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Archive pour la catégorie ‘Noyade’

Le livre de Kelly Slater : For The Love

Dimanche 14 décembre 2008

Kelly Slater avec la planche collector de Gerry Lopez comme trophée lors du Billabong Pipeline Masters 2008.

Kelly Slater est le surfeur, l’athlète, de tous les records.

Vendredi 12 décembre 2008, il a encore ajouté une ligne à son palmarès en devenant “Pipe Master” pour la 6e fois de sa vie, après ses titres remportés en 1992, 1994, 1995, 1996 et 1999. L’année de son neuvième sacre mondial , il redevient le maître incontesté à Banzai Pipeline neuf ans après son dernier titre et gagne une planche collector d’une autre légende du spot : Monsieur Gerry Lopez…

Il a encore une fois littéralement écoeuré ses adversaires et notamment Timmy Reyes en demie-finale qui avait pourtant réussi l’exploit de mettre Kelly “combo” (Slater avait besoin d’une combinaison de deux vagues pour reprendre la tête) en cours de série. En à peine 2 minutes, le temps de prendre 2 tubes profonds, un backside sur Pipeline et un frontside sur Backdoor, Slater renversait la vapeur et reprenait la tête de façon autoritaire et définitive… En finale, c’est Chris Ward qui a vu s’envoler ses rêves de Triple Couronne hawaiienne avec une nouvelle victoire du King Slater pour sa 10e finale de l’épreuve sur 17 participations.

Mais au-delà des superlatifs et des statistiques, qui est réellement Kelly Slater ?

Personne ne le sait réellement car l’homme garde une grande part de mystère, et même des amis de 20 ans comme Mark Richards reconnaissent que Kelly reste une énigme…

J’ai néanmoins trouvé des éléments de réponse sur la personnalité et le psychisme de Kelly Slater dans son livre “For The Love” écrit avec le journaliste de surf reconnu Phil Jarratt.

Le livre de Kelly Slater et Phil Jarratt For The Love

On n’y parle pas seulement de ses victoires en compétition ou de sa relation amoureuse (très médiatisée à l’époque) avec Pamela Anderson qu’il avait rencontrée sur le tournage de la série Baywatch. On en apprend plus sur sa famille (saviez-vous que Kelly Slater a une fille de 12 ans ?) et sur ses amis (dont Jack Johnson qui préface l’ouvrage). Le tout agrémenté de superbes photos pour la plupart inédites.

Ce livre est plein de vie mais Kelly Slater y évoque aussi la mort.

Il a pourtant été largement épargné par les accidents de surf si l’on excepte une blessure au genou qui l’a enquiquiné pendant 3 ou 4 ans en début de carrière.

Dans un passage du livre, on apprend que Kelly pense à la mort assez souvent et qu’il est passé par des stades où il n’en avait plus du tout peur. Il se dit que la peur de la mort est peut-être en fait la peur de ne pas avoir accompli tout ce que l’on aurait voulu faire dans sa vie, pas seulement les choses matérielles mais également tous les actes manqués sur lesquels on aimerait revenir, les personnes pour lesquelles on n’a pas été présent au bon moment, les conversations que l’on n’a pas écoutées,…

Kelly estime que nous devrions tous être capables de faire face à notre propre mort mais également à celle des autres. Il revient sur des épisodes traumatisants qui l’ont marqué au fer rouge d’amis victimes d’une noyade en surfant.

Il revient sur la noyade d’un ami proche à Waimea, Donny Solomon, qui était parti en arrière au canard sur une vague énorme, quelques instants après avoir partagé une vague avec Kelly. Les décès de Mark Foo à Mavericks dans “seulement” 15 pieds (après que son leash se soit probablement coincé sur le reef) et celui de Todd Chesser à Outside Alligator Rock (une série de 10 vagues consécutives de 10 mètres lui a été fatale) lui ont fait comprendre que même les big wave riders les plus expérimentés n’étaient pas immunisés contre la noyade.

Kelly Slater rappelle que la noyade peut survenir dans des petites conditions de surf comme ce fut le cas pour Malik Joyeux qui périt à Pipeline dans des vagues d’une taille abordable pour quelqu’un qui avait dompté les plus grosses déferlantes du monde à Teahupoo. Kelly raconte également la noyade de l’ancien surfeur professionnel devenu écrivain, Jamie Brisick, dans des vagues de 50 centimètres à Ventura après qu’il ait perdu connaissance suite à un traumatisme crânien contre sa planche de surf et qui a dû son salut à un pompier qui l’a repéré et a pu le ranimer sur la plage…

Toutes ces tragédies ont fait se poser beaucoup de questions à Kelly et à certains de ses amis les plus intrépides comme Shane Dorian ou Brock Little. Le jeu en valait-il vraiment la chandelle ? ” Quelle session (…), quelle photo, quelle décharge d’adrénaline, quelle distinction vaut la peine de prendre le risque de se noyer?” se demande Kelly Slater. Cette réflexion vient contredire les commentaires imbéciles du genre “ce n’est pas si grave, il est mort en faisant ce qu’il aimait..” que l’on peut entendre chaque fois qu’un surfeur décède en surfant.

Kelly Slater s’est bien fait peur à quelques reprises en restant le temps de 2 voire 3 vagues sous l’eau, de quoi subir un “aquastress” mais jamais au point d’inhaler de l’eau. Sa plus grosse frayeur dans les vagues, il se l’est faite lors de sa première session à Mavericks où il a pris la première vague d’une série de 15 pieds, a chuté alors qu’il ne s’y attendait pas, a été entraîné au fond et a été maintenu sous l’eau par la vague suivante. Quand il a enfin refait surface, Jeff Clark était là sur son jet-ski pour le récupérer.

Pour éviter de se retrouver dans ce genre de situations, Kelly Slater donne des conseils de prévention: “il faut calculer les risques surtout quand les vagues sont grosses. Faire attention à la tendance (à la hausse ou à la baisse) des bouées, connaître les lineups des spots à la perfection et être très concentré. (…) Quand tu ne peux pas voir le reef, il faut faire attention aux petites turbulences et à la couleur de l’eau. (…) Se poser la question : quelle était la taille de la plus grosse vague au cours de la dernière heure et où celle-ci a-t-elle cassé ? (…) Si tu te fais prendre par une série, tu as besoin de savoir où ramer pour te retrouver là où l’énergie se disperse et où tu peux passer dessous.”

Il y a vraiment beaucoup de choses intéressantes à apprendre dans ce livre sur Kelly Slater, sur le surf, la vie et l’amour…

Extrait du livre de Kelly Slater For The Love

Mort d’un wind surfeur en Australie

Dimanche 19 octobre 2008

Un windsurfeur allemand de 39 ans s’est noyé sur le spot hard-core d’Australie de l’Ouest de Gnaraloo , jeudi 16 Octobre 2008 vers 2 heures de l’après-midi.

On se souvient des Billabong Surf Challenge sur ce spot avec cette gauche super creuse avec des marches d’escaliers dans les tubes où s’étaient illustrés Slater, Rob Machado, Occy, Johnny Boy Gomes et compagnie. Ce spot est réputé pour la présence de requins. Il est éloigné de plus de 150 kilomètres de l’hôpital de Carnarvon.

Plus d’informations sur ce dramatique accident :
- The Australian (17/10/2008).
- Transworld Surf (17/10/2008).

Noyades en France: un lourd bilan.

Jeudi 15 mai 2008

Le B.A-BA avant d’initier vos enfants au surf: leur apprendre à nager! (iStockphoto)

Les résultats de l’enquête Noyades 2006 viennent de paraître dans le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire.

Même si l’étude ne donne pas d’information sur les noyades en surf, elle permet de tirer des enseignements très intéressants sur les mesures de prévention des noyades en général.

L’enquête a recensé 1207 noyades (dont 401 décès) en France entre le 1er Juin et le 30 Septembre 2006.

Les noyades en mer qui nous intéressent sont les plus fréquentes (56%), loin devant les noyades en piscine (17,5%), en cours d’eau (13%), en plan d’eau ou encore dans une mare, un port, en baignoire, piscine gonflable, etc.

L’Aquitaine est la région la plus touchée en France (avec la région PACA) avec 15% du total des noyades et 8% des décès.

Sur les 680 noyades survenues en mer, 95% ont eu lieu dans la bande des 300 mètres  et 5% plus au large. La moyenne d’âge des victimes était de 46 ans. Pendant l’été 2006, 151 personnes sont mortes suite à une noyade en mer et 7 ont gardé des séquelles. Les noyades se sont produites dans une zone non surveillée (50% des cas) ou interdite à la baignade (6%). 

Il est instructif de constater les circonstances des noyades (tous lieux confondus) en fonction des tranches d’âges. Pour les 13-24 ans par exemple, la noyade a été causée par les courants (33%), une chute (27%), un épuisement (17%); un malaise a été signalé dans plus d’un cas sur cinq (crise d’épilepsie, malaise cardiaque…); il y a eu 8 hydrocutions, 8 malaises vagaux et une indigestion.

Certaines circonstances de noyades se sont révélées plus meurtrières comme par exemple les malaises cardiaques (76% de décès), l’hydrocution (65% de décès) ou encore la consommation d’alcool (34% de décès).

Les résultats de l’étude NOYADES 2006 conduisent à renforcer la prévention dans ce domaine. Pour les noyades survenues en mer près du bord, il faut insister sur des règles simples que toute personne devrait connaître avant d’arriver sur une plage: ne pas surestimer ses capacités, entrer progressivement dans l’eau, ne pas consommer d’alcool avant de se mettre à l’eau… Il faut bien évidemment préférer les plages surveillées.

La mesure de prévention numéro 1 est de faire en sorte que toutes les personnes qui vont se baigner sachent nager. On en est encore loin: quasiment un jeune sur deux qui entre en sixième en France ne sait pas nager. Et on les retrouve quand même sur les plages ou sur une planche de surf !

Comme l’affirme fort justement notre secrétaire d’Etat chargé des Sports Bernard Laporte: “Savoir nager, ça doit être comme savoir lire ou écrire: c’est un apprentissage de base”. Voilà pourquoi l’ex-entraîneur du XV de France a décidé de mettre en place l’opération ”Savoir nager”, un programme d’apprentissage gratuit de la natation pour les les enfants de 7 à 12 ans dès cet été. Un diplôme Sauv’nage labellisé par la Fédération Française de Natation sera remis aux jeunes participants. Belle initiative qui pourrait se montrer salutaire en faisant éviter de nombreuses noyades dans les années à venir.