Nous avions commencé à recenser les sauvetages réalisés par des surfeurs dans la rubrique « Les Surfeurs, ces héros » et nous nous étions rendu compte que ces actes de bravoure se produisaient régulièrement. Une étude suggère qu’ils sont peut-être même encore plus fréquents qu’on ne l’imagine…

Sauvetage d'un surfeur par un autre surfeur sur une planche de surf - copyright www.surf-prevention.com

C’est ce que conclut la thèse d’Anna Attard, une étudiante australienne qui a montré que les surfeurs sauveraient autant de personnes de la noyade que les sauveteurs eux-mêmes.

Cette étude intitulée « Guardians of the Surf : The role and value of surfers in Australian beach and coastal surf rescues » (Gardiens des Vagues : le rôle et l’importance des surfeurs dans les sauvetages sur les plages de la côte australienne) a été présentée dans le cadre d’une spécialisation à la School of Biological Earth and Environmental Sciences de l’UNSW (Université de Nouvelle-Galles du Sud). L’étude s’est basée sur 545 réponses recueillies par une enquête en ligne.

L’étude a révélé que 63% des surfeurs interrogés avaient le sentiment d’avoir sauvé au moins une vie. Elle a calculé que le nombre de sauvetages effectués par des surfeurs correspondait à 5000 sauvetages par an en Australie, ce qui est comparable au nombre de sauvetages annuels réalisés par les sauveteurs des plages.

Et vous, avez-vous déjà sauvé une ou plusieurs vies dans le cadre de votre pratique du surf ?


    Circonstances des sauvetages par les surfeurs :
  •  Les surfeurs se retrouvent en situation de réaliser 45% des sauvetages sur des plages surveillées, et 54% sur des plages non surveillées.
  • Motif d’intervention : les courants représentaient le motif principal de secours. La plupart des personnes secourues étaient en état de panique.
  • Lieu d’intervention : surtout des plages calmes avec un faible niveau de fréquentation ;
  • Profil des victimes : surtout des jeunes hommes de 18 à 29 ans ;
  • Activité pratiquée : baignade ou natation dans 63% des cas, activité sur planche (surf, bodyboard…) dans 25% des sauvetages.

Élément important : les surfeurs déjà entraînés à la sécurité aquatique étaient plus à même de réaliser des sauvetages. Ceux qui avaient reçu une formation aux premiers secours par le passé étaient impliqués dans davantage de sauvetages. Avec 60% des surfeurs interrogés qui n’avaient reçu aucune formation de ce type, cela laisse augurer d’un fort potentiel d’augmentation des sauvetages par les surfeurs si ces formations étaient plus largement dispensées.

Le nombre d’années de pratique du surfeur, et donc l’expérience, jouait également dans son aptitude à effectuer un sauvetage.

L’étude a néanmoins révélé une lacune des surfeurs à prendre en charge des blessures sévères.

Mark Windon, le directeur de Surfing NSW, n’est pas surpris par ces résultats et a déclaré que les surfeurs étaient bien placés pour porter secours, car même lorsqu’il y a des sauveteurs professionnels sur la plage, ce sont souvent les premiers à intervenir car ils sont déjà dans l’eau avec un dispositif de flottaison à disposition (leur planche de surf NDLR).

Une formation des surfeurs aux premiers secours est déjà en cours dans le New South Wales où 5000 surfeurs ont eu droit au programme Surfers Rescue 24/7 qui vise à initier en 3 heures les surfeurs au sauvetage avec une planche et aux gestes de secourisme.

Anna Attard espère que les informations de sa thèse pourront aider le Conseil Australien de la Sécurité dans l’Eau (Australian Water Safety Council) à atteindre son objectif de réduction de 50% du nombre de morts par noyade d’ici à 2020. Même si cet objectif concerne aussi bien le bord de mer que les rivières ou les lacs, il faut savoir que 90% des noyades à la plage surviennent sur des plages non surveillées et que les surfeurs représentent donc un moyen de réduction du risque très pertinent partout où les plages ne sont pas surveillées par des lifeguards.

Anna Attard a un autre espoir : que son travail de thèse serve enfin à faire reconnaître l’action des surfeurs qui agissent au quotidien comme des sauveteurs volontaires, anonymes et bénévoles.

L’objectif des surfeurs et des sauveteurs est le même au final : garder la plage comme un espace d’amusement en prévenant les drames des noyades. Mais si l’action des surfeurs vient en complément, il va de soi qu’on ne peut se passer des sauveteurs professionnels.

La publication de cette thèse survient juste après qu’on ait appris que la championne de surf australienne Sally Fitzgibbons avait réalisé un sauvetage :

Sources :

http://www.swellnet.com/news/surfpolitik/2015/02/17/guardians-surf-surfers-involved-many-rescues-volunteer-lifesavers

http://www.smh.com.au/nsw/recreational-surfers-do-as-many-rescues-as-volunteer-surf-lifesavers-20150207-138gm3.html

A propos de l'auteur :

Médecin, surfeur, auteur du livre Surf Thérapie. Adjoint au maire de Biarritz à l'Environnement, Qualité de Vie et Bien-Être.

 

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