Un journaliste m’a contacté pour en savoir plus sur « le localisme » sur les spots de surf en France, dans l’optique d’un prochain reportage. Quand on parle du surf dans les médias généralistes, on ressort régulièrement ce marronnier inépuisable du localisme.
Le journaliste m’a demandé où se trouvent les spots qui posent problème. Je suis tenté de répondre qu’ils se trouvent un peu partout et nulle part. Il n’y a pas vraiment de point noir à éviter absolument, mais disons que le localisme peut se révéler sur n’importe quel spot où la pression sur les vagues devient trop importante.
C’est là le nerf de la guerre : trop de surfeurs, et pas assez de vagues. Du moins par endroits, et par moments. Avec des surfeurs qui se revendiquent ou qui s’improvisent locaux et prioritaires sur leurs vagues.
Comme je l’explique dans ce reportage sur le surf et le localisme diffusé sur Riding Zone, il est important de ne jamais arriver en terrain conquis sur un spot, de prendre le temps d’observer le roulement au pic, de savoir qui est qui, d’attendre son tour et de rester courtois, le temps de se faire accepter et de prendre ses vagues.
Mais passée une certaine densité de surfeurs, toutes les règles de priorité et de savoir-vivre ne suffisent plus pour gérer la surpopulation d’un spot devenu hors de contrôle, comme par exemple à Snapper Rocks en Australie où même Kelly Slater a été victime de collisions et où Occy prône une limitation du nombre de surfeurs.
Damien Castera a raison de revenir sur les risques d’accidents de surf qui augmentent avec le monde à l’eau et le risque de collisions. C’est aussi cette peur de l’accident qui crée des tensions et engendre parfois la haine au lineup.
Sur la côte basque, des spots peuvent devenir très tendus quand il y a trop de monde à l’eau: on pourrait citer les Cavaliers à Anglet, la Grande Plage de Biarritz, Parlementia, Lafitenia… qui sont des spots à éviter quand il y a déjà du monde à l’eau.
Comme les actes de localisme sont le plus souvent isolés, ils peuvent se produire un peu partout où vont se côtoyer des locaux frustrés par la surfréquentation de leur spot et des « touristes » jugés insuffisamment respectueux.
Les comportements violents sont à condamner, mais il faut tout de même se préoccuper du problème de la surpopulation ponctuelle des spots qu’Internet, avec le développement des prévisions de vagues et des webcams, ne fera que renforcer. Tout le monde veut surfer au même endroit au même moment. Et on finit par se prendre le plus la tête quand les vagues sont les meilleures. A choisir, mieux vaut parfois surfer des vagues médiocres peinard…
En attendant de mettre en place des solutions pour délester les régions de surf les plus fréquentées (reefs artificiels, piscine à vague, Wavegarden, etc.), il faut éviter les zones trop denses en surfeurs. « Pour surfer heureux, surfons cachés. »
Ce que je tente d’expliquer à la fin du reportage, c’est qu’on nous a vendu un modèle de développement du surf qui ne correspond pas aux capacités d’accueil des spots. C’est bien beau de vendre et de louer des planches de surf par milliers, mais il faut aussi assurer le service après-vente en s’intéressant aux conditions de pratique réelles des surfeurs.
Lire aussi la fiche surf et localisme.
Si vous êtes victimes de violences verbales ou physiques liées au localisme, n’hésitez pas à laisser un témoignage, où l’anonymat des protagonistes sera préservé.
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