LE SURFEUR GLISSE SUR L’EAU MAIS IL PASSE AUSSI DU TEMPS SOUS L’EAU. VOICI QUELQUES CONSEILS POUR RETENIR SON SOUFFLE PLUS LONGTEMPS SOUS LES VAGUES ET AMÉLIORER SES PERFORMANCES EN APNÉE.

Nous avons vu comment améliorer sa respiration. Nous allons envisager maintenant comment la retenir…

La pratique du surf implique de passer quelques secondes sous l’eau par session :

– soit quand le surfeur tombe de sa planche de surf et se prend « un bouillon »;

– soit quand le surfeur passe sous les vagues pour regagner le large en faisant des canards;

– soit quand il prend une série de vagues plus grosse que les autres sur la tête : moment redouté dans les grosses vagues…

Mais pas de panique ! La plupart du temps, cela se passe très bien…

En général, on ne reste qu’une poignée de secondes sous l’eau et on remonte à la surface comme un bouchon ! Sans compter que notre planche de surf constitue une véritable bouée de sauvetage à laquelle on peut se raccrocher une fois remonté à la surface.

Dans l’immense majorité des cas, on reste sous l’eau le temps d’une seule vague. Mais il est arrivé à des surfeurs de rester coincé le temps de deux, trois, quatre voire cinq vagues sous l’eau !

Pour prévenir la noyade en surfant, il faut donc être capable de « tenir » sous l’eau suffisamment longtemps.

Remarque : pour parer à ce genre de situation, Mark Chestnut, a même inventé une bouteille d’oxygène miniature que le surfeur peut amener dans l’eau et qui lui apportera l’air nécesaire en cas de séjour sous l’eau prolongé…

Le premier conseil à donner est d’être à l’aise dans l’eau avant de se sentir bien sous l’eau.

Il faut d’abord identifier ses peurs de l’océan ou du surf et les contrôler.

Il faut y aller très progressivement : un surfeur débutant n’a rien à faire dans des grosses vagues. Attendez d’être à l’aise dans de petites vagues avant de vous aventurer dans des conditions  supérieures à 1,50 mètres.

Pour se mettre au surf de gros, il faut être dans une condition physique irréprochable. Privilégiez une préparation dans l’océan en pratiquant le surf régulièrement. Le must pour se sentir à l’aise dans les vagues est de pratiquer le bodysurf avec, puis sans, palmes. Les activités aquatiques d’endurance sont également conseillées : longueurs en natation, parcours de paddle board sur de longues distances,…La marche, le jogging ou le vélo sont d’excellents compléments.

Quand on se retrouve, « en situation », sous l’eau, il est primordial de garder son sang froid : le stress fait consommer de l’oxygène (c’est la raison pour laquelle les apnéistes travaillent la détente).

Laissez-vous brasser jusqu’à ce que les soubressauts de la vague sous laquelle vous vous trouvez se calment un peu.

Quand on fait des « roulés-boulés » sous l’eau, on est parfois victime d’une désorientation spatiale. Il est primordial de déterminer vers où se trouve la surface pour nager dans la bonne direction (ouvrez les yeux pour vous diriger vers la lumière).

Note importante : si vous sentez que votre leash s’est coincé dans un rocher, ayez le réflexe de le détacher pour pouvoir remonter à la surface.

Remontez vers la surface avec des mouvements de brasse coordonnés, lents, souples et efficaces (évitez de vous débattre ou de remuer les membres frénétiquement car vous gaspillerez une énergie précieuse inutilement).

Remarque : un gilet de sauvetage conçu pour le surf permet de remonter plus vite à la surface.

Ce n’est pas en mettant la tête dix secondes sous l’eau en piscine que l’on peut simuler ce qui se passe sous une vague. Quand on se retrouve sous l’eau en surf, les conditions sont autrement plus turbulentes que dans un petit bassin…

Quand on est victime d’une chute brutale en surf, on n’a pas toujours le temps de reprendre son souffle avant l’immersion. On peut subir un choc contre la lèvre de la vague, contre sa planche ou contre le reef. Un traumatisme crânien peut entraîner un étourdissement, un rupture tympanique peut engendrer des vertiges sous l’eau (d’où l’intérêt de porter un casque !) mais il faudra quand même être capable de remonter  la surface sans inhaler d’eau pour éviter la noyade…

Certains surfeurs de grosses vagues travaillent plus spécifiquement leur apnée.

Pour simuler ces situations extrêmes, certains s’entraînent à marcher ou à courir avec une lourde pierre sous l’eau (voir vidéo ci-contre de la surfeuse sous l’eau avec un rocher dans la scène « underwater rock running » du film Blue Crush).

D’autres surfeurs s’astreignent à nager sous l’eau en situation d’hypoxie extrême.

Si vous voulez avoir confiance en vos capacités à tenir en apnée, rien ne vous empêche de vous inscrire dans un club.

Mais ce n’est pas indispensable selon la référence du big wave riding, Laird Hamilton, qui se refuse à travailler son apnée de manière artificielle. Quand on lui demande combien de temps il peut retenir sa respiration sous l’eau, il répond : « je ne veux pas le savoir. Tout ce que je sais, c’est que, pour le moment, j’ai pu la retenir suffisamment longtemps. »

Jeune femme s'entraînant à courir avec une pierre sous l'eau pendant le jeu télévisé de Koh-Lanta sur TF1 (underwater rock running)

Entraînement sous l'eau en courant avec un rocher - photo copyright TMK Tahiti

À retenir
Pour limiter les risques sous l'eau :
- surfez en bonne condition physique ;
- portez un casque ;
- gardez votre sang froid en toutes circonstances.

A propos de l'auteur :

Médecin, surfeur, auteur du livre Surf Thérapie. Adjoint au maire de Biarritz à l'Environnement, Qualité de Vie et Bien-Être.

 
 

Pas de commentaire

Soyez le premier à laisser un commentaire

Laisser un commentaire