C’est la grande mode des boat trips entre potes. Nombreux sont les surfeurs à rêver de ce genre de surf trip pour profiter au maximum des vagues, en Indonésie notamment. Pourtant, la réalité du boat trip n’est pas toujours rose au niveau de l’expérience vécue et de l’impact environnemental. Certains en reviennent parfois déçus voire frustrés quand ils voient débarquer plusieurs autres bateaux sur leur spot de rêve… Finalement le boat trip est-il un si bon plan ? Gauthier Le Men nous livre sa vision des choses et nous invite à redécouvrir le surf trip en Indonésie autrement par voie terrestre.

Le boat trip, un choix pas si éco-logique ?

Avez-vous déjà rêvé de partir en boat trip surfer les plus belles vagues de votre vie ? Votre rêve s’accorde-t-il avec la réalité ?

Tout d’abord, peut-être l’avez-vous déjà vécu, la vie sur un bateau pendant dix jours implique une bonne entente avec le reste du groupe. On se sent ainsi vite « enfermé » avec des personnes dont les caractères et les comportements ne correspondent pas forcément aux vôtres.

Vous risquez ainsi de vous retrouver, seul ou en petit nombre, entouré d’un groupes de fêtards, chargeurs, buveurs de bières, et pas très discrets, loin d’un mode de vie plus calme qui vous aurait permis d’apprécier pleinement vos journées de surf. Si vous voulez vous coucher tôt le soir pour profiter d’un lendemain plein de belles vagues et que les autres font la fête jusqu’à deux heures du matin, vous serez vite excédés et peu enclins au dialogue et au partage… Cela peut vite gâcher un trip à 200 euros la journée, prix moyen d’un boat trip aux Mentawais par exemple.

Lire aussi : – Comment prévenir le mal de mer en bateau ?

De plus, vous ne pouvez choisir vos spots en boat trip, puisque le choix est imposé par la majorité et le capitaine du bateau. Ainsi, si vous avez un niveau différent du reste du groupe, vous devrez « subir » le fait de surfer des vagues inadaptées à votre niveau. Vous pouvez vous retrouver sur des vagues molles alors que vous recherchez du barrel ou, à l’inverse, sur des vagues trop engagées par rapport à votre niveau.

Si vous vous retrouvez avec un groupe d’un meilleur niveau, vous regarderez les meilleurs se mettre les « barrels de leur vie » depuis l’épaule de la vague. Vous aurez peu de chance de trouver la vague de votre vie puisque les autres membres du trip partiront toujours plus à l’intérieur que vous du fait de leur niveau.

Le côté éthique du boat trip est assez problématique.

Au niveau environnemental tout d’abord. Combien de fois ai-je entendu des gens partis en boat trip ou travaillant sur des bateaux me raconter comment l’équipage balance les déchets par-dessus bord pendant la nuit… C’est une pratique très développée. Et vu le nombre de bateaux sur zone aux Mentawais par exemple, on peut imaginer le volume d’ordures généré et directement reversé dans l’océan chaque année par cette activité.

Le côté consommation pure de vagues est un autre aspect gênant du boat trip. Ainsi les surfeurs, avides de vagues, vont surfer au maximum certes mais passeront à côté de nombreux aspects du voyage que sont la découverte d’autres milieux et d’autres cultures. Les surfeurs n’ont aucun contact avec les populations locales, lesquelles ne bénéficient d’aucune retombée économique ou sociale de cette activité touristique. En effet les bateaux s’approvisionnent majoritairement dans les grands ports de départ des trips et n’achètent rien ou presque aux locaux qui n’ont donc aucune retombée économique. L’échange culturel est quasi inexistant sur ces bateaux qui accostent très rarement dans les zones prospectées.

En conclusion, le boat trip est à l’image de notre temps, un moyen de prendre un maximum de vagues en un minimum de temps mais qui néglige de nombreux aspects essentiels du voyage et du surf trip classique « à terre ». Dans ce cas, autant aller surfer une piscine à vagues telle que le surf ranch… Vous aurez des vagues parfaites assurées dans un laps de temps défini !

Aloha et bon surf.

A propos de l’auteur

Bonjour je m’appelle Gauthier Le Men. Passionné d’océan et de nature depuis mon enfance, je suis très vite « tombé accro » aux sports de glisse. La voile et le windsurf d’abord à 6 ans puis le bodyboard, le bodysurf, le longboard, le surf, le kayak, le surf-ski, bref à peu près tout ce qui glisse sur l’eau. La Bretagne, d’où je suis natif, est un endroit fabuleux pour cela mais il y fait un peu froid… Surtout lors des bonnes conditions hivernales. C’est donc en bon breton que j’ai commencé à triper avec mon surf qui est de loin l’engin le plus simple à transporter. J’ai découvert l’Indonésie il y a 15 ans et me suis focalisé sur cette partie du monde magnifique au potentiel de vagues infini. J’ai fini par m’y installer il y a quatre ans sur une île où les vagues parfaites déroulant sans personne dans l’eau chaude ne sont pas un rêve. J’y ai monté mon écolodge au bord d’une petite plage de sable blanc dans un endroit encore très préservé du tourisme de masse, où la nature est prédominante et qui est une bonne base pour un surf trip en Indonésie sur l’île paradisiaque de Simeulue.

kita surf resort

Lire aussi : – Y a-t-il des risques de paludisme en boat trip ?

A propos de l'auteur :

Surf Prevention est le site sur le Surf, la Sécurité, la Santé et l'Environnement.

 

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1 commentaire

  1. sam étonnerait dit :

    PAS D’ACCORD!!!!!!!!
    Le mal de mer est écologique puisqu’il nourrit les poissons naturellement.
    Les poubelles jetées à la mer vs à terre ….pour finir à l’eau de toute façons ( voir Bali qui est devenue une décharge à ciel ouvert), on peut en discuter.
    Quand à l’argument foireux de l’isolement culturel….ah ah ah je me marre.
    Confiner des surfeurs chargés de testostérone à bord , évite non seulement aux autochtones de subir les ravages du tourisme de masse mais permet aussi à quelques jeunes filles souvent mineures de ne pas être tentées de se prostituer pour satisfaire les pulsions de ces messieurs.
    Et pour ce qui est du non partage des vagues. Pas besoin d’un boat trip pour se confronter à toutes sortes de TDC au pic

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