L’un des conseils de sécurité élémentaire en surf est de sortir de l’eau quand un orage se prépare. Le problème est que les surfeurs préfèrent parfois rester dans l’eau pour profiter des vagues, même quand une tornade arrive…
Le dernier exemple en date a été fourni par ce surfeur non identifié à Bondi Beach en Australie photographié en train de surfer avec une tornade derrière lui le lundi 17 Mai 2010. Ce phénomène s’appelle une trombe marine dont la violence des vents peut faire couler un bateau. Sur ce coup-là, la tornade se serait déplacée vers le large en épargnant la côte qui aurait pu connaître de sérieux dégâts. Cette tornade d’apocalypse aurait disparu en 5 minutes à peine.
Un phénomène similaire avait été observé pendant un orage à Capbreton en plein été, le jeudi 14 août 2008. Une trombe d’eau s’était développée au large et s’était rapprochée de la côte avant de disparaître en une dizaine de minutes. Un gros orage s’en était suivi selon notre partenaire météo surf Allosurf.
Ces surfeurs sont-ils inconscients ou n’ont-ils pas eu le temps de comprendre ce qui se passait ? Surfer sous l’orage est très risqué : il y a régulièrement des surfeurs foudroyés dans le monde.
Conseil de Surf Prévention : quand le ciel devient noir comme de l’encre, il est temps de sortir de l’eau !
Chaque année, les baigneurs paient un lourd tribut aux courants que l’on rencontre au bord de certaines plages de sable. Les anglo-saxons les appellent « rip currents », nous les appelons « baïnes » dans le sud-ouest de la France. Le principe est toujours le même : au changement de marée, une eau calme se transforme brutalement en un fort courant vers le large. Le danger existe surtout pour les personnes qui ne connaissent pas ce phénomème, les personnes qui ne savent pas bien nager ou encore les jeunes enfants.
Généralement, ce genre de courant de baïne ne pose pas de problème aux surfeurs qui savent comment elles fonctionnent et les utilisent même parfois pour rejoindre le large. Malheureusement, les plages regorgent de personnes imprudentes ou inconscientes du danger aux 4 coins du monde.
Chaque été, les noyades se comptent par dizaines sur les plages françaises : c’est l’histoire dramatique que raconte Philippe Le Dem dans son livre bouleversant « La Chambre d’Amour » sur sa fille emportée par le courant sur une plage d’Anglet.
Aux Etats-Unis, les courants de ce type font plus de victimes que tous les autres risques naturels, excepté les inondations et les vagues de chaleur : une centaine de personnes périssent chaque année aux States à cause d’un « rip current ».
En Australie cette année, les sauveteurs ont tiré la sonnette d’alarme : 44 personnes sont mortes sur les plages australiennes depuis Juillet 2009 dont 19 rien qu’entre Décembre 2009 et Janvier 2010. Les noyades ont connu une augmentation significative par rapport à l’année dernière et ceci n’est pas acceptable en Australie où la plage est une culture et où le sauvetage est une science. Les lifeguards ont calculé que 90% de leurs sauvetages étaient causés par des courants de baïne.
En matière de prévention sur les plages et de sauvetage côtier, les Australiens semblent encore être à des années-lumières devant nous. En voici pour preuve cette campagne de prévention des noyades dans ces courants meurtriers. Un site Internet dédié a été mis en ligne et une véritable opération de sensibilisation a été mise en place. Sur www.ripcurrents.com.au , on apprend plein de choses intéressantes avec Surf Life Saving Australia.
Voici les règles de base à connaître si vous êtes pris dans un courant de baïne :
1. Ne paniquez pas.
2. N’essayez pas de nager contre le courant.
3. Si vous vous sentez en confiance, nagez parallèlement à la plage, ce qui vous ramènera souvent vers les vagues qui vous aideront à regagner le bord.
4. Si vous ne vous sentez pas capable de regagner la plage, levez les bras et appelez à l’aide en vous laissant flotter pour garder vos forces.
5. Toujours rester calme.
Pour éviter de vous retrouver pris dans un courant :
- baignez-vous entre les drapeaux destinés à la baignade ;
- soyez attentif à tous les panneaux de signalisation ;
- suivez scrupuleusement les conseils et les instructions des sauveteurs ;
- apprenez à connaître les courants et les baïnes ;
- apprenez à repérer une baïne ;
- ne nagez jamais dans ou à proximité d’une baïne.
Les parents et les éducateurs qui envoient des enfants surfer sans casque sont totalement inconscients. Les fédérations, les clubs, les medias et les marques de surf qui ne recommandent même pas le port du casque sont irresponsables. Je le dis et je le répèterai tant que la sécurité des surfeurs ne sera pas prise en compte par les responsables du milieu du surf.
Que nous surfions en France, aux Etats-Unis, en Australie ou n’importe où dans le monde, nos spots sont trop bondés en été et les planches de surf que nous utilisons sont bien trop dangereuses, pour laisser des enfants se risquer au surf sans porter de casque.
Je m’investis depuis 3 ans pour faire prendre conscience de l’intérêt pour un surfeur de porter un casque (voir vidéo YouTube ci-dessous). Plus de 50% des accidents de surf touchent la tête et des graves traumatismes crânio-faciaux arrivent régulièrement.
Nous venons d’en avoir un nouvel exemple dramatique sur le spot de The Pass à Byron en Australie où un enfant de 10 ans a failli mourir des suites d’un fracas du crâne provoqué par un accident de surf.
Le jeune Pascal Dattler a été grièvement blessé après que sa tête ait été heurtée par le nose pointu d’une planche lâchée par un autre surfeur (débutant). Le crâne du gamin a explosé en 8 morceaux et il est passé à un centimètre d’une mort certaine si la planche avait touché son cerveau…Les neurochirurgiens du Mater Hospital à Brisbane ont dû l’opérer en urgence et lui poser 7 plaques en titane pour réparer sa boîte crânienne endommagée.
Pascal Dattler est un miraculé. Il ne devrait pas garder de séquelles neurologiques, mais le traumatisme psychique risque d’être très difficile à surmonter pour un si jeune enfant.
Le père de Pascal, Thomas Dattler, a déclaré qu’il recommanderait le casque à tous les surfeurs après avoir vu son fils flirter avec la mort : “We never considered surf helmets. But to see the damage done to my son, I would recommend them to anyone.” Tu m’étonnes ! Jamais je n’enverrais l’un de mes enfants surfer sans casque, surtout quand on connaît tous les dangers publics qu’il peut y avoir sur un spot de surf (à commencer par soi-même).
En réaction à cet accident qui a mis la communauté des surfeurs australiens en émoi, certains évoquent l’idée de catégoriser les spots en fonction du niveau de pratique : spot pour débutant, spot pour surfeur moyen, spot pour surfeur confirmé,…Ces mesures me paraissent inappliquables, sauf à envisager de mettre des sauveteurs sur des jet-skis pour faire la police sur les spots…
Le vrai problème est que les surfeurs de tous niveaux se retrouvent quand les conditions de surf sont petites et jolies, comme c’était le cas le jour de l’accident de Pascal : la surpopulation favorise les collisions, mais n’oublions pas que les surfeurs se blessent avant tout avec leur propre planche.
A partir du moment où l’on a intégré cette problématique, il n’existe que 2 solutions pour limiter les accidents de surf :
- soit que tout le monde surfe avec une planche en mousse (c’est ce que propose Tom Morey avec ses planches Catch Surf).
- soit que les surfeurs portent tous un casque, tant qu’il y a des surfeurs sur le même spot qui surfent avec des boards trop dangereuses. Je rappelle que les planches de surf standard sont des armes avec des dérives coupantes comme des couteaux de boucher et des noses pointus comme des lances…
Le surf serait un sport très peu risqué si les surfeurs prenaient conscience des dangers liés à sa pratique, et qu’ils utilisaient les protections qui sont à leur disposition pour éviter la noyade…ou la mort.
A Biarritz, on enseigne maintenant le Sauvetage Côtier aux enfants dès l’âge de 7 ans, ce qui leur permet d’acquérir une grande expérience de l’Océan pour quand ils deviendront de véritables sauveteurs.
Cette histoire de sauvetage incroyable par 2 gamins en Australie prouve que l’on peut aussi compter sur des sauveteurs en herbe.
Jake Satherley et son ami Spencer Jeams avaient remarqué un homme d’une cinquantaine d’années en difficultés dans un courant à Northcliffe Beach sur la Gold Coast Austalienne. L’homme se trouvait en dehors des drapeaux qui limitent la zone surveillée.
Les 2 enfants âgés de 8 ans sont passés à l’action sans même attendre que des sauveteurs adultes ne se rendent compte de la situation.
Ils ont vu l’homme lever la main pour appeler à l’aide et leur sang n’a fait qu’un tour : ils se sont jetés à l’eau avec leur planches de sauvetage ! Et il ne s’agissait pas d’un exercice de « sauvetage planche« cette fois.
Ils ont réussi à sortir l’homme de l’eau sur leur planche de sauvetage de type « nipper board ».
David Shields, le président du Northcliffe Life Saving Club a déclaré qu’il n’avait jamais assisté de sa vie à un tel sauvetage : « Je fais du sauvetage depuis 30 années et je n’avais jamais vu des personnes aussi jeunes porter secours à quelqu’un de beaucoup plus âgé. Ils ont vraiment assuré pour leur jeune âge ; nous sommes très fiers d’eux et de la façon instinctive avec laquelle ils ont agi. »
Les deux jeunes amis -qui commencaient leur 2e année de sauvetage côtier - seront récompensés à la hauteur de leur acte de bravoure. Ils ont été applaudis et devraient recevoir une médaille.
Jake, qui va sur ses 9 ans la semaine prochaine, a déclaré qu’il n’avait pas eu peur malgré les conditions de vagues dangereuses de la journée qui ont vu 42 personnes secourues et 7 personnes transportées à l’hôpital dans le Sud-Est du Queensland.
« Cela n’a pris que quelques minutes » a déclaré modestement Jake Satherley.
Sa maman était assise sur sa serviette de plage au moment de l’intervention de son bambin. Quand elle s’est rendue compte de ce que venait d’accomplir son fils, elle s’est mise à avoir la chair de poule et les larmes aux yeux en imaginant son fils risquer sa vie pour sauver un adulte. Elle l’a néanmoins félicité en lui tapant dans la main et en le serrant dans ses bras, tellement elle était fière.
La mère de Jake est bien consciente que son fils est encore trop jeune et qu’il manque d’entraînement au sauvetage pour reproduire ce genre d’exploit. Il a donc pris un risque pour secourir un baigneur imprudent. Mais la mère a insisté sur la bonté de son fils qui aime porter secours aux animaux blessés ou à ses camarades…
Sous le coup de l’émotion, l’homme secouru n’aurait pas tout à fait réalisé que les enfants lui avaient sauvé la vie…
Comme disait Jean de La Fontaine dans la fable*, « on a souvent besoin d’un plus petit que soi » !
Lire l’histoire complète et écouter l’interview sur ABC.net.au .
Encore une histoire de méduses…ou comment le meilleur job du monde a failli tourner au cauchemar pour le gagnant du concours, Ben Southall, quelques jours avant la fin de sa mission sur Hamilton Island.
Ce jeune britannique de 34 ans croyait avoir décroché le gros lot quand il a remporté ce job sur une île paradisiaque. Son travail devait simplement consister à gardienner l’archipel de Hamilton Island et à tenir un blog. Pour ce dur labeur, il a perçu la coquette somme de 140.000 $, soit environ 98.000 euros.
Mais c’était sans compter les araignées, les serpents, les requins et autres méduses qui vivent à Hamilton Island…C’est justement une cuboméduse « Irukandji » qui a failli lui gâcher son séjour et menacer son pronostic vital…
Ben Southall faisait un tour en jet-ski juste après Noël avec des amis. Quand il est descendu du scooter des mers au bord de l’eau, il a senti une espèce de piqûre d’abeille quand il a mis son avant-bras dans l’eau. La douleur était peu intense et a disparu dans un premier temps. Quelques secondes plus tard, Ben Southall a ressenti des picotements dans les membres. Le temps d’aller consulter le docteur Morris Lewin à quelques centaines de mètres de là, il avait chaud et il transpirait, il ressentait également des céphalées, un malaise général ainsi que des douleurs lombaires et une oppression dans la poitrine.
Le médecin a immédiatement fait le diagnostic et a administré un traitement symptomatique par voie injectable à Ben Southall qui s’est ensuite reposé jusqu’au lendemain matin. Ben s’est rendu compte de la puissance du venin de l’irukandji jellyfish et n’ose même pas imaginer ce qui serait advenu s’il avait été victime d’une piqûre plus extensive ou prolongée…
Ben Southall portera dorénavant un stinger suit pour se prémunir des piqûres de box jellyfish…Il le conseille à toute personne qui va dans l’eau dans le secteur à cettte saison, même pour faire trempette un court instant !
Cette mauvaise rencontre n’a pas empêché Ben Southall d’être enchanté de cette expérience : « «Je crois avoir accompli davantage pendant ces six mois que lors des 34 dernières années de ma vie » a-t-il déclaré à CNN comme on peut l’entendre sur cette vidéo YouTube.
Note de Surf Prévention : les méduses Irukandji (Carukia Barnesi) sont très petites (elles mesurent de 1 à 3 centimètres environ) mais elles sont extrêmement venimeuses. On les trouve surtout dans les eaux du Nord-Est de l’Australie, dans le Queensland, entre le mois d’octobre et le mois de mai. Elles peuvent provoquer un « irukandji syndrome » qui associe malaise, crampes, sueurs, nausées, vomissements, maux de tête,…et des complications : hypertension artérielle maligne, insuffisance cardiaque, oedème aigu du poumon,…Néanmoins les méduses Irukandji semblent moins mortelles que les cuboméduses du genre Chironex Fleckeri (dites guêpe de mer), les méduses les plus venimeuses du monde.
Un touriste britannique, Richard Jordan, 58 ans, était déjà mort des suites d’une piqûre d’irukandji à Hamilton Island en janvier 2002 : il avait présenté une hémorragie cérébrale favorisée par la poussée hypertensive (patient sous anticoagulants suite à un remplacement valvulaire aortique). Le Dr Lewin l’avait également pris en charge…