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Archive pour la catégorie ‘Blessures’

Dane Reynolds raconte sa dernière blessure

Mardi 4 novembre 2008

Dane Reynolds raconte sur son site Internet comment il a été victime d’un traumatisme de la cheville droite en surfant sur un beach break à Anglet au mois d’octobre 2008. Il décortique pour nous l’aérial reverse air qui a conduit à sa blessure et sa convalescence.

Bad trip aux Mentawaii

Mercredi 1 octobre 2008

Hélicoptère totalement inadapté au transport d’un traumatisé du rachis cervical qui a pourtant servi à secourir Darren Longbottom.

Les Mentawaii sont présentés par les media du surf comme un paradis terrestre pour leurs vagues parfaites. Mais on occulte trop souvent le danger qu’il y a à partir sur ces îles éloignées de toute assistance sanitaire.

S’il se passe quelque chose, il n’y a pas d’hôpital à proximité, rarement un médecin à bord du bateau et parfois pas de trousse à pharmacie (ou personne qui ne sache l’utiliser…).

Darren “Dazza” Longbottom (le grand frère de Dylan), surfeur australien expérimenté de 35 ans et patron de Surf Shop à Kiama, l’a appris à ses dépens à la suite d’une mauvaise chute lors de son premier trip aux Mentawaii. Son histoire est riche d’enseignements…

La scène se passe le 20 Mai 2008 alors que Darren et ses potes se retrouvent sur le bateau Barrenjoey au sud des îles Mentawaii. Ils surfent sur la gauche de récif de Thunders qui casse au large de la petite île de Sibigau. Ce matin-là, les vagues ne faisaient que 1,20 m à 1,50 mètres. Ils prennent des vagues en surf tracté mais l’accident de Darren est survenu sur une vague prise à la rame.

A 8 heures du matin, en finissant de surfer une gauche qui allait fermer, Darren est sorti en sautant par derrière la vague. Il s’est littéralement envolé à 2 mètres de hauteur au-dessus de la lèvre mais il est malheureusement retombé tête la première sur sa planche qu’il a cassée en deux. C’est à ce moment précis que le traumatisme s’est produit…

Note de Surf Prévention: quand vous finissez une vague, ne vous jetez pas n’importe comment et surtout évitez, si possible, de partir la tête la première.

Darren Longbottom s’est brisé le cou en percutant sa planche et a été victime d’un traumatisme grave du rachis cervical. Il s’est retrouvé paralysé dans l’eau et aurait pu se noyer si le jet ski piloté par l’un de ses camarades (Ian Stewart) n’était pas arrivé immédiatement à la rescousse. Ses amis ont rapidement saisi la gravité du traumatisme et ils ont fait ce qu’il fallait pour le protéger et le sortir de l’eau en utilisant le rescue sled du scooter des mers. Le skipper du bateau s’est chargé de passer l’alerte.

Darren Longbottom a été correctement conditionné sur le bateau: il a été immobilisé allongé et un collier cervical lui a été posé. Sur un site Internet d’informations australien, Darren a déclaré: “à ce moment-là, je pensais surtout à ma famille et j’avais juste envie d’arriver rapidement dans un foutu hôpital”. Mais il n’imaginait pas encore le parcours du combattant qui l’attendait…

Par chance, deux médecins français (le Docteur Jean-Marc Pérès chirurgien biarrot et un confrère radiologue réunionnais) se trouvaient sur un autre bateau (le Midas) à proximité. Mais le temps que leur skipper soit averti et qu’ils se rendent sur zone, trois bonnes heures s’étaient déjà écoulées. Une fois à bord, ils ont diagnostiqué une plaie du cuir chevelu et surtout une paralysie haute proche de la tétraplégie (paralysie totale des membres inférieurs, usage très limité des membres supérieurs avec un niveau sensitif au niveau des épaules). Ils ont mis en route les premiers soins et ont rassuré le patient et l’équipage par leur présence. Ils ont préféré laisser le patient, peu douloureux, à jeun en prévision d’une possible intervention chirurgicale dans les prochaines heures.

Il fallait alors trouver une solution pour rejoindre le village de Padang sur la côte Ouest de Sumatra (rien à voir avec Padang Padang à Bali).

Impossible d’y aller directement en bateau car cela aurait mis plus de 20 heures et le roulis aurait pu déplacer sa fracture cervicale et aggraver les lésions de la moelle épinière du surfeur: une lésion des nerfs phréniques aurait entraîné une paralysie du diaphragme qui aurait pu être fatale en l’absence d’assistance ventilatoire pour aider le patient à respirer.

La “meilleure” solution, ou la moins mauvaise plus exactement, fut de retrouver le Docteur Derek Allen et son hélicoptère au village de Sikakap situé au sud-est de la grande île de Pagai Utara.

Ce médecin néo-zélandais, basé à Gunung Sitoli sur l’île de Nias, fait ce qu’il peut pour exercer son art bénévolement sur un terrain aussi difficile que cette région de l’Indonésie. Sur ce coup-là, il a vraiment dû improviser en toute illégalité (son hélicoptère n’était pas en règle auprès des autorités indonésiennes) pour secourir Darren Longbottom.

Le Barrenjoey a mis 3 heures pour arriver au point de rendez-vous au port de Sikakap et ils ont dû attendre le Dr Allen plus d’une heure.

Après concertation, les deux médecins français et le Dr Allen ont décidé d’utiliser l’hélicoptère pour conduire Darren Longbottom à Padang. A vrai dire, ils n’avaient pas d’autre choix: il s’agissait d’une question de vie ou de mort…

Encore fallait-il immobiliser correctement ce gaillard de 1,80 m pour 95 kg et le faire rentrer dans le minuscule hélicoptère 2 places (un Robinson R22).

“Nous avons dû utiliser les moyens du bord en attachant le patient à sa planche de surf cassée (note de Surf Prévention: pour faire office de plan dur) et en l’immobilisant à l’aide de serviettes” a raconté le Docteur Pérès joint au téléphone par Surf Prévention.  

L’installation du surfeur dans cet engin absolument pas homologué pour un transport médicalisé aurait pris 2 heures supplémentaires. Compte-tenu de l’exiguïté de l’hélicoptère, il était impossible de faire voyager le blessé allongé mais les médecins se sont ingéniés à l’installer en respectant l’axe tête-cou-tronc qui doit toujours rester droit en cas de suspicion de traumatisme de la colonne vertébrale. La planche cassée a été mise en porte-à-faux sur le siège de façon à créer un plan incliné à 45°. Le patient a été positionné avec les genoux fléchis en butée contre la vitre avant de l’hélico, bien calé avec des coussins.

Comme l’hélicoptère n’avait pas assez d’essence pour faire le trajet jusqu’à Padang, il a dû se réapprovisionner avec un jerrican contenant le carburant du bateau… Il a pu enfin décoller une dizaine d’heures après l’accident.

Après 2 heures de vol, la tombée de la nuit les a forcés à atterrir en catastrophe à Tarusan Cerokok (à 2 heures de Padang) derrière un terrain de football. Darren se souvient avec effroi d’une scène surréaliste avec plusieurs centaines d’Indonésiens tournant autour de l’hélico en chantant et en gesticulant…

Au bout de 2 heures, une ambulance a fini par arriver et l’a conduit à l’aéroport de Padang qui était…fermé ! Ce n’est que 2 heures plus tard que des médecins singapouriens l’ont rejoint pour le rapatrier sur Singapour: l’avion de rapatriement n’a décollé qu’à minuit trente heure locale.

Darren est arrivé à Singapour où une fracture des vertèbres C6 et C7 a été diagnostiquée. Une intervention chirurgicale a été nécessaire pour réduire et stabiliser la fracture en soudant les vertèbres par ostéosynthèse.

Deux semaines et demi plus tard, il a reçu l’autorisation d’être transféré en Australie dans un service spécialisé du Sydney’s Royal North Shore Hospital où il devait rester environ un mois avant de rejoindre un centre de rééducation.

Malgré l’opération, Darren n’a qu’un usage limité de ses bras et il reste totalement paralysé au niveau des membres inférieurs; il n’a plus de sensibilité en-dessous de la poitrine. Même si les médecins espèrent encore une amélioration modeste, Darren ne devrait plus pouvoir surfer debout car la science ne sait toujours pas réparer une moelle épinière sectionnée.

Sa femme et sa fille le soutiennent. Son frère Dylan s’est posé quelques questions après l’accident mais il ne remet pas en cause sa carrière de surfeur de grosses vagues pour autant.

Cette histoire amène à réfléchir très sérieusement sur le matériel de premiers secours dont chaque bateau devrait disposer pour un “boat trip” de surfeurs aux Mentawaii.

Une réflexion vient d’être engagée par le Dr Pérès justement, surfeur habitué des Mentawaii, et le Dr Tarak Mokni (responsable du SAMU du Centre Hospitalier de la Côte Basque) pour faire intervenir une compagnie d’assistance indonésienne depuis les Mentawaii vers Singapour dans des délais acceptables et avec des moyens adaptés pour les prochains surfeurs qui subiront un accident grave ou présenteront un problème médical (neuropaludisme, septicémie…), cardiaque (infarctus du myocarde,…) ou chirurgical (péritonite,…) nécessitant une évacuation d’urgence.

La morale de cette histoire: un pote médecin et une copine infirmière ne sont jamais de trop sur un boat trip en Indo…

D’autres informations sur le site Internet de Australia’s Surfing Life: http://surfinglife.com.au/cms/index.php?option=com_content&task=view&id=1853&Itemid=4

Julian Wilson se blesse

Vendredi 5 septembre 2008

Julian Wilson plâtré.

Non, le jeune prodige ne s’est pas blessé en replaquant un énorme aerial ou une figure futuriste dont il a le secret. Julian Wilson s’est blessé bêtement (comme c’est souvent le cas en pareille situation…) en se mettant à l’eau sur un beach break californien pour un petit surf tranquille. Il s’est tordu la cheville gauche dans un trou de sable immergé en marchant sur le banc de sable… Un grand classique de la traumatologie à la plage !

Ce faux pas lui a donc valu une entorse grave de la cheville gauche avec rupture ligamentaire et une intervention chirurgicale à la clé. Il devra garder son plâtre et ses béquilles pendant 6 semaines puis il aura droit à 6 autres semaines de rééducation avant d’envisager de reposer enfin ses pieds sur une planche de surf.  “Je ne peux pas attendre…On ne se rend pas compte à quel point le temps passe vite quand on est un jeune surfeur professionnel qui voyage autour du monde jusqu’à ce qu’un pépin vous tombe dessus et vous cloue sur place” a-t-il déclaré sur Surfermag.com.

Julian occupe son temps en dessinant sur ses planches, en regardant des DVD, en jouant aux jeux vidéos… Mais il est bien décidé à revenir encore plus fort. Il devra néanmoins respecter les délais imposés par son chirurgien et ne pas précipiter les choses… Une convalescence doit être mise à profit pour se poser, faire le point, se cultiver, se remotiver…pour repartir du bon pied !

Faut-il désinfecter les plaies au citron vert ?

Mardi 2 septembre 2008

Citron vert sur une plaie.

Les plaies occasionnées par le récif sont communes chez les surfeurs qui évoluent sur un reef break.

Une idée reçue circule dans le milieu du surf sur les vertus du citron vert pour désinfecter ce type de plaie. Les Tahitiens sont notamment des adeptes de la lime pour prendre soin des véritables lacérations provoquées par les reefs de spots comme Teahupoo.

J’ai beau avoir cherché, je n’ai pas trouvé sur quoi reposaient les supposées qualités antiseptiques de cet agrume. J’ai trouvé par contre 3 bonnes raisons de ne pas l’utiliser…

Raison n°1: le citron vert est un fruit très acide. Son application sur une plaie provoque une douleur intense. Il ne faut pas croire que la qualité d’une désinfection est proportionnelle à la douleur ressentie. A réserver aux surfeurs masochistes donc…

Raison n°2: au même titre que d’autres fruits, légumes et plantes*, le citron vert contient des substances photosensibilisantes appelées furocoumarines. Leur application entraîne l’apparition de “gros coups de soleil” ou de taches pigmentées (au niveau de la zone cutanée entrée en contact avec la substance) pour des expositions au soleil peu importantes. L’action des furocoumarines est augmentée sur une peau mouillée. Autant dire que pour un surfeur qui passe son temps dans l’eau au soleil, ce n’est pas lui rendre service que de lui appliquer une substance qui risque d’entraîner une brûlure ou une pigmentation inesthétique en plus de sa plaie….

Note de Surf Prévention: rappelons qu’il est fortement déconseillé de surfer tant qu’une plaie n’est pas totalement cicatrisée. Il convient d’éviter l’exposition au soleil et à l’eau de mer pour ne pas entraver la cicatrisation.

Raison n°3: le citron vert n’ayant pas fait la preuve de son efficacité, Surf Prévention vous conseille plutôt d’utiliser votre trousse à pharmacie de voyage. Une plaie se nettoie avec des compresses stériles et du sérum physiologique; elle peut se désinfecter avec l’un des antiseptiques usuels éprouvés: Bétadine® dermique à 10%, Biseptine® , Dakin®

N’hésitez pas à poster des informations complémentaires sur les vertus du citron vert ou vos anecdotes en commentaires.

*autres fruits, légumes et plantes contenant des furocoumarines: orange amère, citron, bergamote, fraxinelle, dictame blanc, aigremoine, géranium, anthemis, millepertuis, liseron des champs, chenopode, persil, céleri, panais, fenouil, aneth, fanes de carotte, angélique vraie, berces, cerfeuil, anis vert, moutarde, bouton d’or, figue verte…

Des cicatrices à Scar Reef

Samedi 30 août 2008

Actuellement, se déroule le Rip Curl Scar Reef Pro sur l’île de Sumbawa en Indonésie.

Du 27 Août au 5 Septembre 2008, les meilleurs surfeurs indonésiens se retrouvent sur la gauche de classe mondiale de Scar Reef.

Si vous partez là-bas, vous pourrez surfer de longues gauches tubulaires en petit comité car les spots à l’ouest de Sumbawa sont hors des sentiers battus. Mais les tubes sont tellement creux et rapides qu’il n’est pas rare de se heurter au reef tranchant à fleur d’eau, notamment sur la dernière section: d’où le nom de “Scar” Reef comme cicatrice…

C’est la douloureuse expérience qu’a fait le surfeur sur la vidéo YouTube avec comme conséquence une abrasion étendue du bas de son dos. Mais il n’était pas au bout de ses peines car le citron vert a été utilisé pour une désinfection douloureuse et d’efficacité plus que douteuse…

Note de Surf Prévention: un top en néoprène, des chaussons à semelles dures et un casque sont des protections minimales pour vous préserver du reef. En Surf Trip en Indonésie, dès que vous quittez Bali, les risques sanitaires sont démultipliés. Vous avez tout intérêt à partir avec une bonne trousse à pharmacie et un pote médecin pour vous recoudre et vous soigner si nécessaire car vous serez loin de l’hôpital et il n’y a pas le SAMU sur ces îles…

Miki Picon “s’arrache” pour passer…

Vendredi 1 août 2008

Miki calé dans un tube tahitien : le reef n’est jamais loin…

Le Rip Curl Pro Search 2008 se déroule actuellement “somewhere” ou plus précisément sur l’île de Bali.

Après un premier tour d’anthologie sur la vague de Padang Padang, le 2e tour de repêchage a eu lieu sur le spot d’Uluwatu.

Mikaël Picon, le seul français sur l’ASP World Tour avec Jeremy Flores, a sauvé sa peau (tout en en laissant quelques morceaux sur le reef…) pendant la 14e série.

Actuellement 26e au classement général, le frenchie a sorti le grand jeu pour battre l’australien Jay Thompson.

La section de l’Inside Corner d’Uluwatu favorise les goofyfoot qui peuvent lire plus facilement la vague pour mieux se nicher dans le tube. C’est ce qu’a fait Miki avec un surf engagé sur des vagues très creuses à marée archi-basse.

A la fin de chaque vague, on pouvait observer les surfeurs tomber le plus à plat possible pour éviter au maximum le contact avec le reef.

Miki n’a pas échappé à quelques lacérations. “J’ai perdu un peu de peau sur un coude, sur mon pied (note de Surf Prevention: il vaut mieux porter des chaussons à semelles dures pour surfer Ulu) et sur mes fesses mais cela valait le coup pour passer la série”.

Miki remporte sa série avec un excellent score de 16,94 sur 20. Il rencontrera au prochain tour CJ Hobgood autre goofy grand spécialiste des gauches tubulaires.

D’ici là Miki devra prendre soin de ses plaies.

Retrouver les conseils pour prendre en charge une plaie sur la fiche Surf Prevention dédiée au sujet.

Un jeune surfeur se fait arracher un bras par un bateau

Dimanche 13 juillet 2008

La collision a eu lieu sur une plage de l’Oregon sur la Côte Ouest des Etats-Unis le dimanche 6 Juillet 2008.

Le jeune Cole Ortega, 14 ans, champion junior de snowboard, surfait avec sa soeur sur le spot de Kiwanda Beach près de Pacific City. La houle venait de rentrer brusquement et les “dory boats” rentraient sur la plage.

Note de Surf Prevention: les “dory boats” sont de petits bateaux de pêche étroits avec une proue pointue.

Le malheureux attendait une vague quand soudainement l’un de ces bateaux a traversé le line-up à grande vitesse et est entré en collision avec lui. Dans l’accident le surfeur a perdu le bras gauche littéralement sectionné au niveau du biceps brachial et il souffrirait également d’un traumatisme thoracique.

Ses amis l’ont aidé à sortir de l’eau.

Deux médecins et une infirmière qui se trouvaient sur la plage ont réalisé les premiers soins et lui ont posé un garrot.

Des surfeurs ont retrouvé son bras arraché dans l’eau et il a pu être amené avec lui à l’hôpital.

Il a été transféré au Legacy Emanuel Hospital où il a été opéré. Les chirurgiens ont tenté de lui réimplanter son bras mais il faudra attendre des mois pour savoir s’il pourra en retrouver un usage limité.

Comment cet accident a-t-il pu survenir ?

Il semble que ce spot ait connu une augmentation de ses usagers du plan d’eau ces dernières années. Surfeurs, windsurfeurs, kayakistes et nageurs cohabitent tant bien que mal entre eux et avec ces bateaux depuis des années. Les surfeurs redoutaient qu’un accident de ce genre ne finisse par arriver.

Apparemment la journée avait commencé avec une mer calme idéale pour mettre à l’eau les bateaux mais la rentrée soudaine de swell les aurait forcés à regagner le rivage tous en même temps.

Quand la mer est calme et qu’il n’y a personne dans l’eau, les “dory boats” ne rencontrent aucune difficulté pour rejoindre le sable (Cf. vidéo). Quand il y a de la houle par contre, ces bateaux ont du mal à voir ce qu’il y a devant eux et les surfeurs ne les aperçoivent qu’au dernier moment car ils sont cachés par les vagues.

En théorie, des observateurs sur la plage communiquent par radio avec ces bateaux pour leur dire si la voie est libre car une fois qu’ils sont lancés, ils vont droit sur la plage. L’enquête déterminera si la procédure a bien été respectée et si le klaxon du bateau avait bien été actionné.

Ce genre d’accident doit inciter les surfeurs à la plus grande prudence quand ils pratiquent à proximité de bateaux ou de jet-ski.

Les collisions sont un risque majeur en surf et il faut réfléchir à un partage intelligent du plan d’eau entre surfeurs, Stand-Up Paddle Surfeurs, kayakistes…et maintenant surfeurs tractés. La solution n’est certainement pas que tout le monde se retrouve sur le même spot au même moment. Des solutions existent mais encore faut-il y réfléchir avant le prochain drame…

Retrouvez la Fiche Collisions dans la rubrique Surf Prevention.

Plus d’informations: http://www.kptv.com/news/16805550/detail.html

Remporter le Pipe Masters avec le bras dans le plâtre

Mercredi 9 juillet 2008

Ho grabbing the rail with a cast at Pipeline…(Photo: Bob Barbour / D.R. Surfer’s Journal)

C’est bien l’exploit accompli par Michael Ho quand il a remporté le Pipeline Masters 1982 avec une manchette plâtrée…

Il avait été victime d’une fracture du poignet droit provoquée par un accident de skateboard juste avant la finale. 

Ho avait quand même participé et avait réussi à tuber backside en attrapant le rail de sa planche avec sa main plâtrée.

En finale, les vagues faisaient un bon 3 mètres “avec des murs aussi clairs que des miroirs concaves”.

Michael se souvient de cette finale mythique sur transworldsurf.com: “Je n’avais pas le choix: la seule chose que je pouvais faire était de “graber” le rail en espérant réussir la vague. J’ai juste eu de la chance, vous savez comment se passent les compétitions… Si j’avais dû faire tout le contest avec le poignet cassé, ça ne l’aurait sûrement pas fait mais là ce n’était que pour une seule série, alors…”.

Matt Warshaw, encyclopédie vivante du surf, considère que Ho et Pipeline étaient en symbiose ce jour-là: “Ho contrôla fantastiquement l’angle de sa descente après le take-off ,(…)il s’efforça de paraître toujours gracieux(…). Il glissait dans le creux aussi aisément que s’il eût marché dans sa chambre”.

Michael Ho remporta sa première compétition professionnelle en battant le déjà triple champion du Monde de surf de l’époque Mark Richards.

Ce fut évidemment la seule fois qu’un surfeur remporta cette épreuve mythique et exigeante avec un plâtre ou plus exactement une résine comme le signale fort à propos Gibus de Soultrait (note de Surf Prevention: les résines résistent mieux à l’eau que les plâtres traditionnels mais il est quand même contre-indiqué de surfer avec).

Plus récemment, dans la série surfeur plâtré, Mick Fanning s’est cassé le scaphoïde en snowboard et a repris le surf prématurément avec un plâtre au niveau de l’avant-bras gauche.

Ces grands champions de surf n’ont à l’évidence pas suivi les conseils de leur médecin mais ce n’est pas une raison pour faire de même !

Il est difficile de faire comprendre à un surfeur qu’il devra s’abstenir d’aller sur les vagues pendant 2 à 3 mois mais le but premier d’un plâtre est d’obtenir une immobilisation stricte sans risquer un déplacement de la fracture ou quelques-unes des nombreuses complications potentiellement graves que l’on peut faire sous un plâtre.

Voici tous les conseils pour bien prendre soin de votre plâtre dans la rubrique Prévention.

Accidents de surf sur la côte Aquitaine

Jeudi 3 juillet 2008

Une plaie profonde du visage chez une jeune surfeuse: un accident classique en surf tant que l’on continuera à vendre aux surfeurs des ailerons trop coupants.

Voici le résumé de l’étude sur les accidents de surf conduite durant l’été 2006 dans les services d’Urgences de la Côte Basque.

Cette étude a été présentée au congrès national des Urgences à Paris ainsi qu’au Congrès Européen des Urgences Maritimes 2007. Elle a été publiée dans la Revue du Praticien, dans le Journal Sud-Ouest et dans le magazine Surf Session.

Elle n’a pour le moment eu aucun écho dans le milieu du surf qui se soucie plus de son business que de la sécurité des pratiquants.

Alors que l’été 2008 a commencé, pas la moindre mesure n’a été prise et on attend toujours qu’une campagne de prévention soit lancée.

Morceaux choisis:

Le surf est apparu en France en 1956. Il est devenu en cinquante ans un sport de glisse international qui concerne 23 millions de pratiquants et génère des milliards d’euros de chiffre d’affaire pour l’industrie. Les marques vendent du rêve en mettant en scène des surfeurs respirant la santé sur des vagues paradisiaques. Le surf véhicule une image positive auprès de la jeunesse et du grand public et ils sont nombreux à vouloir adopter le style de vie et le look des surfeurs. Mais la démocratisation de ce sport à risque engendre des accidents.

Il n’existait pas de données objectives concernant l’accidentologie liée à la pratique du surf en France.

Pour connaître l’épidémiologie de la traumatologie liée au surf, nous avons étudié de manière prospective les accidents dont les victimes ont été admises dans les services d’urgences de la Côte Basque dans le Sud-Ouest de la France pendant l’été 2006.

I. Matériel et méthodes :


    A. Objet d’étude :

Nous avons étudié l’accidentologie liée à la pratique du surf.  Il s’agit d’un sport consistant à se maintenir en équilibre debout sur une planche portée par une vague déferlante. Notre étude s’est limitée aux accidents subis ou provoqués par les surfeurs ou leurs planches.


    B. Terrain d’étude :

Notre étude se déroule sur la Côte Basque dans les Pyrénées-Atlantiques (64) considérée comme le « berceau » du surf européen. Entre Anglet au nord et Hendaye au sud, la Côte Basque concentre sur trente-huit kilomètres de nombreuses plages offrant une grande variété de vagues propices à la pratique du surf.

Les établissements de soins et leurs services d’urgences ayant participé à l’étude sont : le département URGENCES SAMU 64A de Bayonne, la Polyclinique Aguilera de Biarritz, la Polyclinique Côte Basque Sud de Saint-Jean-De-Luz et la Clinique Saint-Etienne à Bayonne.


    C. Méthodes :

Une fiche accident a été élaborée à destination des médecins des services d’urgences.

Les Permanenciers Auxiliaires de Régulation Médicale (PARM) du SAMU 64A avaient reçu pour consigne de saisir informatiquement « accident de surf » pour chaque dossier concerné.

Une fiche d’intervention sur les plages (1) a été remplie par les Maîtres Nageurs Sauveteurs pour toute intervention nécessitant un avis médical.

Nous avons recoupé les données fournies par ces 3 sources d’information et nous avons réalisé une analyse statistique descriptive des accidents de surf survenus pendant l’été 2006 ayant donné lieu à une admission dans un service d’urgences de la Côte Basque.

II. Résultats


    A. Admissions :

350 admissions pour accident de surf ont été recensées dans les services d’urgences de la Côte Basque entre le 21 juin et le 30 septembre 2006.

Pendant la haute saison, du 14 juillet au 15 août, la moyenne a été de 4,5 admissions par jour. Il ne s’est pas écoulé une seule journée sans que l’on reçoive au moins une victime d’accident de surf dans les services d’urgences de la Côte Basque.


   
B. Profil des patients :

22% des victimes sont de sexe féminin. Un quart des patientes avait moins de 16 ans.

Les accidents de surf touchent surtout des patients jeunes. La moyenne d’âge des personnes accidentées est de 26,2 ans. La plus jeune victime n’avait que 7 ans.

77,6% des patients sont français dont 44,5% étaient originaires d’Aquitaine, 22,8% venaient de la région parisienne et 32,7% venaient d’autres régions de France. 20% des patients venaient d’autres pays de l’Union Européenne. 21 nationalités sont représentées dans l’étude.

On retrouve tous les niveaux : du débutant au surfeur professionnel. 65% des pratiquants blessés étaient expérimentés en surf. Les débutants représentent 35% des patients dont 44% se sont blessés pendant un cours.


    C. Circonstances des accidents :

         1. Spot de survenue :

27% des patients s’étaient blessés à Anglet et 22% à Biarritz. A Anglet, les accidents étaient répartis sur les 10 plages de la ville alors qu’à Biarritz, 85% des accidents ont eu lieu sur ses deux spots principaux : la Côte des Basques et la Grande Plage.

         2. Mécanisme :

- 59% des accidents se produisent quand le surfeur se heurte à sa propre planche.

- Les collisions sont à l’origine de 17% des accidents que ce soit des collisions entre surfeurs (66%), entre surfeur et baigneur (27%) ou entre surfeur et bodyboardeur (5%).

- Les surfeurs se sont blessés contre le fond marin dans 13% des cas. Ce fond était sableux (38 cas) ou rocheux (5 cas).

- Il est rare de se blesser en surfant (5% des cas). On observe surtout des entorses de genou ou de cheville quand les surfeurs tentent des figures acrobatiques.


    D. Moyen d’acheminement aux urgences :

- 26 % des patients ont été amenés aux urgences par les sapeurs-pompiers en VSAB.

- Deux patients ont été amenés aux urgences par hélicoptère médicalisé par le SAMU 64A.

- Un patient victime a été pris en charge par le SMUR routier.

- Les autres patients se sont rendus aux urgences par leurs propres moyens.


    E. Traumatologie :             

- Plaies : 61 %

- Contusions : 15%

- Fractures : 11%. Quatorze fractures des os propres du nez, 8 fractures de phalanges, 4 fractures de métacarpiens, 3 fractures de vertèbres cervicales, 3 fractures maxillo-faciales, 3 fractures de chevilles et 1 fracture de jambe. 46% des fractures ont nécessité une chirurgie.

- Entorses : 10%

- Luxations : 3% (dont 9 luxations antéro-internes de l’épaule).

         1. Traumatismes touchant la tête (50,9% des accidents) :

Parmi ces traumatismes, il y a 54% de plaies du visage et 24% de plaies du cuir chevelu. On a également noté 7 traumatismes dentaires et 4 traumatismes tympaniques.

Les plaies du visage représentent à elles seules 27% des traumatismes liés à la pratique du surf dont 25% de plaies d’arcades sourcilières, 22% de plaies de lèvres, 16% de plaies du menton, 12% de plaies du front, 7% de plaies de joues, 6% de plaies palpébrales, 4% de plaies para-orbitaires, 4% de plaies nasales et 2% de plaies d’oreilles.

         2. Traumatismes des membres inférieurs (25,7%) :

60 % de ces traumatismes sont des plaies. On observe 10% d’entorses de genoux (LLI +++) parmi ces traumatismes, et 10% d’entorses de cheville (dont un tiers d’entorses graves).

         3. Les membres supérieurs (14,6%) :

Les atteintes à ce niveau sont dominées par les traumatismes de la main (50%). On a recensé : 4 fractures de métacarpiens, 8 fractures phalangiennes dont 5 ouvertes, 2 entorses interphalangiennes d’un doigt long, 5 plaies suturées et 5 contusions.

         4. Autres :

Le thorax est atteint dans 3,5% des cas avec une majorité de contusions.

L’abdomen est touché dans 1,1% des cas (contusions par chocs violents contre la planche).

Une plaie et une contusion testiculaires ont été recensées sur cette série.

         5. Les plaies (61% des cas) :

Les planches de surf ont causé 93 % des plaies. La partie responsable était un aileron acéré dans 56% des cas (les planches sont munies de 1 à 4 ailerons), ou l’avant effilé (30% des cas).

64 % des plaies ont nécessité des points de suture (six points de suture en moyenne), 15 % des plaies ont été agrafées (plaies du cuir chevelu). Au total, 165 plaies ont été suturées et 876 points ou agrafes ont été nécessaires.

7 % des plaies ont nécessité une intervention chirurgicale.

3% des plaies ont été refermées en utilisant des sutures adhésives, 2% à l’aide de colle biologique et 9% de plaies superficielles ont bénéficié d’une cicatrisation dirigée.

         6. Traumatismes graves :

Si on inclut les patients victimes d’une fracture, d’une luxation, d’une entorse grave, d’une plaie ayant nécessité au moins 8 points de suture et les patients hospitalisés, 26% des cas de notre série sont des traumatismes sérieux.

              a) Traumatismes maxillo-faciaux :

Les chirurgiens maxillo-faciaux ont pris en charge 3 patients :

- Un débutant de 14 ans a été heurté par une planche lâchée par une surfeuse et a été victime d’une fracture ouverte de l’os malaire gauche.

- Un surfeur confirmé de 42 ans, blessé par le nose de sa planche, a présenté une fracture ouverte de l’os zygomatique avec atteinte du plancher de l’orbite.

- Une jeune Parisienne qui découvrait le surf a été victime d’un traumatisme dentaire grave (4 incisives luxées et une fracturée) après une collision avec un surfeur extérieur à son cours.

              b) Traumatismes ophtalmologiques :

Les patients sont souvent atteints à proximité des yeux mais quand le globe oculaire est atteint, le traumatisme laisse souvent des séquelles visuelles (2).

Trois patients ont requis une prise en charge chirurgicale ophtalmologique :

- Un surfeur confirmé de 32 ans a reçu le nez de sa planche dans son Å“il gauche. De nombreux débris de fibre de verre provenant de la planche ont nécessité une ablation minutieuse (3). Il a bénéficié d’une réfection palpébrale totale et d’une suture du sac lacrymal.

- Suite à un choc avec sa planche, un surfeur confirmé de 32 ans a présenté une plaie de la paupière supérieure de l’Å“il droit et une contusion du nerf ophtalmique.

- Un surfeur de 26 ans a été victime d’un accident de surf par collision avec le nose de la planche d’un autre surfeur. Il présentait une plaie transfixiante de la paupière supérieure droite avec atteinte du muscle orbiculaire et une plaie conjonctivale avec hémorragie sous conjonctivale.

              c) Entorses cervicales (4% des traumatismes) :

Elles se produisent :

- Par collision avec le fond marin (9 cas) en eaux peu profondes ou dans la vague de bord. Le mécanisme est une hyperflexion du rachis cervical quand l’impact crânien est occipital ou une hyperextension quand il est frontal.

- Par collision avec une planche (5 cas) renvoyée par la vague et entraînant une hyperextension du rachis cervical par impact céphalique frontal.

Parmi elles, trois entorses cervicales graves avec fracture vertébrale ont été recensées :

- une luxation C6-C7 avec fracture de C6 chez un surfeur de 20 ans et une fracture de l’arc postérieur de C7 chez un surfeur de 31 ans toutes deux neurochirurgicales.

- une fracture du massif articulaire droit de C7 chez un surfeur expérimenté de 31 ans.

Certains auteurs contre-indiquent la pratique du surf aux patients présentant un canal cervical étroit (4) ou une fusion de vertèbres cervicales (5) du fait du risque de traumatisme cervical.

     

III. Discussion

    A. Intérêt de l’étude :

Cette étude prospective est la seule étude française sur les accidents de surf. Il s’agit de l’étude comportant le plus grand nombre de patients : les échantillons des études américaines ou australiennes sont plus faibles ou recrutés sur des périodes plus longues (6, 7, 8, 9).

    B. Limites :

Cette étude ne calcule pas un risque à pratiquer le surf car il manque le nombre de pratiquants ayant surfé sur la côte pendant la période. Il paraît impossible de donner une estimation du nombre de personnes ayant surfé pendant l’été 2006 sur la Côte Basque. Les surfeurs n’ont pas besoin de forfait, ils ne pointent nulle part et une faible proportion est licenciée.

    C. Les autres risques du surf :

Notre étude est représentative de l’accidentologie liée à la pratique du surf dans des vagues abordables sur des plages surpeuplées comparables à celles rencontrées dans d’autres destinations de surf (Californie, Gold Coast en Australie ou Brésil).

Les risques diffèrent selon la saison : les vagues faciles rencontrées en été sur la Côte Basque sont beaucoup plus dociles que les grosses houles hivernales. Les risques varient aussi en fonction des plages : à Hawaii ou à Tahiti, la puissance des vagues et le récif sous-jacent engendrent une traumatologie spécifique.

Le surf de grosses vagues s’est développé ces dernières années : certains surfeurs s’aident d’un jet-ski pour s’élancer sur des vagues géantes. La hauteur des vagues et la vitesse des surfeurs étant démultipliées, cette pratique engendre des traumatismes à haute énergie.

Notre étude laisse présager de la gravité potentielle des traumatismes auxquels sont exposés les surfeurs. D’autres traumatismes graves peuvent se voir chez les surfeurs : séquelles neurologiques d’un traumatismes crânien ou rachidien, plaies vasculaires par aileron de la planche, perforations abdominales (10) ou rupture de rate par choc contre la planche de surf.

Les noyades chez les surfeurs sont rares car leur planche leur sert de planche de survie. Nous n’avons recensé qu’une noyade de stade 1 dans notre étude.

    D. Prévention :

         1. Préparation du surfeur :

- Il est nécessaire d’assimiler des connaissances sur le milieu marin et les risques du surf avant de vouloir surfer (11).

- Le surfeur est un sportif comme les autres qui doit suivre un entraînement adapté. Il doit réaliser un échauffement avant chaque session pour prévenir les lésions musculo-tendineuses.

         2. Sécurisation du matériel :

L’utilisation de matériel adapté permettrait de prévenir la majorité des accidents :

- Une planche en mousse de taille adaptée est plus sûre pour initier enfants et débutants.

- Pour les utilisateurs de planches dures, il faut conseiller des planches aux formes arrondies.

- Des embouts en caoutchouc rendent l’avant pointu des planches moins aigu et sont recommandés par des ophtalmologistes pour limiter les lésions oculaires en cas de choc (2).

- Il faudrait encourager l’utilisation de dérives souples, trop peu utilisées en France.

- Le leash est un cordon qui permet au surfeur de ne pas perdre sa planche après une chute et évite qu’elle n’aille percuter d’autres surfeurs ou baigneurs au bord.

- La combinaison sert de « seconde peau » aux surfeurs, protège du soleil et limite le risque de plaies.

- Des bouchons d’oreilles préviennent les traumatismes tympaniques et l’exostose.   

         3. Port du casque :

Il est étonnant que le casque ne soit même pas conseillé aux surfeurs alors que la proportion des traumatismes touchant la tête atteint plus de 50 % d’après notre étude.

Actuellement, une infime minorité de surfeurs porte un casque régulièrement. Les surfeurs ne sont pas conscients du risque élevé de traumatismes crânio-faciaux et ils pensent qu’un casque réduirait leurs performances sur les vagues en induisant un inconfort (12).

Des casques adaptés à la pratique du surf protègent efficacement des plaies du cuir chevelu mais ils ne semblent pas assez résistants pour protéger de violents impacts.

D’après notre étude, le port du casque paraît indispensable sur les spots surpeuplés du fait des risques de collisions, ou sur les vagues déferlant en eau peu profonde et a fortiori sur un récif.

         4. Sécurisation des cours de surf :

Les critères de sécurité des écoles de surf sont encore insuffisants. Nous suggérons d’ajouter les recommandations suivantes :

- Cours assurés dans une zone réservée et interdite aux surfeurs extérieurs.

- Annulation systématique des cours par forte houle.

- Utilisation exclusive de planches en mousse avec dérives non coupantes.

- Port du casque vivement recommandé.

         5. Campagne de prévention :

Actuellement, en France, la Fédération Française de Surf et l’industrie du surf communiquent peu sur la sécurité des surfeurs. Une campagne de prévention ciblée sur des attitudes responsables pourrait avoir un impact positif sur les pratiquants, comme celle réalisée par l’Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé pour lutter contre les accidents de ski par le biais d’affichettes, de messages à la radio et en mobilisant les professionnels.

En parallèle à ce travail, nous avons écrit un guide de prévention des accidents et des pathologies liés au surf : « Surfers’ Survival Guide, Surfez en toute sécurité » diffusé en librairies mais encore insuffisamment distribué dans les magasins spécialisés et les écoles de surf.

Conclusion

Le surf est l’activité la plus accidentogène sur les plages de la Côte Aquitaine en période estivale.

La majorité des accidents de surf pourrait être prévenue en appliquant des mesures simples et en mettant sur pied une campagne de sensibilisation des surfeurs en France, impliquant la Fédération Française de Surf et les professionnels du secteur. Il est urgent de prendre des mesures pour prévenir les risques et sécuriser les nombreux surfeurs qui viennent profiter des vagues sur la Côte Aquitaine. 

Pour apprécier l’efficacité des mesures préventives mises en place, il faudrait trouver un moyen fiable et reproductible d’évaluation du nombre d’accidents de surf et des autres sports nautiques au fil des mois. Un observatoire des accidents de plage pourrait être créé pour adapter les mesures à la population d’utilisateurs du plan d’eau qui grandit chaque année et dont les activités de glisse changent au gré de l’évolution du matériel et des effets de mode.

Références

(1) Latapy X. Les accidents de plage sur le littoral aquitain, au cours des étés 1999 et 2000. Thèse de Médecine n° 99. Université Victor Segalen Bordeaux 2. 2004.

(2) Kim JW, McDonald HR, Rubsamen PE et al. Surfing-related ocular injuries. Retina. 1998 ; 18 (5) : 424-9.

(3) Hall G, Benger RS. Missed diagnosis of an intraorbital foreign body of surfboard origin. Ophthalmic Plastic and Reconstructive Surgery. 2004 May ; 20 (3) : 250-2.

(4) Chang SK, Tominaga GT, Wong JH et al. Risk factors for water sports-related cervical spine injuries. J Trauma. 2006 May; 60 (5): 1041-1046.

(5) Cazin A, Olderr T. Surf. La revue du praticien Médecine Générale. Pathologies de l’été, le Guide 2006. Juin 2006. Tome  20. Numéros 738- 739 : pages 835-836.

(6) Roger P. Injury in the surf. Sport Health. Sports Medicine Australia. September 2002. Volume 20. Issue 2.

(7) Nathanson A, Bird S, Dao L, Tam-Sing K. Competitive Surfing Injuries : A Prospective Study of Surfing-Related Injuries Among Contest Surfers. Am J Sports Med. 2007 Jan ; 35(1) : 113-7.

 (8) Taylor DM, Bennett D, Carter M, Garewal D, Finch CF. Acute injury and chronic disability resulting from surfboard riding. J Sci Med Sport. 2004 Dec ; 7(4) : 429-37.

 (9) Taylor KS, Zoltan TB, Achar SA. Medical illnesses and injuries encountered during surfing. Curr Sports Med Rep. 2006 Sep ; 5 (5) : 262-7.

(10) Cheynet de Beaupre C. Surf : pathologie et traumatologie. Thèse de Médecine n°118. Université Lyon 1. 1991.

(11) Zoltan TB, Taylor KS, Achar SA. Health issues for surfers. American Family Physician. June 15, 2005. Vol 71 (n°12) : 2313-2317.

(12) Taylor DM, Bennet D, Carter M, Garewal D, Finch C. Perceptions of surfboard riders regarding the need for protective headgear. Wilderness Environ Med. 2005 Summer ; 16 (2) : 75-80.

Texte intégral dans la thèse médicale n°29 de l’université Victor Segalen-Bordeaux 2 de l’année 2007: “Accidents liés à la pratique du surf: épidémiologie et prévention” par Guillaume Barucq.

Aritz Aranburu joue de malchance

Mercredi 2 juillet 2008

Aritz n’imaginait pas encore qu’un aérial mal replaqué sur la première épreuve pourrait gâcher sa saison.

Aritz Aranburu, le jeune surfeur basque du World Tour s’est à nouveau tordu la cheville.

Il avait déjà été victime d’une entorse de cette cheville lors de l’Expression Session de la première épreuve de la saison, le Quisilver Pro sur la Gold Coast.

Après un aérial mal replaqué, il avait surtout été victime d’un traumatisme du genou (avec entorse et atteinte méniscale) pour lequel il n’avait pas été opéré finalement.

L’entorse de cheville associée paraissait “bénigne” mais, comme cela arrive souvent, celle-ci a récidivé (malgré une rééducation au C.E.R.S. de Capbreton).

Aritz avait de nouveau ressenti des douleurs à sa cheville gauche quand il avait eu besoin d’effectuer des manoeuvres sur les vagues de Tahiti. Il avait finalement participé aux épreuves de Teahupoo et de Tavarua sur lesquelles il fallait plus freiner pour se caler dans le tube (exercice dans lequel excelle Aritz et qui lui a permis de battre Taj Burrow au premier tour du Globe Pro Fiji) que solliciter ses chevilles pour prendre de la vitesse ou effectuer des figures sur les vagues…

Aritz a déjà déclaré forfait pour l’épreuve du circuit de qualification WQS du Mr Price Pro à Durban en Afrique du Sud.

Il est très incertain pour l’épreuve majeure de Jeffrey’s Bay qui sera lancée le 10 juillet.

Au rythme où vont les choses, les chances de requalification directe pour le tour majeur l’an prochain s’amenuisent pour “Powertxiki” sauf en cas de performances retentissantes sur les dernières épreuves.

Il pourrait bénéficier d’une wild card sur blessure si les pépins physiques continuent de le handicaper le reste de la saison.

Aritz garde le moral dans l’attente des épreuves européennes qu’il espère surfer à 100 % de son potentiel, notamment chez lui à Zarautz où il est le tenant du titre et qui sera une épreuve qualificative 5 étoiles cette année.

Aupa Aritz !

Photographie: EITB.