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Archive pour la catégorie ‘Kelly Slater’

L’origine de la cicatrice de Kelly Slater révélée.

Dimanche 4 janvier 2009

Depuis qu’on le connaît, Kelly Slater arbore une cicatrice sur la partie supérieure droite de la base de son nez.

Cette cicatrice en rajoute à son faciès de “beau gosse” (on dit que les filles kiffent les cicatrices…) mais n’en déplaise à la gent féminine, cette cicatrice n’a rien de celle d’un bad boy (même si Kelly était très bagarreur dans son enfance).

Ce n’est donc pas le résultat d’une dispute avec un local violent. Ce n’est pas non plus le résultat d’un accident de surf même si le nose de la planche vient se ficher plus souvent qu’on ne le croit au niveau de cette partie du visage (surtout quand on n’utilise pas de nose guard ou de casque…).

En fait, cette cicatrice date de son enfance où Kelly a baigné dans un environnement familial musical : le père de Kelly Slater jouait de la guitare et sa mère du banjo. Les frères Slater avaient une batterie dont ils ne savaient pas vraiment jouer mais un jour l’un deux envoya l’une des cymbales de la batterie en l’air…et celle-ci retomba sur le nez de Kelly en occasionnant une plaie… Kelly dit avec humour que depuis ce moment, “la musique est en lui” !

Il n’est pas précisé dans le dernier livre de Kelly Slater s’il est retourné surfer dans l’eau de mer ou au soleil prématurément (rappelons que Kelly Slater a débuté le surf très jeune à l’âge de 5 ans), ce qui pourrait expliquer que sa cicatrice se soit pigmentée et qu’elle soit encore visible à l’âge adulte.

On voit bien la cicatrice sur cette vidéo YouTube où Kelly Slater est interviewé sur son chiffre porte-bonheur : alors Kelly, quel est ton “lucky number” ? Le 9 qui semble t’avoir mené à ce 9e sacre mondial ou le 3 ?

Pour lire les conseils de prise en charge d’une plaie chez un surfeur, cliquez sur cette fiche Surf Prevention.

Le livre de Kelly Slater : For The Love

Dimanche 14 décembre 2008

Kelly Slater avec la planche collector de Gerry Lopez comme trophée lors du Billabong Pipeline Masters 2008.

Kelly Slater est le surfeur, l’athlète, de tous les records.

Vendredi 12 décembre 2008, il a encore ajouté une ligne à son palmarès en devenant “Pipe Master” pour la 6e fois de sa vie, après ses titres remportés en 1992, 1994, 1995, 1996 et 1999. L’année de son neuvième sacre mondial , il redevient le maître incontesté à Banzai Pipeline neuf ans après son dernier titre et gagne une planche collector d’une autre légende du spot : Monsieur Gerry Lopez…

Il a encore une fois littéralement écoeuré ses adversaires et notamment Timmy Reyes en demie-finale qui avait pourtant réussi l’exploit de mettre Kelly “combo” (Slater avait besoin d’une combinaison de deux vagues pour reprendre la tête) en cours de série. En à peine 2 minutes, le temps de prendre 2 tubes profonds, un backside sur Pipeline et un frontside sur Backdoor, Slater renversait la vapeur et reprenait la tête de façon autoritaire et définitive… En finale, c’est Chris Ward qui a vu s’envoler ses rêves de Triple Couronne hawaiienne avec une nouvelle victoire du King Slater pour sa 10e finale de l’épreuve sur 17 participations.

Mais au-delà des superlatifs et des statistiques, qui est réellement Kelly Slater ?

Personne ne le sait réellement car l’homme garde une grande part de mystère, et même des amis de 20 ans comme Mark Richards reconnaissent que Kelly reste une énigme…

J’ai néanmoins trouvé des éléments de réponse sur la personnalité et le psychisme de Kelly Slater dans son livre “For The Love” écrit avec le journaliste de surf reconnu Phil Jarratt.

Le livre de Kelly Slater et Phil Jarratt For The Love

On n’y parle pas seulement de ses victoires en compétition ou de sa relation amoureuse (très médiatisée à l’époque) avec Pamela Anderson qu’il avait rencontrée sur le tournage de la série Baywatch. On en apprend plus sur sa famille (saviez-vous que Kelly Slater a une fille de 12 ans ?) et sur ses amis (dont Jack Johnson qui préface l’ouvrage). Le tout agrémenté de superbes photos pour la plupart inédites.

Ce livre est plein de vie mais Kelly Slater y évoque aussi la mort.

Il a pourtant été largement épargné par les accidents de surf si l’on excepte une blessure au genou qui l’a enquiquiné pendant 3 ou 4 ans en début de carrière.

Dans un passage du livre, on apprend que Kelly pense à la mort assez souvent et qu’il est passé par des stades où il n’en avait plus du tout peur. Il se dit que la peur de la mort est peut-être en fait la peur de ne pas avoir accompli tout ce que l’on aurait voulu faire dans sa vie, pas seulement les choses matérielles mais également tous les actes manqués sur lesquels on aimerait revenir, les personnes pour lesquelles on n’a pas été présent au bon moment, les conversations que l’on n’a pas écoutées,…

Kelly estime que nous devrions tous être capables de faire face à notre propre mort mais également à celle des autres. Il revient sur des épisodes traumatisants qui l’ont marqué au fer rouge d’amis victimes d’une noyade en surfant.

Il revient sur la noyade d’un ami proche à Waimea, Donny Solomon, qui était parti en arrière au canard sur une vague énorme, quelques instants après avoir partagé une vague avec Kelly. Les décès de Mark Foo à Mavericks dans “seulement” 15 pieds (après que son leash se soit probablement coincé sur le reef) et celui de Todd Chesser à Outside Alligator Rock (une série de 10 vagues consécutives de 10 mètres lui a été fatale) lui ont fait comprendre que même les big wave riders les plus expérimentés n’étaient pas immunisés contre la noyade.

Kelly Slater rappelle que la noyade peut survenir dans des petites conditions de surf comme ce fut le cas pour Malik Joyeux qui périt à Pipeline dans des vagues d’une taille abordable pour quelqu’un qui avait dompté les plus grosses déferlantes du monde à Teahupoo. Kelly raconte également la noyade de l’ancien surfeur professionnel devenu écrivain, Jamie Brisick, dans des vagues de 50 centimètres à Ventura après qu’il ait perdu connaissance suite à un traumatisme crânien contre sa planche de surf et qui a dû son salut à un pompier qui l’a repéré et a pu le ranimer sur la plage…

Toutes ces tragédies ont fait se poser beaucoup de questions à Kelly et à certains de ses amis les plus intrépides comme Shane Dorian ou Brock Little. Le jeu en valait-il vraiment la chandelle ? ” Quelle session (…), quelle photo, quelle décharge d’adrénaline, quelle distinction vaut la peine de prendre le risque de se noyer?” se demande Kelly Slater. Cette réflexion vient contredire les commentaires imbéciles du genre “ce n’est pas si grave, il est mort en faisant ce qu’il aimait..” que l’on peut entendre chaque fois qu’un surfeur décède en surfant.

Kelly Slater s’est bien fait peur à quelques reprises en restant le temps de 2 voire 3 vagues sous l’eau, de quoi subir un “aquastress” mais jamais au point d’inhaler de l’eau. Sa plus grosse frayeur dans les vagues, il se l’est faite lors de sa première session à Mavericks où il a pris la première vague d’une série de 15 pieds, a chuté alors qu’il ne s’y attendait pas, a été entraîné au fond et a été maintenu sous l’eau par la vague suivante. Quand il a enfin refait surface, Jeff Clark était là sur son jet-ski pour le récupérer.

Pour éviter de se retrouver dans ce genre de situations, Kelly Slater donne des conseils de prévention: “il faut calculer les risques surtout quand les vagues sont grosses. Faire attention à la tendance (à la hausse ou à la baisse) des bouées, connaître les lineups des spots à la perfection et être très concentré. (…) Quand tu ne peux pas voir le reef, il faut faire attention aux petites turbulences et à la couleur de l’eau. (…) Se poser la question : quelle était la taille de la plus grosse vague au cours de la dernière heure et où celle-ci a-t-elle cassé ? (…) Si tu te fais prendre par une série, tu as besoin de savoir où ramer pour te retrouver là où l’énergie se disperse et où tu peux passer dessous.”

Il y a vraiment beaucoup de choses intéressantes à apprendre dans ce livre sur Kelly Slater, sur le surf, la vie et l’amour…

Extrait du livre de Kelly Slater For The Love

Kelly Slater est le plus vieux champion du monde de surf !

Vendredi 3 octobre 2008

Et de neuf pour Kelly à Mundaka !

Pour la 9e fois de sa carrière, l’extraterrestre Kelly Slater a été sacré champion du monde de surf en ce vendredi 3 Octobre 2008 au cours du Billabong Pro à Mundaka au Pays Basque grâce à sa victoire sur Eneko Acero au 3e tour de l’épreuve.

Il bat donc son propre record de longévité au firmament de la hiérarchie du surf mondial : le plus vieux champion du monde de l’histoire du surf a maintenant 36 ans ! Le come-back et le titre 1999 de Mark “Occy” Occhilupo à 33 ans paraissaient déjà incroyables à l’époque mais que dire de cet accomplissement du “King Slater” qui n’a pourtant plus rien à prouver à personne depuis bien longtemps.

On savait déjà qu’il est possible de surfer de 7 ans à 77 ans. Voici donc une nouvelle preuve que l’on peut “durer” au meilleur de sa forme en surf passée la trentaine. Dans son interview à la sortie de l’eau aujourd’hui, Slater a même dit qu’il se voyait encore se perfectionner à 80 ans car il lui reste encore beaucoup à apprendre (sic).

Tout au long de la saison, Kelly a écrasé par son talent toute la concurrence si l’on excepte les exploits individuels de Manoa Drollet à Tahiti, Tiago Pires à Bali, Adrian “Ace” Buchan à Seignosse…et maintenant Tom Whitaker à Mundaka qui ont sorti le grand jeu.

Cela fait des années que l’on nous fait croire que le successeur de Slater est enfin arrivé… Cette année, les projecteurs étaient tournés vers Jordy Smith, Dane Reynolds ou encore Jeremy Flores. Ce fut un bide intégral ! Car même si ces surfeurs sont capables de gros coups d’éclats, ils ne semblent pas encore arriver à la cheville de Slater car trop peu consistants et réguliers pour briguer une couronne mondiale.

Une polémique a eu lieu cette année pour savoir si Slater était surnoté ou si Taj Burrow s’était fait arnaquer par les juges en finale contre lui au Boost Mobile Pro à Trestles. De mon point de vue, ce ne sont pas les juges qui favorisent Kelly Slater mais c’est plutôt son surf engagé et radical qui correspond exactement aux nouveaux critères de jugement.

En compétition, il ne s’agit plus, comme par le passé, de prendre la plus grosse vague de la série et d’enchaîner 10 rollers de façon mécanique jusqu’à la plage. Il faut maintenant exécuter  quelques figures explosives (une ou deux énormes manoeuvres ou même un seul gros tube ou aerial peuvent suffire à scorer) sur les portions les plus critiques de la vague. C’est la qualité des figures qui compte maintenant et non plus leur quantité.

Slater, qui a surfé relâché comme en free surf toute l’année, donnait le maximum sur chacune de ses figures quand certains virtuoses des aerials se contentaient d’assurer leurs timides rollers.

Une autre qualité de Kelly est qu’il a toujours su garder la tête sur les épaules malgré la médiatisation, la fortune, ses nombreuses conquêtes… Ses analyses d’après série sont toujours justes et témoignent de sa simplicité et de son expérience.

Rien à redire donc sur ce neuvième titre bien mérité. Kelly Slater entre maintenant dans le panthéon des sportifs de légende comme Michael Jordan ou Tiger Woods.

Retrouvez quelques-uns des secrets de sa préparation sur le blog de Surf Prévention.

Mais la raison principale du succès de Kelly Slater est peut-être encore plus évidente : ce type aime le surf. Tout simplement.