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Archive pour la catégorie ‘Surf Trip’

Deux surfeurs attaqués par un phoque en Namibie

Mercredi 17 décembre 2008

On connaissait déjà les attaques de requins sur des surfeurs mais on n’avait encore jamais entendu parler d’attaque de phoque…

C’est pourtant la mésaventure qu’ont subie deux surfeurs en Namibie le mois dernier.

Chris Nel et Neels Engelbrecht surfaient sur le spot de Cape Cross à environ 130 kilomètres au Nord de Swakopmund.

Ils se trouvaient à environ 600 mètres du bord quand l’attaque s’est produite. Neels Engelbrecht a été attaqué par l’animal en furie qui lui a arraché un morceau d’oreille et l’a mordu à la tête, aux bras et aux jambes sous ses assauts répétés.

Chris Nel, venu à la rescousse, a essayé de mettre le nose de sa planche dans la gueule de l’animal mais il a également été blessé à la tête, au dos et aux bras.

Ils ont eu toutes les peines du monde à sortir de l’eau car le phoque les a poursuivis jusqu’au bord.

C’est Chris Nel qui a conduit leur véhicule (qu’ils avaient dû garer à un kilomètre du spot) jusqu’à l’hôpital en utilisant son membre supérieur non blessé pour tenir le volant…

Les deux surfeurs s’en tirent avec une centaine de points de suture au total pour refermer leurs plaies et une hospitalisation à l’hôpital de Swakopmund.

Ils ont été vaccinés contre la rage.

Il s’agirait de la première attaque confirmée d’un phoque sur des surfeurs. Il est néanmoins déjà arrivé que ce type de phoque s’en prenne à des plongeurs. Le phoque à l’origine de l’attaque pourrait être un jeune mâle d’après un spécialiste qui aurait réagi de la sorte pour défendre son territoire.

Conseils de Surf Prévention : si vous allez surfer du côté de Cape Cross en Namibie, il est vivement conseillé d’éviter de surfer au milieu des colonies de phoques, notamment pendant la période de reproduction s’étendant d’octobre à janvier.

Plus d’informations sur allAfrica.com.

Surf Prévention dans Men’s Health

Jeudi 20 novembre 2008

Men’s Health Décembre 2008.

Men’s Health, “le magazine masculin le plus lu du monde” pour “mieux vivre au masculin”consacre 5 pages au surf dans son numéro de Décembre 2008.

Dans un excellent article, Karim Guerdane nous fait partager le surf trip en Islande de Fredo Robin et de Naoum Ildefonse en Juillet 2008.

Les magnifiques photos d’Eric Chauché nous font découvrir les sessions de nos deux surfeurs au milieu des icebergs…

Il y a aussi des conseils de préparation pour ce genre de surf trip par votre serviteur, auteur de ce blog.

Extraits:
Questions du journaliste Karim Guerdane.
Réponses du Dr Guillaume Barucq, éditeur et rédacteur de www.surf-prevention.com , auteur du Surfers’ Survival Guide.

Quelles sont les contraintes physiques majeures de la pratique du surf ?

Le surf est un sport à part entière qui nécessite des aptitudes variées : équilibre, souplesse, force et surtout endurance.

On passe 50% du temps à ramer, quelques poignées de secondes seulement à surfer et le reste de la session à attendre la vague… (Mais le jeu en vaut la chandelle !)

La puissance de rame est primordiale pour bien se placer sur les vagues et nécessite d’avoir un dos et des épaules bien musclés.

Les surfeurs ont souvent un torse surdimensionné et des jambes trop frêles. Vélo, snowboard, skate, etc. permettent de renforcer les membres inférieurs pour envoyer des figures plus radicales en surfant ! Il faut aussi travailler ses abdos.


Quelle préparation physique préconiseriez-vous ?

La préparation physique, pour un voyage en Islande, doit commencer au moins 2 mois avant le départ. Il est indispensable d’arriver sur ce genre de surf trip au top de sa forme en respectant une bonne hygiène de vie.

Pour travailler l’endurance, je recommande de faire des longueurs dans l’océan à la nage ou en paddle board (grande planche conçue pour ramer). Le top : le bodysurf (le corps surfe sans planche) permet de travailler son sens marin et sa condition physique dans les vagues. Le jogging sur le sable est un bon complément.

Le meilleur entraînement pour le surf reste encore le surf !

Sans oublier : hydratation, échauffement et assouplissements légers avant chaque session. « Décrassage », étirements et idéalement un bon massage après le surf pour éviter les douleurs musculaires.

En quoi et comment, ces conditions « extrêmes », influent sur l’organisme ?

La dépense énergétique est augmentée en eau froide car l’organisme brûle encore plus de calories pour maintenir sa température interne.

Dans l’eau froide, le risque théorique est l’hypothermie car la déperdition de chaleur est 25 fois plus importante dans l’eau que dans l’air. Dans une eau à 5°C, le temps de survie sans combinaison est inférieur à 2 heures.
Mais les risques d’hypothermie sont quasi nuls si on surfe avec une combinaison adaptée et qu’on limite la durée des sessions à 45 minutes maximum. Il faut sortir avant de ressentir la fatigue, de frissonner ou de s’engourdir car c’est là que surviennent les accidents.


Quels équipements sont nécessaires pour les supporter?

Une combinaison intégrale est donc indispensable. Son épaisseur dépend de la frilosité individuelle et de l’épaisseur de graisse sous-cutanée (qui protège du froid mais ce n’est pas une raison pour manger plus gras !).

En Islande, quand l’eau descend à 3°C en Janvier, une combinaison de 6mm minimum est nécessaire. En hiver, le vent fort rend le froid encore plus difficile à supporter (par effet « wind chill »).

En juillet, avec une température extérieure clémente et une eau à 12°C, l’intégrale 4/3 mm peut suffire.

Il faut également s’équiper de :
-chaussons épais à semelles dures pour protéger ses pieds du froid et de la roche volcanique qui tapisse la plupart des spots.
- gants pour limiter le risque de gelure des mains.
- cagoule pour prévenir la barre frontale douloureuse que la plupart des surfeurs ressentent quand ils immergent leur tête dans l’eau froide.
- bouchons d’oreilles adaptés pour éviter que le contact de l’eau froide avec le conduit auditif ne provoque son rétrécissement progressif (exostose ou « oreille du surfeur »).
- une wax (paraffine utilisée comme antidérapant) de consistance molle spéciale « eau froide ».

Nous avons vu récemment l’apparition de nouvelles technologies et procédés permettant une pratique du surf, dans des conditions de plus en plus difficiles. Quelles sont, d’après vous, les limites physiques de ce sport ?

Par rapport au froid, les limites vont rejoindre celles des sports de haute montagne grâce à l’évolution de la technicité de l’équipement.

On peut maintenant surfer partout sur la planète, des tropiques à l’Antarctique. Avec quand même une limite que se sont fixés les casse-cous qui ont tenté de surfer au milieu des icebergs en Alaska : ils ont juré de ne pas recommencer du fait du risque de collision mortelle avec des blocs de glace…

Le surf tracté par un jet ski (« tow in ») permet de surfer des vagues gigantesques que l’on n’aurait jamais imaginé surfer à la rame. Je crois que les surfeurs de grosses vagues ont déjà dépassé leurs limites sans le savoir et qu’il faudrait maintenant calmer leurs ardeurs avant qu’il y ait un nouveau blessé grave. Le surf de grosses vagues en eau froide est à réserver aux « big wave riders » chevronnés.

Retrouvez l’intégralité de l’article dans le dernier numéro de Men’s Health.

Prévenir le risque de grippe aviaire

Dimanche 26 octobre 2008

La grippe aviaire n’a pas disparu. Même si les media en parlent moins, le risque de pandémie grippale humaine perdure à cause de l’épizootie persistante à virus A (H5N1) touchant les oiseaux.

Actuellement, il y a des “cas humains isolés à l’étranger sans transmission interhumaine*”. Dans les pays où les oiseaux sont touchés par le virus H5N1, l’homme peut s’infecter à leur contact mais pour le moment, il n’y a pas de transmission d’homme à homme. Il suffirait que le virus mute pour que la maladie devienne très contagieuse pour l’homme et qu’une épidémie mondiale se diffuse brutalement.

Le passage du virus de l’oiseau à l’homme peut arriver demain, dans plusieurs années ou peut-être jamais (le pire n’est jamais sûr…) mais l’histoire a montré que les épidémies de grippe les plus dévastatrices ont été introduites par les oiseaux. Ce fut le cas au XXe siècle pour les 3 pandémies grippales majeures : la grippe espagnole en 1918 (40 millions de décès), la grippe asiatique en 1957, et la grippe de Hong Kong en 1968.

Si ce sujet est abordé dans Surf Prevention, c’est parce que le plus grand réservoir mondial de grippe aviaire se situe dans une vaste zone qu’affectionnent particulièrement les surfeurs : l’Indonésie.

L’Indonésie se trouve actuellement dans une situation critique à cause de la circulation importante du virus parmi les volailles. Certains spécialistes estiment même que l’Indonésie pourrait être le point de départ d’une épidémie mondiale si le virus venait à muter dans cette zone.

Compte-tenu de la migration des oiseaux et des voyages fréquents de l’homme moderne (et notamment du surfeur !) d’un continent à l’autre, une épidémie humaine à H5N1 pourrait se répandre dans le monde comme une traînée de poudre. On peut parfaitement imaginer un surfeur français en surf trip contracter le virus en Indonésie et le déclarer en France…

Le dernier bilan de l’Organisation Mondiale de la Santé sur la situation en Indonésie en septembre 2008 fait état de 137 cas humains confirmés dont 112 ont été mortels. A part quelques cas qui restent à élucider, ces malades ont été contaminés à cause de la promiscuité avec des oiseaux ou des volailles.

Si vous partez en surf trip en Indo, il vous faut donc respecter tous les conseils de prévention ci-dessous :

- lavez-vous régulièrement les mains à l’eau et au savon ou avec un produit désinfectant de type solution hydro-alcoolique.

- ne consommez que des aliments bien cuits. Dans les zones touchées par la grippe aviaire, les volailles ( et produits de volaille ) peuvent être consommés à condition d’être bien cuits et correctement manipulés pendant la préparation. Le virus H5N1 est sensible à la chaleur. Aux températures où s’effectue normalement la cuisson (70° C en tout point de l’aliment), le virus est détruit. Avant de consommer de la viande de volaille, il faut s’assurer que toutes les parties sont bien cuites (la chair ne doit plus être rose); les oeufs devront eux aussi être bien cuits (les jaunes ne doivent pas être liquides).
Plus d’informations sur la consommation des volailles sur le site de l’OMS.

Evitez tout contact avec les volailles ( vivantes ou mortes )  :

- ne vous rendez pas dans des élevages industriels et familiaux ou sur des marchés aux volailles ou aux oiseaux.
- ne manipulez pas de cadavres ou de déchets d’oiseaux,.
- évitez tout contact avec une surface apparaissant souillée par des fientes de volailles ou des excréments d’animaux.

Respectez les recommandations émises par les autorités sanitaires locales. Vous pouvez vous rapprocher des services consulaires pour en prendre connaissance.

L’importation de volatiles issus des pays touchés par la grippe aviaire est strictement interdite.

Important si vous revenez d’un pays touché par la grippe aviaire de type A (H5N1) et si, lors de votre séjour dans l’un de ces pays, vous avez été en contact avec des personnes atteintes de la grippe ou avec des volailles :
Si vous ressentez dans les 10 jours suivant votre retour les différents signes du syndrome grippal (fièvre, douleurs articulaires, myalgies, toux, difficultés à respirer…), il est impératif de contacter sans délai un médecin par l’intermédiaire du SAMU (Service d’Aide Médicale Urgente) en faisant le 15 sur tout le territoire français.

Précisez bien lors de votre appel au 15 que vous revenez d’un des pays touchés par la grippe aviaire.

Si ces symptômes surviennent durant le vol de retour en France, signalez-le immédiatement auprès d’un membre de l’équipage afin qu’une prise en charge médicale adaptée soit assurée dès votre arrivée.

Retrouvez toutes les informations sur la grippe aviaire sur le site du gouvernement : http://www.grippeaviaire.gouv.fr/ .

*avec le virus H5N1 actuel, la transmission interhumaine reste très exceptionnelle et se limiterait à une transmission aux membres d’une même famille qui ont des contacts rapprochés.

N.B. : pour connaître les autres pays touchés par la grippe aviaire, suivez ce lien.

Jouez la carte Stormrider !

Mercredi 8 octobre 2008

Mieux vaut être un as pour surfer J-Bay !

Le guide Stormrider est à ce jour la référence absolue pour trouver une idée de surf trip et pour le préparer dans les meilleures conditions.

On connaissait le Stormrider Guide pour ses précieuses cartes de spots mais les spots sont maintenant des cartes… à jouer !

Notre communauté surf n’étant pas épargnée par le phénomène “POKER HOLD’EM”, Stormrider nous propose un jeu de cartes à jouer un peu particulier !

Chaque carte est associée à un spot majeur du World Stormrider Guide 1, avec pour chacun une photo, un petit descriptif (en anglais), des statistiques, etc.

Pour chaque carte comme ici celle de Jeffrey’s Bay, retrouvez :
- un cliché pris par un photographe de surf reconnu.
- les symboles qui indiquent la taille des vagues et la direction de houle idéale, les conditions optimales de vents et de marées pour surfer la vague, le type de spot et de fond,…
- les statistiques de houle mensuelles, la température de l’eau et la combinaison nécessaire en fonction de la saison…

En 54 cartes, vous faites ainsi le tour des principaux spots de la planète avec des infos concises et pertinentes.

Prix de vente conseillé :  6€.

Infos :  yep@surftrip.net

Surfer en Islande: c’est possible !

Mercredi 8 octobre 2008

Contrairement à ce que laisse penser cette vidéo, il y a bien des vagues en Islande !

Quand les surfeurs pensent à une île, ils imaginent plus volontiers une destination tropicale avec des vagues tubulaires dans de l’eau chaude qu’une île à la limite du cercle polaire…

Mais grâce aux dernières nouveautés en matière de combinaisons, les surfeurs ne sont plus limités par le facteur froid. Dans une combinaison moderne, on peut surfer en eau froide en se sentant aussi bien dans son néoprène en Arctique que dans un maillot à Tahiti. Dans les dernières combis, on se sent libre de ses mouvements pour réaliser des figures de surf radicales !

D’une bonne combinaison, vous en aurez bien besoin si vous partez à la découverte de l’Islande où l’eau peut descendre sous la barre des 5°C en hiver…

La meilleure option pour y partir en surf trip est d’attendre “les beaux jours” où l’air est un peu moins froid et où vous pourrez peut-être vous contenter d’une combinaison 4/3 mm pour surfer.

L’Islande est un pays où le feu des volcans côtoie la glace des icebergs. Vous y découvrirez des paysages à couper le souffle si vous avez l’âme d’un aventurier et que vous louez un bon 4X4.

Pour un surfeur, ce sont surtout des milliers de kilomètres de côtes vierges truffées de spots secrets. En période estivale, les journées sans fin où le soleil ne se couche jamais totalement laissent tout le temps pour partir en quête de la perle rare.

Mais attention, on se retrouve vite au milieu de nulle part en Islande. Vous avez tout intérêt à préparer votre expédition si vous comptez sortir des sentiers battus.

Cette semaine, Surf Prévention vous amène sur la péninsule des Reykjanes, la partie de l’île la mieux connue pour le surf. Entre une tempête et une éruption volcanique, vous aurez peut-être la session de votre vie sur le spot de Grindavik ou sur l’une des nombreuses vagues de classe internationale que compte l’Islande.

Retrouvez la fiche technique de Grindavik avec tous les conseils de prévention des risques en Islande dans la rubrique Surf Trip.

Bad trip aux Mentawaii

Mercredi 1 octobre 2008

Hélicoptère totalement inadapté au transport d’un traumatisé du rachis cervical qui a pourtant servi à secourir Darren Longbottom.

Les Mentawaii sont présentés par les media du surf comme un paradis terrestre pour leurs vagues parfaites. Mais on occulte trop souvent le danger qu’il y a à partir sur ces îles éloignées de toute assistance sanitaire.

S’il se passe quelque chose, il n’y a pas d’hôpital à proximité, rarement un médecin à bord du bateau et parfois pas de trousse à pharmacie (ou personne qui ne sache l’utiliser…).

Darren “Dazza” Longbottom (le grand frère de Dylan), surfeur australien expérimenté de 35 ans et patron de Surf Shop à Kiama, l’a appris à ses dépens à la suite d’une mauvaise chute lors de son premier trip aux Mentawaii. Son histoire est riche d’enseignements…

La scène se passe le 20 Mai 2008 alors que Darren et ses potes se retrouvent sur le bateau Barrenjoey au sud des îles Mentawaii. Ils surfent sur la gauche de récif de Thunders qui casse au large de la petite île de Sibigau. Ce matin-là, les vagues ne faisaient que 1,20 m à 1,50 mètres. Ils prennent des vagues en surf tracté mais l’accident de Darren est survenu sur une vague prise à la rame.

A 8 heures du matin, en finissant de surfer une gauche qui allait fermer, Darren est sorti en sautant par derrière la vague. Il s’est littéralement envolé à 2 mètres de hauteur au-dessus de la lèvre mais il est malheureusement retombé tête la première sur sa planche qu’il a cassée en deux. C’est à ce moment précis que le traumatisme s’est produit…

Note de Surf Prévention: quand vous finissez une vague, ne vous jetez pas n’importe comment et surtout évitez, si possible, de partir la tête la première.

Darren Longbottom s’est brisé le cou en percutant sa planche et a été victime d’un traumatisme grave du rachis cervical. Il s’est retrouvé paralysé dans l’eau et aurait pu se noyer si le jet ski piloté par l’un de ses camarades (Ian Stewart) n’était pas arrivé immédiatement à la rescousse. Ses amis ont rapidement saisi la gravité du traumatisme et ils ont fait ce qu’il fallait pour le protéger et le sortir de l’eau en utilisant le rescue sled du scooter des mers. Le skipper du bateau s’est chargé de passer l’alerte.

Darren Longbottom a été correctement conditionné sur le bateau: il a été immobilisé allongé et un collier cervical lui a été posé. Sur un site Internet d’informations australien, Darren a déclaré: “à ce moment-là, je pensais surtout à ma famille et j’avais juste envie d’arriver rapidement dans un foutu hôpital”. Mais il n’imaginait pas encore le parcours du combattant qui l’attendait…

Par chance, deux médecins français (le Docteur Jean-Marc Pérès chirurgien biarrot et un confrère radiologue réunionnais) se trouvaient sur un autre bateau (le Midas) à proximité. Mais le temps que leur skipper soit averti et qu’ils se rendent sur zone, trois bonnes heures s’étaient déjà écoulées. Une fois à bord, ils ont diagnostiqué une plaie du cuir chevelu et surtout une paralysie haute proche de la tétraplégie (paralysie totale des membres inférieurs, usage très limité des membres supérieurs avec un niveau sensitif au niveau des épaules). Ils ont mis en route les premiers soins et ont rassuré le patient et l’équipage par leur présence. Ils ont préféré laisser le patient, peu douloureux, à jeun en prévision d’une possible intervention chirurgicale dans les prochaines heures.

Il fallait alors trouver une solution pour rejoindre le village de Padang sur la côte Ouest de Sumatra (rien à voir avec Padang Padang à Bali).

Impossible d’y aller directement en bateau car cela aurait mis plus de 20 heures et le roulis aurait pu déplacer sa fracture cervicale et aggraver les lésions de la moelle épinière du surfeur: une lésion des nerfs phréniques aurait entraîné une paralysie du diaphragme qui aurait pu être fatale en l’absence d’assistance ventilatoire pour aider le patient à respirer.

La “meilleure” solution, ou la moins mauvaise plus exactement, fut de retrouver le Docteur Derek Allen et son hélicoptère au village de Sikakap situé au sud-est de la grande île de Pagai Utara.

Ce médecin néo-zélandais, basé à Gunung Sitoli sur l’île de Nias, fait ce qu’il peut pour exercer son art bénévolement sur un terrain aussi difficile que cette région de l’Indonésie. Sur ce coup-là, il a vraiment dû improviser en toute illégalité (son hélicoptère n’était pas en règle auprès des autorités indonésiennes) pour secourir Darren Longbottom.

Le Barrenjoey a mis 3 heures pour arriver au point de rendez-vous au port de Sikakap et ils ont dû attendre le Dr Allen plus d’une heure.

Après concertation, les deux médecins français et le Dr Allen ont décidé d’utiliser l’hélicoptère pour conduire Darren Longbottom à Padang. A vrai dire, ils n’avaient pas d’autre choix: il s’agissait d’une question de vie ou de mort…

Encore fallait-il immobiliser correctement ce gaillard de 1,80 m pour 95 kg et le faire rentrer dans le minuscule hélicoptère 2 places (un Robinson R22).

“Nous avons dû utiliser les moyens du bord en attachant le patient à sa planche de surf cassée (note de Surf Prévention: pour faire office de plan dur) et en l’immobilisant à l’aide de serviettes” a raconté le Docteur Pérès joint au téléphone par Surf Prévention.  

L’installation du surfeur dans cet engin absolument pas homologué pour un transport médicalisé aurait pris 2 heures supplémentaires. Compte-tenu de l’exiguïté de l’hélicoptère, il était impossible de faire voyager le blessé allongé mais les médecins se sont ingéniés à l’installer en respectant l’axe tête-cou-tronc qui doit toujours rester droit en cas de suspicion de traumatisme de la colonne vertébrale. La planche cassée a été mise en porte-à-faux sur le siège de façon à créer un plan incliné à 45°. Le patient a été positionné avec les genoux fléchis en butée contre la vitre avant de l’hélico, bien calé avec des coussins.

Comme l’hélicoptère n’avait pas assez d’essence pour faire le trajet jusqu’à Padang, il a dû se réapprovisionner avec un jerrican contenant le carburant du bateau… Il a pu enfin décoller une dizaine d’heures après l’accident.

Après 2 heures de vol, la tombée de la nuit les a forcés à atterrir en catastrophe à Tarusan Cerokok (à 2 heures de Padang) derrière un terrain de football. Darren se souvient avec effroi d’une scène surréaliste avec plusieurs centaines d’Indonésiens tournant autour de l’hélico en chantant et en gesticulant…

Au bout de 2 heures, une ambulance a fini par arriver et l’a conduit à l’aéroport de Padang qui était…fermé ! Ce n’est que 2 heures plus tard que des médecins singapouriens l’ont rejoint pour le rapatrier sur Singapour: l’avion de rapatriement n’a décollé qu’à minuit trente heure locale.

Darren est arrivé à Singapour où une fracture des vertèbres C6 et C7 a été diagnostiquée. Une intervention chirurgicale a été nécessaire pour réduire et stabiliser la fracture en soudant les vertèbres par ostéosynthèse.

Deux semaines et demi plus tard, il a reçu l’autorisation d’être transféré en Australie dans un service spécialisé du Sydney’s Royal North Shore Hospital où il devait rester environ un mois avant de rejoindre un centre de rééducation.

Malgré l’opération, Darren n’a qu’un usage limité de ses bras et il reste totalement paralysé au niveau des membres inférieurs; il n’a plus de sensibilité en-dessous de la poitrine. Même si les médecins espèrent encore une amélioration modeste, Darren ne devrait plus pouvoir surfer debout car la science ne sait toujours pas réparer une moelle épinière sectionnée.

Sa femme et sa fille le soutiennent. Son frère Dylan s’est posé quelques questions après l’accident mais il ne remet pas en cause sa carrière de surfeur de grosses vagues pour autant.

Cette histoire amène à réfléchir très sérieusement sur le matériel de premiers secours dont chaque bateau devrait disposer pour un “boat trip” de surfeurs aux Mentawaii.

Une réflexion vient d’être engagée par le Dr Pérès justement, surfeur habitué des Mentawaii, et le Dr Tarak Mokni (responsable du SAMU du Centre Hospitalier de la Côte Basque) pour faire intervenir une compagnie d’assistance indonésienne depuis les Mentawaii vers Singapour dans des délais acceptables et avec des moyens adaptés pour les prochains surfeurs qui subiront un accident grave ou présenteront un problème médical (neuropaludisme, septicémie…), cardiaque (infarctus du myocarde,…) ou chirurgical (péritonite,…) nécessitant une évacuation d’urgence.

La morale de cette histoire: un pote médecin et une copine infirmière ne sont jamais de trop sur un boat trip en Indo…

D’autres informations sur le site Internet de Australia’s Surfing Life: http://surfinglife.com.au/cms/index.php?option=com_content&task=view&id=1853&Itemid=4

Des cicatrices à Scar Reef

Samedi 30 août 2008

Actuellement, se déroule le Rip Curl Scar Reef Pro sur l’île de Sumbawa en Indonésie.

Du 27 Août au 5 Septembre 2008, les meilleurs surfeurs indonésiens se retrouvent sur la gauche de classe mondiale de Scar Reef.

Si vous partez là-bas, vous pourrez surfer de longues gauches tubulaires en petit comité car les spots à l’ouest de Sumbawa sont hors des sentiers battus. Mais les tubes sont tellement creux et rapides qu’il n’est pas rare de se heurter au reef tranchant à fleur d’eau, notamment sur la dernière section: d’où le nom de “Scar” Reef comme cicatrice…

C’est la douloureuse expérience qu’a fait le surfeur sur la vidéo YouTube avec comme conséquence une abrasion étendue du bas de son dos. Mais il n’était pas au bout de ses peines car le citron vert a été utilisé pour une désinfection douloureuse et d’efficacité plus que douteuse…

Note de Surf Prévention: un top en néoprène, des chaussons à semelles dures et un casque sont des protections minimales pour vous préserver du reef. En Surf Trip en Indonésie, dès que vous quittez Bali, les risques sanitaires sont démultipliés. Vous avez tout intérêt à partir avec une bonne trousse à pharmacie et un pote médecin pour vous recoudre et vous soigner si nécessaire car vous serez loin de l’hôpital et il n’y a pas le SAMU sur ces îles…