Je suis convaincu que les gens ne font pas suffisamment d’activité physique car les sports qu’on leur « vend » (à la télé, dans les journaux…) les rebutent.

Pour beaucoup de personnes : sport = performance = souffrance.

Si l’on voulait vraiment que la population adopte une activité physique, il faudrait plutôt mettre en avant la notion de « plaisir ».

Beaucoup de gens assimilent le sport à une compétition et ce n’est pas ce qui les intéresse. La performance est déjà suffisamment présente dans nos vies professionnelles et personnelles (voire sexuelle…) et nous avons envie de nous déconnecter de cette obligation de résultats pendant nos loisirs.

Si la population est trop sédentaire, c’est en partie à cause d’un rejet du sport tel qu’on nous le présente dans les medias.

Le sport nous est trop souvent représenté comme la recherche d’une victoire, d’un exploit ou d’un record.

Mais les champions n’ont pas la vie facile. En natation, la championne Laure Manaudou nous a montrés toutes les difficultés que peut ressentir une jeune femme face aux exigences de la compétition. Quand on voit ce qu’elle a enduré pour battre des records, cela ne donne pas envie de faire la même chose. Le recordman de natation Alain Bernard a lui aussi besoin de souffler parfois et de se ressourcer….sur une planche de surf ! Alain Bernard le dit lui-même : le surf lui apporte plus de plaisir que la natation !

Des sports aussi médiatisés en France que le football ou le rugby sont loin de faire l’unanimité dans le grand public. Tout le monde n’a pas envie d’aller rentrer dans le lard de l’adversaire en pratiquant un sport traumatisant comme le rugby. Les valeurs de l’Ovalie -exceptés le courage, l’humilité et la solidarité – ne sont pas celles du surf !

Passer sa vie à « gagner des matchs » au football n’intéresse pas tout le monde. Lire à ce sujet l’article sur le ras-le-bol et l’overdose de football ressentis par une grande partie du public.

Quand des entraîneurs ou responsables de clubs ou de fédérations sportives parlent de sport, ils nous rabâchent sans cesse des valeurs de combat et d’abnégation. Mais faire du sport ne veut pas dire faire la guerre. Ce discours me rappelle celui de certains de mes profs d’Education Physique et Sportive qui me dégoûtait de ces cours où l’on nous confrontait et où l’on nous chronométrait sans cesse. Quand j’ai commencé les cours d’EPS au collège, j’étais catalogué comme « nul en sport » et c’était la seule matière où j’obtenais de mauvaises notes. On me proposait une façon de pratiquer des sports qui ne m’intéressait pas et dans lesquels je n’avais donc aucune envie de m’investir. Ces activités présentaient trop de règles ou de contraintes qui ne me plaisaient pas. Et les sports de glisse n’étaient pas au programme… Heureusement pour moi la découverte du skateboard, du bodyboard puis du surf m’ont permis de me réaliser dans une pratique sportive libre. Ce n’est pas à l’école que j’ai appris à apprécier le sport mais dans la rue et sur une plage, sans aucun encadrement.

C’est le même problème que rencontrent beaucoup d’enfants et d’adolescents : on leur impose des activités qui ne leur conviennent pas et ils finissent par rejeter le sport en bloc.

Si l’on veut vraiment intéresser le grand public à la pratique du sport, il faut changer de discours en arrêtant de glorifier des valeurs belliqueuses et en mettant plutôt en avant la notion de plaisir.

Le surf se distingue des autres sports par le plaisir qu’il apporte et le peu de contraintes qu’il implique. Il n’y a pas de limite au terrain de jeu et pas de temps imposé pour prendre des vagues… Le surf n’est pas un sport comme les autres. Certains l’assimilent plus à un art de vivre.

Le surf est une activité physique de loisir qui présente de nombreux avantages et qui procure des sensations agréables et du plaisir quel que soit le niveau du pratiquant.

Le surf libre avant tout :

Même s’il existe différents circuits de compétitions en surf, l’essence même de la discipline repose sur le free surf, le « surf libre ».

Le surf est l’un des rares sports où des athlètes professionnels sont sponsorisés pour faire du surf librement « pour le fun » : ces free surfeurs n’ont pas besoin de participer à des compétitions (on leur demande juste de se laisser photographier sur les plus belles vagues du monde).

Une fois que vous connaîtrez les règles de priorité et de convivialité qui régissent la pratique du surf, un océan de liberté s’ouvrira à vous.

Quand je fais du sport, j’ai avant tout envie de prendre du plaisir. Le surf c’est la liberté. Après une session de surf, il n’y a ni vainqueur ni perdant : même si vous n’avez pas pris de bonnes vagues, vous êtes gagnants sur toute la ligne, car vous vous êtes fait plaisir sans vous prendre la tête.

Le surf est un excellent moyen d’initier les plus jeunes à une activité physique à condition de ne pas polluer cette pratique libre par trop de compétitions ou une recherche stérile de performances.

Le meilleur surfeur du monde est celui qui prend le plus de plaisir sur une vague ! (pas celui qui enchaîne des figures techniques avec un lycra de couleur en compétition).

(Photo d’illustration Laurent Masurel).

A propos de l'auteur :

Médecin, surfeur, SUPeur. Auteur des livres Surf Thérapie et DETOXseafication. Adjoint au maire de Biarritz à l'Environnement, Qualité de Vie et Bien-Être.

 

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