Et voici un nouvel épisode de notre grande série « les surfeurs sont des écolos ! » intitulé « the toxicity of surfing »… Les surfeurs n’ont pas toujours conscience de l’impact négatif que leur pratique peut avoir sur l’environnement. Alors qu’on présente souvent les surfeurs comme de fervents défenseurs de la nature, la réalité est beaucoup moins verte.

Alors que le surf touche de plus en plus de monde (il y aurait environ 20 millions de surfeurs) et que « l’industrie du surf » continue de se développer (son chiffre d’affaires se compte en milliards d’euros), il est plus que temps de s’orienter vers une pratique plus propre du surf.

Nous allons voir avec les quelques données tirées de cette infographie qu’il faudrait commencer par changer tout notre matériel de base ! Mais des solutions existent et des initiatives françaises ont été pionnières dans ce domaine.

La Planche de Surf : 400.000 planches de surf seraient fabriquées chaque année. Pendant le shape, 20% de la mousse est gaspillée sans être recyclée. S’il n’y prend pas garde, le shapeur s’expose à des composés organiques volatils (COV) toxiques et à des poussières dangereuses pour sa santé. D’après l’infographie, le bilan carbone d’une planche de surf au cours de sa vie serait extrêmement mauvais.

Solutions : un atelier comme celui de Notox (voir conférence TEDx de Pierre Pomiers) essaie de rendre l’activité de shape aussi respectueuse de l’environnement et de la santé du shapeur que possible.

La combinaison de surf : elles sont faites de néoprène (caoutchouc synthétique dérivé du pétrole) pour la plupart dont on sait que 250 tonnes sont gaspillées chaque année. Les colles utilisées pour leur fabrication sont polluantes. Du PVC, matière plastique polluante, est parfois utilisé pour les renforts aux genoux. Elles ne sont pas biodégradables.

Solutions : certaines marques se sont lancées dans la conception de combinaison plus vertes. Exemples : les combinaisons de surf Patagonia en laine, les combinaisons Matuse en géoprène…

La Wax : les surfeurs consommeraient 6 millions de pains de wax chaque année ! Le problème est que de nombreuses wax sont encore majoritairement constituées de produits d’origine pétrochimique toxiques pour l’environnement marin.

Solutions : la marque de wax GreenFix a développé une wax bio respectueuse de l’environnement qui a fait les preuves de sa composition totalement naturelle.

La crème solaire : de trop nombreuses crèmes solaires sont toxiques pour l’environnement : 6000 tonnes de crème solaire pollueraient les océans chaque année avec notamment des conséquences très nocives pour le corail. Des crèmes solaires pourraient également menacer notre santé à cause de certains de leurs composés qui jouent le rôle de perturbateurs endocriniens (l’infographie cite le benzophenone, l’homosalate et l’octinoxate mais il y en a d’autres…). L’oxybenzone engendrerait des dommages cellulaires, des allergies et des perturbations endocriniennes. L’infographie dit que 4 crèmes solaires sur 5 pourraient poser problème et que 97% des personnes auraient de l’oxybenzone dans le sang aux Etats-Unis…

Solution : la marque Evoa a lancé une marque de crème solaire bio qui préserve le corail. Les Laboratoires de Biarritz ont lancé une gamme de crème solaire bio à base d’algue rouge.

Voir l’infographie Toxicity of Surfing en HD sur Image Surf Prevention.

Source Enviro Surfer : http://blog.greensurfshop.com/

Lire aussi : la filière glisse prend la vague du recyclage.

A propos de l'auteur :

Médecin, surfeur, auteur du livre Surf Thérapie. Adjoint au maire de Biarritz à l'Environnement, Qualité de Vie et Bien-Être.

 

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3 Commentaires

  1. tony dit :

    déprimant,mais suis accro à la wax, "green fix",c'est un début !!

  2. Mr bambooras dit :

    Et l'article parle-t-il de nos trajets en bagnole ou en avion pour se rendre sur les spots ?

  3. Nico dit :

    Je suis moi meme surfeur et je comprends totalement le problème mais… faut-il rejeter toute la faute sur les surfeurs ou sur les industriels?
    Personnellement j'ai quitté les grandes villes métropolitaines pour une raison cruciale! j'en avais marre de bouffer les fruits et légumes en plastique vendus par les supermarchés! car là ou j'habitais il n'y avait pas d'autres alternatives, pas de petits primeurs, de couples de retraités qui vendaient leur production… bref je n'avais pas le choix, j'étais obligé de manger la merde que les supermarchés me proposaient.
    Tout ça pour dire que les surfeurs consomment ce qu'on leur propose, ils n'ont malheureusement aucun pouvoir.
    J'ai habité au Maroc ou le problème est encore pire, puisque trouver du matériel est non seulement difficile car les revendeurs sont rares, mais également hors de prix.
    Certains seraient tenté de dire qu'il "suffit" de pratiquer une autre activité que le surf… ceux-là n'ont probalement jamais surfer pour comprendre que ce n'est pas une simple activité de loisir.
    Bref, la seule solution que je vois est de shaper soi-même sa propre planche dans un arbre abbatu soi-même… allez raconter cela au garde forestier de votre commune et on en reparlera, et je ne parle meme pas des neoprènes utilisés pour combattre le froid, moi qui n'en utilise plus car là ou j'habite l'eau n'est jamais au dessous de 24°… et je n'imagine meme pas ce que serait mon ile de 25 000km² avec la totalité des surfeurs du monde, c'est impensable!
    Donc messieurs les industriels, la balle est dans votre camps! Oublions un peu le CAC 40, et revenons aux valeurs du beau travail, de l'objet bien fait de nos grands parents, seul critère reconnu à cette belle époque, en intégrant cette nouvelle notion écologique.
    Cordialement votre
    Nicolas LASTAVEL

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