De Rouille et d’Os: un film qui ne laisse pas indifférent et dont on ressort tourneboulé. De Rouille et d’Os est un film parfois dur où s’enchaînent des scènes assez violentes. Ce n’est pas du tout un film sur la mer ni sur le surf, mais deux séquences aquatiques du film sont particulièrement intéressantes.

D’abord la scène où tout va basculer pour l’héroïne du film Stéphanie (Marion Cotillard), dresseuse d’orques. On découvre l’univers improbable du Marineland d’Antibes où le spectacle est assuré par des orques dressées en captivité. La séquence retranscrit très bien le cirque total que constitue ce genre de show à l’américaine.

On préfère voir ces animaux magnifiques en liberté dans l’océan. D’ailleurs, l’actrice Marion Cotillard a déclaré qu’elle admirait la puissance magnifique des orques mais qu’elle ne tolérait pas qu’on enferme des animaux, au point de ne jamais aller au zoo ni même visiter un aquarium. Elle a néanmoins joué contre ses convictions le rôle de cette dresseuse pour qui un spectacle va mal tourner.

Tout va très vite et on ne comprend pas exactement ce qui se passe mais il semblerait qu’une orque saute trop loin et atterrisse sur la structure où se trouvent les dresseurs dont Stéphanie. Sous l’eau, une orque aurait mordu et arraché les deux jambes de Stéphanie. Scénario un peu tiré par les cheveux même si l’on sait que les orques en captivité peuvent occasionner de graves blessures (cf. le fait divers de la dresseuse tuée par l’orque Tilikum).

Stéphanie qui accordait tant d’importance au paraître est traumatisée à son réveil dans son lit d’hôpital quand elle découvre ses deux moignons de jambes. Elle n’est plus que l’ombre d’elle-même et pense au suicide.

C’est Ali, un jeune homme paumé, sans domicile fixe, avec Sam son fils de 5 ans sur les bras, qui va l’aider à revivre. Ali a tout du bourrin brute épaisse mais sa sensibilité et son grand coeur vont se révéler au fil du film. Il avait rencontré Stéphanie suite à une bagarre en boîte de nuit où il était videur, avant l’accident de la jeune femme. On sentait à ce moment-là un amour impossible entre la petite princesse pleine d’assurance et ce bon sauvage incarné par Matthias Schoenaerts.

Le déclic pour Marion Cotillard, échouée l’âme en peine sur son fauteuil roulant, va être le moment où elle et Ali se retrouvent face à la mer. C’est pour moi la meilleure scène du film. Ali lui propose candidement d’aller « se baquer » (= se baigner). Elle lui répond d’abord catégoriquement par la négative, comme s’il lui proposait quelque chose d’insensé compte-tenu de son état : « tu te rends compte de ce que tu dis là ?« . Apaisée par le soleil et par l’air marin, elle se ravise et lui demande de la mettre dans l’eau.

Après un court moment d’adaptation où elle doit s’habituer à nager sans ses jambes, Stéphanie va retrouver la liberté de ses mouvements dans l’eau de mer. La scène où on la voit nager pour la première fois est un moment de pur bonheur. On la sent revivre à la sortie de l’eau quand elle s’écrit « Oh putain, c’est bon ! Merci. » C’est à partir de ce moment qu’elle se réapproprie son corps et qu’elle retrouvera ensuite l’envie de bouger, de danser, de faire l’amour…

On le sait, le milieu marin est le meilleur environnement pour se réadapter après un traumatisme, et ce quelle que soit la gravité du handicap. On se rend compte à travers ce film que pouvoir retourner dans l’eau est une chance, et peut constituer un élément déclencheur pour la reprise de confiance en soi.

Ce film nous montre aussi la difficulté de vivre avec un handicap. Ali est la chance de la vie de Stéphanie car ce colosse la ramènera régulièrement sur ses épaules pour aller se baigner ; il lui fera aussi reprendre goût aux plaisirs de la vie. Malgré la simplicité et la rudesse d’Ali, l’ancienne dresseuse si raffinée tombe amoureuse de lui, un peu comme si elle se retrouvait devant un nouvel animal instinctif à dresser. Ce looser amateur de combats et qui enchaîne les petits boulots dans la sécurité (il aide même à poser des GoPro pour espionner des salariés de grands magasins) va finir par retrouver le droit chemin et découvrir l’amour.

Ce film de Jacques Audiard fait partie de la sélection 2012 du Festival de Cannes (où on a vu qu’il n’y avait pas que des bons films…). Compte-tenu de sa qualité et des prestations des acteurs principaux, il pourrait se voir attribuer des récompenses lors de la remise des prix. La compagne de Guillaume Canet joue là l’un de ses meilleurs rôles, et Matthias Schoenaerts est également épatant.

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1 commentaire

  1. Julien 2 dit :

    Malheureusement, aucun prix…

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