LA PEUR ET L’ANXIÉTÉ FONT PARTIE INTÉGRANTE DE LA PRATIQUE DU SURF : CE SONT ELLES QUI DÉFINISSENT NOS LIMITES. MÊME SI LE SURFEUR DOIT APPRENDRE À GÉRER SES ÉMOTIONS, IL NE DOIT PAS POUR AUTANT SE METTRE EN DANGER INUTILEMENT.

Quand on parle de « gros surf », tout est relatif.  Tout dépend en fait du vécu de chaque surfeur. Si vous considérez des vagues de 1,50 mètres comme suffisamment grosses, n’en ayez pas honte ! On trouve toujours plus téméraire que soi. Vous passerez au palier suivant quand vous le sentirez. Vous y survivrez et vous vous direz que ce n’était pas si terrible.

D’ailleurs, ce n’est pas forcément dans les plus grosses vagues que l’on risque le plus un accident de surf. Des vagues de 2 mètres avec du fond et peu de monde sont souvent moins dangereuses qu’une « petite » session à marée basse sur un spot surpeuplé.  

Vous n’avez rien à prouver à personne : on peut comprendre aisément que vous n’éprouviez aucun plaisir à vous faire peur…

Allez-y pas à pas, sans brûler les étapes et seulement si vous en avez les capacités physiques et l’envie. Tout le monde ressent des difficultés à s’endormir la veille d’un jour de gros surf. On peut avoir une envie pressante, une boule dans la gorge ou le palpitant qui se met à battre la chamade au moment de se jeter à l’eau ou quand une série frise à l’horizon. Ces symptômes sont généralement passagers et ce stress physiologique contribue à nous booster pour être réactif et performant dans des conditions exigeantes.

Par contre, si l’anxiété vous fait perdre tous vos moyens, vous n’avez rien à faire dans l’eau. Les peurs paniques handicapantes peuvent être prises en charge par une psychothérapie. Les anxiolytiques (calmants) sont fortement déconseillés avant d’aller surfer car ils peuvent, entre autres effets secondaires, altérer la vigilance. Alcool, cannabis, et autres drogues ou produits dopants sont également proscrits.

Les véritables surfeurs de grosse vagues sont des surfeurs courageux qui vivent pour ressentir le grand frisson. Ils connaissent les risques et acceptent d’en payer le prix fort. Ce sont des gens à part et tout le monde n’a pas la fibre pour être de ceux-là. Il existe aussi des têtes brûlées qui, par inconscience ou pour un gros chèque, sont prêts à tout sans mesurer les conséquences.

Attention au surf tracté qui a banalisé le surf de grosses vagues et l’a rendu accessible à tous ceux qui ont le matériel mais pas forcément le niveau… La facilité trompeuse du tow-in empêche la peur de s’exprimer comme lorsqu’on sort seul à Waimea avec son gun sous le bras. Si vous n’avez pas la condition et l’expérience nécessaires, n’allez pas risquer votre vie en surf tracté.

Chute terrifiante en bodyboard.

Quand on se met à prier pour qu'il n'y en ait pas une encore plus grosse derrière... Belharra au Pays Basque.

Pas besoin de partir loin pour trouver de grosses vagues comme ici sur le beach break de Pantin en Galice qui tient très bien la houle.

À retenir
- Procédez étape par étape pour le surf de grosses vagues.
- Vous n’avez rien à prouver à personne.
- Si vous ne le sentez pas, n'allez pas surfer !

A propos de l'auteur :

Médecin, surfeur, auteur du livre Surf Thérapie. Adjoint au maire de Biarritz à l'Environnement, Qualité de Vie et Bien-Être.

 
 

1 commentaire

  1. Valérie dit :

    Chouette article qui permet de prendre du recul. Effectivement, la notion de « grosses » vagues n’est pas la même pour tous. « Ne rien avoir à prouver » me semble effectivement la bonne approche 😉
    Valérie

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