Voici la conduite à tenir en cas d’envenimation par une physalie préconisée aux sauveteurs de la région Aquitaine par le Centre Antipoison du CHU de Bordeaux. Ces recommandations ont été mises au point devant la recrudescence des contacts entre baigneurs, surfeurs ou autres pratiquants d’activités nautiques et physalies, depuis 4 ans en période estivale sur la Côte atlantique sud.

Les physalies (physalia physalis) sont des animaux marins venimeux ; elles comportent un sac gonflé d’air appelé « flotteur » qui leur permet de naviguer au gré des vents et des courants. Les physalies ont un aspect très différent des méduses que l’on rencontre habituellement sur nos plages : le « flotteur » est d’aspect rosé ou bleuté, flotte hors de l’eau, et mesure environ 15 à 20 cm. C’est pourquoi, elle peut être confondue avec un sac plastique qui flotte, voire avec un petit ballon de plage luisant au soleil.

Leurs tentacules qui se situent sous le flotteur ont la particularité de posséder des milliers de harpons microscopiques permettant d’injecter le venin. Les tentacules peuvent mesurer plusieurs mètres (jusqu’à 40 m) ; elles sont fragiles et se rompent facilement ; elles sont alors peu visibles et peuvent flotter au gré des vagues loin du « flotteur » ce qui n’attire pas la méfiance des baigneurs.

Ces animaux sont responsables de brûlures très douloureuses au niveau de la peau, mais aussi d’autres signes dont la présence impose une consultation avec un médecin.

En cas de contact avec ces animaux marins, il est important de retirer les tentacules qui sont très adhérentes à la peau, sans les écraser :

– appliquer avec précaution de la mousse à raser sur la surface piquée (ou à défaut du sable sec car le sable humide est trop lourd et écrase les débris de tentacules) pour piéger ces tentacules.

– enlever la mousse avec un carton rigide voire avec le dos d’une carte de crédit en remontant vers le haut du membre.

– rinçage à l’eau de mer (ou avec du chlorure de sodium) de préférence tiède (le vinaigre est déconseillé), puis application de froid (vessie de glace dans un linge protecteur, appliquée sur les lésions).

Toute application de pommade, crème ou gel est déconseillée.

Remarques :

1. Il est important de ne pas exposer un sauveteur qui interviendrait dans l’eau : il est conseillé de porter une combinaison avec gants, et de ne pas immerger la tête.

2. Les harpons microscopiques traversent les gants chirurgicaux ; ceux ci ne sont donc pas protecteurs.

3. Autres méduses : la même technique peut être utilisée pour retirer les tentacules.

– MAIS, d’autres signes peuvent être retrouvés :

1. malaise, vertiges, maux de tête, pâleur, anxiété, larmoiement et écoulement nasale, fièvre (signe de gravité) ;

2. nausées, vomissements, maux de ventre ;

3. douleur dans la poitrine, accélération du pouls (>100/min chez l’adulte, enfant de moins de 12 ans >130/min) ;

4. gêne respiratoire, sensation de blocage respiratoire ;

5. démangeaisons ;

6. douleurs articulaires et musculaires ;

7. allergie grave (rare).

Toute prise en charge d’une victime d’une envenimation par physalie présentant l’un de ces signes généraux et/ou une douleur importante doit être surveillée au centre de secours et un appel au SAMU / Centre 15 est préconisé sans délai. Dans tous les cas, toute envenimation, même bénigne doit faire l’objet d’un appel au SAMU / centre 15 (PHYSATOX 2011).

Source : Conduite-à-tenir en cas d’envenimation par PHYSALIA PHYSALIS (Protocole Secouriste) par le Docteur Magali Labadie et le Docteur Pierre CHANSEAU du centre Antipoison et de Toxicovigilance du CHU de Bordeaux.

Lire ci-dessous l’affiche avec les mesures de prévention sanitaire en cas de contact avec un animal marin venimeux (physalie, méduse ou vive) :

physalie

A propos de l'auteur :

Médecin, surfeur, auteur du livre Surf Thérapie. Adjoint au maire de Biarritz à l'Environnement, Qualité de Vie et Bien-Être.

 

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6 Commentaires

  1. Des physalies ont été repérées sur la côte basque. Rappel du protocole secouriste mis à jour:

    Ces animaux sont responsables de brûlures très douloureuses au niveau de la peau, mais aussi d’autres signes dont la présence impose une consultation avec un médecin.

    En cas de contact avec ces animaux marins, il est important de retirer les tentacules qui sont très adhérents à la peau, sans les écraser :

    – appliquer avec précaution de la mousse à raser sur la surface piquée (ou à défaut du sable sec car le sable humide est trop lourd et écrase les débris de tentacules) pour piéger ces tentacules.

    – enlever la mousse avec un carton rigide voire avec le dos d’une carte de crédit en remontant vers le haut du membre.

    – rinçage à l’eau de mer (ou avec du chlorure de sodium) de préférence tiède(le vinaigre est déconseillé), puis application de froid (vessie de glace dans un linge protecteur, appliquée sur les lésions).

    Toute application de pommade, crème ou gel n’est pas recommandée.

    Remarques :

    1. Il est important de ne pas exposer un sauveteur qui interviendrait dans l’eau : il est conseillé de porter une combinaison avec gants, et de ne pas immerger la tête.

    2. Les harpons microscopiques traversent les gants chirurgicaux ; ceux ci ne sont donc pas protecteurs.

    3. Autres méduses : la même technique peut être utilisée pour retirer les tentacules.

    – MAIS, d’autres signes peuvent être retrouvés :

    1. maux de tête, pâleur, anxiété, larmoiement et écoulement nasal, fièvre

    2. malaise, vertiges, trouble de la conscience

    3. nausées, vomissements, maux de ventre.

    4. douleur dans la poitrine, accélération du pouls (>100/min chez l’adulte, enfant de moins de 12 ans >130/min),

    5. gêne respiratoire, sensation de blocage respiratoire

    6. démangeaisons

    7. douleurs articulaires et musculaires

    8. allergie grave (rare)

    Ces signes apparaissent dans les 60 minutes au plus tard après l’envenimation.

    Toute prise en charge d’une victime d’une envenimation par physalie doit être surveillée au centre de secours pendant 30 minutes après son admission au poste de secours. Au cours de cette surveillance, toute victime présentant l’un de ces signes généraux et/ou une douleur importante doit bénéficier d’un avis auprès du SAMU / Centre 15 sans délai.

    SOURCE: PHYSATOX.

  2. Ghyslaine dit :

    Ayant vécu l’expérience dernièrement en Floride, je peux vous dire que c’est fort douloureux et désagréable de se sentir piéger comme dans un filet de pêcheur, avant de réaliser « l’horrible chose »
    appelée physalie, qui va empoisonner vos vacances pendant quelques jours…
    Et ça fait mal en….!
    Remèdes: glace, crème antibiotique, congé de soleil et une tonne de patience!

  3. Pierre Major dit :

    Voila deux ans ma femme s’est enroulée dans une physalie, lors d’une sortie en apnée à Cuba. Résultat: forte réaction cutané aux deux jambes avec des brûlures intenses mais aussi une panique qui aurait pu avoir de graves conséquences n’eut été qu’elle n’était qu’à un mètre de la rive. On a pu intervenir rapidement et le médecin de l’hôtel a appliquer un traitement très efficace (grattage, rinçage, injection d’antihistaminiques). La douleur a rapidement diminuée et la cicatrisation s’est faite rapidement. Dès le lendemain tout était sous contrôle. Mais par malheur, une semaine plus tard nous avons mangé des crevettes et quelques minutes plus tard tout s’est réactivé comme aux premiers instants de l’envenimation. Malgré le traitement aux antihistaminique la guérison a été plus longue; deux semaines. Elle n’a pas mangé de fruit de mers avant trois mois et cette fois là; pas de réaction. Depuis la moindre alerte aux physalies on sort de l’eau et on conseille à tous les malchanceux d’éviter les fruits de mers pour quelques mois.

  4. autès christine dit :

    je fais du longe cotes avec mes copines aux blancs sablons le Conquet dans le 29 Finistère ! chaque année nous avons le droit aux méduses, on fait avec ! mais là les Phylialies débarquent !!!! c’est la merde !!!

  5. yohann dit :

    Si elles sont dans le Finistère pour le moment, alors elles seront bientôt sur le sud ouest à cause des courants. Méfiance donc! Surtout les jours avec vent off-shore et houle entre 1m et 2m, mieux vaut éviter de rentrer dans l’eau cela peut s’avérer fatal car elles aiment nager dans les tubes. Un pote qui nageait à poil aux culs-nus s’est fait harponner la teube. VeryDick!

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