SURF PREVENTION : Santé et Surf
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Dopage : les jeunes surfeurs contrôlés négatifs en Nouvelle-Zélande

Dimanche 28 février 2010

L’International Surfing Association (ISA) a annoncé avec une grande satisfaction que les résultats des tests anti-dopage effectués sur les surfeurs finalistes du Quiksilver ISA World Junior Surfing Championship 2010, qui s’est déroulé à Piha en Nouvelle-Zelande du 21 au 28 Janvier 2010, sont tous revenus négatifs. Il s’agit en effet d’une nouvelle rassurante à l’heure où la consommation de drogues est très préoccupante chez les jeunes.

Les surfeurs suivants ont été contrôlés : Gabriel Medina (Brésil), Jordi Watson (Australie), Tamaroa McComb (Tahiti), Matt Banting (AUS), Jake Halstead (USA), Koa Smith (HAW), Hiroti Arai (JPN), Beyrick De Vries (RSA) et les surfeuses Tyler Wright (Australie), Alessa Quizon (Hawaii), Sarah Baum (RSA) et Lakey Peterson (USA).

Tamaroa Mc Comb le jeune surfeur de Tahiti figure parmi les surfeurs controles negatifs aux ISA World Junior Surfing - credit photo : ISA - tags : photo surf action aerial frontside

La compétition avait rassemblé cette année 200 surfeurs en provenance de 21 pays différents. L’Australie a terminé avec la médaille d’or au classement par pays. Parmi les jeunes sportifs testés, signalons que figuraient dans la liste les grands vainqueurs de l’épreuve comme l’Australien Matt Banting, qui a remporté la compétition dans la catégorie moins de 16 ans, Gabriel Medina vainqueur en moins de 18 ans et la jeune Tyler Wright (AUS) qui a gagné dans la division Ondines de moins de 18 ans.

L’ISA s’est engagée à faire du surf un sport sans dopage, en réalisant des contrôles anti-dopages systématiques pendant toutes ses compétitions. Elle a adopté un code ISA anti-dopage basé sur le code de la World Anti Doping Agency (WADA) : lire le code mondial anti-dopage.

On aimerait maintenant que l’ASP (Association qui regroupe les Surfeurs Professionnels Adultes) prenne le même genre d’engagement avec réalisation de contrôles anti-dopage chez les surfeurs professionnels majeurs du circuit de compétitions de surf ASP. Lire la fiche Surf Prévention sur les surfeurs et le dopage.

Addictologie : augmentation inquiétante des overdoses à l’héroïne

Mardi 9 février 2010

Je le constate tous les jours à l’échelle de ma patientèle de médecine générale : l’usage de drogues touche toutes les catégories sociales, et de plus en plus les couches sociales de la classe moyenne ou « aisées ». Les drogues sont également utilisées par des usagers de plus en plus jeunes. On assiste au retour de l’héroïne, à la diffusion de la cocaïne et au détournement de nouvelles substances. Plutôt que de s’intéresser à des objectifs secondaires de santé publique, nous ferions mieux de nous préoccuper davantage de la prévention des addictions qui rongent silencieusement la population, comme semble l’indiquer ce nouveau rapport inquiétant de l’OFDT sur les nouvelles tendances des consommations de drogues.

L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) a mis en place en 1999 un dispositif centré sur les usages de drogues illicites et les populations particulièrement consommatrices, TREND (Tendances récentes et nouvelles drogues).

Destiné à compléter les enquêtes effectuées auprès de la population générale, TREND s’attache à apporter des éléments de connaissance sur les usages de drogues, les usagers et les produits et à identifier les tendances émergentes dans ce champ.

En se basant sur des données quantitatives et surtout qualitatives, il fournit aux pouvoirs publics ainsi qu’aux professionnels des analyses pour éclairer ces phénomènes.

Le dispositif  TREND s’appuie notamment sur un réseau de sites répartis sur le territoire (sept en 2010 qui collectent et analysent l’information localement) et sur le système d’identification national des substances (SINTES) qui vise à mieux connaître le contenu toxicologique des produits qui circulent.

En dix ans, TREND a permis la publication d’une trentaine d’études et de rapports dont les deux derniers viennent de paraître :
• Drogues et usages de drogues : Etat des lieux et Tendances récentes 2007-2009
• Les usages de drogues illicites en France depuis 1999

Le premier document revient sur les faits marquants intervenus au cours de la période la plus récente tandis que le second ouvrage propose une analyse rétrospective des mutations intervenues dans le champ d’observation des drogues illicites durant la décennie écoulée.

Les principaux constats mis à jour par ces approches complémentaires sont ici présentés successivement.

1. REPÈRES 2007-2009

L’état des lieux permet de mettre à jour des phénomènes marquants dans trois domaines : les substances, le profil des populations et enfin l’offre. TREND étant centré sur des populations beaucoup plus consommatrices que la population générale, les observations réalisées ne peuvent être généralisées.

• Produits

Le rapport analyse successivement les grandes familles de produits (opiacés, stimulants, hallucinogènes).

Parmi les tendances marquantes, l’étude permet de confirmer le « retour » de l’héroïne mis à jour par le dispositif dès 2006. La disponibilité du produit est en hausse sur la quasi-totalité des sites du dispositif. Outre les populations traditionnellement usagères au sein de l’espace urbain, des consommateurs souvent plus jeunes et plus insérés socialement sont apparus. De nouveaux espaces de consommation se sont développés comme la scène festive. L’essor du snif comme mode  d’administration et une moindre crainte de la dépendance, compte tenu des traitements de substitution, peuvent expliquer ce renouveau.

Le rapport revient sur le nombre croissant de surdoses ces dernières années, accidents dans lesquels le rôle de l’héroïne est de plus en plus souvent noté : 29 % des cas en 2004, 36 % en 2006 et 45 % en 2007. Ce phénomène serait une conséquence probable d’une méconnaissance des dangers de l’héroïne par des usagers peu avertis alors que, dans le même temps, l’augmentation de l’offre s’est accompagnée d’une hausse du nombre d’échantillons fortement dosés.

Du côté des stimulants, le rapport insiste sur la poursuite de la diffusion de la cocaïne et le développement continu de la forme base qui permet de la consommer « fumée ».

En matière de stimulants synthétiques un double mouvement s’opère. D’un côté le rapport fait apparaître une désaffection relative pour l’ecstasy au profit des amphétamines. Dans le même temps on constate, concernant l’ecstasy, un attrait de plus en plus marqué pour les formes poudre au détriment du comprimé.

S’agissant des produits plus confidentiels, le rapport TREND est l’occasion de revenir sur l’usage élargi de GHB/GBL c’est-à-dire hors des milieux majoritairement « gay » où il était traditionnellement consommé. Ces usages concernent désormais des populations souvent peu averties des dangers potentiels ce qui a pu par exemple entraîner, comme au début de l’année 2009, une série de comas (à Montpellier, entre février et avril 2009, plus d’une dizaine de cas ont ainsi été dénombrés).

Toujours en matière d’hallucinogènes, l’analyse de TREND met en lumière un essor relatif de l’usage et de la disponibilité de la kétamine. Cet anesthésiant vétérinaire et humain était jusqu’ici consommé par des groupes restreints et marginalisés au sein de l’espace techno. Les observations montrent que, tout en restant très faibles à l’échelle de la population générale, ces usages deviennent chez certains consommateurs plus réguliers. Enfin le rapport note des injections rares mais potentiellement à haut risque de ce produit par voie intramusculaire.

• Populations

Traditionnellement, le dispositif TREND concentrait ses observations dans deux directions : les populations usagères, le plus souvent très marginalisées, présentes dans l’espace urbain ; et les individus fréquentant l’espace festif. Le nouveau rapport insiste sur la diffusion des usages de substances hors de ces groupes initialement consommateurs et une plus grande hétérogénéité des publics concernés. D’une part, des usagers plus insérés sont désormais en mesure d’accéder à certains produits : cocaïne et dans une moindre mesure, héroïne. D’autre part, du côté des plus précaires, on rencontre de très jeunes usagers souvent en errance ; ces groupes, plus majoritairement féminins que leurs aînés, adoptent fréquemment des comportements à risque, en particulier l’injection.

Au plan géographique le nouveau rapport souligne l’apparition d’usages de drogues dans de nouveaux espaces. Un déplacement de populations consommatrices dans des lieux nouveaux est constaté. Il s’agit principalement d’une migration vers des quartiers périurbains (voire ruraux), phénomène à mettre en relation le plus souvent avec un déplacement des centres de gravité des trafics hors des centres villes.

• Offre : le prix des drogues :

En matière d’offre, le rapport constitue l’occasion de faire un point sur les évolutions des prix moyens de détail des substances illicites. Ceux-ci apparaissent stables pour le gramme d’héroïne (45 €), voire en légère hausse pour la cocaïne (65 €). Le prix du gramme de résine de cannabis est également stable (5 €) tandis que celui de l’herbe augmente (10 €). Le prix de l’ecstasy n’a pas connu d’évolution (5 € l’unité) tandis que le gramme d’amphétamine est à la baisse (15 €).

Le rapport TREND revient également sur le rôle du trafic sur internet. Il s’agit notamment de signaler son importance dans la diffusion de nouvelles molécules uniquement distribuées par ce biais comme cela a été le cas avec les mélanges de plantes tels le Spice et de Gorilla, dont les composants cannabinoïdes ont été classés comme stupéfiants en février 2009.

2. À PROPOS DES ÉVOLUTIONS DES USAGES DEPUIS 1999 :

TREND a été créé en 1999, alors que la situation en matière d’usages de drogues se modifiait en profondeur du fait notamment du développement des traitements de substitution aux opiacés et de l’essor de la consommation de cocaïne et des drogues de synthèse.

Après dix ans de fonctionnement de TREND, cet ouvrage collectif – coordonné par l’OFDT et ayant mis à contribution une vingtaine de participants au dispositif – propose une analyse rétrospective des informations mises à jour.

La publication de l’ouvrage « Les usages de drogues illicites en France depuis 1999 vus au travers du dispositif TREND » constitue l’occasion de mettre en évidence ces mutations, de les décrire et de répondre, entre autres, aux interrogations suivantes :

- En quoi l’introduction des traitements de substitution aux opiacés a-t-elle modifié le paysage des consommations et la santé des usagers ?

- Comment les populations marginalisées consommatrices de drogues se sont-elles transformées ?

- Quelles ont été les modalités de la diffusion de l’usage de cocaïne ?

- Comment ont évolué les usages de drogues au sein de la scène techno et en particulier celui de l’ecstasy ?

- Comment se sont restructurés les petits trafics sous l’impact des évolutions de l’offre ?

D’autres questions plus ciblées sont également examinées. Il s’agit par exemple de la « nonapparition » de la méthamphétamine en France, de la question des trafics et des usages transfrontaliers ou encore des spécificités des consommations outre-mer.

FleaHab : sortir de la Drogue grâce au Surf

Dimanche 1 novembre 2009

Darryl est un surfeur de grosses vagues, de très grosses vagues.

Il est entré dans la légende en remportant à trois reprises une prestigieuse compétition de « big wave riding »Â sur le spot tant redouté de Mavericks.

Pour accomplir de tels exploits, il a enduré des chutes terribles de déferlantes hautes comme des immeubles ; il est parfois même resté sous l’eau le temps que plusieurs vagues passent sur lui, au point d’implorer le Ciel de le laisser remonter à la surface….

Mais le plus gros bouillon de sa vie, il ne l’a pas pris dans les vagues : c’est l’enfer de la drogue qui a failli le noyer.

Darryl avait pourtant toutes les cartes en mains pour réussir : son talent pour dévaler des pentes liquides ou pour s’envoler en « aérial » au-dessus des vagues lui ont valu la reconnaissance de ses pairs et un sponsoring par de grandes marques de surf. 

Darryl gagnait plus de 12 000 dollars par mois au top de sa carrière ! Le surf et la gloire l’ont amené à faire la fête. Mais la fête a dérivé vers l’alcoolisme et la toxicomanie. Scénario malheureusement trop classique chez de jeunes athlètes livrés à eux-mêmes et qui ne savent pas quoi faire de leur vie à côté du sport et de tout leur argent.

Comme d’innombrables surfeurs de sa génération, Darryl a été victime de la normalisation de l’alcool et de la consommation de drogues pendant les soirées : « prendre de la drogue était considéré comme fun et était plutôt bien vu dans mon groupe d’amis » témoigne-t-il.

Il a également subi l’inaction des responsables du « monde du surf » qui ne pouvaient pas ignorer les problèmes d’addictions des jeunes surfeurs mais qui n’ont jamais rien fait pour s’attaquer à ce fléau qu’est la drogue.

Darryl a pris sa toute première vague à Mavericks sous acide. Il a ensuite sombré dans la spirale infernale de la consommation massive d’alcool, de cannabis et de drogues diverses.

Pendant ce temps, les medias du monde entier le donnaient en exemple pour ses exploits : les jeunes surfeurs (dont je faisais partie) avaient un junkie comme modèle, mais ils n’en savaient rien. Ils ne l’ont appris qu’en 2009 par voie de presse, une fois la carrière de Darryl terminée (cela rappelle l’histoire du tennisman André Agassi qui vient d’avouer avoir consommé lui aussi de la méthamphétamine pendant sa carrière).

Avec le recul, on peut se demander s’il aurait eu le courage de surfer de si grosses vagues sans être sous l’effet de la dope. Les aveux de plusieurs big wave riders – dont ceux de Peter Mel - sur leurs addictions relancent le débat sur le dopage chez les surfeurs. Et le grand déballage ne fait peut-être que commencer.

Les surfeurs de la génération de Darryl ont été victimes dans les années 2000 des ravages de la méthamphétamine.

Sa consommation de « crystal meth » a atteint son maximum après une blessure en surf suite à une chute en 2004 sur le spot de grosses vagues de Waimea Bay.

Sous l’effet de sa polyconsommation de drogues, Darryl a plus récemment été victime d’un grave accident pendant une soirée. Il a fait un malaise et a chuté d’une vingtaine de mètres d’une falaise à pic. Il a survécu avec une mauvaise fracture au bras qui a compromis sérieusement ses talents de surfeur à la rame.

Puis Darryl a tout perdu quand la crise a frappé : ses sponsors, son logement et il a été contraint de vivre dans son camion avec son amie et ses deux chiens.

Quand il a touché le fond et qu’il a enfin pris conscience de la peine qu’il faisait à ses proches, il s’est lancé dans une cure de désintoxication.

Il y est entré accro à la dope, il en est ressorti « clean » et avec un projet.

Flea a mal vécu le manque d’activité physique proposée pendant sa cure. Il a eu l’idée de créer sa propre structure de désintoxication en y ajoutant ce qu’il sait faire le mieux : du surf !  Le concept est d’utiliser le surf et l’Océan pour aider les patients à sortir de leur addiction. FLEAHAB propose à des toxicomanes une cure classique couplée à des activités physiques comme le surf. Les sensations procurées et les endorphines sécrétées sous l’effet de la pratique du surf remplacent avantageusement les effets artificiels et néfastes des drogues.

Darryl apporte son expérience pour aider les patients à sortir de leur addiction et il sait de quoi il parle :  »tu ne peux pas arrêter la meth du jour au lendemain », « la vie paraît plus difficile quand on est sobre » déclare-t-il. Mais il espère que son action au sein de FleaHab permettra de l’ancrer définitivement dans une vie sans paradis -ou plus exactement enfer - artificiel.

Amener d’anciens toxicomanes à l’eau est comme apprendre à faire du surf à nouveau, « voir mes élèves si contents de surfer me rappelle mes débuts » se réjouit Darryl.

Saluons la rédemption de Darryl et souhaitons qu’il surfe cette nouvelle vague de la vie sans drogue avec succès.

Par Guillaume Barucq.

D’après l’histoire du surfer Darryl Virostko dit « Flea ».

Lire aussi l’article  « Surfing as Rehab for Those Fighting Addiction » sur le site Internet du New York Times et le portrait de Darryl dans Surfer Mag.