premier temps vous situer géographiquement (Etel, c’est dans le Morbihan) et puis évaluer concrètement la situation. Les pompiers, eux, ont déjà déclenché leurs moyens. Après une analyse rapide de tous les éléments, le chef de quart va diffuser par VHF (radio Marine) un Mayday relay pour alerter tous les navires sur zone susceptibles de porter assistance au kitesurfeur en difficulté. Personne ne répond, la nuit va tomber et les pompiers, le temps d’arriver sur zone, risquent d’avoir beaucoup de mal à localiser votre copain que vous ne voyez plus du tout maintenant… Après concertation avec son officier de permanence, le chef de quart du Cross déclenche alors l’hélico le plus adapté pour intervenir dans votre secteur.

C’est quelques longues minutes plus tard que vous allez entendre le bourdonnement de l’hélicoptère arrivant sur zone. Le camion des pompiers est là, le semi-rigide a été mis à l’eau. L’hélico semble s’arrêter au-dessus d’un point, son plongeur descend au bout du treuil puis c’est votre pote qui remonte… En contact avec le CROSS, le pilote de l’hélico confirme l’identité de la personne en difficulté puis va le redéposer sur la côte. Il sera vu rapidement par les pompiers pour s’assurer que tout va bien… Le semi-rigide ramène l’aile qui continuait de dériver (et qui risquait de déclencher de nouvelles alertes !).

Voilà comment une opération peut se dérouler mais chaque opération est différente !

sauvetage helicoptere

Réalisation : Nautimages

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