Site icon Blog Surf Prevention

Requin mort sur une plage des Landes à Lit-Et-Mixe : requin-taupe ou requin mako ?

Après le requin de la Côte des Basques à Biarritz, le requin découvert hier lundi 9 janvier 2012 sur une plage des Landes fait beaucoup parler de lui sur le Facebook de Surf Prevention. La première réaction des internautes a été de croire à un canular, mais renseignements pris auprès de l’auteur des photos, le requin était bel et bien échoué hier au Cap de l’Homy à Lit-et-Mixe.

Voir une autre photo du requin sur le Twitter de @surfprevention.

Sur la photo, il apparaît blessé et l’hypothèse la plus probable est qu’il ait été pris dans les filets de pêcheurs avant d’être relâché grièvement blessé et d’être retrouvé agonisant sur la plage. Le surfeur qui a fait la découverte du squale a été surpris et attristé, mais il est quand même aller surfer le soir-même.

Il n’y a rien d’incroyable à trouver ce genre de requins sur nos côtes. Ce qui l’est plus, c’est de les retrouver sur le sable, mutilés.

D’après Jean-François Nativel de l’Association Océan Prévention Réunion, il pourrait s’agir d’un cousin du requin mako, un requin taupe commun (Lamna nasus) qui préfère les eaux froides de moins de 18°C. Ce requin vit habituellement au large, mais se rapproche des côtes en été.

Auteur de rares attaques sur l’homme*, ce requin, qui peut mesurer jusqu’à 4 mètres, fait partie d’une espèce menacée par sa surpêche sur nos côtes. Le requin taupe a été beaucoup pêché par la France qui en était le principal pêcheur en Europe jusqu’au moratoire sur la pêche de requin taupe obtenu laborieusement par la commission européenne en décembre 2009.  Sa chair sans arrêtes est très prisée, il est commercialisé sous l’appellation de « veau de mer ».

Certains d’indignent quand on prélève un requin à des fins scientifiques à La Réunion, mais cette surpêche du requin-taupe qui a (eu ?) lieu sur nos côtes françaises s’est déroulée dans l’indifférence totale. Allez comprendre… C’est plutôt sur ce genre d’événements qu’une association comme Sea Shepherd devrait cibler ses campagnes de préservation du requin.

Il se pourrait aussi que ce soit un requin mako (taupe bleue, Isurus Oxyrinchus), présent plus rarement sur nos côtes, et plus dangereux.

La différence entre taupe commun et taupe bleue est ténue : le taupe commun est plus trapu, avec des dents plus petites.

Un requin taupe de 3 mètres avait déjà déclenché une alerte et une interdiction de baignade à Cayeux-sur-mer en 1996.

Ce requin mort vient s’ajouter aux dauphins morts et aux oiseaux mazoutés découverts ces derniers jours sur la Côte aquitaine.

Que se passe-t-il au large en ce moment ?

* une attaque mortelle de requin-taupe commun a été recensée sur un pêcheur sous-marin italien au Cap Circeo en 1962.

Quitter la version mobile