Nous parlons régulièrement des bienfaits de l’océan sur le Blog Surf Prévention, en insistant sur les activités pratiquées au-dessus de l’eau. Mais des bienfaits existent aussi sous l’eau. Une étude passionnante est en cours pour étudier l’impact de la plongée sous-marine sur le stress post-traumatique comme on peut le voir dans ce beau reportage intitulé « La Plongée de l’Espoir. »

Nous avions vu comment la Surf Thérapie peut agir positivement sur les états de stress post-traumatique chez des militaires blessés. Les chercheurs s’intéressent ici aux effets de la plongée sur des victimes des attentats terroristes du 13 Novembre 2015 ayant survécu à l’attaque du Bataclan.

Parmi les participants à l’étude, certains ont été blessés physiquement, d’autres ont perdu un proche, tous ont des séquelles invisibles au niveau psychologique.

Les 34 personnes de l’étude ont été réparties en 2 groupes : 17 bénéficient des sessions de plongée pendant que les autres suivent un programme multisports.

Pendant 12 jours, les 34 personnes ont répondu à des questionnaires de bien-être psychologique, social et affectif. Une montre et un capteur mesuraient leur fréquence cardiaque.Les sujets continueront d’être suivis après leur retour de Guadeloupe à 1, 3 et 6 mois.

Cet essai clinique baptisé DivHope se déroule en Guadeloupe dans des conditions favorables au niveau température de l’eau, sécurité et encadrement.

« On aimerait prouver que cela permet un bien-être, mais surtout vérifier que cet effet perdure après les séances de plongée », explique le Dr Mathieu Coulange, spécialiste en médecine hyperbare aux hôpitaux de Marseille.

Les séances de plongée se font par petits groupes, et sont associées à des séances de sophrologie et de méditation.

« Sous l’eau, on agit mieux sur la plasticité cérébrale », explique Vincent Meurice, moniteur de plongée et sophrologue qui a mis au point ce protocole de « plongée améliorée ». « La capacité à prendre conscience de son corps est en effet un facteur protecteur des TSPT », confirme le psychiatre Lionel Gibert.

Les témoignages recueillis sont encourageants : « Avant d’y aller, ça reste immensément difficile, mais une fois dans l’eau, je me transforme. Je me sens en sécurité, contrairement à la vie de tous les jours où je suis menacée en permanence, sur le qui-vive », raconte Fanny, victime du Bataclan.

Les scientifiques espèrent obtenir des résultats suffisamment significatifs pour étendre l’étude à une population plus large, étendue à des militaires et des pompiers. Dans l’équipe, certains envisagent déjà des ordonnances de prescription de sessions de plongée.

« DivHope » se déroulait en Guadeloupe jusqu’au 30 novembre 2017. Soutenu par l’association de rescapés du 13 Novembre Life for Paris, le projet est financé par la Fondation d’Aide aux Victimes du Terrorisme (FAVT) pour un montant de 150.000 euros. L’entreprise Beuchat a fourni les équipements de plongée.

« DivHope » a été initié par Frédéric Beneton, ingénieur polytechnicien à l’origine d’une première étude scientifique sur l’effet de la plongée sur les personnes souffrant de stress dans la vie quotidienne et professionnelle : « DivStress« . L’ancien trader a rassemblé autour de lui des spécialistes des états de stress post-traumatique et de la plongée : Marion Trousselard, médecin-chercheur à l’Institut de Recherches Biomédicales des Armées (IRBA); Lionel Gibert, psychiatre à l’hôpital Paul Brousse de Villejuif (AP-HP) et Mathieu Coulange, chef de service de médecine hyperbare à l’hôpital Sainte-Marguerite de Marseille (AP-HM).

Plus d’infos : Psychologie : la plongée pour aider les victimes du terrorisme

A propos de l'auteur :

Médecin, surfeur, auteur du livre Surf Thérapie. Adjoint au maire de Biarritz à l'Environnement, Qualité de Vie et Bien-Être.

 

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