SURF PREVENTION : Santé et Surf
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Archive pour la catégorie ‘Addictions prévention’

Bientôt du vin dans les restaurants universitaires ???

Mercredi 3 mars 2010

Dans un rapport remis aujourd’hui à Valérie Pécresse, les gastronomes Jean-Pierre Coffe et Jean-Robert Pitte ont fait des propositions à la Ministre de l’Education pour améliorer la restauration universitaire des étudiants (il y a du pain sur la planche !).

Au milieu d’excellentes initiatives pour améliorer la qualité de la cuisine, éduquer le goût des étudiants, réduire les files d’attentes ou encore les tarifs trop élevés, on a eu la surprise de trouver une suggestion pour éduquer les étudiants à la consommation…de vin !!! Cette mesure arrive comme un cheveu sur la soupe, à l’heure où l’on prétend vouloir lutter contre l’alcoolisme chez les jeunes


De l'alcool au resto U?
envoyé par liberation. – L’info video en direct.

Cette proposition est d’autant plus stupéfiante que le rapport invoque des motifs de prévention de l’alcoolisme festif (cf. commentaire en dessous de l’article) en apprenant aux jeunes ce qu’est la modération…Comme si les jeunes avaient besoin qu’on leur fasse découvrir le pinard et autres boissons alcoolisées.

Jeunes femmes lors d'une degustation de Vin Rouge - iStockphoto pour Surf Prevention

Mon avis de médecin investi dans la prévention de l’alcoolisme : encore une mesure pour lisser l’image du vin et élargir le panel de consommateurs potentiels de boissons alcoolisées en France, et ainsi fidéliser une nouvelle clientèle en touchant les étudiants qui ne sortent pas dans les bars.

Même si la consommation de vin à très petites doses pourrait avoir des effets bénéfiques sur la santé cardio-vasculaire, il faut rappeler que le vin, c’est de l’alcool. On peut subir tous les effets délétères de l’alcool par la consommation exclusive de vin. Mais en France, on croit encore que le vin est une boisson alcoolisée à part. Combien de fois ai-je entendu un patient me dire « Je ne suis pas alcoolique Docteur, je ne bois que du vin… »

Valérie Pécresse a « coupé la poire en deux » en disant qu’il n’était pas prévu de mettre de l’alcool dans les repas Crous mais qu’elle n’était pas opposée à des dégustations ponctuelles de vin.

Le lobby de l’alcool et la filière viticole peuvent se frotter les mains : grâce à Jean-Pierre Coffe et à la publicité pour les boissons alcoolisées sur Internet, les ventes vont bientôt repartir à la hausse. Les addictologues ne manqueront pas de patients à soigner dans les années à venir…

Les risques du mélange de l’alcool avec des boissons énergisantes

Lundi 1 mars 2010

Il est difficile de parler de surf en 2010 sans montrer des images de surfeurs sponsorisés par ces boissons énergisantes controversées qui ont investi le monde des sports extrêmes prisés par les jeunes. En tant que médecin et éditeur d’un site de prévention, il est de mon devoir d’informer les internautes qui surfent sur le site des risques potentiels pour la santé liés à un mauvais usage de ces boissons énergisantes. Une précision s’impose : il ne faut pas confondre les boissons énergisantes (=energy drinks*) inadaptées à l’hydratation du sportif avec les boissons énergétiques conçues pour la pratique sportive.

Une nouvelle étude menée par l’Université de Floride vient de confirmer les risques qu’il y a à mélanger une boisson énergisante avec de l’alcool (exemple du classique « mélange vodka-Red Bull »). Parmi les étudiants qui boivent, on estime qu’il arriverait à 28 % de ces jeunes buveurs de mélanger occasionnellement de l’alcool avec une boisson énergisante. Dans cette étude réalisée sur des étudiants à la sortie des bars, les statistiques montrent que les clients qui ont consommé des boissons énergisantes avec les boissons alcoolisées avaient un risque trois fois supérieur de quitter le bar en état d’ébriété avancée et que ces mêmes sujets étaient 4 fois plus enclins que les clients n’ayant bu que de l’alcool à prendre le volant.

Porter une casquette Red Bull ne présente pas de risque. Mais boire un energy drink avec de l'alcool est dangereux...
Porter une casquette Red Bull ne présente pas de risque. Mais boire un energy drink avec de l’alcool est dangereux…

Pour expliquer ces résultats, Dennis Thombs (professeur à l’UF College of Public Health and Health Professions) explique que quand la caféine, présente en forte quantité dans les boissons énergisantes, est mélangée avec de l’alcool, les effets sédatifs de l’alcool sont masqués par le pouvoir excitant de la caféine. Cela donne des gens bourrés mais qui n’ont pas conscience de l’être. Leur état d’hyperexcitation leur donne l’impression d’être en pleine possession de leurs moyens alors que le taux d’alcool dans le sang reste le même. La caféine aurait donc tendance à masquer les signes d’alerte d’une intoxication alcoolique aiguë comme une somnolence. La caféine aggrave les effets de l’alcool et peut entraîner des conduites à risques comme prendre le volant après avoir trop bu. 

Les données de cette étude ont été obtenues en analysant le comportement de plus de 800 jeunes pris au hasard en 2008 à la sortie des bars entre 22 heures et 3 heures du matin. Les sujets répondaient à des questions et remplissaient un questionnaire concernant leur consommation de boissons. Un alcootest était ensuite réalisé et les jeunes recevaient une information sur les risques de conduire sous l’emprise alcoolique, le cas échéant. L’étude complète sera publiée dans le numéro d’Avril du journal Addictive Behaviors.

En savoir plus sur cette étude.

* exemples de boissons énergisantes ou energy drinks : Burn, Red Bull, Dark Dog, Monster Energy, Rockstar, etc.

Lee-Ann Curren : de Biarritz à l’Australie en passant par les Favelas

Lundi 1 mars 2010

Je suis fan de la surfeuse Lee-Ann Curren ! Et pas uniquement parce qu’elle a effectué une partie de sa préparation d’avant-saison sur le spot de la Grande Plage de Biarritz, plage que je fréquente assidûment. L’entraînement a payé puisqu’elle a brillamment remporté aujourd’hui sa première série du Roxy Pro Gold Coast en Australie, devant les surfeuses Rosanne Hodge et Sofia Mulanovich.

Je salue cette première performance de la jeune surfeuse française, mais ce qui m’a le plus impressionné hier soir n’est pas cette victoire mais un documentaire intitulé « Titanzinho Project », sur lequel je suis tombé un peu par hasard sur Vimeo.

Portrait de la surfeuse Lee-Ann Curren - Photo Roxy / Aquashot

Lee-Ann est partie découvrir la ville natale de son petit ami, Andre Silva, dans une favela à Fortaleza au nord du Brésil. Elle y a découvert une autre vie qu’elle ne connaissait pas, malgré ses nombreux voyages. « Titanzinho Beach » est le spot sur lequel Andre Silva a découvert le surf. On découvre dans son quartier l’extrême pauvreté des habitants qui vivent au quotidien au contact de la violence, des trafics de drogues, de la prostitution…mais qui gardent malgré tout leur joie de vivre et…l’envie de faire du surf !

J’adore quand Andre Silva dit que  sa favela est aussi un endroit privilégié, car elle est située au bord de l’océan. Les enfants en profitent pour s’évader de leur quotidien en pratiquant le surf. C’est un moyen pour eux d’échapper à la drogue, et pourquoi pas de gagner un jour leur vie en tant que surfeur professionnel, comme l’ont déjà prouvé de nombreux surfeurs brésiliens comme Pablo Paulino ou Tita Tavares. Dans le reportage, on découvre la petite Juju âgée de 9 ans qui surfe déjà très bien mais qui vit dans le dénuement absolu…

Ce reportage constitue une excellente illustration de l’intégration sociale que peut apporter le surf. Je trouve bien que Lee-Ann Curren s’intéresse aux plus démunis au moment même où elle commence à vivre la vie enviée de surfeuse professionnelle. Il est également paradoxal de constater que Lee-Ann vient de Biarritz où des jeunes qui ont tout ont la flemme de se mettre à l’eau alors que les jeunes de la favela qui n’ont rien sont prêts à tout pour faire du surf. De Biarritz à la favela : deux mondes diamétralement opposés où l’on surfe…

Teaser of the Titanzinho project. from leeann curren on Vimeo.

This is the story of diferent paths that cross in the favela of Titanzinho, North Brasil.
Lee-ann, surfer girl from Biarritz, France, goes there for the first time to visit her boyfriend’s family. She discovers a reality that she had never seen before.
Andre, professional surfer who grew up in the favela, goes back after many trips around the world and tries to help younger surfers.
For kids, surfing is almost the only way to escape from poverty and drugs…. this is the teaser of the documentary.

video and edition: andre silva & lee-ann curren
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portugues.
andre:
Estávamos em uma viagem de rotina. A idéia era visitar a família, patrocinadores, amigos e mostrar, pela primeira vez, meu local de origem, meu povo e minha cidade à minha namorada, Lee-Ann, que mora em Biarritz, sul da França. Durante uma sessão de surf na praia do Titanzinho, onde peguei minha primeira onda e me preparei para o mundo do surf, surgiu uma idéia. Fazer um documentário sobre as crianças que vivem naquela pequena praia, na capital cearense! O que mais me motivou a iniciar esse projeto, foi que, ao sair do mar naquele dia, cometei sobre minhas pretensões com a Lee-Ann e me deparei com ela, inspirada para o mesmo projeto. Enquanto estávamos na água, naquele dia, treinando e relaxando, tínhamos ao mesmo tempo, a mesma idéia! Conversamos um tempo e seguimos projetando o mesmo objetivo: ajudar de alguma maneira aquelas crianças. Como? Quando? Com o que? Iríamos descobrir.
Algo que me chamou a atenção na favela do Titanzinho, foi que todas as crianças estavam sempre a procura de alguma prancha de surf. Quando questionadas sobre um sonho respondiam: entrar no Tour Mundial de Surf Profissional [WCT] e serem campeãs mundiais!

Dopage : les jeunes surfeurs contrôlés négatifs en Nouvelle-Zélande

Dimanche 28 février 2010

L’International Surfing Association (ISA) a annoncé avec une grande satisfaction que les résultats des tests anti-dopage effectués sur les surfeurs finalistes du Quiksilver ISA World Junior Surfing Championship 2010, qui s’est déroulé à Piha en Nouvelle-Zelande du 21 au 28 Janvier 2010, sont tous revenus négatifs. Il s’agit en effet d’une nouvelle rassurante à l’heure où la consommation de drogues est très préoccupante chez les jeunes.

Les surfeurs suivants ont été contrôlés : Gabriel Medina (Brésil), Jordi Watson (Australie), Tamaroa McComb (Tahiti), Matt Banting (AUS), Jake Halstead (USA), Koa Smith (HAW), Hiroti Arai (JPN), Beyrick De Vries (RSA) et les surfeuses Tyler Wright (Australie), Alessa Quizon (Hawaii), Sarah Baum (RSA) et Lakey Peterson (USA).

Tamaroa Mc Comb le jeune surfeur de Tahiti figure parmi les surfeurs controles negatifs aux ISA World Junior Surfing - credit photo : ISA - tags : photo surf action aerial frontside

La compétition avait rassemblé cette année 200 surfeurs en provenance de 21 pays différents. L’Australie a terminé avec la médaille d’or au classement par pays. Parmi les jeunes sportifs testés, signalons que figuraient dans la liste les grands vainqueurs de l’épreuve comme l’Australien Matt Banting, qui a remporté la compétition dans la catégorie moins de 16 ans, Gabriel Medina vainqueur en moins de 18 ans et la jeune Tyler Wright (AUS) qui a gagné dans la division Ondines de moins de 18 ans.

L’ISA s’est engagée à faire du surf un sport sans dopage, en réalisant des contrôles anti-dopages systématiques pendant toutes ses compétitions. Elle a adopté un code ISA anti-dopage basé sur le code de la World Anti Doping Agency (WADA) : lire le code mondial anti-dopage.

On aimerait maintenant que l’ASP (Association qui regroupe les Surfeurs Professionnels Adultes) prenne le même genre d’engagement avec réalisation de contrôles anti-dopage chez les surfeurs professionnels majeurs du circuit de compétitions de surf ASP. Lire la fiche Surf Prévention sur les surfeurs et le dopage.

Nouvelle Campagne Choc contre le Tabac par DNF

Dimanche 21 février 2010

L’association Droits des Non-Fumeurs  (DNF) frappe un grand coup avec cette nouvelle campagne choc contre le tabagisme. Cette campagne de prévention réalisée par l’Agence BDDP & Fils s’adresse plus particulièrement aux jeunes dont le tabagisme est reparti à la hausse. Plus le tabagisme est précoce, plus le risque de dépendance est important.

Fumer c'est être l'esclave du tabac - campagne de prevention choc du tabagisme chez les jeunes par l'association DNF - Agence BDDP & Fils

Les visuels de la campagne de prévention pour la presse et l’affichage intitulés  » Fumer, c’est être l’esclave du tabac » ne manqueront pas de faire réagir et de provoquer l’indignation. La comparaison de la soumission au tabac à la soumission sexuelle en utilisant l’image d’une fellation est osée et discutable. Mais l’addiction des jeunes au tabac représente en quelque sorte l’asservissement de la jeunesse à l’industrie du tabac symbolisée par cet homme dont on n’aperçoit que le costard et la montre.

Alors que les jeunes croient être rebelles ou s’être affranchis de l’autorité de leurs parents en fumant, ils sont en fait à la botte de l’industrie du tabac dont le lobbying continue de faire vendre ces saloperies de cigarettes aux jeunes.

Une vidéo a également été réalisée avec le concours d’Yvan Attal pour la campagne web, télévision et cinéma. Elle met en avant le cynisme qu’il peut y avoir à faire du marketing et à réussir à vendre des produits toxiques à des jeunes.

DNF rappelle que lorqu’on fume, on inhale de l’acétone, du naphtalène, du cadmium, de l’arsenic (poison), du polonium 210 radioactif, du DDT (insecticide), du mercure, du plomb et du goudron…et autres produits hautement toxiques et cancérigènes. « Fumer c’est servir de décharge aux pires produits toxiques. Ne vous faites pas rouler par la cigarette. »

Quelques chiffres sur le tabagisme : 66000 personnes meurent chaque année à cause du tabac en France. 40% des fumeurs de 12 à 25 ans seraient dépendants au tabac. Le budget moyen des fumeurs alloué à leur intoxication active est de 1277 euros par an !

Ne pas fumer, c’est rester libre…

Prévention : notre santé fait-elle le poids face au lobbying ?

Samedi 20 février 2010

Fumer tue mais le tabagisme recule trop lentement et progresse dans les pays en voie de développement.
On connaît les méfaits de l’alcool mais on s’apprête à autoriser la publicité pour des boissons alcoolisées sur Internet.
Certains médicaments n’ont pas fait la preuve de leur efficacité mais sont surconsommés par des gens qui n’en ont pas toujours besoin.
Pour mieux comprendre ces incohérences, il faut connaître les lobbies et savoir que des personnes sont prêtes à faire du fric au détriment de votre santé. Voici un livre écrit par le journaliste d’investigation et philosophe Roger Lenglet pour mieux comprendre le lobbying : « Lobbying & santé » ou comment certains industriels font pression contre l’intérêt général » aux Editions Pascal.

Couverture du livre de Roger Lenglet : "Lobbying & santé" ou comment certains industriels font pression contre l'intérêt général" aux Editions Pascal

Le résumé du livre :

Les impératifs de santé publique se heurtent trop souvent à d’importants groupes commerciaux ou à des industriels pour qui l’intérêt général pèse de peu de poids face à leur intérêt particulier. Pour influencer les consommateurs, l’opinion publique et les décideurs politiques, ils n’hésitent pas à recourir aux services de cabinets de lobbying chevronnés.

Qui sont-ils ? Quelles sont leurs méthodes ? De quelles armes disposent les citoyens et le législateur pour s’opposer à leurs opérations d’influence ? Telles sont quelques unes des questions auxquelles ce livre, très documenté, s’efforce de répondre.

Sans remettre en cause le nécessaire travail d’information et de défense des positions des différents acteurs du monde de la santé, le propos de ce livre est bien de dénoncer les agissements qui vont à l’encontre de l’intérêt général et de la santé publique, en braquant les projecteurs sur les lobbies de l’alcool, du médicament, du tabac et de l’agroalimentaire.

Table des matières

Introduction

I. Le mot et la chose

Qu’est-ce que le lobbying ?

Ombres et lumières

Une nouvelle visibilité pour une demande accrue

Ma première fois

Les lourds enjeux d’une définition controversée

L’effet fascinatoire du mot « lobbying »

« Relations publiques »

Étapes et composantes d’un contrat de lobbying

Une charte de déontologie

II. L’école du tabac

Pourquoi les cigarettes ne s’éteignent-elles pas ?

Le phénix et ses cendres brûlantes

La panacée universelle

L’État succombe à la tentation

Des méfaits de plus en plus visibles

Les cigarettiers américains et leurs lobbyistes

Vendre les symboles du progrès industriel

Ivy Lee : « Mâchez le travail des journalistes »

Edward Bernays ou la démocratie en fumée

Hill and Knowlton : le lobbying de gestion de crise

Les cigarettes américaines débarquent en Europe

L’instrumentalisation des réalisateurs et des stars

Une cancérogénicité bien démontrée

De nouveaux pièges

Des mensonges criminels

Transgresser l’interdiction

Une épreuve décisive : le tabagisme passif

Des ministres français bravent le lobby du tabac

Le marché des pays émergents

Bruxelles et les lobbyistes cigarettiers

Asservir la recherche

La mortalité liée au tabac progresse toujours

III. Le lobbying des alcooliers

L’impact sur la santé

Les stars au service des alcooliers

« Ne pas faire de complexe vis-à-vis de la cible jeune… »

La e-pub pour l’alcool

Semaine du goût : les firmes en embuscade

Le puzzle

Des alliances vertueuses dans les pays où la contrefaçon est endémique ?

Lobbying et publicité

Leçon de contre-lobbying

Cigarettiers et alcooliers à l’assaut de la loi Évin

Le « french paradox »

1994-1996 : offensive en règle

Un étrange colloque sur la loi Évin

Les prémix arrivent !

« Éduquer la jeunesse »

Agir en justice

L’inlassable lobbying

Un réel contre-pouvoir : l’Anpaa

IV. L’industrie pharmaceutique et les contre-pouvoirs

Petit état des lieux du lobbying pharmaceutique

Les politiques

Les chercheurs

L’expert, l’autorité sanitaire et l’industrie

Les médecins

À qui profite la surconsommation ?

Des médicaments déconseillés par l’OMS mais prescrits quand même…

Le Collectif Europe et Médicament

Les labos veulent « accompagner » les patients

V. Légiférer

Les États-Unis et le Royaume-Uni

Les Canadiens se dotent d’une loi instructive

Une mobilisation des associations pour encadrer le lobbying en France et en Europe

« Class-actions » : la mise hors champ de la santé

Format 11,8 cm x 18,5 cm

448 pages

Couverture brochée

EAN – 9782350190365

Editions Pascal 2009

Prix : 15 €

Du même auteur :

- Les bons réflexes pour éviter les accidents

- Alcool, quand tu nous abuses…

Dans ces vidéos Dailymotion de Rue 89, Roger Lenglet évoque les dangers potentiels de l’aluminium sur la santé humaine et le compare à l’amiante :


Roger Lenglet s'inquiète des effets de l'aluminium 1
envoyé par rue89. – L’info video en direct.


Roger Lenglet s'inquiète des effets de l'aluminium 2
envoyé par rue89. – L’actualité du moment en vidéo.

Addictologie : augmentation inquiétante des overdoses à l’héroïne

Mardi 9 février 2010

Je le constate tous les jours à l’échelle de ma patientèle de médecine générale : l’usage de drogues touche toutes les catégories sociales, et de plus en plus les couches sociales de la classe moyenne ou « aisées ». Les drogues sont également utilisées par des usagers de plus en plus jeunes. On assiste au retour de l’héroïne, à la diffusion de la cocaïne et au détournement de nouvelles substances. Plutôt que de s’intéresser à des objectifs secondaires de santé publique, nous ferions mieux de nous préoccuper davantage de la prévention des addictions qui rongent silencieusement la population, comme semble l’indiquer ce nouveau rapport inquiétant de l’OFDT sur les nouvelles tendances des consommations de drogues.

L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) a mis en place en 1999 un dispositif centré sur les usages de drogues illicites et les populations particulièrement consommatrices, TREND (Tendances récentes et nouvelles drogues).

Destiné à compléter les enquêtes effectuées auprès de la population générale, TREND s’attache à apporter des éléments de connaissance sur les usages de drogues, les usagers et les produits et à identifier les tendances émergentes dans ce champ.

En se basant sur des données quantitatives et surtout qualitatives, il fournit aux pouvoirs publics ainsi qu’aux professionnels des analyses pour éclairer ces phénomènes.

Le dispositif  TREND s’appuie notamment sur un réseau de sites répartis sur le territoire (sept en 2010 qui collectent et analysent l’information localement) et sur le système d’identification national des substances (SINTES) qui vise à mieux connaître le contenu toxicologique des produits qui circulent.

En dix ans, TREND a permis la publication d’une trentaine d’études et de rapports dont les deux derniers viennent de paraître :
• Drogues et usages de drogues : Etat des lieux et Tendances récentes 2007-2009
• Les usages de drogues illicites en France depuis 1999

Le premier document revient sur les faits marquants intervenus au cours de la période la plus récente tandis que le second ouvrage propose une analyse rétrospective des mutations intervenues dans le champ d’observation des drogues illicites durant la décennie écoulée.

Les principaux constats mis à jour par ces approches complémentaires sont ici présentés successivement.

1. REPÈRES 2007-2009

L’état des lieux permet de mettre à jour des phénomènes marquants dans trois domaines : les substances, le profil des populations et enfin l’offre. TREND étant centré sur des populations beaucoup plus consommatrices que la population générale, les observations réalisées ne peuvent être généralisées.

• Produits

Le rapport analyse successivement les grandes familles de produits (opiacés, stimulants, hallucinogènes).

Parmi les tendances marquantes, l’étude permet de confirmer le « retour » de l’héroïne mis à jour par le dispositif dès 2006. La disponibilité du produit est en hausse sur la quasi-totalité des sites du dispositif. Outre les populations traditionnellement usagères au sein de l’espace urbain, des consommateurs souvent plus jeunes et plus insérés socialement sont apparus. De nouveaux espaces de consommation se sont développés comme la scène festive. L’essor du snif comme mode  d’administration et une moindre crainte de la dépendance, compte tenu des traitements de substitution, peuvent expliquer ce renouveau.

Le rapport revient sur le nombre croissant de surdoses ces dernières années, accidents dans lesquels le rôle de l’héroïne est de plus en plus souvent noté : 29 % des cas en 2004, 36 % en 2006 et 45 % en 2007. Ce phénomène serait une conséquence probable d’une méconnaissance des dangers de l’héroïne par des usagers peu avertis alors que, dans le même temps, l’augmentation de l’offre s’est accompagnée d’une hausse du nombre d’échantillons fortement dosés.

Du côté des stimulants, le rapport insiste sur la poursuite de la diffusion de la cocaïne et le développement continu de la forme base qui permet de la consommer « fumée ».

En matière de stimulants synthétiques un double mouvement s’opère. D’un côté le rapport fait apparaître une désaffection relative pour l’ecstasy au profit des amphétamines. Dans le même temps on constate, concernant l’ecstasy, un attrait de plus en plus marqué pour les formes poudre au détriment du comprimé.

S’agissant des produits plus confidentiels, le rapport TREND est l’occasion de revenir sur l’usage élargi de GHB/GBL c’est-à-dire hors des milieux majoritairement « gay » où il était traditionnellement consommé. Ces usages concernent désormais des populations souvent peu averties des dangers potentiels ce qui a pu par exemple entraîner, comme au début de l’année 2009, une série de comas (à Montpellier, entre février et avril 2009, plus d’une dizaine de cas ont ainsi été dénombrés).

Toujours en matière d’hallucinogènes, l’analyse de TREND met en lumière un essor relatif de l’usage et de la disponibilité de la kétamine. Cet anesthésiant vétérinaire et humain était jusqu’ici consommé par des groupes restreints et marginalisés au sein de l’espace techno. Les observations montrent que, tout en restant très faibles à l’échelle de la population générale, ces usages deviennent chez certains consommateurs plus réguliers. Enfin le rapport note des injections rares mais potentiellement à haut risque de ce produit par voie intramusculaire.

• Populations

Traditionnellement, le dispositif TREND concentrait ses observations dans deux directions : les populations usagères, le plus souvent très marginalisées, présentes dans l’espace urbain ; et les individus fréquentant l’espace festif. Le nouveau rapport insiste sur la diffusion des usages de substances hors de ces groupes initialement consommateurs et une plus grande hétérogénéité des publics concernés. D’une part, des usagers plus insérés sont désormais en mesure d’accéder à certains produits : cocaïne et dans une moindre mesure, héroïne. D’autre part, du côté des plus précaires, on rencontre de très jeunes usagers souvent en errance ; ces groupes, plus majoritairement féminins que leurs aînés, adoptent fréquemment des comportements à risque, en particulier l’injection.

Au plan géographique le nouveau rapport souligne l’apparition d’usages de drogues dans de nouveaux espaces. Un déplacement de populations consommatrices dans des lieux nouveaux est constaté. Il s’agit principalement d’une migration vers des quartiers périurbains (voire ruraux), phénomène à mettre en relation le plus souvent avec un déplacement des centres de gravité des trafics hors des centres villes.

• Offre : le prix des drogues :

En matière d’offre, le rapport constitue l’occasion de faire un point sur les évolutions des prix moyens de détail des substances illicites. Ceux-ci apparaissent stables pour le gramme d’héroïne (45 €), voire en légère hausse pour la cocaïne (65 €). Le prix du gramme de résine de cannabis est également stable (5 €) tandis que celui de l’herbe augmente (10 €). Le prix de l’ecstasy n’a pas connu d’évolution (5 € l’unité) tandis que le gramme d’amphétamine est à la baisse (15 €).

Le rapport TREND revient également sur le rôle du trafic sur internet. Il s’agit notamment de signaler son importance dans la diffusion de nouvelles molécules uniquement distribuées par ce biais comme cela a été le cas avec les mélanges de plantes tels le Spice et de Gorilla, dont les composants cannabinoïdes ont été classés comme stupéfiants en février 2009.

2. À PROPOS DES ÉVOLUTIONS DES USAGES DEPUIS 1999 :

TREND a été créé en 1999, alors que la situation en matière d’usages de drogues se modifiait en profondeur du fait notamment du développement des traitements de substitution aux opiacés et de l’essor de la consommation de cocaïne et des drogues de synthèse.

Après dix ans de fonctionnement de TREND, cet ouvrage collectif – coordonné par l’OFDT et ayant mis à contribution une vingtaine de participants au dispositif – propose une analyse rétrospective des informations mises à jour.

La publication de l’ouvrage « Les usages de drogues illicites en France depuis 1999 vus au travers du dispositif TREND » constitue l’occasion de mettre en évidence ces mutations, de les décrire et de répondre, entre autres, aux interrogations suivantes :

- En quoi l’introduction des traitements de substitution aux opiacés a-t-elle modifié le paysage des consommations et la santé des usagers ?

- Comment les populations marginalisées consommatrices de drogues se sont-elles transformées ?

- Quelles ont été les modalités de la diffusion de l’usage de cocaïne ?

- Comment ont évolué les usages de drogues au sein de la scène techno et en particulier celui de l’ecstasy ?

- Comment se sont restructurés les petits trafics sous l’impact des évolutions de l’offre ?

D’autres questions plus ciblées sont également examinées. Il s’agit par exemple de la « nonapparition » de la méthamphétamine en France, de la question des trafics et des usages transfrontaliers ou encore des spécificités des consommations outre-mer.

Le surfer Mick Fanning et sa tong-décapsuleur

Mercredi 27 janvier 2010

La ‘Mick Fanning Signature Sandal’ est un modèle de tongs qui se veut original car il s’agit de la première paire de savattes pouvant décapsuler des bouteilles…
Ce spot publicitaire vu sur YouTube montrant le champion du monde de surf Mick Fanning décapsulant une bière avec sa tong est à mon sens complètement naze, pour au moins deux raisons.

Cette idée lumineuse était née quand Mick Fanning était encore un gros fêtard (il se serait assagi depuis et a adopté une meilleure hygiène de vie pour devenir le meilleur surfeur du monde). Compte-tenu du goût prononcé de certains Australiens pour la bière, un ouvre-bouteille incorporé dans les tongs (que les surfeurs portent en toute occasion) pouvait sembler être une « bonne idée marketing ».

Le premier problème que pose ce dispositif est hygiènique. Les slaps traînent par terre en permanence, y compris dans la merde, et le décapsuleur se trouve au niveau de la semelle. Utiliser un décapsuleur crado sur le goulot d’une bouteille en verre est susceptible d’y déposer des saletés et des microbes que nous ingurgiterons dès la première gorgée.

Ce qui me choque ensuite, ce sont toutes ces pubs pour de la bibine destinées aux surfeurs. Sur cette pub Reef, le surfer siffle sa bière cul sec avant d’aller surfer : bel exemple pour les jeunes ! Je viens de voir une autre vidéo encore plus pitoyable avec Michel Bourez et Charly Martin : ces types sont des champions de surf et ils n’ont pas compris (ou leur  »manager » ne leur a pas expliqué) qu’ils ont un rôle d’exemple à jouer. Je m’étais également insurgé l’an dernier contre le partenariat scandaleux entre Surfrider et Corona pour un programme pédagogique adressé à des enfants…

En Australie au moins, ils font de la prévention contre l’alcoolisme, y compris dans les revues de surf. En France, on en est encore à faire croire aux gens que c’est bien, que c’est cool, de boire de l’alcool ou qu’il y a une différence entre boire du bon vin ou une bière fraîche et boire un alcool fort (alors que c’est tout aussi nocif à quantité d’alcool égale).

Si la majorité des consommateurs réguliers arrivent à gérer leur consommation d’alcool, il n’en va pas de même pour tous les jeunes qui vont sombrer dans l’alcoolisme, le vrai, après être passé par « l’alcool festif ». Voilà pourquoi on ne peut pas faire de publicité grand public pour de l’alcool que ce soit dans un magazine, à la télévision ou sur Internet. J’ai vu tellement de proches et de patients détruits ou tués par l’alcool que je me battrai toujours contre cette banalisation de l’alcool.

Avant d’aller surfer, il est fortement déconseillé de boire de l’alcool (risque de noyade). Avant une session de surf, hydratez-vous avec de l’eau minérale, un jus de fruit ou une boisson énergétique type Powerade (et non pas une boisson énergisante type Red Bull).

Lire la fiche Surf Prevention : boire ou surfer, il faut choisir.

Mick Fanning Reef Sandal Tong  decapsuleur ouvre bouteille Biere Beer Surf Prevention vue sur YouTube

Mick Fanning Reef Sandal Biere Beer Surf Prevention tags : alcool, plage, vagues, sable, planche de surf, surfeur, prevention alcoolisme jeunes

Film Le Refuge tourné à Guethary au Pays Basque

Dimanche 24 janvier 2010

Mousse (Isabelle Carré) et Louis (Melvil Poupaud) sont jeunes, beaux, riches et ils s’aiment. Mais la drogue a envahi toute leur vie. Un jour, c’est l’overdose d’héroïne et Louis meurt. Mousse survit, mais elle apprend qu’elle est enceinte. Sa belle-mère refuse qu’elle garde l’enfant qu’elle porte et lui suggère d’avorter.

Perdue, elle s’enfuit dans une maison loin de Paris. Elle quitte le refuge de la drogue pour trouver un autre refuge, proche de l’océan et de la nature. Quelques mois plus tard, Paul (Louis-Ronan Choisy), le petit frère de Louis la rejoint dans son refuge où Mousse a décidé de vivre sa grossesse au bord de la mer.

Le Refuge Film de François Ozon Affiche du Film avec Mousse (Isabelle Carré), l'actrice enceinte au bord des vagues de l'océan Atlantique à Guethary au Pays Basque

Le refuge se situe au bord de l’Océan Atlantique, à Guethary au Pays Basque. Après une expérience de vie très douloureuse et pour vivre au mieux sa grossesse, Mousse trouve refuge au bord de la mer. Et ce n’est pas un hasard. Nous insistons sur ce site Internet sur les vertus régénératrices de l’Océan qui peut soigner les maux les plus profonds. C’est ce qui est expliqué dans Surf Thérapie. Pour échapper à la morosité de la ville, on se dirige instinctivement vers l’Océan.

D’ailleurs, dans la vraie vie, l’actrice Isabelle Carré qui joue Mousse est tombée amoureuse de cet environnement océanique : elle a acheté une maison à Saint-Jean-de-Luz et dit avoir trouvé son refuge au Pays Basque.

Ce film soulève plusieurs problèmes de société : le fléau de la drogue chez « la jeunesse dorée », la grossesse et la toxicomanie, l’overdose et la mort, la maternité et la mort du père.

Le Refuge de François Ozon a obtenu le grand prix du jury au Festival du Film de San Sebastian. Sortie du film au cinéma en France: le mercredi 27 Janvier 2010.

Le film a été tourné en HD, ce qui a permis de faire des économies mais aussi de tourner en basse lumière, avec peu de lumières artificielles, et de tourner à des heures magiques comme l’aube, le coucher du soleil ou de nuit sur une plage…

Le Refuge Film de François Ozon avec Mousse (Isabelle Carré) et Paul (Louis-Ronan Choisy) sur la plage à Guethary. Tags  femme enceinte, maillot, plage

Réalisation: François Ozon. Interprétation: Isabelle Carré, Melvil Poupaud, Louis-Ronan Choisy, Pierre-Louis Calixte, Claire Vernet, Jean-Pierre Andréani, Marie Rivière, Jérôme Kircher, Nicolas Moreau, Emile Berling, Maurice Antoni. Scénario et dialogues : François Ozon et Mathieu Hippeau. Production : Claudie Ossard et Chris Bolzli. Directeurs de production : Sylvain Monod et Philippe Delest.

Alcool + Froid + Bain (ou surf) = Danger !

Dimanche 3 janvier 2010
Je vous reparlerai prochainement des bienfaits des bains de mer en eau froide. Mais il est vrai que cet hiver, j’ai souvent préféré la chaleur de ma combinaison en néoprène au contact « piquant » de l’eau froide sur la peau. Au club des Ours Blancs de Biarritz, les irréductibles, eux, se baignent tous les jours, qu’il gèle ou qu’il vente.

A l’occasion du traditionnel bain de Noël, l’ambiance est festive ! Très festive… A tel point que cette année, pour le bain du Jour de l’An, il y a même eu une distribution de champagne DANS l’eau  8-O

Un bodyboard a fait office de plateau, avec un trou au centre pour le seau à champagne et des flûtes « Ã©tanches »Â en plastique sans pied plantées directement dans la planche…

Je déconseille formellement de boire de l’alcool avant d’aller dans l’eau dans le guide de survie du surfeur mais jamais je n’aurais imaginé qu’on pouvait avoir l’idée de picoler dans l’eau !!! Surtout quand sa température flirte avec les 10°C…

Boire du champagne sur un bodyboard n'est pas recommandé. Photo Ours Blancs.

Un Ours Blanc anonyme en train de sabler le champagne devant le Rocher de la Vierge à Biarritz pendant le bain de Noël. Photo Ours Blancs

A déconseiller formellement donc, même avec modération.

Le cocktail eau froide + alcool est explosif et peut favoriser la survenue d’une hypothermie par exemple.

L’année prochaine, il faudra peut-être médicaliser le bain de Noël des Ours Blancs ;-)

Certains intéressés anonymes auraient d’ailleurs gardé des séquelles de cet apéritif insolite.

Dans le même genre, lire aussi la Campagne de prévention de l’alcoolisation à la montagne intitulée « n’attrape pas la mort » (don’t catch your death ! ).