Sans prendre parti, si ce n’est pour la prise en compte des risques encourus par les surfeurs et la nécessité de mettre en place des mesures de prévention des attaques de requin, Surf Prevention.com continue de donner la parole à des spécialistes directement confrontés à la problématique du « risque requins » à la Réunion ravivée par le décès tragique du bodyboarder Eddy Aubert à Boucan.

On entend s’exprimer dans la vidéo Youtube ci-dessous le Dr Fanch Landron, président de l’association Squal’Idées, qui donne la priorité à la protection des requins et Jean-François Nativel, pêcheur et surfeur, qui milite pour que des mesures plus énergiques soient prises pour protéger les surfeurs en première ligne à la Réunion face aux attaques. Dans cet article, Renaud Daron, surfeur à la Réunion, journaliste et juriste donne son ressenti sur la situation et dit tout haut ce que beaucoup de surfeurs pensent tout bas :

« Avant-hier, dimanche 20 juin. Comme plein d’autres dimanches, nous sommes allés pique-niquer en famille et entre amis à Ti’Boucan, sur la côte Ouest de la Réunion. Un lieu idéal où glandouiller autour d’un carry ou d’une bonne salade. Une petite plage de rêve, avec ses filaos, son sable blanc, son eau turquoise et ses petites gauches super funs qui cassent tout près du rivage. On en aurait presque oublié qu’à peine quelques jours avant, un bodyboarder habitué des lieux s’était littéralement fait dévorer par un ou plusieurs requin(s) avant que son corps mutilé et sans vie ne soit ramené sur la terre ferme par David Huet (alias Rasta), un bodyboarder emblématique de la Réunion, également présent à l’eau ce soir-là. Seule trace de l’attaque sur la plage, des fleurs et un bodyboard déposés sur la plage, en face du pic, là où le malheureux Eddy Aubert, 31 ans, a laissé la vie en attendant sûrement la fameuse « dernière vague avant de sortir de l’eau ». Cette dernière vague ne vint jamais.

Sensationnalisme et politique de l’autruche : on ne change rien !

A quelques mètres de là, les naïades se dorent la fesse comme si de rien n’était. Circulez, y’ a rien à voir. Ni à croquer d’ailleurs car malgré un bon mètre offshore, personne à l’eau. Au loin vers le Nord, on aperçoit le poste de secours de la plage principale de Boucan, la flamme y est orange : l’arrêté municipal interdisant baignade et activités nautiques a dû être levé.

Et là, on se dit que ça y est, qu’on est reparti pour un tour jusqu’à la prochaine attaque. Laquelle ne manquera pas de défrayer la chronique locale, à coup de slogans et de photomontages anxiogènes en première page de la PQR. On ouvrira le Quotidien ou le JIR (journal de l’ïle) et on lira le même article qu’on lit depuis toujours, avec rappel des consignes de sécurité et catalogue des attaques sur les 10, 20 ou 30 dernières années. Les mêmes « experts » seront appelés à produire les mêmes témoignages et la conclusion sera la même que d’habitude : les surfers se font bouffer parce qu’ils ne respectent pas les règles. Les requins sont nos amis et il faut les protéger. Il n’existe pas de risque zéro etc.

Pour le coup, il est incontestable que le soir où Eddy perdit la vie, les conditions étaient réunies pour une attaque : de l’eau troublée par les fortes pluies de la veille, un surf au coucher du soleil et une victime isolée de ses congénères. De là à dire qu’Eddy Aubert l’a bien cherché, il n’y a qu’un pas que de nombreux internautes ont franchi dans les commentaires pas toujours compassionnels qui ont fleuri sous les articles des web-journaux locaux (Zinfos974, Clicanoo etc…). DONC : le problème, c’est les surfers. Et à ce titre, il ne faut surtout rien changer aux politiques publiques : sur les plages, pas de panneaux avertissant du risque encouru et exposant la conduite à tenir pour minimiser le danger, pas de velléité d’installation de filets, de drum-lines, pas de patrouilles de lifeguards et surtout pas de prélèvement de bébêtes un peu trop sédentarisées près du rivage, ni d’études sur les requins et leur comportement… RIEN. Continuons comme avant, puisque les requins n’y sont pour rien-qu’on vous dit-et qu’il faut les protéger, ces adorables créatures tellement indispensables à l’équilibre de l’écosystème marin !

Car, tout écolo que l’on est (et les surfers le sont généralement), on est en droit de se poser la question suivante : la vie d’un requin bouledogue ou tigre, voire d’une patate de corail, vaut-elle plus que celle d’un surfer, qui est, rappelons-le tout de même, un être humain ? Parce que des sorties indignées quand quelques surfers ont pris l’initiative de pêcher un bouledogue agressif qu’ils pensaient responsable de la mutilation d’ un touriste en février dernier, il y en a eu plein. On a crié à la barbarie, à la vengeance primaire et le protagoniste principal de cette expédition punitive (préventive ?) serait même en proie à moult tracasseries officielles.

Cette politique de l’autruche conduite par les pouvoirs publics, c’est un grand classique de la vie publique réunionnaise. Ici, on croit à la fatalité, ce qui est commode : ce n’est pas fatigant et c’est économique. Faudrait-il que le fils ou la fille d’un de nos caciques locaux se fassent grailler un membre pour que les choses évoluent ? Même pas sûr. Car à la Réunion, on fait passer les vessies pour des lanternes comme on enfile les perles d’une actualité qui se répète à l’envi. Exemple frappant : le chikungunya, qui n’est rien d’autre qu’un scandale sanitaire dû à l’absence de lutte anti-vectorielle avant l’épidémie (une hérésie en zone tropicale)… Qu’on a présenté à l’opinion publique comme une catastrophe naturelle !

Ce qui est pour le moins paradoxal, c’est qu’à la Réunion, les institutions et les médias ne se gênent pas pour communiquer autour de leurs champions de surf et relayer leurs exploits comme peu de régions en France. D’ailleurs, dans la même édition du JIR que celle ayant relaté l’attaque mortelle d’Eddy Aubert, on vantait non sans fierté les mérites de la St Leusienne Cannelle Bullard, nouvelle championne du monde junior ISA. Ce qui est une très bonne chose, mais qui sonne bizarre quand on sait qu’à l’inverse des autres « nations  » du surf mondial concernées par les attaques de squales, à la Réunion, on ne fait rien de chez rien pour protéger la « ressource surfers ». Qu’ils ramènent des médailles et se taisent, les surfers. Qu’ils se fassent bouffer, mais en silence, ça pourrait effrayer les (rares) touristes !

Le problème des statistiques : regarder la réalité en face

Tronquées voire truquées. Étonnant : dans la presse, on trouve presque toujours un classement international de la dangerosité des côtes en valeur absolue, ce qui permet à la Réunion de ne pas figurer en tête des eaux les plus infestées de requins « croqueurs » d’hommes. Ça permet de se dire que, finalement, l’Australie, l’Afrique du Sud ou encore la Californie, avec à peine plus d’attaques recensées sur leurs spots chaque année qu’à la Réunion, sont plus mal loties que nous. Or, point besoin d’être statisticien à l’INSEE pour comprendre que ces chiffres ne veulent rien dire si on ne les ramène pas à la population vivant sur ces rivages ! Voire, si on ne les ramène pas à la population de surfers à l’année sur un littoral donné… Or, si l’on établit un ratio entre le nombre annuel d’attaques et le nombre d’habitants, la Réunion arrive en 2ème position mondiale, derrière Hawaii ! Et si l’on considère qu’à Hawaii, presque tout le monde surfe toute l’année et qu’à la Réunion, presque personne ne surfe à l’année en comparaison (peut-être un, deux ou trois milliers de surfers réguliers sur plus de 800.000 habitants), on en arrive à une belle première place mondiale, et de très loin. La Réunion est ainsi l’endroit où l’on peut se faire goûter le plus facilement du monde. Et de surcroît, la Réunion est l’endroit où l’on peut mourir d’une attaque de requin avec la plus grande aisance, puisque nous détenons le record mondial de mortalité des attaques (il serait intéressant de se demander pourquoi).

Alors, aujourd’hui, il semblerait que l’IRT (Institut Réunionnais du Tourisme) ait décidé de se pencher sur  une étude de l’IFREMER qui traite de la gestion du risque requin à la Réunion. Cette étude, initialement commandée par la mairie de Saint Paul, a été exhumée par les pêcheurs St Gillois qui ont capturé un bouledogue jugé agressif peu après l’attaque de février dernier. Laquelle étude date tout de même de 1997 et avait, sans doute pour les raisons évoquées plus haut, était sacrifiée sur l’autel de la politique de l’autruche, endémique à Bourbon.

Que dit ce rapport ?

Que des mesures (vraisemblablement l’installation de palangres de surface dits drum-lines) doivent être prises rapidement mais que des études en amont doivent être réalisées, notamment sur la question de savoir si les attaques sont plus le fait de requins pélagiques ou sont dues à des « résidents » comme les bouledogues. Or, l’on sait qu’une grande partie, sinon la moitié des attaques, sont à la Réunion le fait de requins bouledogues, bestiaux sédentaires extrêmement agressifs et peu farouches.

On sait aussi qu’après l’attaque de mars dernier (Trois Roches, Saint-Gilles, Ouest), des surfers-pêcheurs sous-marins aguerris dont l’ancien champion de bodyboard Jean-François Nativel, avaient pris l’initiative de chasser un requin bouledogue sédentaire qui était, selon leur expérience locale, possiblement responsable de l’attaque ayant coûté une jambe à un surfer en vacances. La capture se fît de nuit et à l’extérieur de la réserve marine. Ces spécialistes de la mer ne purent pas prouver que le bouledogue capturé et tué était bien le responsable de l’attaque, car l’estomac du squale se révéla complètement vide. Une explication pourrait venir du fait que la lutte de plusieurs heures menée par le requin lors de sa capture ait entraîné la régurgitation par le squale de tout le contenu de son estomac (la bonite utilisée comme appât a disparu)…

Quand la pensée unique confisque tout débat

Après lecture du rapport de l’IFREMER, on perçoit différemment l’expédition, certes un peu « cow-boy », de ceux qui ont pu être présentés comme les affreux vengeurs de Saint-Gilles. Car d’après les études sur la gestion du risque requin mentionnées dans ce rapport, il serait utile d’effectuer des prélèvements sur certaines populations de requins sédentaires et dangereux comme notre ami le bouledogue. Manifestement, nos spécialistes péi des requins, ceux qui s’étendent à longueur d’articles sur l’impérieuse nécessité de protéger les espèces de requin menacées d’extinction, sont peu sensibles à l’extinction d’une espèce certes moins noble… les surfers… et les touristes ! Car cette étude, qui ne va pas dans le sens de leurs préconisations (on ne touche pas au moindre requin), ils se sont bien gardés d’en mentionner l’existence. Tromperie de l’opinion publique ? Présenter une thèse comme une vérité unique et absolue alors que cette dernière est contredite par des points de vue au moins aussi éclairés (le Natal Shark Board par exemple), cela s’appelle de la désinformation et selon toute vraisemblance, on n’a pas fait son boulot non plus du côté des journalistes (et je m’inclus dans ces journalistes qui ont gobé en bloc les idées de ces experts).

Et là, je dois reconnaître qu’après m’être montré dans un premier temps très dubitatif sur l’intérêt du « prélèvement » réalisé par nos amis St Gillois, leur initiative m’est apparue ensuite beaucoup moins « primaire » et idiote que les défenseurs des requins ne l’avaient présentée. Ceci dit, il faut se garder de rejeter en bloc tous les arguments développés par ces défenseurs et ne pas passer d’une extrémité à une autre.

Alors oui, ces experts amoureux des squales n’ont pas tort quand ils affirment la nécessité de préserver les requins, y compris les plus dangereux d’entre eux comme le tigre et le bouledogue. Ces sympathiques animaux sont en effet indispensables à l’équilibre de la chaîne alimentaire.

Oui, ils ont raison d’insister sur le volet préventif car trop de surfers prennent des risques inconsidérés voire se la jouent « trompe-la-mort » en surfant n’importe quand et n’importe où.

Oui, il faut bien mesurer l’impact sur les autres espèces marines telles que tortues, dauphins etc. si on décidait d’installer des filets maillants et/ou des drum-lines.

Mais : il est surréaliste de placer la protection d’animaux au-dessus de l’impératif absolu que doit être la préservation de la vie des surfers et des autres usagers de l’Océan. C’est absolument contre-nature et témoigne d’une indifférence voire d’un mépris pour les victimes d’attaques. « On ne fait pas d’omelette sans casser d’œufs », dit le proverbe populaire : n’est-il pas préférable de sacrifier quelques animaux marins pour assurer une meilleure sécurité des usagers de la mer ?

Jusqu’à présent, les autorités locales ont préféré le sacrifice de surfers. Cependant, puisque des débats à la télé ont été organisés autour de ces attaques et de l’intervention manu militari relatée plus haut et que l’IRT semble s’être saisie de cette affaire, peut-être sommes-nous face à un début de prise en compte  par  les pouvoirs publics du risque requin et de sa gestion au quotidien. Ce qui pour une île à vocation touristique n’est pas superflu.

Peut-être également que cet énième drame saura ramener les uns et les autres à plus de mesure et faire comprendre que ce qui se fait partout ailleurs en terme de protection des populations humaines contre les requins n’est pas une ineptie ni un comportement anti-écologique mais une simple mesure de bon sens qui témoigne du respect de la vie… humaine. L’écologie, on est tous pour, sauf quand elle dégénère en intégrisme.

Toutes nos pensées vont à la famille d’Eddy Aubert. »

Renaud D.

A propos de l'auteur :

Surf Prevention est le site sur le Surf, la Sécurité, la Santé et l'Environnement.

 

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20 Commentaires

  1. UKnowWho dit :

    Article intéressant, constructif et bien structuré. Totalement d'accord avec le fait qu'il est grand temps que les pouvoirs publics réagissent. Je trouve ça étonnant que l'IRT ne s'alarme que maintenant que les attaques de requins à la Réunion soient une presse relativement mauvaise. Je suis cependant pas sur que s'appuyer sur une étude de l'Ifremer vieille de 10 ans soit une solution (l'Ifremer est un organisme d'état financé à majeure partie par le ministère pour des actions en faveur de l’intérêt du ministère … autant dire que les problématiques locales sont pas vraiment des priorités).
    La véritable solution consisterait à trouver suffisamment de fonds pour mener des études dignes de ce nom sur la Réunion. Après soyons réaliste, tout dans ce monde a un prix, ce genre d'études aussi. Qui filerait du pognon pour ça ? Probablement personne ( et oui il ne s'agit pas de vendre des 4×4 ici ), le seul & maigre espoir réside dans le fait qu'une attaque de requin est très impopulaire & nuit gravement au tourisme. Hors le tourisme est une priorité fixée par la région par le biais de l'IRT. En espérant simplement que ces 'professionnels' fassent des choix un peu plus judicieux en s'adressant aux acteurs locaux qui sont vraiment concernés par ces enjeux ( et dieu sait qu'il y en a un bon paquet ici ).
    Au delà de ça, à la phrase "la vie d’un requin bouledogue ou tigre, voire d’une patate de corail, vaut-elle plus que celle d’un surfer, qui est, rappelons-le tout de même, un être humain ?". La réponse est oui, je pense. L'individualisme de l'être humain et son expansion incontrôlée le mènera de toute façon dans le mur. C'est par vraiment de notre faute et je vois pas l’intérêt de stigmatiser puisque c'est dans la nature humaine. On est juste pas fait pour durer. Je pense que sur le terme, ça vaut plus le coup de privilégier les espèces pérennes. Même si elles ont pas inventé le CAC40 ou l'iPad …

  2. Julo dit :

    Bon…
    C'est marrant mais je suis en train de regarder de l'escalade à la télé (oui je glandouille) et je me dit que le boug devrait se tailler de bonnes prises plutôt que de galérer comme un con ! C'est vrai quoi c'est qu'un bout de rocher et lui il veut s'éclater !
    Donc sous prétexte que nous sommes humains et qu'on à envie de jouer ( surfer dans ce cas) on devrait vite faire place net ! On devrait aussi penser à poncer le récif et virer de la les moules et les oursins parce que ça irrite quand on tombe dessus. Et installer un système de navette pour remonter au pic c'est fatiguant.

    Merde on est pas des moutons affublés d'une cervelle de poisson rouge quand même ! ( Si ??) Il n'est pas question de faire le procès des surfers, bodyboarder etc.. on sait à peu près tous qu'on peu se retrouver en galère si on est pas vigilant ( état du matériel, taille des vagues, courants, forme physique, voisins de session, falaises, rochers, bateaux, requins etc…) mais faut-il vraiment qu'on nous tienne la main partout et tout le temps ?
    Si le requin est là c'est qu'il a quelque chose à y faire (il vit là) . Nous on est là pour s'amuser et c'est un pure bonheur ! Dans la video ils prennent comme exemple l'Afrique du sud (cool j'ai eu la chance d'y aller) j'y ai vu des panneaux indiquant les rencontres possibles, des systèmes de drapeaux dédies au risque requin (pas les flammes qui mélangent la qualité bactériologique de l'eau et l'état de la mer vis a vis du risque de baignade) et ça se passe… Bien sur il y a quelques accidents et c'est tout autant malheureux. A la Reunion, RIEN, il n'y a des requins qu'une a deux fois dans l'année lors des accidents c'est bien connu… Mais des panneaux pour les oursins, les poissons Pierre, la protection des coraux oui (dédicace au parc marin qui laisse les pêcheurs piétiner le récif pour le ti cari lontan !)… Et si on y rajoutait une ligne ? Et une deuxième pour nous rappeler que la nature nous a fait avec un cerveau si ce n'était pas suffisant. Vive le libre arbitre !

  3. skoual... dit :

    Le raisonnement exposé dans cet article exprime un grand manque de convictions dans l'écologie ( pourquoi pas, mais il faut assumer jusqu'au bout) et d'un certain égoïsme

    "L'écologie, on est tous pour, sauf quand elle dégénère en intégrisme" Oui, mais ayant lu ce qui précéde, je doute que cette phrase soit sincère ! Je n'ai pas vu dans ce témoignage une défense contre la dictature de la pensée unique écologiste et de ses risques ( qui pourrait être intéressante). J'ai plutôt compris qu'on avait la frousse, et que cela pouvait tout justifier, notamment le sacrifice de quelques requins. Mais pourquoi "quelques" ? Si l'on commence parce qu'il y a un risque, ne devrions-nous pas nous arrêter au risque zéro (à savoir zéro requins). L'Histoire nous a montré que ce genre de pratiques mènent en général à l'extinction de l'espèce.
    Lorsqu'on y réfléchit un petit peu,vouloir surfer et devoir tuer les requins pour la sécurité, c'est le même principe que la chasse pour le commerce d'ivoire ou de peaux (pour son plaisir) qui a plusieurs fois conduit la disparition d'un animal.

    Loin d'être un écologiste actif et intégriste, je déplore que vous vouliez pouvoir jouir de tout sans rien vouloir concéder. L'humanité n'est elle pas malade lorsqu'elle dit "tout pour moi" ?
    Avant de défendre la vie à tout prix, je défends l'humanité. Je ne la veux pas comme vous la concevez, un peu trop sûre de ses valeurs à mon goût.
    Accepter d'assumer un risque, où renoncer, voilà un peu de lucidité, de modestie, de désintéressement. Et cela suscite chez moi le respect de la vie que vous défendez.

    Une vie humaine se choisit, ne croyez pas choisir à la place des autres comment ils devraient vivre en changeant le monde pour eux (ou pour vous peut-être ?? ^^)

  4. RD dit :

    LA raison pour laquelle je parle d'intégrisme est la suivante (je pensais que mon propos était clair mais apparemment non) : à partir du moment où l'on érige la protection des requins en impératif absolu, inconditionnel, bref ne souffrant aucune exception de quelque nature que ce soit, on est dans l’extrémisme, l'intégrisme (comme en matière de religion : on peut très bien ne pas manger de porc ou de bœuf, par exemple, on tombe dans le fanatisme quand la prescription devient absolue : un bon pratiquant musulman ou juif mangera du porc si la nécessité le commande). Je suis sincèrement préoccupé par l'environnement et sa protection (connais-tu mes actions quotidiennes, le bulletin de vote que je mets dans l'urne, l'éducation que je donne à mon fils ?) mais je reste un pauvre mammifère, primaire si tu veux, pour qui la protection des siens est le seul impératif qui soit absolu. S'il faut (je dis bien SI) capturer quelques animaux dangereux sédentaires pour améliorer la sécurité d'êtres humains, je signe tout de suite. Aucune espèce animale ne fait passer la protection des autres espèces avant la sienne propre et… ne nous moquons pas du monde : ce n'est pas cela (quelques drum-lines) qui mettra en péril les requins à l'échelle planétaire. Rien à voir avec la pêche intensive pour les seuls ailerons pratiquée par japonais et autres coréens, les filets dérivants etc. Ce qui est reproché aux experts autoproclamés de la Réunion, c'est non pas de vouloir défendre un animal qui n'est ni gentil ni méchant (puisqu'il s'agit d'un animal), mais de se foutre comme d'une guigne (ou en tout cas d'en donner l'apparence) de la vie des surfers. Les surfers sont en deuil, et ils ont peur : dans ce cadre, les discours condescendants et moralisateurs passent très mal. C'était plutôt l'heure des condoléances que des leçons. Un bouledogue reste un putain de poisson, un être humain reste un être humain. Sans acrimonie.

  5. James dit :

    ééééébé… Celui là d'article!

    "il est surréaliste de placer la protection d’animaux au-dessus de l’impératif absolu que doit être la préservation de la vie des surfers et des autres usagers de l’Océan." …!

    Les requins ne sont ils pas des usagers de l'océan? Eux ils y vivent, nous on s'y amuse. Et parce qu'on veut continuer à s'y amuser, on va donc les tuer.

    J'ai hâte que les extra terrestres arrivent sur terre pour faire du "flugeblux" (c'est un jeu extra terrestre bien connu, un truc de déconne, qui demande de la place) et qu'avec leur intelligence avancée, ils nous tuent tous dans d'atroces souffrances, parce qu'on protège notre territoire et que de temps en temps on les empêche un peu de faire de ce fameux flugeblux.

    On passe notre temps, nous les humains, à écraser tout ce qui se trouve autour de nous. Parce que nous, nous sommes les plus forts, nous sommes les plus intelligents, nous avons même créé la plus belle chose sur terre, le nucléaire, et puis quand nous allons quelque part et qu'on nous en empêche, ébé nous, ça nous gonfle alors on rase tout, on tue tout le monde et on s'installe, faut pas déconner oh! C'est qui le boss de la chaine alimentaire ici. Et elle est où la sélection naturelle?! à coup de grand filets, de flèches en inox et de bâtons de dynamites dans leurs gueules au requins tu vas voir ouais!

    Foutons la paix aux requins, continuons a prendre le risque pour notre passion, on ne tue pas tous les conducteurs de voiture qui prennent l'A7 sous prétexte que des fois, il y a des accidents de la route dû à des chauffeurs bourrés. Non, on ne les tue pas car ils sont des hommes (vous savez, ceux qui sont les plus forts etc etc)

    Quand je vais dans la savane, je ne vais pas non plus poser ma tente et jouer de la guitare au milieu des lions. Et si je le fais, je connais les risques encourus parce qu'ils sont devenus avec les années évidents. Je ne tuerais donc pas tous les lions qui vivent là pour me faire mon petit solo tranquil et qu'on vienne pas m'emm…erder"

    Tous ces accidents sont fort regrettables!

    Pour connaitre le surfer qui s'est fait attaquer il y a 2 mois et surfer fréquemment avec lui, je peux vous dire que ça m'a profondément choqué, que j'ai faillit penser la même chose que toi sur les requins parce que j'ai eu les nerfs pour lui, Je suis tout à fait d'accord avec les mesures à prendre en terme de préventions (ndlr : "blog surf prévention"), mais je pense que tu as perdu le contrôle de tes propos et de ta réflexion.

    Le bouledogue reste un putain de poisson et toi tu restes un putain d'humain.

    Quelques chiffres trouvés sur le web, d'après des études (je sais que les études et toi vous n'êtes pas copains, mais peu importe l'exactitude de ces données à 99% près, le sens y est.

    – En Australie on compte 1 attaque de requins pour 50 noyades, 1 pour 600 en Afrique du Sud, 1 pour 1000 aux USA.

    – 250 personnes seraient tuées chaque années par des éléphants, 1250 par des abeilles, 2500 par des crocodiles…

    – l’animal le plus dangereux pour l’homme en terme de mortalité reste encore la terrible Crassastrea virginica, autrement dit l’huître commune !

  6. skoual... dit :

    Merci pour la réponse qui m'a permis de recentrer la question, notamment sur la technique utilisée (qui m'a maintenant l'air convenable). Bien sûr, l'heure est aux condoléances, mais aussi aux débats (hélas c'est toujours en cas d'accident qu'ils surviennent médiatiquement). Certains sentiments ressortant d'une partie de l'article alliée à la vidéo m'ont induit en erreur sur le fond de votre pensée, ce qui explique mon avis exprimé de manière peu appropriée, je m'en excuse.

    Dans un cadre limité, et oui si une étude prouve que de telles pêches peuvent améliorer la sécurité des surfeurs sur certains spots, je suis pour. Je l'accorde, cela ne nous empêche pas de rester humble face à la nature. Car nous nous mettons en danger volontairement en surfant auprès des requins, et notre "protection" n'est ici que -perpétuer une passion-. Mais ceci dit, prendre des mesures en restant dans ce cadre me semble réalisable désormais.

  7. RD dit :

    James, le pire, c'est que je partage globalement ton avis sur le fait que l'Océan c'est avant tout le spot des poissons et autres animaux aquatiques. Mais ne caricature pas mon propos stp : on peut être pour la protection de la biodiversité, mais aussi savoir faire des compromis quand la nécessité l'exige. On ne veut pas tuer les vilains requins, les exterminer ! On veut des réponses des pouvoirs publics après études sérieuses de ce qui est faisable et admissible d'un point de vue écologique. Cher James, je t'invite à visiter l'entrée "nuance" de ton dictionnaire. Tout n'est pas noir ou blanc, on n'est pas obligé d'adhérer aux discours absolutistes de certains écolos (attention l'écologie peut virer en misanthropie parfois)pour être soucieux de l'environnement. Il faut comprendre le pourquoi de ce ras-le-bol des surfers réunionnais, qui ne sont bons qu'à rapporter des titres et pour qui pas un euro n'a été dépensé depuis 30 ans. Pourquoi la Réunion serait seule à avoir raison face a monde entier ? Nous sommes les seuls à respecter la nature ? Tous les autres sont des vilains (Afrique du Sud, Australie, Californie, etc. ?

  8. surfeur diurne dit :

    Insinuer que plonger en PMT à midi à boucan, quand l'eau est claire est un risque de se faire bouffer, c'est alarmiste. Tout le monde le fait, il n'y a d'ailleurs jamais eu d'accidents.
    Surfer au crépuscule dans l'eau dégueu peine à légitimer la pose de drum-lines. D'où la solution de faire peur à tout le monde ?

  9. gips nc dit :

    que pensez vous de rajouter le surfer sur la liste de la convention de WASHINTON?
    la polemique semble ne mener nulle part, on nous force pas à sauter à l'eau, alors laissez les traparts tranquilles et assumez les risques encourus , point!
    bonne journée

  10. BF dit :

    bonjour à tous,

    juste une phrase pour ne pas (trop) entrer de plein pied dans la polémique … la solution envisagée (drum line) ne tue pas le requin mais le capture afin de le marquer. ensuite, il est relâché, en sachant qu'un requin ainsi stressé à très très peu de chance d'être revu près de l'endroit de sa capture …

  11. docnico dit :

    L'information des surfers,les recommandations,la connaissance des spots dangereux bref le maxi de prevention c'est tout à fait recommandé.Quand un drame survient,inutile de faire la sarko-attitude et la recherche d'un,des coupables.Ici c'est le requin,je les connais mal,grand-blanc,bouledogue… si cela m'est permis je ne souhaite pas les croiser.Je ne vais pas nous plus les accuser pour les trainer en justice ou appliquer la loi du talion,expédition punitive,vengeance et destruction à plus ou moins grande échelle,dégats collatéraux..Il nous reste à étre solidaires pour la prévention, respectueux de tous et malheureusement fatalistes devant le destin de. notre condition humaine

  12. Laëtitia dit :

    Ayant pris le temps de calmer mes pulsions sanguines de fille du Sud après avoir lu certains propos de cet article, pris du recul, pesé le pour et le contre je dirai juste ces quelques mots sur le sujet:

    Je suis de tout coeur avec les familles des surfeurs ou autres utilisateurs du littoral qui ont fait une rencontre malheureuse avec un requin et qui y ont laissé la vie. Cependant, je n'admets pas qu'on puisse penser que l'être humain est supérieur aux animaux… Revoyons nos cours de sciences les gars! On fait partie du règne animal et on est seulement comme d'habitude, super égoïstes et jaloux de partager notre place de prédateur ultime dans la chaîne alimentaire.

    Laissons les requins tranquiles, ils étaient là avant nous et si on arrétait de polluer et de surpécher, peut-être qu'ils pourraient se nourrir à souhait et arréter d'essayer de se défendre comme ils peuvent pour subsister!

    Arrétons de croire que nous sommes supérieur, nous faisons partie de cet écosystème et à force de le bousiller, la nature reprend parfois ses droits…Pour autant, je déplore que des innocents en payent le prix fort…

  13. Vincent974 dit :

    Article intéressant … mais qui me gêne profondément quand il revient sur le drame de février … et cherche à justifier l'injustifiable au vu des circonstances de ces 2 derniers drames.
    On résume, on a un gars qui débarque le matin de l'avion en février, se fou le cul dans l'eau en fin de journée, dans une eau marron à souhait, au coucher du soleil le tout en période de forte pluie et de gros vent du nord (celui-ci pousse bien la merde de la baie de St Paul vers le sud) et là, horreur, il se fait attaquer par un requin. Franchement, je trouve ça absolument dégueulasse et terrible pour ce gars qui voulait juste s'amuser pendant ses vacances. Là dessus, on a donc une équipe de cowboy qui débarque, et décide d'aller dézinguer au petit bonheur la chance un requin mangeur d'homme en prétextant que ça fait bien 3/4ans qu'il voit cette bête trainer dans les parages. Il n'y a rien qui choque personne là? Rassurez moi, je suis quand même pas le seul à trouver ça affligeant? Ce n'est pas le requin qu'il fallait dégommer mais les pouvoirs publiques, la mairie, la région, le département, l'IRT et les locaux qui étaient sur la plage au moment où ce gars s'est mis dans l'eau!! Le requin ça faisait 4 ans qu'il était là et à jamais emmerder personne, au pire rappelé que c'était son territoire, et le jour où toutes les conditions sont réunies pour que surviennent le drame et que ça tombe sur le seul gars dans le quartier qui lui n'était surement pas au courant de toutes ces maudites règles, alors on décide d'aller dégommer du requin!? On doit pas vivre sur la même planète avec certains …
    Et puis voila que qqs mois plus tard survient le même type d'attaque, dans les mêmes conditions, cette fois sur un bodyboarder local et on voudrait nous ressortir les cowboys? J'espère que c'est une blague? Moi ça me met dans un état de colère noir de lire et d'entendre des trucs pareils!
    Ces attaques auraient en effet eut lieu dans des circonstances différentes, à des horaires différents, une qualité des eaux différentes, en effet, mon point de vu serait surement très différent, mais là, je suis désolé, malgré toute la tristesse que je peux avoir pour les deux derniers surfers qui se sont fait attaqués, je ne peux pas cautionner des prises de position telles quelles et me demande qui fait l'autruche à l'arriver.
    Vous voulez faire boucher les choses, alors manifestons, allons faire des sitting devant les pouvoirs publiques pour exiger dans un premier temps de vraies mesures préventives comme des panneaux explicatifs pour les touristes (il y en a bien à grande anse), des affichages avec les régles de base de sécurité à tenir pour éviter toute attaque (ça existe en Afrique du sud), de l'enseignement sur la conduite à tenir face au risque requin dans les écoles de surf … etc. et bien sur, des études pour comprendre réellement qui sont ces populations de requins et quelles sont leurs habitudes. Il y a tout un tas de chose à mettre en place avant de penser à poser des filets dévastateur, partir pêcher au petit bonheur la chance où je ne sais quelle idée débile.

  14. seb dit :

    je surfais avec eddy a une période , puis j'ai eu 2 filles et j'ai changé mes habitudes de surf ( en y faisant quelques entraves bien peu raisonnable )…..je suis tres affecté par sa disparition parceque je le connaissais et qu'il symbolise un type de surfeur à la réunion ( tranquille, surfant dans des spots isolés , avant ou apres son boulot donc à des heures à risques, etc.). Et c'est la dessus que je vais appuyer ma réflexion!!
    La ligue de surf, les instances du tourisme réclament des moyens de protections pour les endroits les plus fréquentés , c'est un non sens car jusqu'à présent aucun surfeur ou baigneur n'a été attaqué dans des spots surpeuplés!! là, on veut rassurer les touristes et les parents qui ont leurs bambins dans les écoles de surf!! Donc , eddy n'aurait pas eu plus de chance!!
    Quand je suis dans l'eau entouré de 30 gars ( trois bassins , sait leu , roches noires , l'idée d'etre attaqué par un requin ne m'effleure meme pas l'esprit ( d'etre découpé par des surfeurs , oui!!). par contre , a deux ou trois dans des spots moins fréquentés et à des heures moins raisonnables, oui, je peux flipper!! Donc , on voit bien que se dégage le moyen de protection le plus efficace , le moins cher et le plus écolo….surfer ensemble…mais ce n'est qu'une utopie tant la réunion s'est tournée vers le haut niveau et que nombre de compétiteurs ne laissent pas les autres profiter de leur sport pour se détendre!! Et je peux vous dire , que si nouvel accident il y a , ce sera sur un surfeur comme eddy , cherchant à s'isoler de la furie de nos champions!!!! Donc , s'il y a des mesures à prendre , essayons de nous intéresser à des endroits plus isolés, moins fréquentés, optons pour une mise en place du type alerte requins ( présence observé ce jour, etc.)et en espérant que la raison l'emporte sur l'envie ou restons groupé mais il faudrait pour cela que les mentalités évoluent et l à c'est pas gagné!!! hommage à eddy qui respirait le bon esprit du surf !!!

  15. RD dit :

    @Vincent974 : tu as raison sur toute la ligne, sans ironie. Le but de cet article n'est pas de cautionner l'expédition des gars sur le bouledogue mais de remettre un peu les choses à leur place. Et, encore une fois, sans dire que cette expé était la meilleure solution, faire comprendre les raisons du coup de sang : l'inertie coupable des pouvoirs publics peut entraîner des réactions excessives. Il n'empêche, Nativ et ses potes en ont pris plein la gueule comme s'ils avaient commis un crime odieux (garder votre révolte pour les politicards véreux, les violeurs etc)… On se calme, c'était juste un poisson, pas protégé et pas pêché dans la réserve ! Les plus à blâmer, ce ne sont ni les pêcheurs de st Gilles ni même en réalité les 2 experts de Squal'idées mais les pouvoirs publics, notamment sur le volet préventif, l'information minimale à donner au public. Merci de ta réaction intelligente et mesurée et continuons de faire avancer le débat.

  16. un pecheur dit :

    Tant qu'on n'éliminera pas la réserve naturelle ,qui abrite depuis peu toute sorte de pélagiques, les attaques de requin se feront de plus en plus nombreuses. Et bientôt les requins finiront par attaquer les baigneurs.

  17. alex'po dit :

    hier dimanche 09 octobre:
    drapeau rouge sur toutes les plages de l'ouest sauf pour le lagon afin que tous ceux qui tirent a boulets rouges sur ceux qui veulent trouver des solution puisse aller se baigner quand meme parce qu'ils aiment les requins et l'océan sauf que le lagon (nurserie de l'océan) est tres fragile et que la c'est le TRIPLE de frequentation pour le lagon avec son lot de crème solaire,de pipi amoniaqués,de pietinage de coraux et de megots à gogo…plus de corail ,plus de poissons,plus de poissons plus de requins…

    l'ecologie commence a la sortie du supermarché au fond de ton caddie

  18. Green974 dit :

    bonjour, je vous invite à venir lancer le débat sur http://www.green974.com/ Visitez notre site et contactez nous par mail, nous allons bientôt créer un espace dédié à la mer sur notre plateforme du développement durable. Nous sommes aussi sur facebook : http://www.facebook.com/Green974
    Merci de nous contacter

  19. RD dit :

    Et 9 MOIS APRES toujours pas un panneau avertissant du risque requin sur la plage de Ti'Boucan. Qu'attendent-ils ? Par qui sommes nous administrés à la Réunion ? Les panneaux ça fait peur aux touristes… et les morts ???

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