Une nouvelle étude réalisée par 60 Millions de Consommateurs (avril 2013) en partenariat avec la Fondation France Libertés confirme que l’eau que nous buvons peut être contaminée par différents résidus de pesticides et de médicaments. Si les prélèvements d’eau du robinet effectués sont inquiétants, les résultats concernant les eaux en bouteille sont plutôt rassurants, même si certaines ne seraient pas totalement indemnes de contamination.

Sur les 10 prélèvements d’eau du robinet réalisés dans 3 départements (Seine-et-Marne, Ille-et-Vilaine et Haute-Vienne), 80% sont revenus positifs pour au moins un polluant. On a retrouvé de 1 à 4 pesticides dans 70% des eaux du robinet testées (atrazine et hydroxyatrazine, métolachlore, métazachlore, terbutylazine, tébutame). Ce qui rejoint les résultats publiés l’an dernier par l’UFC-Que Choisir qui alertait sur la contamination aux pesticides de l’eau du robinet de plus d’1 million de consommateurs français.

En ce qui concerne les eaux en bouteille, 37 échantillons sur 47 (78%) ne présentaient aucun des 85 polluants recherchés. Parmi les eaux en bouteille sans aucune trace de polluant, on retrouve les eaux minérales Evian, Contrex, Courmayer, Thonon, Montcalm, Wattwiller, les eaux minérales des marques Auchan, Carrefour, Leclerc et Leader Price, et les eaux minérales gazeuses Perrier, Badoit, San Pellegrino ou Quezac. 23 eaux de source en bouteille n’avaient également aucune trace de substance toxique.

Seules 10 références d’eau en bouteille présentaient des microtraces de polluants d’après 60 Millions de consommateurs. Parmi les eaux minérales testées positives: Hépar (buflomédil (médicament)), Volvic (atrazine), Vittel (hydroxyatrazine), Cora (atrazine), et l’eau de source Cristaline (de source Louise) avec de l’oxadixyl (pesticide).

Plus surprenant, du tamoxifène, qui est un traitement du cancer du sein, aurait été retrouvé dans la Saint Amand, la Mont Roucous, la St Yorre et La Salvetat, l’eau de source Carrefour Discount, ainsi que dans 3 prélèvements sur 10 d’eau du robinet.

Des toxicologues ont été interpellés par la présence de tamoxifène dans tous ces prélèvements et ont évoqué des « faux positifs ». Les résultats ont immédiatement été contestés par la Chambre Syndicale des Eaux Minérales Naturelles: une contre-expertise réalisée à sa demande par un laboratoire indépendant du CNRS à l’Université de Bordeaux a conclu à « l’absence de résidus médicamenteux dans les eaux minérales ». Le syndicat rajoute que les traces de pesticides retrouvées dans les eaux minérales le sont à des niveaux infinitésimaux et donc « parfaitement conformes à la réglementation ».

Source: Eau du robinet et en bouteille. Difficile d’échapper aux polluants. Patricia Chairopoulos, Anne-Laure Bequet (ingénieur). 60 Millions de Consommateurs n°481. Avril 2013. Pages 25-29.

A propos de l'auteur :

Médecin, surfeur, auteur du livre Surf Thérapie. Adjoint au maire de Biarritz à l'Environnement, Qualité de Vie et Bien-Être.

 

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13 Commentaires

  1. La liste des 85 molécules recherchées par 60 Millions de consommateurs:

    Phtalates : Diméthylphtalate (DMP), Di octylphtalate (DOP), Di 2-éthylhexylphtalate (DEHP), Butylbenzylphtalate (BBP), Di butylphtalate (DBP), Di isobutylphtalate (DIBP), Diéthylphtalate (DEP).

    Médicaments : Tamoxifene, Diclofenac, Tramadol, Ceftriaxone, Ciprofloxacin, Clarithromycin, Ofloxacine, Piperacillin, Pristinamycin IIA, Sulfamethoxazole, Trimethoprime, Sertraline, Prednisolone, Ketoprofen, Buflomedil, Cyamemazine, Furosemide, Bezafibrate, Atenolol, Losartan, Naftidrofuryl, Pravastatin, Carbamazepine, Oxazepam, Fluoxetine, Diosmin, Propanolol, Epoxycarbamazepine, Erythromycine, Fenofibric acid.

    Perturbateurs endocriniens (dont hormones utilisées dans un cadre médical) : Bisphenol A, Prednisone, Biochanine_A, Coumestrol, Daidzeine, Formononetine, Ethylhexyl diphenyl phosphate, Tributyl_phosphate, Triphenyl_phosphate, Tripropyl_phosphate, Tris(2-butoxyethyl)phosphate, Tris(2-chloroethyl)phosphate, Tris(2-chloroisopropyl)phosphate, Tris(2-ethylhexyl)_phosphate, Tris(dibromopropyl)phosphate, Progesterone, Testosterone, Levonorgestrel, Norethindrone.

    Pesticides : 2,4-D, 2,4-MCPA, Ametryne, Atrazine, Bentazone, Carbofuran, Chlortoluron, Cyanazine, Desethyl-terbuthylazine, Diflufenicanil, Dinoseb, Diuron, Hydroxyatrazine, Imidacloprid, Isoproturon, Linuron, MCPP, Metazachlore, Methabenzthiazuron, Metobromuron, Metolachlore, Metoxuron, Monolinuron, Oxadixyl, Piperonyl_butoxide, Prometon, Propazine, Sebuthylazine, Sebuthylazine-desethyl, Secbumeton, Simazine, Tebutame, Terbuthylazine, Terbutryne.

    • WILS Sonia dit :

      Quatre bouteilles achetées étaient polluées de particules noires moussant si la bouteille était secouée : Eau minérale recommandée par Rocheval vendue par ALDI, idem pour l’eau cristalline de la source Louise, j’ai fini par acheter un pack de bouteille de marque Contrex dès l’ouverture de la 1ère bouteille l’eau a noircie avec les mêmes poussières.
      Quelle eau faut-il boire de la naissance jusqu’à…..?

  2. bonjour,

    je ne sais pas si c’est pour autant une bonne nouvelle. Les eaux en bouteille sont donc hors d’atteinte des produits chimiques, une occasion pour les consommateurs qui peuvent se le permettre de se croire à l’abri de la pollution et donc de ne pas la combattre ou la dénoncer.

    L’étude de 60 millions, même si d’après cet article, a été présenté à l’envers en pointant du doigt la pollution, aura eu l’impact de parler de cette pollution hautement présente dans nos lacs, rivières, et spots de surf.

    Sans oublier le bilan carbone catastrophique résultant du transport et des emballages de ces eaux qui viennent de loin.

    • Kaas Elisabeth dit :

      Les consommateurs d’eau en bouteille ne se croient pas à l’abri de la pollution….ils savent bien qu’elle est partout et essayent simplement de minimiser les risques que se soit avec l’eau en bouteille, la préférence du bio autant que possible, la limitation de la consommation pharmaceutique….

  3. mat dit :

    deux laboratoires d’expertise trouvent des résultats différents, pollution < règlementation, super tout va bien!!!

  4. Dimaso dit :

    bonjour
    qu elle nom de leau faut il boire sans pesticide svpl !!! merci
    Salutations
    Mme Di maso

  5. Les professionnels des eaux minérales naturelles et des eaux de sources ont initié une démarche commune inédite pour établir un état des lieux complet de la qualité des eaux embouteillées en France. Pour la première fois, plus de 13000 analyses portant sur les polluants émergents ont été réalisées sur 40 marques d’eaux embouteillées en France représentant 70% du marché en volume (litres). La recherche a porté sur des molécules organiques réglementées (pesticides) et non-réglementées, afin d’évaluer l’efficacité des mesures de protection environnementale.

    La Fédération Nationale des Eaux Conditionnées et Embouteillées (FNECE), composée de la Chambre Syndicale des Eaux Minérales (CSEM) et du Syndicat des Eaux de Sources (SES), a confié au laboratoire de Physico et Toxico-Chimie de l’environnement (LPTC), qui est une équipe de recherche de l’unité mixte de recherche du CNRS et de l’Université de Bordeaux UMR EPOC 5805, et qui est reconnue dans l’analyse des nano-traces de molécules émergentes, une étude visant à évaluer l’efficacité des mesures de protection environnementale permettant de préserver la qualité des eaux embouteillées produites en
    France. Les résultats de l’étude confirment la très grande qualité de ces eaux naturelles.

    Avec l’essor des activités industrielles et agricoles a été observée la diffusion dans l’environnement de nouveaux composés qui ont notamment impacté les eaux de surface et des nappes phréatiques peu profondes. Face à cette évolution, bien qu’ils soient souvent déjà protégés par leurs gisements profonds et leur situation géographique protégée, les aquifères des eaux minérales naturelles et des eaux de sources ont fait l’objet d’une attention particulière de la part des professionnels. L’objet de l’étude du LPTC était d’établir une analyse complète de l’état de ces ressources dans le cadre des mesures de préservation déjà entreprises et de leur suivi régulier. En faisant appel à un laboratoire reconnu pour la robustesse de ses analyses, les professionnels entendent également approfondir les connaissances scientifiques dans un domaine de recherche encore peu exploré. L’étude du laboratoire de Bordeaux a porté sur 40 marques d’eaux embouteillées en France, qui représentent 70% en volume (litres) du marché français. Elle a été conduite par un des rares laboratoires français à être en capacité de descendre aussi bas dans les seuils d’analyse, au niveau du nano gramme (1ng = 10-9g), soit à un niveau de 10 à 100 fois plus bas que ce qui est fait habituellement par les laboratoires de contrôle.

    La recherche a porté sur 330 molécules : médicaments, hormones, pesticides et autres molécules liées aux activités humaines. Au total, plus de 13000 analyses ont été réalisées. En France et en Europe, seul le niveau des pesticides est réglementé. En élargissant la recherche à d’autres molécules organiques, la profession a voulu contribuer à une meilleure connaissance scientifique dans un domaine encore peu exploré.

    LES PRINCIPAUX RÉSULTATS :
    Toutes les analyses ont confirmé la conformité des eaux embouteillées à la réglementation. Les résultats de l’étude montrent également la très grande qualité de ces eaux protégées par leurs situations géologiques exceptionnelles ainsi que par les mesures de protection environnementale mises en œuvre par les professionnels pour préserver ces sources.

    • Aucune trace de médicaments ni d’hormones dans les eaux embouteillées sur les 172 médicaments et hormones recherchés.
    • Absence des composés recherchés dans 99,7 % des analyses réalisées.
    • 100 % des échantillons sont conformes en ce qui concerne les pesticides. Aucune trace n’a même été détectée dans 78 % des eaux en bouteille étudiées. Lorsque des nano-traces de pesticides ont pu être trouvées, elles sont toujours deux fois inférieures à la limite réglementaire. Ceci est essentiellement lié à des pratiques très anciennes et les niveaux sont infinitésimaux. Les concentrations trouvées sont ainsi en moyenne 10 fois plus basses que les concentrations que l’on observe dans les eaux souterraines peu protégées et l’eau potable. À titre d’exemple, ces valeurs sont également plus de 200 fois inférieures au seuil maximum admis pour les pesticides dans les produits alimentaires, y compris biologiques, généralement fixé à 10000 nanogrammes/kg par molécule en Europe.

    L’étude a montré que le travail de protection de la ressource en eau engagé par les professionnels des eaux minérales naturelles et des eaux de sources fait son œuvre. Elle a également montré la nécessité d’éviter d’introduire dans l’environnement de nouveaux composés persistants difficilement biodégradables. En effet, les eaux minérales naturelles et les eaux de sources sont embouteillées à l’état naturel pour préserver leurs caractéristiques exceptionnelles. Elles
    ne peuvent donc subir aucun traitement de désinfection et doivent être bien protégées en amont.

    Depuis plus de vingt ans, les professionnels ont développé de nombreuses mesures de protection des sources, ainsi que des territoires autour des sources, quelquefois sur plusieurs milliers d’hectares. Lorsque c’est nécessaire, des partenariats avec les acteurs locaux publics et privés, notamment les agriculteurs, permettent une exploitation raisonnée et durable de ces territoires. Les professionnels des eaux minérales naturelles et des eaux de sources
    continuent de poursuivre ces efforts préventifs en contribuant et incitant à limiter l’usage de composés persistants qui tendent à s’accumuler dans l’environnement.

    Source : Fédération Nationale des Eaux Conditionnées et Embouteillées / Paris, le 24 septembre 2015.

    • Delaroche dit :

      Bien sûr !!! AhAhAhAh!!!!! Je me marre

      • Narh dit :

        Effectivement, des résultats payés par un lobby extrêmement puissant, ça n’a pas de valeur si l’on reste sérieux, d’autant plus que les valeurs limite de l’UE sont de toutes façons très élevées (on devrait plutôt rapporter ces valeurs aux risques associés). C’est pourquoi l’enquête de 60 millions de consommateurs de 2013 n’est pas remise en cause. Sans garantie d’indépendance, on peut se moquer des résultats!

  6. si ce résultat est vrai, c’est vraiment une bonne nouvelle

  7. daver dit :

    Comme on ne trouve que ce que l’on recherche Pourquoi dans ces tests ne recherche- t- on pas les métaux lourds ?

    et en autre puisque on parle d’innocuité de certaines eaux et la pollution suite a tchernobyl ?? Dont les sols sont encore aujourdh’ui contaminé depuis 30ans les infiltrations dans les sources de la radioactivité On ne teste pas non plus la radioactivité de l’eau que l’on boit on n’en parle même pas !!!!

    Pour finaliser l’innocuité d’une eau ne dépend pas que de la bactériologie et des contaminants médicament,pesticides et nitrates A ce sujet jeter un oeil sur l’article de wikipédia
    Comme on ne trouve dans les analyses que ce que l’on cherche si on ne cherche ni les métaux lourds ni la radioactivité et autres Il est un peu ABUSIF de laisser croire qu’une eau est saine avec des analyses partielles et incomplètes On dira que c’est de la désinformation par ignorance puisque au royaume des aveugles les borgnes sont rois !! Il en va de même quand votre mèdecin vous fait une analyse de sang et que le résultat vous dit que tout vabien Oui sauf que ce n’est que les ingrédients demandés qui vont bien pas tout
    Ainsi les gens croient que si une analyse de sang est  » bonne » ils n’ont rien !!!
    Et bien sur personne ne vient les éduquer a comprendre que l’on ne trouve que ce que l’on cherche si je ne cherche pas le une hépatite B et que le medecin ne demande que les tests pour une hepatite C Je serais rassuré et pourtant il se peut que j’ai une hepatite C Je ne comprendrais pas pourquoi je suis toujours aussi malde persuadé que j’ai rien puisque les résultats hepatite sont négatifs
    ON NE TROUVE DANS UNE ANALYSE QUE CE QUE L ON CHERCHE RIEN de PLUS !!!!!
    A bon entendeur pensez y la prochaine fois qu’on vous soumet des résultats d’analyse impeccables

    4 Pollution chimique

    4.1 Pollution par les nitrates
    4.2 Pollution par les phosphates
    4.3 Pollution par les médicaments
    4.4 Pollution par les métaux lourds
    4.5 Pollution par les PCB
    4.6 Pollution par les hydrocarbures
    4.7 Drainage minier acide
    4.8 Déchets plastiques
    4.9 Pollutions radioactives
    4.10 Autres pollutions

  8. claire dit :

    Alors un grand merci car je vais pouvoir changer d’eau même si ces traces de polluants sont infimes je buvais de la Volvic et je vais donc changer pour privilégier une eau comme l’evian.

  9. emeraude dit :

    Bonjour. Pour faire simple je cherche les marques des eaux de source propres enfin les plus propre.
    Merci

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