En l’espace de quelques jours, j’ai pu observer 2 qualités d’eaux de mer totalement différentes.

Une eau de mer parfaitement pure quelque part sur une île méditerranéenne non loin de la France où j’ai pu SUPer, m’initier au windsurf et nager dans une eau cristalline indemne de pollution.

Et une eau très troublée liée en partie aux pluies record qui se sont abattues sur Biarritz et la région ces derniers jours. Si on était à La Réunion, on éviterait d’aller dans l’eau à cause de sa turbidité qui augmente le risque d’attaque de requin. Ce n’est pas ce qui a empêché les irréductibles Ours Blancs de Biarritz de prendre leur bain quotidien dans une eau pour le moins douteuse. Perso, j’attendrai encore 24 h avant d’y retourner…

Pour ceux qui se sont mis à l’eau, n’oubliez pas de remplir le questionnaire Surf Infection en cas de symptômes dans les heures/jours qui suivent votre bain/session.

Images Surfing Biarritz.

Lire aussi: – comment la Mer fait-elle pour s’auto-épurer ?

Prochainement sur Surf Prevention: – où trouver une eau de mer de qualité ?

A propos de l'auteur :

Médecin, surfeur, auteur du livre Surf Thérapie. Adjoint au maire de Biarritz à l'Environnement, Qualité de Vie et Bien-Être.

 

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8 Commentaires

  1. Merci pour cet article qui pourtant ne fait que constater que l’eau est marron. En l’absence totale d’analyses officielles, les autorités ne ferment pas les plages et dans l’esprit des gens « ce qui n’est pas interdit est autorisé » et même « ce qui est autorisé n’est pas dangereux ».

    Personne ne sait dire ce que contient vraiment ces eaux marrons. Si des consommateurs chopent une grosse gastro en allant au mac do, l’histoire va faire la une mais si c’est le cas en allant surfer, ce ne sera qu’une cause naturelle.

    Autre interrogation : les effets à long terme de ces baignades en eau trouble. Certains nous disent que c’est bon pour le système immunitaire qui se trouve renforcé. D’autres, comme tu viens de le faire, nous disent qu’ils préfèrent attendre (perso je fait la même chose quitte à être frustré de ne pas surfer). Dans les deux cas, tout le monde a raison puisqu’aucune information ne circule. Certains appliquent le principe de précaution quand d’autres font confiance aux autorités.

    Pourtant en temps normal, on sait déjà qu’on trouve des résidus de médicaments, des éléments radioactifs, des polluants chimiques industriels, des pesticides, … dans l’Adour. Qui en ce moment inonde Biarritz par le nord (tandis que l’Uhabia innnde Biarritz par le sud et le vent d’ouest ramène des déchets depuis le large).

    J’espère très sincèrement que les ours blancs mais aussi les surfeurs qui osent rentrer dans cette eau, ne prennent aucun risque pour leur santé.

  2. AROSTEGUY MAIDER dit :

    Bonjour Guillaume,

    Merci pour ces infos.
    Mais sans être spécialiste de la pollution, le bon sens voudrait qu’on s’abstienne d’aller dans l’eau.

    A bientôt

    • Bonjour,

      Le problème est que le « bon sens » est subjectif. Beaucoup de monde ont besoin d’informations claires, en particulier les jeunes. Et si les autorités ne font rien pour avertir, informer, qui va le faire ? La vidéo et la photo ont été prises le même jour. Des compétitions et des cours de surf ont eu lieu dans ces conditions ! Mon « bon sens » me dit que c’était exagéré d’inciter le (jeune) public à se mettre à l’eau et pourtant je n’ai aucune preuve – sinon visuelle – qu’une pollution était bien présente sur l’ensemble de la côte basque et du sud des landes (mes yeux ne sont pas allés au delà).

      Lorsque les municipalités auront enfin décidé d’avertir les pratiquants, on sera vraiment fixé. Mais pour le moment, seuls les touristes bénéficient de cette protection (grâce aux informations tirées des analyses).

      • Adrien dit :

        Malheureusement, je ne suis pas certain que le Public ait autant envie/besoin d’être informé que vous !

        L’information du Public est une obligation forte de la réglementation.
        Il y a des panneaux d’information dans chaque mairie, et aux principaux accès de chaque plage surveillée. Pas grand monde ne les consulte !
        Il y a des sites internet pour chaque commune littorale, intercommunalité, pour l’A.R.S. (service de l’Etat chargé de contrôler les eaux de baignade), pour Surfrider (qui anime un réseau de suivi, à l’année, des spots de surf de la Côte Basque). Les statistiques de fréquentation de ces sites internet, pourtant référencés si on cherche de l’info sur ce sujet, ne sont pas glorieuses…

        Ca veut bien dire que le Public se fout un peu de savoir dans quoi il se baigne !
        Ce que le Public VEUT, c’est se baigner !
        Pour lui, c’est un droit inaliénable.
        Si une plage est interdite, avec barrières et présence policière, il ira à celle d’à côté, un peu plus isolée, quitte même à escalader la barrière.

        Je me souviens de la marée noire du Prestige, en 2003.
        Arrêté préfectoral d’interdiction de baignade sur tout le littoral.
        Et bien, dès que la police avait le dos tourné, des surfeurs se mettaient à l’eau.
        Les imbéciles qui se sont fait gauler sont presque passés pour des héros !

        Sans jugement, et sans vouloir jeter d’eau sur le feu, il faut voir ce qu’il se passe avec la Réunion.
        Au nom de ce droit à la baignade, il y en a quelques uns qui seraient prêts à zigouiller tous les requins vivant ou croisant autour de l’ile…

        Un beau weekend du mois d’avril, en Gironde, pas de surveillance des plages en cette saison et océan bien formé (houle, courants, etc). En plein été, avec de telles conditions, c’est Drapeau Rouge ! Là, personne pour empêcher de se baigner. Résultat : 2 morts et un grand nombre de sauvetages in extremis…

        Cet hiver, à Biarritz, en pleine tempête : 2 couples de retraités se baladent dans les rochers de la pointe du phare, malgré le panneau et la barrière d’interdiction. Il y en a un qui a été emporté par une vague…

        En période de surveillance des plages, en cas d’interdiction de baignade pour pollution, les écoles de surf sont bien souvent les premières à se rabattre sur les plages non surveillées (qui, de fait, ne sont pas soumises à interdiction) pour pouvoir assurer leurs cours et leurs revenus.

        Je suis d’accord avec Maïder : il faut faire preuve de « bon sens ».
        Mais si j’ai compris la réponse de Cédric : visiblement, ce « bon sens » nous échappe…

  3. iLol64 dit :

    Si l’eau est marron s’est juste qu’elle est chargée de terre et sédiments amenés par les fortes précipitations.
    L’eau est plus seine quand temps normale car tous les polluants sont dilués dans beaucoup plus d’eau.

    • Colonel Bigorno dit :

      Bonjour,
      … sauf que tout ce qui est charrié par l’Adour par exemple n’est pas exempt de polluants visibles ou invisibles à l’oeil nu, juste « de la terre et des sédiments » ça n’existe pas. Justement, bactéries et autres en profitent en se trouvant une sorte de substrat en suspension dans les eaux. Et dilution certes, mais cela ne signifie pas que les polluants soient en moindre mesure mais que le volume d’eau dans lequel ils baignent est plus important, alors « plus saine qu’en temps normal » pas vraiment, même si je suis d’accord, le processus de dilution est le « coup de pouce final » à l’épuration de l’eau souillée.

      • iLol64 dit :

        Bonjour,
        Je suis d’accord avec vous aussi, l’Adour est chargée de polluants visible ou invible mais pas plus qu’un autre jour.
        L’eau marron de l’Adour arrive tous les jours de l’année sur nos cotes sauf que sa couleur est diluée donc pas visible en temps normal.

    • Adrien dit :

      C’est malheureusement plus compliqué.

      En tout cas, en ce qui concerne la qualité « bactériologique » de l’eau…

      Par temps de pluie, le lessivage des terres et la mise en charge des réseaux pluviaux et d’assainissement (unitaires ou séparatifs déficients) provoquent des apports de flux bactériens dans le milieu naturel, qui ne se produisent pas, normalement, par temps sec.

      Ainsi, selon la taille du bassin versant, la localisation et l’intensité de la pluie, le temps de concentration du bassin versant (le temps qu’il faut pour que les effets de la pluie se fassent sentir sur le débit du cours d’eau), on va avoir plutôt une augmentation de la concentration bactérienne, dans un premier temps, dû à un effet « chasse d’eau » du début de la pluie, puis la concentration va diminuer, mais toujours rester à un taux supérieur à celui du temps sec.

      En résumé, l’eau marron consécutive à une crue pendant/après de fortes pluies ne dépasse pas forcément les seuils de qualité, mais elle est généralement plus chargée en bactéries que l’eau « transparente » du temps sec.

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