CONSEILS POUR ARRETER UN SAIGNEMENT.

La première urgence devant une plaie est d’en arrêter le saignement.

Le saignement peut être abondant après une plaie du cuir chevelu et entraîner une grave hémorragie. 

Les urgences vitales sont les plaies des grosses artères de l’organisme, comme les artères carotides ou fémorales, qui peuvent être sectionnées par une dérive acérée ou un nose plantés au mauvais endroit.

Face à un accidenté du surf (ou autre), commencez toujours par vous demander s’il saigne. Les saignements ne sont pas toujours évidents à première vue : vous devez examiner la victime des pieds à la tête. Sachez qu’il peut même y avoir une hémorragie cachée sous la combinaison. Un coup de dérive peut sectionner une artère sous une combinaison sans la déchirer pour autant.

En général, la victime doit être allongée, les jambes surélevées. Surélevez le membre atteint pour y diminuer la pression sanguine. 

Pour arrêter un saignement, il existe plusieurs techniques :

1) La compression manuelle

Elle s’effectue si l’appui direct sur la plaie est possible. Comprimez directement l’endroit qui saigne avec la main. 

Si vous n’avez pas de plaie vous-même, il n’y a pas de risque à toucher du sang. 

Dans l’idéal, comprimez avec des gants ou en interposant un sac en plastique par exemple. Pour vous libérer, vous pouvez confectionner un pansement compressif en posant une compresse, une serviette ou un linge propre sur la plaie que vous maintiendrez en place avec une bande, un bandana ou une écharpe. 

Il faut serrer suffisamment pour que le saignement s’arrête, mais pas trop fort quand même, sous peine de stopper complètement la circulation. Si le sang continue de couler à travers le pansement, mettez-en un deuxième par-dessus.

En cas de saignement de nez, il faut asseoir la victime, pencher sa tête en avant et comprimer la narine qui saigne. 

2) La pose d’un garrot :

Elle doit rester exceptionnelle et ne s’effectuer qu’en dernier recours. Elle peut s’utiliser en relais d’une compression si vous êtes isolé et que vous devez impérativement vous libérer pour donner l’alerte. 

Le garrot est réalisé avec un lien large inextensible comme un foulard. Des surfeurs ont déjà utilisé une manche longue de leur lycra bien serrée ou un leash (cf. sauvetage de Bethany Hamilton dont le bras avait été arraché par un requin ou de Laird Hamilton).

Bon nombre de surfeurs mordus par un requin ont survécu grâce à cette méthode.

Le garrot ne peut se poser que sur le bras (au-dessus du coude donc) ou sur la cuisse (au-dessus du genou). Serrez-le bien en faisant un nœud et retenez l’heure de sa pose. Attendez l’équipe médicale pour l’enlever.

Attention également aux hémorragies internes qui se produisent à l’intérieur de l’organisme, qu’on ne voit pas s’extérioriser et qui peuvent être gravissimes. Elles peuvent se manifester par un état de choc. La victime se sent mal, a soif, est très pâle, a un pouls faible et son cœur bat vite. La victime peut également se sentir très bien initialement et décompenser brutalement. 

Voici deux exemples classiques :

* un traumatisme de la tête contre le fond peut entraîner une hémorragie intracrânienne qui est une urgence neurochirurgicale.

*un choc violent de la planche dans l’abdomen peut entraîner une hémorragie de la rate. Seul un chirurgien peut intervenir pour stopper le saignement.

Compression manuelle d'une plaie du cuir chevelu d'un surfeur blessé par la dérive d'une planche de surf. Copyright www.surf-prevention.com

À retenir
En cas de choc violent touchant la tete, abdomen ou le thorax, une consultation médicale urgente est indispensable et une surveillance à l'hopital souvent nécessaire.

A propos de l'auteur :

Médecin, surfeur, auteur du livre Surf Thérapie. Adjoint au maire de Biarritz à l'Environnement, Qualité de Vie et Bien-Être.

 
 

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