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Plan IST-VIH : améliorer la prévention et le dépistage

Mardi 1 décembre 2009

Trente ans après le début de l’épidémie et la mise en oeuvre de quatre plans nationaux de lutte contre le VIH, des avancées majeures sont à souligner concernant l’accès aux soins, la mise à disposition des médicaments, la recherche avec pour conséquence une amélioration significative de la durée de vie et de la qualité de vie des personnes atteintes.

Le bilan du programme précédent (2005-2008) piloté par la direction générale de la santé (DGS) en lien avec ses partenaires institutionnels et associatifs a montré que :

- les actions inscrites dans les axes prévention, dépistage et prises en charge ont été globalement réalisées, ayant conduit à une baisse de l’incidence VIH en population générale ;

- des progrès restent cependant à faire dans le domaine de la prévention auprès des hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes (HSH), en population générale pour les infections sexuellement transmissibles (IST) et dans le domaine du soutien et de l’accompagnement des personnes atteintes de VIH, notamment en matière d’accès aux droits sociaux (minima sociaux), d’hébergement, d’aide à domicile, d’insertion sociale et professionnelle.

Sur la base de ce bilan, une approche stratégique nouvelle a été mise en place pour la construction du 5ème plan pluri-annuel de lutte contre le VIH et les IST conçu pour couvrir la période 2010-2013.

La préparation de ce nouveau plan s’appuie sur une expertise pluridisciplinaire, interministérielle, associant l’ensemble des acteurs oeuvrant dans le champ du VIH-IST à savoir les services ministériels (santé et ses agences, social, travail, recherche, justice), les sociétés savantes, des personnalités qualifiées, et une représentation importante du milieu associatif et des patients.

Ainsi différents groupes de travail ont été créés dès juillet 2009 : personnes vivant avec le VIH (aspects sociaux et aspects médicaux), LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et trans), migrants, départements d’outremer (DOM), population générale (jeunes, femmes), population en situation de vulnérabilité (personnes détenues, usagers de drogues, personnes se prostituant, personnes handicapées).

Cette construction collégiale se fait sur la base :

- du bilan du plan précédent ;

- de l’évolution des données et de l’actualisation des connaissances épidémiologiques;

- de l’état des lieux réalisé sur la base des remontées d’information des professionnels et des associations de terrain ;

- de l’évolution du contexte scientifique et législatif :

 – avec les recommandations du rapport du groupe d’experts présidé par le Pr. Yeni relatif à la prise en charge médicale des personnes infectées par le VIH de juillet 2008 ;

 – avec les avis du conseil national du sida (CNS) sur la lutte contre le VIH aux Antilles (juin 2008), sur l’intérêt du traitement antirétroviral (ARV) comme outil de prévention (avril 2009), sur le VIH/handicap, emploi (septembre 2009) ;

- avec les recommandations de la haute autorité de santé (HAS) sur les modalités de réalisation du dépistage de l’infection par le VIH (1ère partie- octobre 2008) et sur les stratégies de dépistage (2ème partie-octobre 2009) ;

 – avec les recommandations de décembre 2009 de la mission confiée à Mme France Lert et au Pr Gilles Pialoux sur les nouvelles méthodes de prévention ;

- enfin, avec la loi n° 2009-879 du 21 juillet 2009 portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires (loi HPST), et ses textes d’application concernant notamment la création des agences régionales d’hospitalisation (ARS) et l’éducation thérapeutique.

Le plan national IST-VIH 2010-2013, en cours de finalisation sera décliné en approche populationnelle, faisant suite à une priorisation établie sur la base de l’importance et la dynamique de l’épidémie VIH/IST observée au sein des différents groupes identifiés :

- la communauté LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et trans) avec un volet prioritairement centré sur les HSH,

- les personnes étrangères et migrantes,

- les départements d’outre mer (DOM),

- les populations en situation de vulnérabilité (personnes handicapées, personnes se prostituant, personnes détenues et usagers de drogues).

La sortie du plan est prévue pour la fin du premier trimestre 2010.

Le suivi de ce plan sera réalisé par un comité de suivi national, sous la direction de la direction générale de la santé.

Les grands axes stratégiques retenus, selon les populations ciblées et en tenant compte de la haute co prévalence du VIH et des IST au sein de certains groupes, sont les suivants :

- la prévention, l’information et l’éducation à la santé :

L’objectif de la prévention est de réduire l’incidence de l’infection VIH dans la population et de réduire le risque pour les individus d’être infectés ou de transmettre le VIH.

      – Elle sera réalisée au moyen de campagnes d’information menées par l’institut national de prévention et d’éducation à la santé (Inpes), à  l’attention des populations ciblées et de la population générale, notamment auprès des jeunes ;

 – elle se concentrera sur les populations prioritaires, en permettant de détecter les primo-infections chez les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes (HSH), les migrants et les partenaires des personnes séropositives et de promouvoir la prévention positive des personnes vivant avec le VIH ;

 – elle adaptera les messages aux nouveaux modes de communication modernes, tels qu’internet … ;

 – elle sera dorénavant réévaluée annuellement.

- Plus particulièrement dans le cadre de la prévention, la réduction des risques (RDR) :

 – elle repose sur le préservatif qui reste le socle de la prévention du VIH et des IST ;

 – elle prendra en compte l’ensemble des recommandations sur le traitement antirétroviral comme outil de prévention, dont celles à venir du groupe des experts du Pr Yeni dans le cadre de son rapport 2010 ;

 – elle se basera sur les mesures du rapport Lert-Pialoux, avec notamment la promotion des méthodes de prévention efficaces autres que le préservatif (amélioration de l’accessibilité de la prophylaxie post exposition (PeP), l’adoption d’une approche de réduction des risques pour accroître le niveau de protection) ;

 – elle maintiendra une politique de RDR auprès des usagers de drogue.

- le dépistage :

 – le futur plan national VIH/IST intégrera les meilleures modalités de mise en oeuvre des recommandations de la haute autorité de santé (HAS) ;

 – il s’intéressera aux populations à risque et à la population générale, afin de détecter les 39 000 personnes atteintes par le VIH qui ne connaissent pas leur statut sérologique, pour leur permettre à un niveau individuel de bénéficier de l’instauration précoce des traitements antirétroviraux et de réduire le risque de transmission à leurs partenaires ;

 – il s’appuiera notamment sur l’optimisation et la rénovation du dispositif de dépistage existant VIH et IST avec la fusion du dispositif CDAG/CIDDIST avec une évaluation de l’inspection générale des affaires sociales (IGAS) de l’existant et des modalités de déploiement et de champ de compétences à inscrire dans la configuration des agences régionales de santé (ARS) ;

-  il prendra en compte les perspectives de dépistage communautaire ainsi que le recours aux tests de dépistage rapide (TDR) et les prochaines étapes prévues courant 2010 avec la publication d’un arrêté permettant une utilisation des TDR en milieu médicalisé dans les situations d’urgence en métropole comme dans les DOM (ex : cabinet de ville, urgences, salles d’accouchement, établissements de santé publics et privés, CDAG- CIDDIST, centres de santé et laboratoires de ville) et la mise en adéquation avec l’ordonnance portant réforme sur la biologie médicale.

- la prise en charge sanitaire :

 – bénéficiant de l’organisation des soins mise en place depuis le début de l’épidémie, les coordinations régionales de lutte contre le virus de l’immunodéficience humaine (CoreVIH) permettent une meilleure continuité des soins en améliorant le lien entre le secteur hospitalier et extrahospitalier et favorisent l’implication des associations de malades et d’usagers du système de santé ;

- les CoreVIH collaboreront naturellement avec les agences régionales de santé (ARS). ;

 – les CoreVIH devront promouvoir l’éducation thérapeutique telle que définie par l’article 94 de la loi HPST chez les personnes atteintes ;

-  les CoreVIH s’assureront du respect des modalités du traitement antirétroviral de la primo-infection et du traitement précoce préconisées par le groupe d’experts du Pr. Yeni.

- l’accompagnement médico-social des patients :

-  permettra aux patients d’être logés ou hébergés dans des conditions correctes pour permettre une bonne observance. Cette année encore, 200 places d’appartements de coordination thérapeutique, hébergeant à titre temporaire des personnes en situation de fragilité psychologique et sociale et nécessitant des soins et un suivi médical, ont été créées, portant le nombre de places à 1200. Une étude visant à évaluer les besoins des personnes vivant avec le VIH en structures d’hébergement et l’adéquation des réponses apportées à leurs besoins vient d’être lancée ;

 – devra faciliter le maintien, l’insertion dans l’emploi et l’accès aux prestations handicap et réduire les inégalités d’accès aux soins et aux droits sociaux sur l’ensemble du territoire.

- la lutte contre les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle et la séropositivité, et les refus de soins.

- la recherche : aux côtés de la recherche fondamentale, une recherche portant sur les tests de dépistage rapide dans les structures d’urgence hospitalière et au niveau communautaire (dont les essais COM’TEST et DRAG) sous l’égide de l’agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS) a été initiée.

Les premiers résultats de la recherche communautaire sont attendus pour l’été prochain. Ce plan s’inscrira en synergie avec notamment six autres plans de santé publique afin d’en potentialiser respectivement les mesures : le plan d’amélioration de la vie des patients atteints de maladie chronique, le plan cancer II, le plan Alzheimer, le programme national de lutte contre les hépatites 2009-2012, le plan gouvernemental de lutte contre les drogues et toxicomanie 2008-2011 et le plan 2007-2011 de prise en charge et de prévention des addictions.

Source : Ministère de la Santé et des Sports.

SIDA : le traitement antirétroviral plus accessible

Jeudi 1 octobre 2009

Selon un nouveau rapport publié aujourd’hui par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) et le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA), plus de quatre millions de personnes bénéficiaient fin 2008 d’un traitement antirétroviral dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, ce qui représente une augmentation de 36% en un an et une multiplication par dix sur cinq ans du nombre de ces patients.

Le rapport, intitulé Vers un accès universel : étendre les interventions prioritaires liées au VIH/sida dans le secteur de la santé, fait état d’autres progrès, notamment d’une extension du conseil et du dépistage du VIH et d’un meilleur accès aux services de prévention de la transmission mère-enfant du virus.

« Ce rapport montre que d’immenses progrès ont été faits dans la lutte contre le VIH/sida dans le monde », a déclaré le Directeur général de l’OMS, le Dr Margaret Chan. « Mais nous ne devons pas nous en tenir là. Au moins cinq millions de personnes vivant avec le VIH n’ont toujours pas accès à un traitement et à des soins qui pourraient améliorer leur espérance de vie. Beaucoup de gens n’ont pas accès aux services de prévention dont ils auraient besoin. Les gouvernements et les partenaires internationaux doivent agir plus vite pour parvenir à l’accès universel au traitement. », a-t-elle ajouté.

Traitement et soins

L’accès au traitement antirétroviral continue à s’élargir rapidement. Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, 42% des 9,5 millions de personnes qui avaient besoin d’un traitement y avaient effectivement accès en 2008, contre 33% en 2007. C’est en Afrique subsaharienne, où surviennent les deux tiers des infections à VIH, que l’on a constaté les plus grands progrès.

Le prix des antirétroviraux les plus couramment utilisés a très nettement baissé ces dernières années, ce qui a permis de rendre le traitement plus accessible. Cependant, si le prix des traitements de première intention a baissé de 10% à 40% entre 2006 et 2008, les traitements de deuxième intention restent onéreux.

Malgré les récents progrès, les services de traitement sont encore loin de répondre aux besoins et la crise économique mondiale a remis en question leur pérennité. Chez de nombreux patients, le diagnostic est posé tardivement, alors que la maladie a déjà progressé, ce qui entraîne un retard dans l’instauration du traitement antirétroviral et de forts taux de mortalité au cours de la première année.

Dépistage et conseil

Selon des données récentes, la disponibilité des services de conseil et de dépistage du VIH s’améliore. Dans 66 pays, le nombre d’établissements de santé qui proposent ces services a augmenté d’environ 35% entre 2007 et 2008.

En outre, de plus en plus de gens ont recours aux services de conseil et de dépistage. Selon les données rapportées, dans 39 pays, le nombre total de tests de dépistage du VIH effectués a plus que doublé entre 2007 et 2008. Toutes régions confondues, 93% des pays ayant rapporté des données proposaient en 2008 le dépistage gratuit du VIH dans les établissements de santé du secteur public.

Néanmoins, la majorité des personnes qui vivent avec le VIH ignorent encore leur statut sérologique. Le faible recours aux services de dépistage s’explique en partie par la méconnaissance des risques d’infection et la crainte de la stigmatisation et de la discrimination.

Femmes et enfants

En 2008, l’accès des femmes et des enfants aux services de prise en charge du VIH s’est amélioré. En 2008, environ 45% – contre 35% en 2007 – des femmes enceintes séropositives ont bénéficié d’un traitement antirétroviral pour éviter la transmission du VIH à l’enfant et, dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, 21% environ des femmes enceintes, contre 15% en 2007, ont bénéficié d’un dépistage du VIH.

Davantage d’enfants bénéficient de programmes pédiatriques de traitement antirétroviral : le nombre de moins de 15 ans ayant reçu un tel traitement est passé d’environ 198 000 en 2007 à 275 700 en 2008, soit 38% de ceux qui en avaient besoin.

À l’échelle mondiale, le sida reste la première cause de mortalité chez la femme en âge de procréer. Selon le Directeur général de l’UNICEF, Ann M. Veneman, « Bien que l’on prête une attention croissante aux femmes et aux enfants dans la lutte mondiale contre le VIH/sida, la maladie a toujours un effet dévastateur sur leur santé, leurs moyens de subsistance et leur survie ».

Populations les plus exposées

En 2008, on a disposé de davantage de données sur l’accès aux services de prise en charge du VIH des populations fortement exposées au risque d’infection, notamment les prostitué(e)s, les hommes homosexuels et les toxicomanes par voie intraveineuse.

Si les interventions permettant de lutter contre le VIH s’étendent à certains endroits, certaines catégories de la population particulièrement exposées ne peuvent accéder aux services de santé en raison d’obstacles techniques, juridiques et socioculturels.

Selon le Directeur exécutif de l’ONUSIDA, Michel Sidibé, « Tous les indicateurs montrent que le nombre de personnes qui ont besoin d’un traitement a considérablement augmenté ces dernières années ». « L’accès équitable au traitement sera l’une de nos premières préoccupations et l’ONUSIDA continuera à se faire le porte-parole des sans-voix, en veillant à ce que les groupes marginalisés et les plus vulnérables face à l’infection à VIH aient accès aux services d’une importance vitale pour leur santé et celle de leur famille et de leur entourage. »

Source : OMS.

Vidéo Youtube : 

L’accès universel est la promesse de la prévention, du traitement et de la prise en charge du VIH/Sida pour tous ceux qui en ont besoin. En dépit de progrès, la plupart des mères et des bébés du monde en développement qui ont besoin d’un traitement n’en bénéficient pas. Parvenir à l’accès universel, cela veut dire combler le fossé entre ceux qui sont pris en charge et ceux qui ne le sont pas.

Pour plus d’informations, consultez http://www.unicef.org/french/aids/index_introduction.php et http://www.uniteforchidren.org (en anglais)