On ne parle que de la mort du chef d’Al-Qaida Oussama Ben Laden aujourd’hui. Même si cet homme était un terroriste sanguinaire, on peut s’étonner au pays des Droits de l’Homme que certains se félicitent de sa mort alors que l’on aurait souhaité le voir capturé vivant et jugé. Faire croire que le terrorisme va s’arrêter car Ben Laden a été mis hors d’état de nuire est un leurre. Sa mort « en martyre » pourrait même avoir l’effet inverse à celui escompté avec des actes de terrorisme de représailles qui sont déjà redoutés. Aujourd’hui, c’était « l’inhumation » très particulière de Ben Laden qui était au cœur de la polémique : si l’on en parle sur le site, c’est parce que celle-ci a eu lieu dans un endroit qui nous est familier : la mer.
Tout d’abord, une constatation sémantique : « enterrer en mer » ou « ensevelir en mer » comme on a pu le lire sur différents médias ne veut rien dire, pas plus qu’ « inhumer en mer » d’ailleurs : inhumer vient du latin in humus qui signifie enterrer dans le sol, ce qui n’a pas été le cas ici.
Si l’on en croit la description de la cérémonie funéraire relatée par des officiels américains, le corps de Ben Laden (qui aurait été authentifié par analyse ADN) aurait eu droit à une cérémonie funéraire sur le pont du porte-avions Carl-Vinson en Mer d’Oman. Cette cérémonie aurait duré un peu moins d’une heure avant que le corps de Ben Laden ne soit recouvert d’un linceul blanc puis déposé dans un sac lesté lui-même mis en mer depuis une planche.
Les Américains justifient ces funérailles aquatiques par la nécessité d’inhumer le corps dans les 24 heures suivant son décès selon la tradition musulmane, aucun pays n’ayant souhaité héberger son tombeau. La crainte étant surtout que son lieu de sépulture ne devienne un lieu de pèlerinage susceptible de créer de nouvelles vocations chez ses partisans.
Selon la tradition musulmane, le corps d’un mort doit être entouré d’un linceul blanc après avoir été lavé selon un rituel bien précis. L’inhumation doit se faire en terre sans cercueil avec le corps placé parallèlement à la Mecque et la tête tournée vers la droite. Il existerait néanmoins certaines exceptions pour immerger le corps en mer quand le décès survient sur un bateau loin des côtes par exemple. L’immersion du corps en mer serait donc acceptée exceptionnellement, à condition que celle-ci se fasse à l’abri des prédateurs marins comme les requins.
Sur le principe, faire retourner un corps a la mer paraît naturel puisque nous venons de l’océan et que nous ne faisons ainsi qu’y revenir. Certaines personnes comme le surfeur décédé Andy Irons ont eu leurs cendres dispersées en mer et c’est un mode de funérailles de plus en plus répandu.
Mais ici, la méthode d’immersion choisie par les Américains risque de mécontenter des musulmans attachés au rituel des funérailles et d’attiser la thèse du complot qui circule sur Internet vu que l’on ne reverra plus le corps de Ben Laden. Les Américains ont eu peur que le cadavre de Ben Laden ne soit plus gênant sous terre que dans l’eau. Ils ont cru choisir la moins mauvaise solution en le faisant disparaître ainsi.
