SURF PREVENTION : Santé et Surf
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Surfer jusqu’à 100 ans : et pourquoi pas ?

Lundi 15 mars 2010

J’ai perdu récemment la doyenne de mes patientes. Jusqu’à 101 ans, cette gentille dame a su rester pimpante, agréable et toujours souriante. Je n’ai pourtant pas fait grand-chose pour elle vu que je n’ai jamais eu à lui prescrire le moindre médicament… Elle se contentait de réaliser sans le savoir sa « surf thérapie » en allant respirer quotidiennement le bon air marin à l’occasion de sa sortie quotidienne au bord de la mer. Quand elle s’est mise à avoir des difficultés à marcher, elle se faisait amener devant la mer en fauteuil roulant. Pendant les 2 années où j’ai eu la chance de suivre cette patiente, j’ai apprécié sa gentillesse, sa vivacité d’esprit et cette étincelle de jeunesse qui brillait encore dans ses yeux à 100 ans révolus.

Je vous raconte cette histoire pour bien souligner que l’on peut profiter pleinement de la vie jusqu’à un âge très avancé à condition de ne pas avoir été frappé par une maladie grave ou invalidante. Mais il existe des moyens pour limiter les risques de souffrir d’un cancer, d’un problème cardio-vasculaire (AVC, infarctus…) ou d’une maladie d’Alzheimer. Après avoir travaillé en service hospitalier de gériatrie et avoir soigné de nombreuses personnes âgées, j’ai pu constater au travers de ma petite expérience que la plupart des personnes âgées de plus de 80 ans qui restaient en bonne santé physique et intellectuelle étaient souvent celles qui avaient adopté une bonne hygiène de vie, au contact de l’océan notamment.

Je me souviendrai toujours de ce monsieur de 85 ans en pleine forme, à qui on aurait pu donner 20 années de moins. Je lui avais demandé quels sports il pratiquait pour se maintenir dans un si bon état général. Il m’avait rétorqué qu’il n’avait jamais fait un gramme de sport de sa vie ! Par contre, il faisait une marche quotidienne d’une heure le long des plages (c’est ça son secret !). C’est toute la différence entre l’activité physique (indispensable pour se maintenir en bonne santé) et le sport (facultatif).

John Zapotocky pionnier du SUP stand up paddle surf - le surf pour les personnes agees - surf therapie

Et si la Fontaine de Jouvence était l’Océan ? Je constate en tous cas que celui-ci semble apporter santé et vitalité aux personnes âgées qui savent en apprécier les bénéfices au quotidien. Et pour profiter de l’océan quand on est octogénaire, nonagénaire voire centenaire, il n’est pas interdit de monter sur une planche de surf, bien au contraire ! On nous parle toujours de surfeurs de plus en plus jeunes qui réalisent des prouesses sur les vagues mais on pourrait aussi parler des surfeurs de plus en plus âgés qui continuent à surfer.

Vous en voulez encore une preuve ? Connaissez-vous John Zapotocky ? John a 91 ans et il ferait presque passer Rabbit Kekai, Don Wildman et Joel de Rosnay pour des petits jeunes…Pourtant John, pionnier du stand-up paddle, continue à monter sur sa planche de Stand-Up. John fait du stand-up paddle depuis 65 ans et il le dit lui-même : le stand-up paddle a changé sa vie ! Pour lui, les gens n’ont pas encore compris à quel point le stand-up paddle est un exercice complet qui peut « révolutionner leur existence ». On peut faire tous les mouvements avec un SUP, avec ou sans vagues. Et tout ça John Zapotocky l’a compris depuis bien longtemps ! Malgré 6 interventions chirurgicales importantes, une fracture du col du fémur et des tassements vertébraux, John a quand même repris le stand-up paddle.

Le Stand-Up Paddle à la sortie d’un établissement de moyen séjour en gériatrie ou pour les pensionnaires de maisons de retraite pourrait être un excellent moyen de faire travailler l’équilibre, améliorer la trophicité musculaire des personnes âgées et ainsi diminuer le risque de chutes à l’origine de fractures qui grèvent souvent leur autonomie… La patiente dont je vous parlais au début de l’article n’a jamais connu de pathologie grave. Mais elle est décédée des suites des complications de son alitement consécutif à une fracture du col du fémur. Il est vital pour les personnes âgées de prévenir les chutes : et la surf thérapie en offre la possibilité, en plus de permettre la solidification des os grâce à l’exposition au soleil dont nos aînés manquent souvent chez eux ou en établissement spécialisé.

Si je suis encore de ce monde à 100 ans, j’espère que je continuerai moi-aussi à surfer !

Les Leçons de Surf…par Henry Felgueroso !

Mercredi 13 janvier 2010

Comment ai-je pu attendre aussi longtemps avant de vous parler de Henry Felgueroso sur le blog de Surf Prévention ???

Ce personnage haut en couleur semble pourtant avoir tout compris au surf. Et il est très pédagogue en plus. En 5 leçons, il vous apprend à surfer !

Leçon n°1 : étire ta musculature pour ne pas souffrir de crampes intempestives. Plus d’infos sur l’échauffement ici .

Leçon n°2 : mets de la wax sur la face supérieure de la planche. Voir comment waxer sa planche de surf.

Leçon n°3 : mets le leash au niveau de la jambe arrière. Voir plus précisément comment mettre son leash.

Leçon n°4 : quand tu rentres dans l’eau, tiens la planche sur le côté pour éviter qu’une vague ne la renvoie vers toi.

Leçon n°5 (last but not least) : Si tu sors la nuit, pour t’amuser avec des amis et tes amies, ne bois pas beaucoup, parce qu’il peut y avoir des vagues le lendemain ! Nous n’aurions pas mieux dit ! Boire ou surfer, Henry Felgueroso a choisi !

A nous de te donner un petit conseil Henry (ne le prends pas mal…) : essaye de surfer plus souvent pour faire diminuer ta surcharge pondérale et ton tour de taille qui te prédisposent à des pépins cardio-vasculaires…

La technique du surf avec Henry Felgueroso dans la prochaine vidéo !

Le surfer basque Henry Felgueroso nous montre comment waxer sa planche de surf lecciones de surf para los surfistas

Le surf pour les seniors !

Mardi 17 novembre 2009

Le surf peut être pratiqué par tous dans des conditions adaptées.

Et les seniors ne font pas exception !

Une personne âgée de plus de 70 ans PEUT surfer.

Si vous savez déjà surfer, je vous renvoie aux conseils de prévention chez les surfeurs « Ã¢gés« . 

Si vous voulez vous mettre au surf à cet âge, c’est une autre histoire.

Se mettre au surf dans les vagues après soixante ans est possible, mais n’est pas forcément recommandé si vous n’avez aucune base technique.

L’apprentissage du surf dans les vagues requiert des aptitudes physiques et de coordination de mouvements complexes qui peuvent être altérées à cet âge.

La position de rame allongée n’est pas aisée à adopter surtout si la personne souffre d’arthrose de la colonne vertébrale ou d’une cyphose prononcée (la rame en surf requiert une hyperlordose). Le risque de traumatisme – et notamment de fractures chez des sujets présentant une ostéoporose – est plus important en cas de chutes, qui sont fréquentes en surf quand on débute.

Mais il existe une solution pour faire profiter les plus anciens des sensations de la glisse sur l’eau debout sur une planche : les planches de Stand-Up Paddle (S.U.P.) !

L’idéal, si l’on veut goûter aux joies du surf après 70 ans, est de s’initier au stand-up paddle sur un plan d’eau calme (sans vague ni clapot).

Cette activité de plein air en mer ne peut qu’être bénéfique, même à un âge avancé.

Bien accompagné, avec le bon matériel et dans des conditions idoines, il n’y a pas de limite d’âge pour faire du SUP.

Je propose à certains de mes patients retraités, qui ne présentent pas de contre-indication à la pratique du SUP, de s’y initier.

Pour prévenir le vieillisement pathologique, il est démontré qu’il convient de rester actif intellectuellement mais aussi physiquement et socialement.

L’idéal pour des personnes âgées est donc de participer à des activités physiques adaptées à leurs capacités physiques et de les pratiquer en groupe de personnes d’âges et de générations différentes si possible. Pourquoi ne pas prévoir une petite balade en stand-up avec Papi et Mamie le week-end prochain ?

Rien de pire que les activités infantilisantes proposées dans certains clubs du 3e âge. Pour garder leur amour propre et éviter de sombrer dans la dépression, les personnes âgées ont besoin de challenges à relever au quotidien.

Trop de personnes âgées ont tendance à croire que leur vie est derrière elles, se concentrent sur leurs déficits et ne profitent pas suffisamment de leurs capacités.

Bien sûr que l’on voit un peu moins bien et que l’on court un peu moins vite qu’à 20 ans quand on est un senior. Mais on peut toujours accomplir tout un tas de choses, y compris monter sur une planche de surf dans les conditions que je vous décris.

A partir du moment où une personne tient debout sur la terre ferme et a l’usage de ses membres supérieurs, elle peut faire du stand-up paddle !

Une personne âgée qui garderait des séquelles d’un accident vasculaire cérébral à type d’hémiparésie (paralysie partielle) d’un membre peut également glisser sur l’eau sur une planche adaptée. L’handiglisse se développe : de jeunes surfeurs unijambistes, avec un seul bras, paraplégiques ou tétraplégiques surfent. Pourquoi pas des personnes âgées ?

Tout doit être fait pour diminuer au maximum le risque d’accident : planches en mousse et initiation par un moniteur expérimenté dans un endroit sans vague pour commencer.

  »Etre vieux » ne veut plus rien dire à notre époque : je connais des vieux de 35 ans et des jeunes de 76 ans comme Don Wildman !  »La vieillesse », c’est dans la tête que ça se passe !

Nous vieillissons tous : il faut l’accepter et « surfer » en permanence pour adapter nos activités à nos capacités. Certaines personnes âgées se laissent abattre dès qu’elles entendent un peu moins bien ou qu’elles traînent la patte : la solution n’est pas de s’enfermer dans un appartement pour le restant de ses jours mais d’utiliser au mieux toutes ses capacités et les aides qui sont proposées pour garder une autonomie maximale.

Se mettre au surf permet de « rajeunir » dans son corps et surtout dans sa tête. Le fait de pratiquer un sport étiqueté « jeune » ne peut être que bénéfique pour l’estime de soi. Le fait de côtoyer des surfeurs plus jeunes crée une saine émulation : les « vieux » sont flattés de constater qu’ils arrivent à suivre des surfeurs plus jeunes. Les jeunes sont parfois piqués au vif de voir que Papi rame plus vite qu’eux. La pratique du surf intergénérationnelle se voit sur certaines plages d’Hawaii où il arrive que le grand-père surfe avec ses arrière-petits enfants !

Vous croyez encore que l’on ne peut pas surfer après 70 ans ? Lisez plutôt l’histoire de Don Wildman adepte du stand-up paddle.

Lire aussi les conseils de Joël de Rosnay pour vieillir jeune en surfant.

Sauvetage incroyable d’un surfeur retraité…

Dimanche 15 novembre 2009

Dans la série « surf pour les personnes âgées », voici l’histoire assez incroyable de l’auto-sauvetage d’un jeune retraité au Texas fin octobre 2009…

Alors qu’il surfait vers midi sur le spot de Surfside Beach dans le Golfe du Mexique au Texas, John Baker, un ancien garde-côtes de 61 ans, s’est fait emporter par le courant et n’a pas réussi à retourner au bord.

Il avait beau ramer de toutes ses forces, il n’arrivait pas à lutter contre les courants et le vent contraire. Il s’est finalement laissé emporter (c’est ce qu’il faut faire plutôt que de s’épuiser).

Il a passé des heures et des heures dans l’eau sans que personne ne le remarque et ne vienne le secourir (pas de pêcheur sur la jetée ce jour-là, pas de bateau en vue, …). Cette combinaison d’événements contraires a fait que John Baker s’est retrouvé dans une situation inextricable…Le comble pour un ancien garde-côte !

Il était toujours perdu au large à la nuit tombée. Sa femme a cru qu’il restait plus longtemps que d’habitude dans l’eau en raison de vagues parfaites mais quand elle ne l’a pas vu réapparaître à 20 heures, elle a appelé les secours et ses anciens collègues garde-côtes sont partis à sa recherche…

Alors que l‘hypothermie guettait, il a ramé en désespoir de cause vers une plate-forme de forage pétrolier située à plus de 6 kilomètres au large.

Au bout de 4 heures d’une rame épuisante, et après avoir passé 14 heures dans l’eau, le surfeur a finalement atteint la plate-forme où il s’est retrouvé en lieu sûr. Les personnes à l’intérieur de la plate-forme ont halluciné de le voir débarquer à 2 heures du mat’ avec sa planche de surf au milieu de nulle part…

Voir les explications sur cette vidéo CBS News :


Watch CBS News Videos Online

Don Wildman : portrait d’un jeune surfeur de 76 ans !

Vendredi 13 novembre 2009

Don Wildman, 76 ans, est un septuagénaire comme on aimerait en voir plus souvent.

Don Wildman ne s’est pas arrêté de bouger quand l’heure de la retraite a sonné, bien au contraire !

A la base, Donahue Wildman bénéficie quand même d’un bon patrimoine génétique : sa mère a vécu jusqu’à 94 ans et son père est mort à 88 ans. Don n’a jamais eu de problème de santé sérieux excepté une hyperthyroïdie il y a 30 ans. Il ne tombe quasiment jamais malade.

Don a eu une carrière bien remplie : il est le fondateur de la chaîne de salles de gym Bally Total Fitness aux Etats-Unis. Il s’est toujours appliqué à lui-même l’hygiène de vie rigoureuse qu’il préconise à ses clients.

« Je m’entraîne car cela rend fort mentalement dans tous les aspects de notre vie, y compris dans les affaires. Cela t’apprend la discipline et à faire des choses que tu n’as pas forcément envie de faire le matin en te levant » déclare Don Wildman.

Don est un sportif accompli : cycliste, triathlète, golfeur, snowboarder,…C’est d’ailleurs sur les pentes enneigées qu’il a fait la connaissance de Laird Hamilton qui est devenu son partenaire d’entraînement le plus fidèle. Il leur arrive de se faire déposer en haut d’une montagne en hélicoptère pour la dévaler en snowboard, de se retrouver pour soulever de la fonte ou encore de surfer de grosses vagues ensemble. Cet été encore, ils faisaient équipe pour tenter de traverser les Etats-Unis dans la course cycliste Race Across America.

Ce que Laird apprécie chez Don, c’est qu’il est toujours partant :  « tu peux l’appeler au milieu de la nuit pour lui demander de descendre le Nil en Stand-Up Paddle et il sera déjà en train de faire ses bagages pour prendre l’avion le lendemain matin… »Â déclare Laird Hamilton.

Don a initié Laird au VTT et Laird lui a transmis ses connaissances sur le surf et la rame.

“Les personnes âgées que je connais ne font plus de sport, c’est pourquoi tous mes potes sont beaucoup plus jeunes que moi. Les jeunes sont plus marrants, ils te poussent, tu les pousses et tu en oublies l’âge que tu as » affirme Don Wildman.

Don Wildman s’entraîne également avec un certain John McEnroe qui est son cadet de plus d’un quart de siècle !

 

Les surfers Don Wildman et Laird Hamilton ont participé ensemble à Race Across America 2009 en vélo

A propos du surf, Don constate :

« J’ai une maison sur la plage à Malibu (note de Surf Prévention : Don est blindé ;-) ). J’ai beaucoup de voisins fortunés mais ils ne sont jamais à la plage ! Nous sommes les seuls à en profiter. Avons-nous tort ? Ou est-ce que ce sont tous les autres qui se trompent ? Je pense que ce sont les autres qui ont tout faux ! Nous sommes dans le vrai quand nous sommes assis sur nos planches de surf et que nous regardons la côte en nous disant que la vie est vraiment incroyable ! C’est à se demander ce que le reste du monde fabrique… Je pense que nous avons tout compris quand nous sommes à l’eau, ici et maintenant ».

Le surfeur Don Wildman sur son stand-up paddle SUP

Don sait qu’à son âge, il doit tout faire pour éviter une blessure qui compromettrait son autonomie mais sa pratique de sports à risques l’expose à des traumatismes comme cet accident de surf survenu à Hawaii en Septembre 2008 quand un tube l’a plaqué contre sa planche et lui a valu une côte cassée et une contusion pulmonaire, ce qui ne l’a pas empêché de remporter 3 médailles d’or un mois plus tard dans l’épreuve de VTT des World Senior Games

On pourrait reprocher à Don de prendre trop de risques et « d’en faire trop pour son âge ». Mais Don n’est pas prêt de lever le pied car il tient à la dose quotidienne d’endorphines que lui procure le sport.

Mais Don n’est pas de ceux qui refusent de vieillir : « tu ne peux pas stopper le vieillissement mais tu peux certainement le ralentir. Quand tu prends de la bouteille, il te faut plus de temps pour récupérer et tu dois veiller à éviter de te blesser. Mais une chose est sûre : l’activité physique est primordiale. Quand les gens s’arrêtent de bouger, c’est la fin des haricots ! ».

« Pour bien vieillir, l’état d’esprit est également très important : tu dois t’amuser dans tout ce que tu fais. Tu dois également être curieux d’essayer de nouvelles choses : je me fiche de savoir l’âge que j’ai tant que je veux toujours être parmi les premiers à essayer une nouvelle activité » – comme le stand-up paddle.

Don Wildman

Laissons à Don Wildman le mot de la fin : « Quand tu es enfant, tu as juste envie de sortir et de t’amuser. Quand tu deviens adulte tu as besoin du même amusement, de la même excitation. Quand les gens me demandent quand est-ce que je vais enfin grandir, je leur réponds toujours : j’espère que je ne grandirai jamais ! Si ton cerveau reste jeune, tu continueras à être jeune ! « .

Références :

- Laird Hamilton, Force of Nature, Mind, body, soul, and, of course, surfing (livre).

- Bally’s founder Don Wildman speeds up at 76 (article de Roy M. Wallack du Los Angeles Times).

Santé : 6,5 millions d’adultes obèses en France

Mardi 10 novembre 2009

Fat man surfing, surfer obèse sur un surfboard, un sport comme le surf pratiqué régulièrement pourrait pourtant prévenir l'obésité.

L’étude Obepi-Roche 2009, situe la fréquence actuelle de l’obésité en France à 14.5% de la population adulte, soit près de 6,5 millions de personnes obèses.

La fréquence de l’obésité chez l’adulte a régulièrement progressé depuis 1997 : elle est passée en 12 ans de 8.5 % à 14.5%.

L’augmentation semble plus importante chez les femmes que chez les hommes : 15.1% des femmes présentent une obésité contre 13.9% des hommes.

La fréquence des obésités sévères (IMC > 35) a sensiblement augmenté : leur fréquence était de 1.5% en 1997, elle est actuellement de 3.9%.

L’augmentation de la prévalence est observée dans toutes les tranches d’âge de la population, y compris chez les seniors.

Les disparités régionales et sociale se confirment : l’obésité est plus fréquente dans les régions Nord (20.5%), Est (17%) et le bassin parisien (16.6%); Elle est beaucoup plus fréquente dans les populations à bas niveaux de revenus ( 22%)

La prévalence du surpoids reste relativement stable à 31.9% alors que la maigreur a tendance à être moins fréquente.

L’obésité est associée à une augmentation du recours aux traitements pour hypertension artérielle, dyslipidémies, diabète, en particulier dans la population sénior.

L’obésité continue de progresser chez l’adulte :

En 12 ans, le poids moyen des Français a augmenté de 3,1 kg (72 kg en 2009) alors que leur taille moyenne a progressé de 0,5 cm (168,5 cm). Ainsi, l’Indice de Masse Corporelle moyen (IMC)i a progressé de 1 kg/m2, passant de 24,3 kg/m2 en 1997 à 25,3 kg/m2 en 2009.

Leur tour de taille moyen a suivi la même évolution : il a augmenté de 4,7 cm, passant de 85,2 cm à 89,9 cm.

En 2009, 14,5 % des Français sont obèses (8,5 % en 1997) et 31,9 % sont en surpoids (29,8% en 1997).

Si la prévalence de la population en surpoids est relativement stable , celle de l’obésité continue de progresser. L’augmentation est régulière à un taux d’environ 0,5% par an, ce qui est le niveau moyen des taux d’accroissement observés chez nos voisins (0,2% aux Pays-Bas à 0,9% au Royaume-Uni).

En extrapolant ces résultats à l’ensemble de la population adulte, il y aurait en France environ 6,5 millions d’adultes obèses, dont environ 3 millions de nouveaux obèses depuis 12 ans.

Depuis 1997, une augmentation de l’obésité plus importante chez les femmes :

En 2009, la prévalence de l’obésité est plus importante chez les femmes (15,1 %) que chez les hommes (13,9 %) et à l’inverse la prévalence du surpoids est plus importante (38,5 %), chez les hommes que chez les femmes (26 %).

Sur cette période d’étude de 12 ans, la progression de l’obésité a été plus nette chez les femmes (+81,9 %) que chez les hommes (+57,9 %). Cette tendance est particulièrement nette pour les obésités sévères (prévalence de 3,2 % versus 2,3 %) et massives (1,6 % versus 0,6 %). Pour le Dr Marie-Aline Charles, elle traduit peut-être « une plus grande propension des femmes à développer de la masse grasse. »

Une augmentation franche chez les jeunes adultes :

La prévalence de l’obésité augmente régulièrement avec l’âge, chez l’homme comme chez la femme, pour atteindre un pic dans la tranche 55-64 ans : 20,1 % chez les hommes et 19,5 % chez les femmes.

Cependant, entre 2006 et 2009, son augmentation relative est plus nette dans la tranche 25-34 ans (+19,5 %), les autres tranches d’âge ayant des augmentations relatives comprises entre 5,3 et 8,5 %.

L’augmentation de la fréquence avec l’âge s’explique par l’effet « temps » : l’obésité étant largement dépendante des comportements et de facteurs environnementaux.

L’obésité étant une maladie chronique, on comprend qu’elle s’aggrave avec la durée d’exposition et donc avec la longévité. Mais point important, l’obésité concerne maintenant de plus en plus de jeunes adultes. Les générations actuelles de jeunes adultes connaissent une prévalence d’obésité nettement supérieure à celle de leurs parents au même âge : de génération en génération, on devient obèse de plus en plus tôt.

Selon le Dr Marie-Aline Charles : « Pour la génération née à la fin des années 70, la prévalence de 10% d’obèses sera atteinte vers l’âge de 30 ans. Une prévalence similaire a été atteinte vers 49 ans pour la génération née après guerre. »

La prévalence de l’obésité varie selon les revenus et les régions :

La prévalence de l’obésité augmente dans toutes les catégories socioprofessionnelles, mais à des vitesses inégales : son augmentation relative est importante chez les inactifs (+ 106,6 % depuis 1997), les agriculteurs (+ 94,6 %), les employés (+ 88,5 %) et les ouvriers (+82%) ; elle est la plus faible chez les cadres (+ 37,9 %).

Ainsi, l’enquête 2009 ne confirme pas la baisse de prévalence constatée en 2006 chez les cadres supérieurs, les agriculteurs et les commerçants, mais révèle une relative stabilisation.

En revanche, l’enquête montre un résultat constant depuis 1997 : la prévalence de l’obésité est inversement corrélée aux revenus du foyer. Elle semble augmenter moins vite dans les deux classes de revenus supérieurs, mais, souligne le Dr Marie- Aline Charles, « les effectifs de ces deux classes étant les plus faibles, les estimations sont moins précises. »

La prévalence de l’obésité continue de suivre globalement un gradient Nord-Sud et Est-Ouest.

Elle augmente dans toutes les agglomérations, mais, depuis 2006, plus rapidement dans celles de 20 000 à 100 000 habitants (+ 20,2 %).

La prévalence est la plus forte dans les agglomérations de petite taille.

Parmi les 8 régions UDA (Union des annonceurs), celles dont la prévalence de l’obésité est la plus forte sont le Nord (20,5 %), l’Est (17,0 %) et le Bassin parisien (16,6 %). Les 5 autres ont des prévalences comparables et inférieures à la moyenne nationale (14,5 %).

Les régions UDA où l’augmentation de la prévalence de l’obésité est la plus rapide sont la région parisienne (+ 88,6 %), l’Est (+ 82,8 %) et l’Ouest (+ 81,9 %).

Le découpage du territoire national en régions INSEE confirme les axes de prévalence décroissante Nord-Sud et Est-Ouest.

Cependant, fait remarquer le Pr Arnaud Basdevant, « alors qu’en 1997 seule la région Nord avait une prévalence supérieure à 10 %, c’est le cas aujourd’hui de toutes les régions de France. »

La plupart des régions où la prévalence de l’obésité était inférieure à la moyenne nationale en 1997 sont toujours dans ce cas en 2009

Pour un même IMC, augmentation régulière des facteurs de risque cardiovasculaire « traités » depuis 12 ans :

Comme dans les enquêtes ObÉpi-Roche précédentes, par rapport à la population normale, il y a presque 2,5 fois plus de personnes traitées pour hypertension artérielle dans la population en surpoids et 4 fois plus chez les personnes obèses. La prévalence de l’hyperlipidémie traitée est 2 fois plus élevée dans la population en surpoids et presque 3 dans la population obèse. Enfin, il y a presque 3 fois plus de diabètes de type 2 traités (médicaments et/ou régime) en cas de surpoids et 7 fois plus en cas d’obésité.

En dehors du tabagisme, la probabilité d’avoir 3 facteurs de risque cardio-vasculaire associés traités est 5 fois plus importante en cas de surpoids et 12 fois plus importante chez les obèses que chez les personnes de poids normal. « Ce qui est frappant, commente le Pr Arnaud Basdevant, c’est l’augmentation régulière depuis 12 ans des situations de facteurs de risque « traités » – hypertension artérielle, dyslipidémies, diabète – pour un même IMC. »

L’augmentation de fréquence de l’obésité concerne toutes les générations, y compris celle des 65 ans et plus.

Grâce à un échantillon de plus de 5 500 individus, l’enquête ObÉpi-Roche 2009 permet d’observer une population chez qui les relations entre IMC et facteurs de risque cardio-vasculaire « traités » est assez peu étudiée : celle des 65 ans et plus.

La prévalence de l’obésité y est plus importante que dans la population générale : 17,9 %, comparable chez les hommes (18 %) et les femmes (17,9 %).

Elle diminue ensuite de 19,5 % chez les 65-69 ans à 13,2 % chez les 80 ans et plus, de façon plus marquée chez les hommes que chez les femmes. Comme dans la population générale, elle est inversement corrélée aux revenus et elle est plus importante dans les régions Nord et Est.

Pour le Pr Arnaud Basdevant, « ces informations confirment une tendance relevée dans l’enquête précédente : la prévalence élevée de l’obésité chez les seniors qui augmente considérablement d’une enquête à l’autre. Par ailleurs, on relève un taux plus élevé (1,1 %) d’obésité sévère, alors qu’il est classique de considérer que la prévalence diminue avec l’âge : tel n’est pas le cas, sauf après 75 ans. »

La prévalence de l’hypertension artérielle augmente avec l’âge : de 40,9 % chez les 65- 69 ans à 51 % chez les 80 ans et plus. Elle est le facteur de risque traité le plus fréquent chez les personnes de 65 ans et plus. A partir de 70 ans, elle est comparable dans les deux sexes. Elle augmente avec l’IMC.

La fréquence des dyslipidémies traitées est de 36,6 % dans cette tranche d’âge, dans des proportions proches chez les hommes et les femmes. Elle a tendance à diminuer avec l’âge, en particulier à partir de 80 ans. La prévalence du diabète est au plus haut entre 75 et 79 ans, s’élevant à 19,8 % chez les hommes et 12,7 % chez les femmes.

Le Pr Arnaud Basdevant poursuit : « Au-delà de 65 ans, les IMC supérieurs à 30 sont associés à une prévalence du traitement de l’hypertension et du diabète plus de 50 % supérieure à celle observée pour les IMC les plus faibles, en particulier chez l’homme. Ce qui souligne l’impact de l’obésité sur la santé des seniors. »

Il ajoute : « Les conséquences médicales et économiques de la progression du surpoids et de l’obésité en font une véritable préoccupation de santé publique. »

Les résultats complets de l’enquête ObEpi-Roche 2009 sont disponibles sur le site www.roche.fr .

Source : ObEpi-Roche 2009 : 5e édition de l’enquête nationale sur la prévalence de l’obésité et du surpoids en France. Réalisée tous les trois ans depuis 1997 à l’initiative de Roche et en partenariat avec la TNS Healthcare SOFRES, l’enquête épidémiologique ObÉpi-Roche permet de suivre l’évolution du surpoids et de l’obésité dans la population adulte française (18 ans et plus). Pour cela, elle a recours à une méthodologie constante utilisant un questionnaire auto-administré. En 2009, celui-ci a été renvoyé de manière exploitable par 25 286 personnes, formant un échantillon représentatif de la population française. Comme pour les éditions précédentes, l’enquête a été conçue et supervisée de manière indépendante par le Dr Marie-Aline Charles (épidémiologiste et directeur de recherche à l’ INSERM -unité 780), et le Pr Arnaud Basdevant Responsable du pôle endocrinologie-diabétologie-métabolisme-nutrition prévention cardiovasculaire de la Pitié Salpêtrière-Université Paris 6) auxquels s’est jointe Éveline Eschwège (directeur de recherche émérite-INSERM).

Vidéo YouTube jointe à l’article : La Commission Européenne et l’ Union of European Football Associations (UEFA) ont lancé cette campagne publicitaire à la télévision pour encourager les citoyens européens à intégrer l’activité physique dans leur vie quotidienne. Le spot encourage le spectateur des matchs de football à sortir de son fauteuil et à être plus actif physiquement en utilisant le slogan « Go on, get out of your armchair’ (Vas-y, sors de ton fauteuil).