Sommes-nous plus exposés à des problèmes de santé quand on vit dans une grande ville éloignée de la mer que lorsqu’on habite dans une petite station balnéaire au bord de l’océan ? Je le crois et je suis persuadé que la condition sine qua non pour vivre en bonne santé est d’habiter dans un environnement favorable.

Il existe néanmoins des grandes villes à l’intérieur des terres et des grandes villes au bord de la mer comme Sydney en Australie, San Diego en Californie ou Saint-Sebastien au Pays Basque. L’Organisation Mondiale de la Santé rappelle que les milieux urbains ont un impact direct sur la santé des populations qui y habitent.  Pour toutes les villes, le souci majeur devrait être d’intégrer les impératifs de santé et de sécurité des populations dans leurs plans d’urbanisme comme le rappelle l’OMS.

Sydney en Australie est l'une des plus belles villes du monde au bord de la mer.

À l’occasion de la Journée mondiale de la Santé, l’OMS lance une campagne qui souligne le lien crucial entre les plans d’urbanisme et la santé des populations au 21ème siècle.

L’Organisation appelle en particulier les autorités municipales, les habitants concernés, les défenseurs de la vie saine et d’autres à examiner de plus près les inégalités dans les villes et à prendre des mesures.

Le monde s’urbanise rapidement, ce qui s’accompagne d’une évolution importante des niveaux de vie, des modes de vie, des comportements sociaux et de la santé. Si, il y a 30 ans, 4 personnes sur 10 vivaient dans les villes, la proportion des citadins atteindra 7 sur 10 en 2050.

« En général, les populations urbaines s’en tirent mieux que les populations rurales. Elles tendent à avoir un meilleur accès aux services sociaux, aux services de santé et leur espérance de vie est plus longue. Mais les villes concentrent aussi les menaces pour la santé, comme l’insuffisance de l’assainissement et de la collecte des déchets, la pollution, les accidents de la circulation, les épidémies de maladies infectieuses et les habitudes de vie malsaines », a déclaré le Dr Margaret Chan, Directeur général de l’OMS.

De nombreuses villes sont confrontées à une triple menace : les maladies infectieuses qui prolifèrent avec l’entassement des populations ; les maladies chroniques non transmissibles dont le diabète, les cancers et les cardiopathies, qui augmentent avec des habitudes de vie malsaines comme le tabagisme, la mauvaise alimentation, la sédentarité et la consommation nocive d’alcool; les accidents de la circulation, les traumatismes, la violence et la criminalité qui, souvent, obèrent la santé en milieu urbain.

Malgré ces difficultés, les villes apportent aussi des opportunités. Cinq mesures augmenteront sensiblement la possibilité pour les populations citadines de profiter de meilleures conditions de vie :

– la promotion des plans d’urbanisme pour des comportements sains et la sécurité ;

– l’amélioration des conditions de vie en milieu urbain ;

– une gouvernance participative ;

– la construction de villes ouvertes à tous, accessibles et adaptées aux personnes âgées ;

– la résilience des villes aux catastrophes et aux situations d’urgence.

« La diversité des questions de santé dans les villes et de leurs déterminants suppose des politiques et des mesures coordonnées entre de multiples secteurs, dont l’environnement, le transport, l’éducation, les parcs, les loisirs et l’urbanisme, estime le Dr Ala Alwan, WHO Sous-Directeur général pour Maladies non transmissibles et santé mentale. Nous sommes à un tournant décisif de notre histoire où nous pouvons apporter un réel changement. »

Des politiques et mesures coordonnées sont également nécessaires pour résoudre les circonstances sous-jacentes aux principaux problèmes de santé dans les villes de nos jours. Par exemple, la pollution atmosphérique en milieu urbain tue quelque 1,2 million de personnes dans le monde.

Les accidents de la circulation concernant les enfants sont une grande préoccupation en milieu urbain. À l’échelle mondiale, ils sont la première cause de mortalité chez les jeunes de 15 à 24 ans et la deuxième cause de mortalité dans la tranche d’âge entre 10 et 14 ans.

Dans de nombreux cas, les municipalités n’arrivent pas à absorber le rythme de la croissance démographique et à construire les infrastructures indispensables à la sécurité et à la salubrité des conditions de vie en milieu urbain et il y a alors une prolifération des implantations sauvages et des habitations de fortune. Dans les pays développés, mais encore plus dans ceux en développement, l’urbanisation s’accompagne d’une concentration de la pauvreté. On estime qu’aujourd’hui, un citadin sur trois, soit près d’un milliard de personnes, vit dans des bidonvilles ou des implantations sauvages, un signal incitant à prendre des mesures urgentes pour répondre à leurs besoins.

Dans le cadre de la Journée mondiale de la Santé 2010, plus de 1300 villes dans le monde ont organisé des manifestations sur le thème de la santé. L’OMS continuera d’attirer l’attention sur le thème de la santé urbaine tout au long de l’année avec, comme point culminant, le Forum mondial sur l’urbanisation et la santé qui doit avoir lieu à Kobe (Japon) en novembre cette année et où les dirigeants municipaux et nationaux feront une déclaration pour promouvoir la santé dans les villes. Cette année également, l’OMS et ONU-HABITAT publieront un rapport complet sur les inégalités sanitaires en milieu urbain et sur les moyens d’y mettre fin.

Plus d’infos : http://www.who.int/world-health-day/en/index.html

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2 Commentaires

  1. Mat dit :

    Sommes-nous plus exposés à des problèmes de santé quand on vit dans une grande ville éloignée de la mer que lorsqu’on habite dans une petite station balnéaire au bord de l’océan ? Je le crois et je suis persuadé que la condition sine qua non pour vivre en bonne santé est d’habiter dans un environnement favorable.

    Quelle vision manichéenne !
    Moi plage, mer, gentil – eux, ville, méchants, vilains !
    Restreindre la santé à une vision purement médicale n'est il pas limité ? Ne doit on pas prendre en compte des facteurs plus sociétaux comme l'accès à la culture, aux transports, aux soins, les relations inter-générationelles, amicales, la possibilité d'exercer un travail épanouissant pour définir la qualité de vie d'un endroit et son impact sur le bien être.
    Je connais des gens malheureux, dépressifs, drogués, alcooliques et inintéressants qui vivent dans des villages proches de la mer (j'y habite !!!) aussi bien que des gens brillants et en parfaite santé dans des villes bien plus éloignées !!
    Qu'est ce qu'une grande ville ? Peut on comparer un village et une mégapole ou plutôt devrait on comparer les espaces de vie du quotidien comme un quartier dans une ville avec ses commerces et ses commerçants, ses voisins et ses amis. J'ai fait mes études à la capitale, j'y ai rencontré des gens, si si…

    Qu'est ce qu'une petite station balnéaire au bord de l’océan ? On parle bien des zones ou les forêts ont été rasées pour y construire des barres de béton moches ou les fenêtres restent closes 10 mois sur 12, ou il faut sa voiture polluante et couteuse (sauf pour l'Etat et l'Industrie) pour aller faire ses courses, aller au travail, cherhcer ses enfants? Des villages ou les commerces n'ouvrent qu'en saison dans le seul but de s'enrichir sur le dos des classes moyennes qu'elles méprisent par ailleurs, des lieux ou les jeunes ne peuvent s'installer car les prix sont aussi élevés que l'emploi limité ?

    Habiter dans un environnement favorable ? Une définition qui appartiendra à chacun en fonction de son histoire et de ses aspirations mais aussi de ses capacités à transformer son destin.
    Aujourd'hui votre bonheur d'être à la plage vous est conféré aussi, pas seulement je vou sl'accorde, par le bonheur que vous avez eu d'accéder à l'éducation et (certainement) à la chance d'avoir eu une famille qui vous a soutenu moralement et financièrement.

    (…)vivre en bonne santé c'est d’habiter dans un environnement favorable.
    Oui, c'est vrai, je dirai même que pour vivre en bonne santé il faut habiter loin d'une zone de guerre, de famine, de tremblement de terre,…Franchement, on vous a connu plus incisif !!

    Bref, je me calme, je m'excuse mais je suis assez fan de votre site que je recommende chaudement mais je suis assez deçu de vous voir verser dans la facilité du propos et la suffisance de sa condition privilégiée dans le monde.

    Amicalement
    Mat, un gars des Landes

    Quitte à pousser votre raisonnement à fond. Pourquoi la misère dans le monde existe alors que 80% de l'humanité dont vous voulez le bien vit déjà au bord de la mer ?

  2. Guillaume dit :

    Merci Mat pour ton commentaire. J'ai été maladroit dans mon introduction en faisant l'amalgame entre urbanisation et le fait de vivre ou non près de la mer.

    Le sujet central de cet article est l'urbanisation. Plus une ville se développe, plus la population se retrouve exposée à des problèmes potentiels pour sa santé physique et mentale. Mais elle a aussi plus de moyens pour y faire face si elle sait s'organiser. Quand l'OMS parle des villes, elle ne parle pas que de nos grandes villes françaises mais également de mégalopoles comme Mexico, Sao Paulo, Bangkok…

    La population va de plus en plus se concentrer dans des villes. On le voit même en France où les campagnes se désertifient au profit des aires urbaines et péri-urbaines. Dans le même temps, la population se rapproche des côtes. Cela va poser des problèmes environnementaux qu'il faut anticiper mais il faut aussi penser à la santé des gens.

    Je reste persuadé que le bord de mer est un environnement privilégié pour vivre en bonne santé. C'est le postulat de base de mon prochain bouquin "Surf Thérapie". Ce dont je me suis rendu compte en écrivant les articles sur le blog, c'est qu'il est difficile de vivre sur la côte. Il faudrait totalement repenser le "modèle économique" des stations balnéaires "où les fenêtres restent closes 10 mois sur 12" comme tu le soulignes si justement Mat pour que ces villages de bord de mer redeviennent des centres de vie pour les jeunes, les familles… à l'année.

    Etre en bonne santé selon l'OMS, c'est atteindre un état de bien-être physique, mental…et social ! Le bien-être social est peut-être le plus difficile à atteindre sur nos côtes françaises en 2010. Prix de l'immobilier prohibitifs, difficultés pour trouver un emploi stable, accès plus limité à la culture…Le résultat, c'est qu'il y a effectivement beaucoup de jeunes gens qui sont malheureux alors qu'ils habitent toute l'année à Hossegor, Anglet, Saint-Jean-de-Luz…parce qu'ils s'y ennuient et qu'on ne leur donne pas les moyens de s'y épanouir.

    Le bien-être social est une composante essentielle de notre santé.

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