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Archive pour la catégorie ‘Compétition de surf’

Rééducation de la blessure de Jordy Smith

Lundi 29 décembre 2008

Jordy Smith doit pouvoir compter sur ses genoux pour assurer son surf radical.

Dans une interview sur le site Internet de Surline, on apprend que Jordy Smith poursuit la convalescence de son entorse du genou contractée sur le spot de Sunset à Hawaii.

Le rider sponsorisé par O’neill ne resurfe toujours pas sur un shortboard mais, le jour de l’interview, il est parti faire du bodyboard sur le spot de Gums à Hawaii dans le cadre de la rééducation de son genou et du renforcement musculaire de ses membres inférieurs.

Jordy va retourner en Californie poursuivre sa rééducation sous la houlette du docteur Warren Kramer et de Tim Brown, chiropracteur du staff médical de l’ASP. Il se donne au moins un mois pour revenir en forme et être prêt pour le début de la saison prochaine sur le World Tour après une année très décevante où il s’est qualifié in extremis.

En 2009, il prévoit de prendre les choses plus posément sans se mettre la pression sur le plan mental.

Le livre de Kelly Slater : For The Love

Dimanche 14 décembre 2008

Kelly Slater avec la planche collector de Gerry Lopez comme trophée lors du Billabong Pipeline Masters 2008.

Kelly Slater est le surfeur, l’athlète, de tous les records.

Vendredi 12 décembre 2008, il a encore ajouté une ligne à son palmarès en devenant “Pipe Master” pour la 6e fois de sa vie, après ses titres remportés en 1992, 1994, 1995, 1996 et 1999. L’année de son neuvième sacre mondial , il redevient le maître incontesté à Banzai Pipeline neuf ans après son dernier titre et gagne une planche collector d’une autre légende du spot : Monsieur Gerry Lopez…

Il a encore une fois littéralement écoeuré ses adversaires et notamment Timmy Reyes en demie-finale qui avait pourtant réussi l’exploit de mettre Kelly “combo” (Slater avait besoin d’une combinaison de deux vagues pour reprendre la tête) en cours de série. En à peine 2 minutes, le temps de prendre 2 tubes profonds, un backside sur Pipeline et un frontside sur Backdoor, Slater renversait la vapeur et reprenait la tête de façon autoritaire et définitive… En finale, c’est Chris Ward qui a vu s’envoler ses rêves de Triple Couronne hawaiienne avec une nouvelle victoire du King Slater pour sa 10e finale de l’épreuve sur 17 participations.

Mais au-delà des superlatifs et des statistiques, qui est réellement Kelly Slater ?

Personne ne le sait réellement car l’homme garde une grande part de mystère, et même des amis de 20 ans comme Mark Richards reconnaissent que Kelly reste une énigme…

J’ai néanmoins trouvé des éléments de réponse sur la personnalité et le psychisme de Kelly Slater dans son livre “For The Love” écrit avec le journaliste de surf reconnu Phil Jarratt.

Le livre de Kelly Slater et Phil Jarratt For The Love

On n’y parle pas seulement de ses victoires en compétition ou de sa relation amoureuse (très médiatisée à l’époque) avec Pamela Anderson qu’il avait rencontrée sur le tournage de la série Baywatch. On en apprend plus sur sa famille (saviez-vous que Kelly Slater a une fille de 12 ans ?) et sur ses amis (dont Jack Johnson qui préface l’ouvrage). Le tout agrémenté de superbes photos pour la plupart inédites.

Ce livre est plein de vie mais Kelly Slater y évoque aussi la mort.

Il a pourtant été largement épargné par les accidents de surf si l’on excepte une blessure au genou qui l’a enquiquiné pendant 3 ou 4 ans en début de carrière.

Dans un passage du livre, on apprend que Kelly pense à la mort assez souvent et qu’il est passé par des stades où il n’en avait plus du tout peur. Il se dit que la peur de la mort est peut-être en fait la peur de ne pas avoir accompli tout ce que l’on aurait voulu faire dans sa vie, pas seulement les choses matérielles mais également tous les actes manqués sur lesquels on aimerait revenir, les personnes pour lesquelles on n’a pas été présent au bon moment, les conversations que l’on n’a pas écoutées,…

Kelly estime que nous devrions tous être capables de faire face à notre propre mort mais également à celle des autres. Il revient sur des épisodes traumatisants qui l’ont marqué au fer rouge d’amis victimes d’une noyade en surfant.

Il revient sur la noyade d’un ami proche à Waimea, Donny Solomon, qui était parti en arrière au canard sur une vague énorme, quelques instants après avoir partagé une vague avec Kelly. Les décès de Mark Foo à Mavericks dans “seulement” 15 pieds (après que son leash se soit probablement coincé sur le reef) et celui de Todd Chesser à Outside Alligator Rock (une série de 10 vagues consécutives de 10 mètres lui a été fatale) lui ont fait comprendre que même les big wave riders les plus expérimentés n’étaient pas immunisés contre la noyade.

Kelly Slater rappelle que la noyade peut survenir dans des petites conditions de surf comme ce fut le cas pour Malik Joyeux qui périt à Pipeline dans des vagues d’une taille abordable pour quelqu’un qui avait dompté les plus grosses déferlantes du monde à Teahupoo. Kelly raconte également la noyade de l’ancien surfeur professionnel devenu écrivain, Jamie Brisick, dans des vagues de 50 centimètres à Ventura après qu’il ait perdu connaissance suite à un traumatisme crânien contre sa planche de surf et qui a dû son salut à un pompier qui l’a repéré et a pu le ranimer sur la plage…

Toutes ces tragédies ont fait se poser beaucoup de questions à Kelly et à certains de ses amis les plus intrépides comme Shane Dorian ou Brock Little. Le jeu en valait-il vraiment la chandelle ? ” Quelle session (…), quelle photo, quelle décharge d’adrénaline, quelle distinction vaut la peine de prendre le risque de se noyer?” se demande Kelly Slater. Cette réflexion vient contredire les commentaires imbéciles du genre “ce n’est pas si grave, il est mort en faisant ce qu’il aimait..” que l’on peut entendre chaque fois qu’un surfeur décède en surfant.

Kelly Slater s’est bien fait peur à quelques reprises en restant le temps de 2 voire 3 vagues sous l’eau, de quoi subir un “aquastress” mais jamais au point d’inhaler de l’eau. Sa plus grosse frayeur dans les vagues, il se l’est faite lors de sa première session à Mavericks où il a pris la première vague d’une série de 15 pieds, a chuté alors qu’il ne s’y attendait pas, a été entraîné au fond et a été maintenu sous l’eau par la vague suivante. Quand il a enfin refait surface, Jeff Clark était là sur son jet-ski pour le récupérer.

Pour éviter de se retrouver dans ce genre de situations, Kelly Slater donne des conseils de prévention: “il faut calculer les risques surtout quand les vagues sont grosses. Faire attention à la tendance (à la hausse ou à la baisse) des bouées, connaître les lineups des spots à la perfection et être très concentré. (…) Quand tu ne peux pas voir le reef, il faut faire attention aux petites turbulences et à la couleur de l’eau. (…) Se poser la question : quelle était la taille de la plus grosse vague au cours de la dernière heure et où celle-ci a-t-elle cassé ? (…) Si tu te fais prendre par une série, tu as besoin de savoir où ramer pour te retrouver là où l’énergie se disperse et où tu peux passer dessous.”

Il y a vraiment beaucoup de choses intéressantes à apprendre dans ce livre sur Kelly Slater, sur le surf, la vie et l’amour…

Extrait du livre de Kelly Slater For The Love

Jordy Smith victime d’une entorse du genou gauche à Sunset

Mardi 9 décembre 2008

Interview de Jordy Smith depuis une chambre hyperbare sur Skype.

Après un saison en demi-teinte, Jordy Smith avait remis les pendules à l’heure à Sunset Beach lors de la O’neill World Cup of Surfing la semaine dernière avec une vague à 10/10 et le meilleur score sur une série de la compétition.

Tout allait pour le mieux jusqu’à la finale. Au bottom-turn de sa premère vague son pied avant (le pied gauche car il est regular foot) a glissé vers le nose, il s’est retrouvé à faire le grand écart sur sa planche et a senti son genou lâcher. Il a ensuite dû encaisser une énorme série de vagues, a cassé sa planche et a dû remonter  à la surface et rentrer à la nage en ne comptant plus que sur une jambe…

Il souffre d’une entorse sévère du ligament croisé antérieur et du ligament latéral interne du genou gauche. Sur la photo Jordy suit un traitement par oxygène hyperbare pour tenter d’accélérer la guérison de sa blessure.

Cette blessure compromet sérieusement ses chances de participation au Billabong Pipeline Masters (les médecins de l’ASP lui ont fortement déconseillé) et hypothèque sa requalification pour le World Tour 2009. Il est actuellement 25e au classement ASP et il n’a plus qu’à espérer que ses poursuivants ne fassent pas un bon résultat à Pipeline et ne lui passent devant (seuls les 28 premiers sont qualifiés): Ben Dunn, Damien Hobgood, Roy Powers, Mick Campbell, Tiago Pires ou encore Dean Morisson peuvent encore lui couper l’herbe sous le pied. 

A moins de bénéficier d’une injury wild card…pour laquelle il serait en concurrence avec d’autres surfeurs et notamment le basque Aritz Aranburu. Autant dire dès maintenant qu’il serait vraiment injuste que Jordy Smith en bénéficie au détriment d’Aritz qui a été blessé pendant trop d’épreuves pour espérer se qualifier alors que Jordy a eu sa chance mais n’a pas été à la hauteur des grands espoirs placés en lui.

- D’autres informations sur l’oxygénothérapie hyperbare.

Breaking News: Michel Bourez gagne à Hawaii !

Dimanche 23 novembre 2008

Des tubes et des figures dévastatrices pour assurer sa place dans l’élite !

Dans des conditions de surf similaires à celles que l’on rencontre à Tahiti avec des vagues tubulaires, le jeune surfeur de 22 ans Michel Bourez a fait une véritable démonstration lors de l’épreuve majeure du Reef Hawaiian Pro à Haleiwa  en montrant ce que tubes profonds et manoeuvres radicales voulaient dire… 

En demies finales, il a scoré le plus haut total de toute la compétition: 18.96 points sur 20 avec la meilleure vague à 9.93 sur 10 pour un super tube. Il a continué sur sa lancée en finale avec ses meilleures vagues à 9.77 et 7.0 pour un total de 16,77.

Michel a déclaré: “La demie finale était peut-être la meilleure série de ma vie ! Tout le monde tubait et je criais dans l’eau. C’était tellement incroyable. C’est ce que j’appelle une bonne compétition ! Cela signifie beaucoup pour moi de me qualifier pour l’ASP World Tour. Je rêve de cela depuis que j’ai débuté le surf. Je regardais les meilleurs surfeurs du monde comme Kelly Slater ou Rob Machado. Et maintenant je peux surfer avec ce genre de gars ! C’est une formidable opportunité pour moi et pour tous les surfeurs tahitiens”.

Il a dédié sa victoire à Malik Joyeux, le jeune tahitien ayant trouvé la mort il y a 3 ans sur le spot de Pipeline situé à quelques kilomètres plus au nord.

Michel Bourez a assuré sa qualification pour l’élite du surf mondial l’année prochaine où il viendra grossir les rangs de l’”Euroforce” en rejoignant ses potes Jeremy Flores, Miki Picon, Tiago Pires, Tim Boal et vraisemblablement le basque Aritz Aranburu et l’allemand Marlon Lipke. Michel Bourez prend par la même occasion la tête de la Triple Couronne Hawaiienne.

Un surfeur de 17 ans gagne une compétition majeure

Samedi 1 novembre 2008

Le “local boy” de Santa Cruz âgé de 17 ans Nat Young (à ne pas confondre avec Nat Young) est devenu le plus jeune surfeur à remporter la prestigieuse épreuve WQS du O’neill Cold Water Classic 2008 à Steamer Lane.

Sa maman a déclaré après sa victoire : “Nat surfe à fond chaque jour depuis maintenant 5 ans (note de Surf Prévention : depuis l’âge de 12 ans donc). Sa victoire si jeune au Cold Water est quelque chose dont il pourra être fier toute sa vie et cela lui montre ce dont il est capable dans le futur”.

Comme souvent avec les jeunes surfeurs prometteurs, ce sont les parents qui poussent ou qui encadrent leur(s) enfant(s) pendant les débuts en compétition.

Mais doit-on inciter tous les enfants à faire de la compétition ? A partir de quel âge les mettre au surf et à quel rythme ? Comment reconnaître les premiers signes d’un surentraînement chez l’enfant ? Les surfeurs précoces sont-ils forcément les champions de surf de demain ?

Retrouvez des éléments de réponse dans la fiche Surf Prévention intitulée “Faire surfer son enfant”.

Félicitations tout de même à ce champion de surf en herbe à qui l’on souhaite une carrière aussi légendaire que celle de son homonyme et aussi longue que celle de Kelly Slater

Plus d’informations : http://www.mercurynews.com/breakingnews/ci_10824179?nclick_check=1

Kelly Slater est le plus vieux champion du monde de surf !

Vendredi 3 octobre 2008

Et de neuf pour Kelly à Mundaka !

Pour la 9e fois de sa carrière, l’extraterrestre Kelly Slater a été sacré champion du monde de surf en ce vendredi 3 Octobre 2008 au cours du Billabong Pro à Mundaka au Pays Basque grâce à sa victoire sur Eneko Acero au 3e tour de l’épreuve.

Il bat donc son propre record de longévité au firmament de la hiérarchie du surf mondial : le plus vieux champion du monde de l’histoire du surf a maintenant 36 ans ! Le come-back et le titre 1999 de Mark “Occy” Occhilupo à 33 ans paraissaient déjà incroyables à l’époque mais que dire de cet accomplissement du “King Slater” qui n’a pourtant plus rien à prouver à personne depuis bien longtemps.

On savait déjà qu’il est possible de surfer de 7 ans à 77 ans. Voici donc une nouvelle preuve que l’on peut “durer” au meilleur de sa forme en surf passée la trentaine. Dans son interview à la sortie de l’eau aujourd’hui, Slater a même dit qu’il se voyait encore se perfectionner à 80 ans car il lui reste encore beaucoup à apprendre (sic).

Tout au long de la saison, Kelly a écrasé par son talent toute la concurrence si l’on excepte les exploits individuels de Manoa Drollet à Tahiti, Tiago Pires à Bali, Adrian “Ace” Buchan à Seignosse…et maintenant Tom Whitaker à Mundaka qui ont sorti le grand jeu.

Cela fait des années que l’on nous fait croire que le successeur de Slater est enfin arrivé… Cette année, les projecteurs étaient tournés vers Jordy Smith, Dane Reynolds ou encore Jeremy Flores. Ce fut un bide intégral ! Car même si ces surfeurs sont capables de gros coups d’éclats, ils ne semblent pas encore arriver à la cheville de Slater car trop peu consistants et réguliers pour briguer une couronne mondiale.

Une polémique a eu lieu cette année pour savoir si Slater était surnoté ou si Taj Burrow s’était fait arnaquer par les juges en finale contre lui au Boost Mobile Pro à Trestles. De mon point de vue, ce ne sont pas les juges qui favorisent Kelly Slater mais c’est plutôt son surf engagé et radical qui correspond exactement aux nouveaux critères de jugement.

En compétition, il ne s’agit plus, comme par le passé, de prendre la plus grosse vague de la série et d’enchaîner 10 rollers de façon mécanique jusqu’à la plage. Il faut maintenant exécuter  quelques figures explosives (une ou deux énormes manoeuvres ou même un seul gros tube ou aerial peuvent suffire à scorer) sur les portions les plus critiques de la vague. C’est la qualité des figures qui compte maintenant et non plus leur quantité.

Slater, qui a surfé relâché comme en free surf toute l’année, donnait le maximum sur chacune de ses figures quand certains virtuoses des aerials se contentaient d’assurer leurs timides rollers.

Une autre qualité de Kelly est qu’il a toujours su garder la tête sur les épaules malgré la médiatisation, la fortune, ses nombreuses conquêtes… Ses analyses d’après série sont toujours justes et témoignent de sa simplicité et de son expérience.

Rien à redire donc sur ce neuvième titre bien mérité. Kelly Slater entre maintenant dans le panthéon des sportifs de légende comme Michael Jordan ou Tiger Woods.

Retrouvez quelques-uns des secrets de sa préparation sur le blog de Surf Prévention.

Mais la raison principale du succès de Kelly Slater est peut-être encore plus évidente : ce type aime le surf. Tout simplement.

Médicalisation d’une compétition internationale de surf

Mercredi 24 septembre 2008

L’équipe soignante du Quiksilver Pro France.

Quand je me suis rendu sur le site du Quiksilver Pro France en ce mardi 23 Septembre 2008 pour connaître l’organisation des soins destinée aux surfeurs professionnels du Top 44, j’avoue que j’étais un peu perplexe. Mais ce que j’ai pu constater sur place m’a fort agréablement surpris !

A peine arrivé sur le site qu’une charmante hôtesse me remettait un tube de crème solaire. En tant que rédacteur de Surf Prevention qui milite pour la prévention solaire chez les surfeurs, je ne peux que saluer cette initiative. Bon d’accord, il ne s’agissait que d’une crème d’indice 15 (facteur de protection solaire faible) estampillée Suzuki (eh oui ils ne font pas que des bagnoles et des motos…), mais ce détail m’a d’entrée mis dans de bonnes dispositions. Je n’étais qu’au début de mes bonnes surprises…

Je me suis donc rendu en “backstage” dans la tente V.I.P. pour faire connaissance avec le staff médical.

Sur le Quiksilver Pro, il faut souligner que ce sont des médecins français qui interviennent. Les australiens et les américains n’ont pas encore la mainmise sur l’organisation médicale de la compétition mais le médecin responsable a dû montrer patte blanche auprès de l’ASP qui a exigé de respecter un cahier des charges rigoureux. Le temps de l’amateurisme est bel et bien révolu dans ce domaine et l’ASP tient à ce que les surfeurs pro bénéficient des meilleurs soins possibles sur toutes les épreuves.

Le médecin référent sur le site est le Docteur Pascal Depaire. Ce médecin de 49 ans a le profil idéal: sa double spécialisation en Médecine du Sport et en Médecine d’Urgences (Praticien Hospitalier au Centre Hospitalier de Pau) ainsi que son expérience sur les compétitions de surf et de ski font de lui l’homme de la situation. Il semble en effet indispensable qu’il y ait au moins un médecin urgentiste sur ce genre d’événement car même si les accidents de surf sont rares en compétition, il faut pouvoir réagir en cas d’urgence vitale: pas le droit à l’erreur si un accident survenait devant les caméras avec des avocats prêts à exploiter la moindre faille en cas de pépin sur un surfeur américain par exemple (ils sont plus procéduriers que chez nous…).

Le médecin est là pour prendre en charge les compétiteurs mais il lui arrive parfois de donner un avis aux membres de l’organisation ou à l’entourage des surfeurs pro.

Le Dr Depaire possède tout le matériel nécessaire pour réaliser les premiers soins notamment pour prendre en charge les plaies, fréquentes chez les surfeurs (compresses, sérum physiologique, désinfectant, pansements, sets de suture…), et soigner les petits et gros bobos des surfeurs. Il dispose également d’un sac d’urgence avec ce qu’il faut pour perfuser un patient, le réanimer, l’intuber si besoin…

Pascal Depaire officie sur le Quik Pro pour la 5e année consécutive. Quand il ne peut pas être sur le site, ses confrères, les Dr Olivier Colombié et Jean-Didier Lafitte qui ont à peu près le même profil, prennent le relais.

Cette année les médecins ont eu la chance d’être assistés par Michel Billaudel, un élève infirmier belge en fin de cursus, qui fait un travail de fin d’études original sur la prise en charge d’un surfeur blessé en compétition (dont les conclusions seront publiées sur www.surf-prevention.com ) .

Pour s’occuper du corps des surfeurs, un ostéopathe (et non un chiropracteur comme sur la plupart des autres épreuves du World Tour) est également présent en permanence sur le site de la compétition. J’ai pu discuter avec Eric Robinson, ostéo installé à Hourtin, qui s’occupe notamment de footballeurs des Girondins de Bordeaux et du Bayern de Munich et qui intervient sur les épreuves du World Tour à Hossegor, Mundaka et…Teahupoo !

Autant dire qu’Eric a presque l’impression d’être en vacances sur la Côte Landaise par rapport à tout le travail qu’il a sur la célèbre vague tahitienne, ne serait-ce que pour relaxer les surfeurs avant même leur série… “Les pros ont l’habitude de surfer des vagues comme celles des Landes, ils se font rarement mal ici, cela leur pose beaucoup moins de problèmes qu’à Teahupoo” déclare Eric Robinson. “Ici je prends surtout en charge les surfeurs pour des problèmes chroniques, des blessures anciennes qui ont laissé des traces. Globalement, je dirais que je prends en charge les surfeurs pros pour environ 70% au niveau lombaire, 20% au niveau dorsal haut et cervical et 10% au niveau des membres (chevilles et genoux surtout et occasionnellement les épaules)”.

Dès qu’on lui soumet un problème traumatique aigu ou médical, Eric en réfère au médecin: “je ne suis pas docteur” clarifie Eric Robinson qui connaît bien les limites de ses compétences. Parmi les surfeurs habitués à passer dans les mains expertes d’Eric Robinson, citons Mick Fanning, Adriano de Souza, Chris Ward, Pancho Sullivan, Taylor Knox…et même Slater himself. Eric Robinson se fait remplacer par Denis Lemoigne, également ostéopathe, quand il ne peut pas être présent sur le site.

Au niveau de la salle d’examen par contre, c’est un peu sommaire. Les soignants interviennent sous une tente qui n’a rien d’un bloc opératoire avec un divan d’examen de fortune posé à même le sable, un éclairage qui laisse à désirer… Ceci est dû au fait que le local prévu initialement sur le spot de la Gravière à Hossegor n’a pas eu le temps d’être aménagé que la caravane s’est déplacée plus au nord pour installer un grand campement aux Estagnots à Seignosse qui offraient des vagues plus adaptées aux conditions (site de compétition mobile). Ce point serait certainement à améliorer pour que les soignants disposent de tout le confort et des installations indispensables à des soins de qualité.

Que se passe-t-il si Kelly Slater est victime d’un accident grave en pleine série (supposons)?

Deux jet-ski équipés d’un traîneau de sauvetage pilotés par des hommes de la mer confirmés (la “water patrol” est assurée par Yann Benetrix et Sébastien Saint Jean, surfeurs de grosses vagues reconnus) sont en permanence sur le qui-vive pour récupérer un surfeur en difficulté ou pour le ramener au line-up à la fin d’une vague.

Sur le sable, deux MNS-CRS sont également prêts à intervenir depuis leur 4X4 pick-up équipé d’oxygène, du matériel d’aspiration, d’un plan dur, d’une minerve et du nécessaire aux premiers secours. Ils peuvent aller récupérer le surfeur blessé à la nage si la situation le nécessite. Ils sont également là pour assurer la sécurité (pour éviter une bousculade quand Kelly Slater sort de l’eau par exemple).

Le médecin communique par radio avec les sauveteurs et le jet-ski.

Une fois la victime sortie de l’eau, le médecin, prévenu par radio, peut coordonner les premiers gestes et assurer la prise en charge jusqu’à l’arrivée d’un Service Mobile d’Urgences et de Réanimation (SMUR) par la route (ambulance médicalisée) ou par les airs (hélicoptère).

En cas d’arrêt cardiaque, il y a même un défibrillateur semi-automatique (DSA) au Poste de Secours depuis cette année.

Bref, que les surfeurs soient victimes d’un petit bobo ou d’un grave accident, l’organisation a prévu un plan de secours indispensable car sur Capbreton-Hossegor-Seignosse, on se trouve à distance des Centres Hospitaliers de Bayonne, de Dax ou du CHU de Bordeaux.

Bilan positif de cette visite très instructive: un personnel compétent, disponible, un matériel adapté, le seul bémol restant le local du staff médical qui mériterait beaucoup mieux.

G.B.

Photo 1: le Dr Pascal Depaire.
Photo 2: Eric Robinson, l’ostéopathe.
Photo 3: Soins infirmiers sur un surfeur blessé.