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Archive pour mars 2008

Des dérives “mortelles”

Mercredi 26 mars 2008

FCS Kalama Bomb

Le surf tracté est un sport réservé à des spécialistes entraînés utilisant un matériel high-tech. Exemple avec les dérives qu’ils utilisent à leurs risques et périls… après avoir signé une décharge !

Le surf tracté (ou tow-in) permet de surfer des vagues énormes qui seraient imprenables à la rame. Pour tenir la route à plus de 50 km/h sur ces montagnes liquides, il ne suffit pas d’avoir les pieds attachés avec des «straps » sur la planche. Les dérives sont primordiales pour accrocher dans la pente. Les surfeurs de la discipline et des experts en hydrodynamique ont mis au point des aillerons spéciaux qui fendent littéralement l’eau à grande vitesse, et pour cause : ces dérives en aluminium sont encore plus tranchantes que les dérives classiques. En cas de choc contre le surfeur, il y a un risque majoré de plaie profonde. D’où l’excellente initiative de la marque FCS de faire signer une décharge pour rappeler aux surfeurs trop téméraires les risques inhérents au surf tracté et à l’utilisation d’un tel matériel…et pour se couvrir en cas de plainte.

Morceaux choisis explicites :

« Quand j’utilise des dérives FCS pour faire du surf tracté, j’ai bien conscience que le surf est une activité hasardeuse avec des risques inhérents à sa pratique comme la possibilité de dégâts causés à ma propre planche, à moi-même, aux planches ou au corps des autres ; j’ai conscience que cette activité peut même causer la mort. Je suis conscient que les dérives FCS destinées au tow-in sont en aluminium et sont plus dures, plus tranchantes et moins flexibles que les autres dérives. Par conséquent, je reconnais être conscient que de telles dérives pourraient causer de plus grands risques de blessure que les autres dérives à cause de leurs caractéristiques mentionnées ci-dessus et qu’elles sont seulement destinées au surf de grosses vagues, c’est-à-dire des vagues de plus de 3 mètres. Comme condition préalable à l’utilisation des dérives « FCS Tow », j’assume l’entière responsabilité de toute blessure ou dommage, quelles qu’en soient la nature et l’étendue, résultant de mon utilisation ou du mésusage que je ferais de ces produits et vous exonère de toute réclamation résultant de l’utilisation des dérives Tow que vous m’avez fournies. A cet égard, je reconnais que les dérives me sont fournies pour mon usage personnel exclusif et que je ne devrai permettre à aucune autre personne d’utiliser les dérives que vous m’avez fournies sans votre autorisation écrite et sans qu’une telle personne ne signe une décharge à votre intention dans les mêmes conditions que la présente. De plus, je libère Surf Hardware International de toute réclamation pour négligence ou responsabilité résultant de l’usage ou du mésusage de ses produits ».

Si après avoir signé ce formulaire, vous avez encore envie de taquiner Belharra…

A quand le même genre d’avertissement sur les emballages et modes d’emploi des autres types de dérives non moins dangereuses ?

Texte intégral :

To Surf Hardware International Pty LimitedWaiver/Release Form/ FCS Tow Fins

While riding FCS Tow Fins, I understand and recognize surfing is a hazardous activity with inherent risks such as the possibility of injury to my board, myself, or the boards or bodies of others, or even death. I am aware that FCS Tow Fins are aluminum fins and are harder, sharper and less flexible than other fins. Consequently, I acknowledge that I am aware that such fins could pose a greater risk of injury than other fins due to their features mentioned above and are only intended for use in big wave surfing i.e. waves larger than 10 feet. As a condition of the use of the FCS Tow Fin products I assume all responsibility for any injury or damage of any nature and extent caused by or resulting from my use or misuse of the products and release and indemnify you from and against any claims whatsoever arising from or connected with the use of any Tow Fin supplied by you to me. In this respect I acknowledge that the Tow Fin or Fins are supplied to me for my sole use and that I shall not permit any other person to use a Tow Fin supplied by you to me without your written permission and without such person signing a release and indemnity in your favor in the same terms and conditions as this release and indemnity. Additionally, I waive and release Surf Hardware International from any and all claims for negligence or strict liability arising out of my use or misuse of the products.
Signed:…………………………………
Name, Address, Phone:……….

Aérial: plus dure sera la chute…

Samedi 15 mars 2008

Aritz Aranburu

L’aérial est une manÅ“uvre à risque d’entorse du genou ou de la cheville. Illustration avec Aritz Aranburu qui se blesse pendant une expression session.

Un Basque dans le Top 44. Aritz Aranburu venait de se qualifier pour le WCT après une saison convaincante sur le ‘QS. Après une performance moyenne au premier tour du Quik Pro australien, il participe à l’expression session sur le spot de D’bah…

Figure à risques. En tentant un aérial frontside sur une droite, Aritz retombe mal. En le replaquant, tout son poids se retrouve sur son membre inférieur gauche : il chute en se traumatisant la cheville et le genou gauche. Il a pu ressortir de l’eau en marchant mais une douleur s’est rapidement fait sentir et a augmenté au fil des heures.

Diagnostic. L’entorse de cheville est a priori bénigne mais l’imagerie par résonance magnétique (IRM) révèle une lésion méniscale et une entorse du ligament latéral interne du genou gauche.

Les explications du Dr Trip

Un ménisque est un petit cartilage interposé entre les os du fémur et du tibia. Il y a un ménisque externe et un ménisque interne dans chaque genou. Ils ont un rôle de stabilisateur et d’amortisseur de l’articulation.

Une lésion méniscale peut se manifester par une douleur, une instabilité, un gonflement ou carrément un blocage du genou en flexion avec impossibilité de l’étendre complètement.

Le diagnostic se fait par l’examen clinique d’un médecin ou d’un chirurgien orthopédiste souvent complété par des radios et une IRM.

Le traitement initial est médical : repos, antalgiques et anti-inflammatoires. Si la gêne est trop importante, il est possible d’opérer le ménisque par arthroscopie (endoscopie du genou qui permet la suture, l’ablation totale ou partielle du ménisque atteint). Il est possible de surfer avec un ménisque en moins mais sans cet amortisseur, l’arthrose se développe plus vite.

Aritz souffre également d’une entorse du ligament latéral interne du genou, lésion fréquente en surf. La force d’une vague, une mauvaise réception sur la planche ou une figure trop poussée peuvent suffire à léser ce ligament. Cette entorse nécessite le plus souvent une attelle.

Wait and see. Sur les conseils de médecins du sport avertis, Aritz a décidé de temporiser en se reposant 15 jours de plus en Australie. Si les symptômes persistent, il pourrait subir une intervention chirurgicale sur son ménisque par arthroscopie. Aux dernières nouvelles, Aritz devrait être pris en charge par un chirurgien basque surnommé “le magicien du genou”. Il devrait ensuite faire sa convalescence au Centre Européen de Rééducation réservé aux Sportifs (CERS) de Capbreton.

Soutien. Aritz peut compter sur la présence de ses parents et de ses potes de l’ « Euroforce » à ses côtés pour surmonter cette épreuve. Il devrait rater au moins la prochaine épreuve de Bells Beach. Il lui faudra retrouver de bons appuis s’il veut participer au Billabong Pro de Tahiti sur la vague ultra puissante de Teahupoo.

Prévention. Cet accident est d’autant plus regrettable qu’Aritz se blesse rarement et qu’il s’était bien préparé. Il avait travaillé dur physiquement avec son entraîneur Aitor « Gallo » Francesena en gymnase et en piscine au centre omnisports de Zarautz pour prévenir ce genre de pépins.

Mauvais souvenir. Ce n’est pas la première fois qu’un surfeur européen se blesse à un moment déterminant de sa carrière en retombant mal d’un aérial. On se souvient de Miky Picon qui s’était blessé de la même façon à la cheville lors de l’O'Neill Surf Challenge d’Anglet en 2001 alors qu’une qualification lui tendait les bras.

Plus d’infos sur genou.com : http://www.genou.com/video/arthroscopie1,3mo.WMV

Toutes les infos santé du surfeur sont sur : http://www.surf-prevention.com/

Retrouvez cet article dans la rubrique “Dr Trip” du magazine Trip Surf n°119

Laird Hamilton sauve une vie…

Vendredi 14 mars 2008

Laird Hamilton (Photo Sylvain Cazenave) 

Le surfeur de grosses vagues fait à nouveau preuve d’héroïsme.

La scène se passe le lundi 3 décembre 2007 sur l’île de Maui dans l’archipel hawaiien. En ce « Big Monday », les vagues sont énormes sur le spot de « Outer Sprecks ». Laird Hamilton, 43 ans, et Brett Lickle, autre surfeur expérimenté de 47 ans, ont déjà surfé dans la matinée. Quand ils décident d’y retourner dans l’après-midi, les vagues ont quasiment doublé de taille : 40 pieds hawaiiens soit 80 pieds de face, c’est-à-dire des vagues approchant les 25 mètres de hauteur !

Note de Surf Prevention : il est quasiment impossible de prendre des vagues de cette taille à la seule force de ses bras. Les surfeurs s’aident d’un jet-ski pour s’élancer sur les vagues : c’est le tow-in ou surf tracté.

Brett Lickle tracte Laird Hamilton sur la deuxième vague de la plus grosse série de la journée. Puis il tente d’aller le récupérer après sa chute dans la zone d’impact avant l’arrivée de la vague suivante. Mais ils n’ont pas le temps de s’échapper de la zone dangereuse et une vague gigantesque leur ferme dessus. Alors que Lickle est éjecté du scooter des mers, une dérive en aluminium d’une planche vient lui entailler le mollet gauche…

Note de Surf Prevention : certaines dérives de tow-in en aluminium sont très tranchantes et peuvent occasionner de profondes blessures.

Le muscle triceps sural de Lickle est sectionné mais il doit encore supporter pendant de longues minutes de se faire violemment secouer sous l’eau, vague après vague. Quatre vagues suffisent à balayer les deux surfeurs 500 mètres plus loin, à distance de la zone d’impact.

Laird se lance dans une opération de survie en plein océan. Pour juguler le saignement du membre inférieur gauche de son ami, il aurait arraché une manche longue de sa combinaison pour l’utiliser comme garrot.

Note de Surf Prevention : le garrot ne s’utilise qu’en dernier recours pour stopper une hémorragie. Dans cette situation, Laird n’avait pas d’alternative. Un garrot du membre inférieur doit se faire au niveau de la cuisse, c’est-à-dire au dessus du genou.

Dave Kalama, le pote de Laird, est passé en hélicoptère au-dessus de la zone mais il ne les a pas repérés et il a passé son chemin à la recherche d’autres vagues sur la côte… Laird a dû nager dans une mer démontée sur plus de 500 mètres jusqu’au jet-ski pendant que Brett redoutait que son saignement n’attire les requins tigres qui rôdent dans les parages…

Laird est revenu récupérer Lickle et ils ont pu appeler les secours par radio. Comme le muscle pendait, Lickle n’a pas pu être remorqué allongé sur la planche du jet-ski car la résistance de l’eau aurait pu aggraver la lésion. Il a dû s’agenouiller sur la planche en prenant appui avec son corps sur le siège arrière du jet ski. Une ambulance attendait sur Baldwin Beach l’a transporté à l’hôpital. Il a fallu une heure pour recoudre la partie interne de sa blessure et 56 agrafes pour la refermer, le tout sous anesthésie locale car les médecins n’ont pas osé une anesthésie générale dans ce contexte de noyade. Un traitement antibiotique lui a été prescrit pour éviter une infection de la blessure.

Brett Lickle s’en est tiré à bon compte et conclut cette mésaventure en disant : « J’avais déjà enduré 4 ou 5 situations de ce genre dont je me suis sorti vivant par miracle. C’est un bon sentiment de s’en tirer et de se dire qu’il y a quelqu’un là-haut qui veille sur vous… »

Sa femme était également soulagée : « le tow-in est toujours un motif d’inquiétude pour moi mais j’ai une grande confiance en ses coéquipiers : Brett partait pour secourir Laird mais c’est Laird qui l’a sauvé ! »

Notes de Surf Prevention : Cette histoire confirme que le tow-in est une affaire de watermen entraînés et expérimentés. C’est un sport d’équipe car les équipiers veillent en permanence à se porter secours mutuellement.

Attention à certaines dérives de tow-in, encore plus tranchantes que les dérives classiques.

 

Mick Fanning se blesse…en snowboard!

Vendredi 14 mars 2008

Mick Fanning plâtré

Pour fêter le Jour de l’An, le nouveau champion du monde de surf, Mick Fanning, s’est offert un trip snowboard sur les pentes enneigées de Niseko sur l’île d’Hokkaido au Japon. Malheureusement,  il fait une chute sur le poignet gauche dès sa première descente…

Mick a cru que cela n’était pas grave jusqu’au moment où il a enlevé ses gants en fin de journée et a constaté que son poignet avait enflé…Il s’est rendu à l’hôpital où il a passé des radiographies. Le diagnostic de fracture du scaphoïde gauche est tombé et il a eu droit au plâtre.

Note de Surf Prevention : le traumatisme de « White Lightning » comme on le surnomme, n’a rien d’original : les traumatismes du poignet sont les plus fréquents en snowboard. D’après les Médecins de Montagne, les fractures du poignet représentaient 28,2% des traumatismes en snowboard sur les montagnes françaises en 2007. Le scaphoïde est l’osselet du poignet le plus souvent fracturé.

Les symptômes d’une fracture du scaphoïde sont une douleur ou un gonflement du poignet du côté du pouce. Ces fractures ne sont pas toujours évidentes à diagnostiquer dès les premières radios et il faut souvent répéter les clichés quelques jours ou semaines plus tard.

Traitement : une fracture simple du scaphoïde sans déplacement nécessite une manchette plâtrée ou une résine prenant le coude (initialement), le poignet et la première phalange du pouce pendant 2 à 3 mois. Un déplacement osseux nécessite un brochage ou un vissage chirurgical pour stabiliser la fracture.

Mick a pris le risque de continuer à snowboarder et a resurfé 15 jours à peine après son traumatisme.

Note de Surf Prevention : Il est étonnant qu’un professionnel resurfe si vite alors que ce type de fracture nécessite généralement une immobilisation stricte. De plus, il est proscrit de surfer avec un plâtre car l’eau peut l’abîmer et entraîner une macération de la peau.

Mick assure que cette fracture ne gênera pas sa préparation pour l’ASP World Tour 2008 qui reprend à Snapper Rocks sur la Gold Coast en Australie fin février. Espérons pour lui que sa fracture aura consolidé d’ici là mais rien n’est moins sûr : les fractures du scaphoïde peuvent mettre longtemps à guérir et se compliquent parfois d’une « pseudarthrose » entre les 2 fragments d’os.

Note de Surf Prévention : Mick le dit lui-même : « Je pensais que les protège-poignets étaient pour les chochottes mais après ce qui m’est arrivé, je ne peux que les recommander vivement à tout le monde… ». Trop peu de snowboardeurs utilisent des protège-poignets : sur les massifs montagneux de l’hexagone on estime que seuls 17% des snowboardeurs utilisent des protections de poignet : c’est insuffisant !

Pour plus d’informations, allez sur le site de Mick Fanning: www.mickfanning.com