Voici une vidéo Youtube qui est un excellent support didactique pour mieux comprendre les pollutions des eaux de baignade (ou plus exactement « zones d’activités nautiques » dont le surf fait partie), et notamment celles qui se voient le moins à savoir la pollution bactériologique (la plus analysée et la mieux connue) et la pollution chimique (occultée par les analyses et dont on connaît mal les effets à long terme sur la santé).

Dans la partie « les bactéries se jettent à l’eau« , la pollution bactério est abordée. Celle-ci est principalement d’origine fécale, humaine ou animale. L’origine humaine peut provenir du raccordement défectueux de certains foyers au réseau d’assainissement ou de l’insuffisance des stations d’épuration pour la traiter intégralement. Du côté animal, ce sont les déjections animales ou les épandages de lisier liés à une agriculture intensive emportés par les eaux de pluie et qui ruissellent jusqu’à la mer.

Les analyses des eaux de baignade se concentrent principalement sur le dosage des entérocoques et des Escherichia Coli, bactéries intestinales considérées comme des indicateurs d’une pollution bactériologique. Les prélèvements officiels ne se font qu’en période estivale dans les zones de baignade. Quand une plage dépasse le seuil de pollution bactériologique, cela provoque une fermeture de plage.

L’application de la nouvelle directive européenne plus sévère en matière de seuils de pollution bactériologique a déjà entraîné un phénomène de délistage des plages européennes à risque : une plage non référencée ne peut pas être classée comme plage polluée…

Je rappelle succinctement les principales pathologies aiguës liées à la pollution bactériologique : otites externes, infection de plaie, gastro-entérite aiguë quand on boit la tasse, conjonctivites…

Comme le rappelle le Dr Sylvie Peres, dermatologue, membre de la coordination santé environnement Pays Basque, il est très important de s’intéresser à la pollution chimique des eaux de baignade, non prise en compte par les analyses. Ces polluants provenant de notre environnement (pesticides, phtalates, détergents…) présentent des risques pour notre santé (cancer, perturbations endocriniennes, maladies chroniques comme le diabète, maladies neuro-dégénératives…) dont il faut évaluer l’impact en fonction de notre exposition, mais encore faut-il être au courant de leur présence et de leur concentration dans l’eau…

L’impact de ces pollutions sur l’environnement marin est également évoqué avec les conséquences néfastes sur la faune et la flore océanique, la disparition des récifs coralliens, eutrophisation et marées vertes d’algues toxiques

Des solutions sont évoquées à la fin du documentaire :
– amélioration des performances des stations d’épuration ;
– utiliser moins de produits nocifs pour l’environnement (produits de nettoyage, produits phytosanitaires, etc…)

A propos de l'auteur :

Médecin, surfeur, auteur du livre Surf Thérapie. Adjoint au maire de Biarritz à l'Environnement, Qualité de Vie et Bien-Être.

 

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3 Commentaires

  1. Marine dit :

    Dans les pollutions chimiques, il faut ajouter les résidus de médicaments…pas totalement évitable, mais pensez à ramenez vos restes de médicaments en pharmacie. Merci et bonnes vagues!

    • Adrien dit :

      Quand on parle des résidus médicamenteux, il s'agit surtout de ce qui est éliminé par notre corps dans les urines (et qui ne sont pas traités par les stations d'épuration et qui finissent dans le milieu naturel).

      C'est quand même plus compliqué que le simple fait de ne pas jeter les médicaments inutilisés à la poubelle…

  2. "La pollution des plages fait des millions de malades aux Etats-Unis"
    (AFP) – Il y a 18 heures

    WASHINGTON — La qualité de l'eau de baignade laisse à désirer sur les plages américaines, où près de 3,5 millions de personnes contractent chaque année une maladie du fait de la pollution, a révélé mercredi une organisation écologiste.

    Le Natural Resources Defence Council, qui analyse la qualité des plages des Etats-Unis depuis 22 ans, constate que le problème ne s'arrange pas: l'année dernière était l'une des trois pires en termes d'avertissements et de fermetures de plages du fait de la pollution.

    "C'est un véritable fléau. L'eau de nos plages présente un niveau élevé de bactéries, de déjections humaines et animales", a déclaré Steve Fleischli, un responsable de l'association qui a étudié la qualité de l'eau sur 3.000 plages.

    Les intempéries sont principalement à l'origine de la dégradation de l'environnement sur le littoral, relève l'association dans un rapport.

    "Quand il pleut, une grande quantité de produits chimiques, d'huile, d'excréments et de détritus sont emportés par les eaux et se déversent en fin de compte sur nos plages", a expliqué M. Fleischli.

    Les symptômes et maladies recensés à la suite de contacts avec une eau polluée sont nombreux: grippe intestinale, problèmes aux niveau du nez, de la gorge et des oreilles, dysenterie, hépatite, troubles respiratoires et neurologiques ou autres maladies graves.

    Le groupe à l'origine de cette étude appelle l'agence américaine de l'Environnement (EPA) à renforcer les critères de qualité des eaux sur les plages, ainsi qu'à prendre des mesures adéquates en cas de pollution soudaine.

    Un nageur sur 28 encourt actuellement un risque de gastro-entérite suite à une baignade. "C'est inacceptable. C'est un vrai problème de santé publique", a dénoncé M. Fleischli.

    La Louisiane (sud) réunit à elle seule 29% des plages dont les taux de pollution dépassaient l'an dernier les niveaux autorisés. Cet Etat riverain du golfe du Mexique a été durement touché en 2009 par la marée noire de la plateforme Deepwater Horizon.

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