Vous vous souvenez du jeune Boyan Slat qui avait pour projet de nettoyer les Océans ? Après le succès de l’opération de crowdfunding qui a permis de récolter plus de 2 Million de Dollars, le projet Ocean CleanUp est désormais bien lancé avec une grande expédition en cours et un projet-pilote en préparation au Japon.

La  « Mega Expedition » de Ocean Cleanup rassemble une trentaine de bateaux partis début août d’Hawaii pour rejoindre Los Angeles. Il s’agit des participants à la Transpac 2015 qui venaient d’effectuer le chemin inverse pour cette grande course à la voile. A l’aller déjà, entre L.A. et Honolulu, les skippers avaient dû composer avec de nombreux macro-déchets qui constituaient des obstacles sur leur route.

Le but du partenariat entre la Transpac et The Ocean Cleanup est de parcourir à plusieurs dizaines de bateaux le Pacifique au sein du gyre océanique suptropical du Pacifique Nord constituant le « continent plastique ». Derrière la bateau Ocean Starr, ils collecteront un maximum de données sur l’ampleur de la pollution plastique dans la zone pour aider Ocean Cleanup à calibrer sa future station de dépollution en plein océan.

Les bateaux volontaires pour la « Ocean Cleanup’s Mega Expedition » participent à ce qui est considéré comme l’une des plus grandes recherches sur la pollution plastique océanique : entre Hawaii et la Californie, ils vont couvrir 3.500.000 km2, et rassembler plus de mesures sur la pollution plastique en 3 semaines que pendant les 40 dernières années. Ces données serviront à évaluer la taille, la masse totale, et la distribution spatiale de la pollution plastique dans le Great Pacific Garbage Patch.

A côté de ça, la premier dispositif côtier opérationnel mis au point par Ocean Cleanup sera déployé courant 2016 au large de l’île de Tsushima, une île japonaise.

ocean cleanup coastal pilot

D’une longueur de 2300 mètres, il s’agira de la plus longue structure flottante jamais déployée dans l’océan (mais elle ne couvrira que 2% de la surface prévue pour la structure finale). Les autorités japonaises ont signé un accord le 20 Mai 2015 pour permettre la recherche et le développement de la première barrière de dépollution océanique.

Tsushima est une île située entre la Corée du Sud et le Japon, dans le détroit de Tsushima. Le courant dépose 30.000 m³ de déchets chaque année sur les côtes et le coût du nettoyage manuel revient environ à 5 Million de dollars annuels.

Le dispositif flottant servira à intercepter les déchets avant qu’ils ne touchent les côtes. Le but sera de tester le système Ocean CleanUp dans des conditions réelles, de l’optimiser et de faire réaliser des économies dans le coût du ramassage des déchets sur l’île de Tsushima.

ocean cleanup Tsushima

Cette mise au point s’imposait devant la publication d’articles visant à discréditer le projet Ocean Cleanup avant même qu’il ne soit lancé. Rome ne s’est pas faite en un jour. Et la mise en place de solutions innovantes pour le nettoyage des Océans prendra aussi du temps !

A propos de l'auteur :

Médecin, surfeur, blogueur sur Surf Prevention. Auteur du livre Surf Thérapie. Adjoint au maire de Biarritz à l'Environnement, Qualité de Vie et Bien-Être.

 

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5 Commentaires

  1. Adrien dit :

    Je suis assez d’accord avec la Surfrider Foundation, citée dans l’article des « Inrocks », sur l’intérêt du projet Océan Clean Up : on fait miroiter au Monde Entier, un dispositif miraculeux qui permettra de passer un coup d’éponge magique sur nos bêtises et notre mode de vie/consommation décadents.
    On peut donc continuer à faire n’importe quoi, puisque Boyan est là pour balayer, « gratos », derrière nous.
    On nous déresponsabiliserait complètement, et ce n’est pas la solution !

    Et sur le plan technique, je ne connais pas la zone expérimentale, mais le pilote sera, visiblement, déployé dans un détroit entre 2 îles. J’imagine des eaux peu profondes, sans houle, et avec des courants constants et unidirectionnels… Pas grand chose à voir avec un barrage au milieu d’un océan.

    Mais peut être qu’ils s’en sont rendus compte et que le projet a évolué vers des installations plus petites et proches des côtes !

  2. Le projet a le mérite d’exister, mais difficile d’imaginer qu’un tel dispositif pourrait nettoyer les océans qui représentent plus de 70% de la surface totale de la planète. Commençons par nettoyer les continents, ce qui permettrait de préserver nos océans, en attendant qu’ils digèrent les plastiques.

    Le projet ne doit pas non plus servir d’alibi pour jeter nos déchets en mer.

  3. DAVY dit :

    On va pas non plus l’empêcher de chercher et de développer une solution non ? Que ceux qui s’occupent de prévention continuent à en faire, et que ceux qui ont des idées pour nettoyer puissent les tester et les adapter. C’est quand même dingue de décrédibiliser un projet qui n’est pas encore lancé. En plus il faut être complètement stupide pour penser qu’on va juste mettre son idée de départ en place et hop le tour est joué. Evidemment qu’il va y avoir des ajustements et des mises au point. Les tests en conditions réelles c’est fait pour ça tout de même. Et ça n’empêche pas de faire de la prévention à coté que je sache. Ce n’est pas à lui de tout faire non plus il me semble.

    • pepere dit :

      bien dit , laissons le faire bordel. Pour réussir, il faut essayer.

    • LucieGALIANA dit :

      C’est vrai ça alors ! Ils nous cassent les pieds tous ces râleurs patentés ! Ce sont les mêmes qui roulent en diesel en ville, et si possible en 4×4 ; je te mettrai tout ce petit monde à bicyclette et j’interdirai l’usage du plastique, ça leur ferait les pieds et un bon sujet de conversation. Félicitations à ce jeune, heureusement qu’il existent des jeunes comme lui qui gardent les yeux ouverts sur l’avenir, sinon où irions nous ???

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