SURF PREVENTION : Santé et Surf
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Archive pour la catégorie ‘Infectiologie & vaccinations’

Dengue aux Antilles : Roselyne Bachelot annonce des mesures

Samedi 28 août 2010

Moustique Aedes vecteur de la dengue sur la peau - ©iStockphoto-Carl Subick

Après le chikungunya à la Réunion et la grippe A, Roselyne Bachelot s’attaque maintenant à l’épidémie de dengue qui sévit en Martinique et en Guadeloupe. En visite dans les Antilles françaises ce week-end, la Ministre de la Santé a pu constater sur place l’afflux de patients dans les hôpitaux et les cabinets médicaux (4000 consultations par semaine). Elle a annoncé diverses mesures pour arriver à contenir cette épidémie de dengue. Devant le manque de personnel soignant, notamment au CHU de Fort-de-France, elle a proposé de prolonger le renfort des médecins. Elle a également annoncé le remboursement des tests de dépistage de la dengue par sérologie. La Ministre de l’Outre-Mer Marie-Luce Penchard qui accompagne Roselyne Bachelot a de son côté annoncé le ramassage des carcasses de véhicules qui jonchent les trottoirs et les décharges à ciel ouvert dans lesquelles les moustiques vecteurs de la dengue (aedes aegypti – voir photo) prolifèrent pendant cette saison des pluies. Des jeunes volontaires seront mobilisés pour sensibiliser tous les habitants à la lutte contre les moustiques. La lutte anti-vectorielle est bien la priorité avec l’armée qui est même sollicitée pour éradiquer les gîtes larvaires des moustiques.

Lire aussi : – quels sont les symptômes de la dengue ?

IST : explosion des infections à Gonocoques en France

Vendredi 20 août 2010

Jeune couple faisant l'amour dans un lit - tags : sexe - rapports sexuels - preservatif - prevention IST  © iStockphoto / Jacob-Wackerhausen

Des statistiques préoccupantes confirment un relâchement dans la prévention des Infections Sexuellement Transmissibles par le port du préservatif. On assiste en effet à une explosion des cas d’infections à gonocoques (blennorragies). C’est en province que l’augmentation des cas est la plus spectaculaire avec + 54% (+ 51% chez les hommes et + 75% chez les femmes). Les données 2009 des réseaux RésIST, RENAGO et Sentinelles concordent pour confirmer cette tendance à la hausse.

La bactérie Neisseria Gonorrhoeae,  plus connue sous le nom de gonocoque, responsable de la blennorragie peut donner des uréthrites (inflammation de l’urèthre) à la symptomatologie très bruyante chez l’homme  avec écoulement purulent et miction douloureuse avec impression de « pisser des lames de rasoir ». Chez les femmes par contre, l’infection peut rester asymptomatique, ce qui favorise la dissémination de l’infection et des complications comme la stérilité. Les femmes peuvent néanmoins présenter un écoulement vaginal ou des douleurs pendant les rapports sexuels liées une cervicite (inflammation du col de l’utérus) par exemple. La blennorragie peut se transmettre par rapport sexuels génitaux ou bucco-génitaux.

Toute suspicion d’urétrite ou de cervicite doit être confirmée par l’analyse d’un prélèvement bactériologique en laboratoire d’analyses médicales avant le traitement. Le traitement repose sur l’administration d’antibiotiques prescrits par un médecin. Un traitement probabiliste anti-gonococcique est généralement associé à un traitement anti-chlamydia : pour une forme simple de blennorragie, en l’absence de contre-indication, une association de ceftriaxone (500 mg en injection intra-musculaire) et une monodose d’azithromycine (1g) peut être proposée. Le traitement sera secondairement adapté à l’évolution des symptômes et à l’antibiogramme, d’où la nécessité de revoir son médecin dans la semaine qui suit pour s’assurer de la guérison et éviter les complications. A signaler la résistance du gonocoque à plusieurs classes d’antibiotiques dont les fluoroquinolones.

Les partenaires d’un sujet atteint doivent également être soignés, même en l’absence de symptômes. Une infection à gonocoques nécessite la recherche d’autres IST par une prise de sang avec sérologies VIH, hépatite B, hépatite C et syphilis.

Utiliser un préservatif reste le meilleur moyen d’éviter une contamination génitale par le gonocoque.

Source : Institut de Veille Sanitaire.

Lire aussi :
- Que faire en cas de cystite ?
- Une IST ce n’est pas l’Inimitable Sumo en Tutu.

Surf Thérapie : il surfe malgré des séquelles de poliomyélite

Jeudi 12 août 2010

Beaucoup de gens croient que le surf n’est pas pour eux parce qu’ils ont « passé l’âge » ou parce qu’ils ont une arthrose débutante. Dans mon nouveau livre Surf Thérapie, j’explique au contraire que tout le monde peut surfer, même les surfeurs les plus handicapés. Un jeune surfeur indonésien nous en offre le plus bel exemple.

Deddy Dachi s'appuie sur une seule main pour faire le bottom turn sur sa planche de surf.

Deddy Solala Dachi a 25 ans et il vient de Sorake Beach sur l’île de Nias en Indonésie. Deddy est lourdement handicapé depuis qu’il a contracté la poliomyélite pendant son enfance à l’âge de 3 ans. La poliomyélite est une maladie due au poliovirus qui détruit les neurones moteurs de la moelle épinière au niveau de sa corne antérieure. La maladie s’attrape en consommant de l’eau ou des aliments contaminés. Cette affection jadis fréquente est devenue très rare dans les pays développés mais elle n’a pas encore été éradiquée dans certains pays en développement où les personnes non vaccinées* y sont exposées.

Deddy Dachi à gardé des séquelles motrices associant paralysies partielles ou complètes de muscles, notamment au niveau des membres, rétractions, atrophies musculaires…avec les troubles orthopédiques qui peuvent aller avec comme une déformation de la colonne vertébrale par scoliose. Malgré cela, Deddy surfe. Il raconte dans le courrier des lecteurs envoyé au Magazine Transworld Surf (Août 2010) : « Tous les jours, je vais en chaise roulante à la plage et je surfe. A l’âge de 10 ans, j’ai pris goût à aller à la plage avec des amis mais je devais m’y traîner sur les mains et sur mes genoux.

Deddy "surfwheelchair" Dachi va surfer à la plage en fauteuil roulant avec parasol incorporé. 

Je ressens toujours de la douleur au genou à cause d’une blessure mais je n’ai jamais abandonné et je ferais tout pour pouvoir atteindre la plage. J’ai commencé à surfer quand j’avais 12 ans. J’ai appris à surfer dans la mousse de la vague. Depuis, je m’efforce presque tous les jours de surfer un peu mieux. Même si je suis handicapé, je n’abandonne jamais. Un de mes rêves est d’aider les autres personnes handicapées en leur donnant un soutien moral et pourquoi pas en faire mon travail et voyager autour du monde. »

Deddy Solala Dachi au bottom turn backside malgre son handicap. Respect ! Photos Facebook.

Deddy Dachi pourrait devenir l’ambassadeur indonésien de l’association de Jesse Billauer Life Rolls On qui oeuvre à faire resurfer des personnes atteintes d’une maladie ou des séquelles d’un traumatisme de la moelle épinière.

*avant tout voyage ou surf trip, pensez à mettre vos vaccinations à jour. Quelle que soit votre destination, la vaccination contre la poliomyélite est obligatoire. Elle est généralement couplée aux vaccins contre le tétanos, la diphtérie et la coqueluche (vaccin DTCoqPolio comme Boostrixtetra, Infanrixtetra, Repevax…)

Voir aussi : - la vidéo Birthright d’un surfeur paraplégique qui fait du kayak surf.
- l’article sur le surf pour soigner les séquelles de la guerre chez les soldats.

Prévention de l’épidémie de Dengue en Guadeloupe et Martinique

Samedi 31 juillet 2010

L’épidémie de dengue se développe actuellement dans les Antilles françaises. La Guadeloupe est la plus touchée avec 20 000 cas depuis le mois de décembre 2009. La Martinique compte 13 000 cas de dengue avec des formes sévères dont huit décès. L’épidémie en serait à ses débuts à Saint-Martin. Comme on peut le voir sur ce reportage en Martinique dans la commune de Rivière-Pilote, il est indispensable de prévenir la propagation du moustique vecteur de la dengue (Aedes ægypti) en éliminant les « nids à moustiques » comme les endroits où l’eau stagne.

Pour prévenir les piqûres de moustique, il faut porter des vêtements à manches longues, mettre du répulsif sur les parties du corps non couvertes et dormir sous une moustiquaire, même pour faire la sieste. Si vous présentez les symptômes d’une forte grippe avec une fièvre élevée et des douleurs diffuses, consultez un médecin sans attendre.

La dengue est en recrudescence dans le monde. D’après l’OMS, 2,5 milliards de personnes y sont exposées et environ 50 millions de personnes sont infectées par la dengue tous les ans.

Lire aussi la fiche avec les conseils de prévention contre le paludisme.

Que faire en cas de cystite liée à une infection urinaire ?

Mercredi 7 juillet 2010

Jeune femme en maillot qui marche au bord de l'eau près des vagues - iStock_Michael DeLeon

Allô Docteur, je ressens des brûlures quand je fais pipi, je fais pipi plus souvent que d’habitude, j’ai du sang dans les urines, je ressens une pesanteur douloureuse dans le bas du ventre… Voici quelques-unes des plaintes décrites par les jeunes femmes qui présentent une cystite liée à une infection urinaire.

Les cystites sont l’un des motifs de consultation les plus fréquents en été. Ces infections urinaires touchent la vessie et concernent surtout les femmes (qui ont un urèthre plus court que les hommes). Tous les ingrédients sont réunis en été pour développer ce type d’infections : baisse des défenses immunitaires (relâchement après une année de travail, soleil, fatigue liée aux longues journées de plage et aux soirées…), conditions d’hygiènes défavorables (camping, difficultés d’accès à des toilettes…) , expériences sexuelles plus fréquentes…

Le meilleur moyen de prévenir une infection urinaire est d’éviter la stagnation des urines dans la vessie : il faut donc boire régulièrement de l’eau, et surtout uriner fréquemment ! Après une baignade ou une session de surf, ne laissez pas sécher votre maillot humide sur vous : changez-vous après le bain en préférant des sous-vêtements en coton propres.

Dès les premiers symptômes de cystite*, consultez sans attendre un médecin. N’attendez pas de voir si ça passe tout seul : le risque est que l’infection remonte vers le haut de l’appareil urinaire et provoque une infection d’un rein (pyélonéphrite). Pour une cystite simple chez une femme jeune sans antécédent, le médecin pourra prescrire un traitement court à prendre en un à trois jours. En cas de récidive ou de cystite compliquée, le médecin pourra vous prescrire un ECBU (examen cyto bactériologique des urines) à réaliser idéalement avant la première prise d’antibiotiques. Respectez la prescription du médecin et prenez le traitement jusqu’à la fin à la posologie indiquée.

Attention à certains antibiotiques comme les fluoroquinolones qui peuvent être photosensibilisants et provoquer une exacerbation des coups de soleil pour une exposition minime.

En prévention des infections urinaires, on conseille la prise quotidienne d’une dose de canneberge (cranberry).

Lire la fiche de conseils de prévention des cystites.

* brûlures mictionnelles, pollakiurie, dysurie, hématurie, pesanteur ou douleur hypogastrique…

Interview : Philippe Malvaux revient sur son grave accident de surf

Jeudi 10 juin 2010

En exclusivité pour Surf Prévention, Philippe Malvaux revient sur l’accident de surf qui aurait pu lui coûter la vie à cause d’une mauvaise chute et d’un nose de planche de surf trop pointu.

- Surf Prevention : Bonjour Philippe. Comment l’accident est-il arrivé ?

Philippe Malvaux : L’accident a eu lieu au Santosha à Capbreton, un jour moyen, des bols irréguliers, 1,2m à 1,5m on shore, rien de sensas’. On était pas mal à l’eau car spot de repli oblige mais heureusement finalement car on m’a tout de suite vu (quand l’accident est arrivé). J’ai fait un take off sur une vague qui doublait backside, au moment du take off elle s’est mise à déferler au-dessus de moi mais je suis tout de même parti car elle creusait bien en-dessous. J’ai enfourné et je me suis laissé un peu faire, j’ai basculé par dessus ma planche et j’ai plongé tête la première. En rentrant dans l’eau, je devais avoir le corps à moitié immergé et j’ai senti le nose de ma planche qui est venu me piquer la cuisse. La planche a rejailli comme un bouchon.

- Avais-tu une combinaison ?

J’avais une 3/2 mm.

- Qu’as-tu ressenti sur le moment ?

Sur le moment, j’ai ressenti juste un pic assez violent mais supportable et je me suis mis à espérer que ce ne soit rien, juste un choc tout au plus. Quand je suis remonté a la surface, Jérémy Flores qui avait vu la chute m’a fait un sourire car elle était drôle et je lui ai répondu. A ce moment-là j’ai senti des fourmis dans toute la jambe et de la chaleur le long de ma jambe. J’ai pris un close out au dernier moment d’un coup de rame pour rentrer voir au bord.

- Comment se sont organisés les premiers secours ?

Au bord Greg Salaun qui était en train de récupérer la planche de Beven est venu vers moi. Je me suis retourné et j’ai regardé dans la coupure de la combi, j’ai vu un trou béant et pas mal de sang jaillir. Un prof qui était au bord est venu me porter assistance avec Patrick et Greg et un autre prof a appelé les secours. Je leur ai demandé de me prendre par les bras pendant que le 3ème me soulevait les jambes, je pensais que la fémorale était touchée.

plaie inguinale a proximite de l'artere femorale causee par le nose pointu d'une planche de surf - photo DR

Ils ont couru jusqu’en haut de la dune. Heureusement que c’était des costauds. En haut ils m’ont allongé et m’ont mis les jambes en l’air. Patrick s’est mis sur moi pour voir la plaie et m’empêcher de voir, en prise de Jiu-jitsu. Ils ont découpé la combi avec les ciseaux du Capbreton Surf Club.

Patrick Beven a été d’un grand soutien moral et tout le monde a été assez efficace. Beaucoup de surfers sont sortis de l’eau pour voir s’ils pouvaient aider. J’ai trouvé ça sympa.

Le sang s’est vite arrêté de couler ce qui a rassuré tout le monde. Mais le trou était béant, presque 15 cm de large, on voyait la veine saphène apparente. Ils m’ont mis un pansement compressif fixé avec un t-shirt.

Le VSAB des pompiers a mis une vingtaine de minutes à arriver. Ils sont venus de Tosse pour me chercher car ceux de Capbreton étaient déjà sortis.

Ils m’ont fait une piqûre anti tétanique et m’ont amené à la Clinique St Etienne de Bayonne.

- Combien de temps avant de resurfer ?

Je ne sais pas quand est ce que je vais reprendre car aujourd’hui je suis retourné a l’hôpital car la plaie s’infecte, elle a « pété » la nuit dernière. Donc antibiotiques pendant 15 jours, antibiogramme et surveillance pendant 8 jours.

- Est-ce ta première blessure sérieuse en surf ?

C’est m’a 3ème blessure sérieuse avec mon nose: l’Å“il et les côtes il y a quelques années.

- Envisages-tu de modifier ton matériel ?

J’hésite entre le nose guard et le nose rond désormais.

Suite à l’accident, le nose guard est désormais obligatoire chez les jeunes du Capbreton Surf club.

Souhaitons un prompt rétablissement à Philippe Malvaux. Je tiens à le remercier chaleureusement pour avoir pris la peine de répondre à ces questions pendant sa convalescence. Son témoignage permettra à n’en pas douter d’éviter d’autres accidents causés par les noses trop pointus de certaines planches de surf.

Philippe Malvaux portrait - photo Facebook

Quelles sont les Contre-indications à la pratique du surf ?

Mardi 25 mai 2010

La redaction d'un certificat medical de non-contre indication a la pratique du sport est un acte medical effectue par votre medecin generaliste - tags docteur - blouse blanche - stethoscope - ordonnance - certificat ©iStockphoto / furabolo

Il existe peu de contre-indications absolues à la pratique du surf mais il faut connaître certaines contre-indications relatives ou temporaires. Votre aptitude à pratiquer le surf est à évaluer et à réévaluer annuellement par votre médecin traitant à l’occasion de la rédaction du certificat médical de non contre-indication à la pratique du surf requis pour obtenir une licence surf. Voici une liste non exhaustive des affections pouvant constituer une contre-indication à la pratique du surf dans les vagues :

- certaines malformations de la colonne vertébrale ou de la moelle épinière (même si certaines sont difficiles à déceler). ;
- épilepsie non contrôlée par le traitement;
- malaises récents d’origine indéterminée ;
- hypertension artérielle sévère ou non équilibrée ;
- maladie cardio-vasculaire aiguë, récente (infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral) ;
- maladie cardiaque grave (certains troubles du rythme, cardiomyopathies, valvulopathies…) ;
- insuffisance respiratoire chronique sévère ;
- pneumothorax jusqu’à 2 mois après la guérison ;
- diabète mal équilibré ;
- plaie(s) ;
- eczéma ou psoriasis en poussée;
- mycose ou infection cutanée jusqu’à guérison;
- infections aiguës jusqu’à la guérison (grippe, angine, bronchite, sinusite, otite, pneumonie, infection urinaire…)
- entorse, luxation, fracture au moins jusqu’au stade de la rééducation;
- luxations d’épaule récidivantes;
- arthrose ou rhumatisme inflammatoire en poussée, arthrite septique ;
- grossesse ;
- hémophilie ;
- traitement anti-coagulant ;
- traitement médicamenteux dont les effets secondaires peuvent compromettre la vigilance ou l’équilibre ou entraîner une somnolence.
- chirurgie récente (exemple : chirurgie de l’exostose, chirurgie ophtalmologique…)
- toute autre pathologie pouvant être aggravée par la pratique du surf ;
- toute autre affection ou traitement (médicaments, chirurgie, chimiothérapie…) pouvant compromettre la pratique du surf en toute sécurité.

En fonction de vos antécédents, de votre état clinique actuel et de votre traitement, votre médecin vous indiquera si vous présentez une contre-indication à la pratique du surf. Pour étayer son avis, il pourra vous adresser à un spécialiste. En cas de contre-indication relative, le médecin pourra vous expliquer les précautions à prendre ou vous orienter vers des activités aquatiques de remplacement comme le stand-up paddle ou la natation par exemple. En cas de contre-indication temporaire, il vous indiquera le délai avant la reprise sportive.

Lire aussi : les 10 règles d’or de prévention de la mort subite chez le sportif.

Antibiotiques : si on les utilise à tort…

Vendredi 21 mai 2010

L’Assurance Maladie repart en croisade contre les prescriptions abusives d’antibiotiques. Après la campagne au fameux slogan « les antibiotiques, c’est pas automatique« , on avait assisté à une baisse spectaculaire des prescriptions d’antibios mais il semblerait que leur utilisation soit repartie à la hausse depuis 2007.

Utiliser des antibiotiques quand on n’en a pas besoin présente plusieurs inconvénients : cela ne vous soigne pas plus vite, vous subissez les effets secondaires des médicaments, des résistances bactériennes se développent…et vous plombez encore un peu plus les comptes de l’Assurance Maladie qui n’ont pas besoin de ça en ce moment. Lire à ce sujet l’article sur le nouveau déremboursement des médicaments.

Cette campagne de sensibilisation sur le bon usage des antibiotiques aura comme slogan : « Si on les utilise à tort, ils deviendront moins forts ». Elle ciblera deux pathologies fréquentes et le plus souvent virales que sont l’angine et la bronchite.

Nouvelle campagne antibiotique de l'assurance maladie antibiotiques si on les utilise a tort ils deviendront moins forts

Cette campagne sera peut-être utile pour raisonner les deux grandes catégories de patients qui demandent des antibiotiques pour tout et n’importe quoi : les parents inquiets qui veulent à tout prix des antibios pour soigner leur bambin qui toussote depuis la veille ou les personnes qui veulent quelque chose de « costaud » pour « guérir plus vite » parce qu’ils ont une réunion importante ou une compétition de surf le lendemain. Petit rappel : le premier réflexe à avoir quand on est patraque est de se reposer.

Attention de ne pas tomber non plus dans l’excès inverse : on voit de plus en plus de personnes qui sont « contre les antibiotiques » et qui sont prêtes à s’en priver même en cas d’infection bactérienne avérée. Ces gens ne comprennent pas que dans bien des cas, les antibiotiques sont indispensables : ils évitent des complications et sauvent des vies.

Conduite à tenir: consultez votre médecin traitant et respectez son avis ! Ne lui mettez pas la pression pour qu’il vous donne des antibiotiques (situation vécue au quotidien par les médecins généralistes). En cas de persistance ou d’aggravation des symptômes, n’hésitez pas à le reconsulter.


Antibiotiques : le nouveau spot TV
envoyé par Europe1fr. – L’info video en direct.

Plus d’informations sur http://www.ameli-sante.fr/angine/quest-ce-que-langine/angine-virale-et-bacterienne-a-streptocoque.html

Lire aussi la campagne de prévention dentaire de l’Assurance Maladie M’T Dents.

Santé : sirops pour la toux contre-indiqués chez le nourrisson

Jeudi 29 avril 2010

Certains sirops ne doivent plus etre donnes aux enfants de moins de 2 ans.

On savait déjà que les sirops contre la toux ne servaient pas à grand-chose… On apprend aujourd’hui qu’ils peuvent même être dangereux chez les enfants en bas âge. Des sirops mucolytiques et l’Helicidine® sont dans le collimateur de l’AFSSAPS (voir liste ci-dessous) qui les contre-indique désormais pour les enfants de moins de deux ans.

La plupart de ces sirops fluidifient les sécrétions et pourraient être dangereux chez les enfants qui ne savent pas encore tousser et qui risquent de s’encombrer. Ces sirops auraient déjà conduit à 70 cas de complications respiratoires chez des nourrissons recensées par la pharmacovigilance.

Mais rassurez-vous, la toux d’un enfant peut très bien se soigner sans sirop. Il ne faut pas s’inquiéter devant l’apparition récente d’une toux banale isolée. Je consulte encore régulièrement à mon cabinet de médecine générale des parents qui amènent leur enfant parce qu’il tousse depuis la veille au soir (et qu’ils ont mal dormi…) Quand il s’agit d’une simple rhinite ou d’une bronchite bénigne, je les rassure et leur donne des conseils. Mais beaucoup de parents exigent encore un sirop ou des antibiotiques même quand ils sont totalement injustifiés…

Que faire si mon enfant tousse ?

- Respecter sa toux à la phase initiale pendant les premiers jours.
- Surveiller sa température.
- Ne pas fumer +++. Avec un enfant en bas âge, aucun de ses parents ne devrait fumer que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur du domicile.
- Laver les fosses nasales de l’enfant plusieurs fois par jour avec du sérum physiologique ou de l’eau de mer stérile avec l’aide d’un mouche-bébé si nécessaire.
- Se laver les mains régulièrement au savon ou avec une solution hydro-alcoolique, surtout avant et après les soins.
- Utilisez des mouchoirs jetables.
- Couchez votre enfant sur le dos avec le matelas légèrement surélevé au niveau de la tête (vous pouvez glisser un petit coussin sous le matelas).Donnez régulièrement à boire à votre enfant.
- Maintenir la chambre de l’enfant dans une atmosphère saine, douce (19-20°C environ) et modérément humide.
- Consulter un médecin si toux persiste ou si une fièvre apparaît ou persiste au bout de 72 heures.
- Consulter en urgence (faire le 15) si difficultés respiratoires ou altération de l’état général.

Liste des sirops contre-indiqués par l’AFSSAPS aux enfants de moins de deux ans: 

Contre-indication, chez le nourrisson, des spécialités mucolytiques (carbocistéine, acétylcystéine), mucofluidifiantes (benzoate de méglumine) administrées par voie orale et de l’hélicidine :

Médicaments retirés du marché

- EXOMUC NOURRISSON 100 mg, sachets (Bouchara Recordati)

- FLUIMUCIL NOURRISSON 100 mg, sachets (Zambon France)

- MUCOMYST NOURRISSONS 100 mg/5 ml, poudre pour suspension buvable (Bristol-Myers Squibb)

Médicaments désormais contre-indiqués chez les enfants de moins de 2 ans

(E&N= Enfants et Nourrissons / SS = Sans Sucre)

- BRONCATHIOL E&N, solution buvable (Hepatoum/Tonipharm)

- BRONCHOKOD E&N, sirop (Sanofi-Aventis)

- BRONCHOKOD SS E&N 2 %, solution buvable édulcorée (Sanofi-Aventis)

- BRONKIREX SS 2 % E&N, sirop édulcoré (Sanofi-Aventis)

- CARBOCISTEINE BIOGARAN 2 % E&N SS, solution buvable édulcorée (Biogaran)

- CARBOCISTEINE E.G. 2 % ENFANTS, sirop (EG labo)

- CARBOCISTEINE MYLAN 2 % E&N SS, solution buvable édulcorée (Mylan)

- CARBOCISTEINE MYLAN 2 % ENFANTS, sirop (Mylan)

- CARBOCISTEINE RATIOPHARM CONSEIL 2 % E&N, sirop (Ratiopharm)

- CARBOCISTEINE SANDOZ CONSEIL 2 % E&N SS, solution buvable édulcorée (Sandoz)

- CARBOCISTEINE SANDOZ CONSEIL 2 % E&N, sirop (Sandoz)

- CARBOCISTEINE TEVA CONSEIL 2 % E&N SS, solution buvable édulcorée (TEVA santé)

- CARBOCISTEINE TEVA CONSEIL 2 % E&N, sirop (TEVA santé)

- CARBOCISTEINE WINTHROP 2 % E&N SS, sirop édulcoré (Sanofi-Aventis)

- CLARIX EXPECTORANT CARBOCISTEINE 2 % E&N, sirop (Cooper)

- FLUIMUCIL 2 % E&N, solution buvable (Zambon France)

- FLUISEDAL SANS PROMETHAZINE, sirop (Elerte)

- FLUISEDAL, sirop (Elerte)

- FLUVIC E&N 2 %, sirop (Pierre Fabre Médicament)

- FLUVIC SS E&N 2 %, édulcorée (Pierre Fabre Médicament)

- HELICIDINE 10%, sirop (Therabel Lucien Pharm)

- MEDIBRONC ENFANTS, sirop (Merck médication familiale)

- MUCICLAR 2 % E&N, sirop (McNeil Santé Grand Public)

- RHINATHIOL EXPECTORANT CARBOCISTEINE 2 % E&N SS, sirop édulcoré (Sanofi-Aventis)

- RHINATHIOL EXPECTORANT CARBOCISTEINE 2 % E&N, sirop (Sanofi-Aventis)

- RHINATHIOL PROMETHAZINE, sirop (Sanofi-Aventis)

- SOLMUCOL 100 mg, sachets (Genevrier)

Source : AFSSAPS

Le Surf à Waimea River…et les risques de leptospirose

Jeudi 15 avril 2010

Frustrés de ne pas avoir pu shooter les vagues géantes de Waimea Bay pendant l’Eddie Aikau contest, des surfeurs et des bodyboardeurs se sont décidés à réactiver la vague statique de Waimea River. Ils ont pris leurs pelles pour creuser un tunnel dans le sable et ont ensuite laissé le courant de la rivière regagner l’océan. Il est possible de surfer sur ce courant de rivière comme nous le montre Damien Wills. Surfer une telle vague de rivière présente certains risques. Plus le courant est rapide, plus il est dangereux de surfer une telle vague, avec le risque de tomber violemment contre le sable du fait de la faible profondeur d’eau. Mais le risque est également infectieux…

On surfe dans de l’eau de rivière, et non plus dans de l’eau de mer : on s’expose à certains risques infectieux et notamment à la pathologie connue sous le nom de leptospirose. A Hawaii, la leptospirose est une réalité puisque l’on y a diagnostiqué des centaines de cas ces dernières années dont certains cas mortels. Lire les conseils de prévention de la leptospirose ici. Mieux vaut surfer avec une combinaison dans ou à proximité d’une rivière. Ne jamais surfer avec une plaie, aussi petite soit-elle. En cas de fièvre ou de douleurs dans les jours qui suivent un surf en rivière, consultez un médecin sans attendre !

Lire aussi : – Surf dans les égouts au Brésil.