Dans la logique de « surfer la vie » prônée par le scientifique Joël de Rosnay, nous devrions tous surfer sur la vague de notre santé en devenant acteurs et en combinant les différents moyens à notre disposition pour l’améliorer.

Comme le surfeur sur sa vague, le patient du XXIe siècle doit maintenant intégrer tout un tas d’informations pour décider d’une orientation. Devant la nouveauté et la multiplication des traitements, techniques et sources d’informations, le patient peut se sentir submergé par cette nouvelle vague, car il n’est plus dans un parcours de soin basique mais dans un « réseau » de santé pouvant être perçu comme complexe et mal fléché. Pour se repérer dans cet océan, le patient devrait d’abord prendre des « cours de surf » pour choisir les bonnes vagues de sa santé, et ainsi éviter le wipeout

A l’heure actuelle, nous agissons trop souvent contre notre santé – sans forcément nous en rendre compte – en adoptant une alimentation et un mode de vie incompatibles avec une santé durable. Nous tentons ensuite de lutter contre des maladies déjà déclarées, au lieu de nous atteler à les prévenir avant tout. Il y a une grande différence entre la personne qui attend d’être malade pour s’inquiéter (et à laquelle la médecine va proposer des solutions radicales en « urgence » qui vont agir contre des symptômes), et celle qui fait en sorte d’agir en amont pour tenter de prévenir la survenue d’une pathologie. Il ne faudrait pas attendre qu’il y ait le feu pour agir. La médecine classique répond en offrant des extincteurs une fois que le feu s’est déjà propagé, mais n’agit pas toujours suffisamment en amont pour prévenir l’incendie.

Aujourd’hui, on ne va chez le médecin que lorsqu’on a (ou que l’on pense avoir) quelque chose, mais nous devrions aussi pouvoir consulter un médecin quand on n’a « rien », pour améliorer notre état de santé de base, booster nos défenses naturelles et ainsi prévenir les maladies aiguës ou chroniques qui nous menacent. Le médecin deviendrait alors un conseiller de santé, avant d’être un technicien de la maladie, au service d’un patient ayant pris le contrôle de sa propre santé.

Car le patient est maintenant au centre de sa prise en charge. On n’est plus dans la relation pyramidale où seul le médecin dictait à son patient la conduite à tenir. Le patient est aujourd’hui dans une relation de partenariat avec son médecin à qui il donne son consentement après avoir reçu les informations nécessaires à sa décision éclairée. Le patient arrive avec des connaissances, bientôt avec des automesures (applications smartphone pour monitoring de la tension artérielle, du rythme cardiaque, de la glycémie…), et il a parfois consulté d’autres soignants avant son médecin. Dans les années à venir, il n’aura même plus l’obligation d’être face à un médecin qui le consultera à distance grâce aux avancées de la télémédecine et des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC).

Si cette nouvelle approche de la santé paraît séduisante sur le papier, elle constitue pour le moment une grande cacophonie où le patient se retrouve parfois perdu entre de multiples avis contradictoires: l’avis de son médecin contredit ce que lui dit son ostéopathe ou ce qu’il a lu sur un forum Internet…

Internet a permis la démocratisation du savoir médical mais il ne permet pas toujours de séparer le bon grain de l’ivraie sans les conseils avisés d’un professionnel de santé qualifié.

Surfer la vague de la santé, c’est aussi savoir passer d’un praticien de santé à un autre dans le cadre d’une prise en charge pluridisciplinaire (associant le médecin, le kinésithérapeute, le pharmacien, la diététicienne…), à condition bien sûr qu’il y ait un chef d’orchestre qui coordonne le tout. Ce rôle ne peut être assumé que par le médecin qui devrait retrouver son rôle de pivot, à condition de lui redonner les moyens d’exercer son art dans l’indépendance et la sérénité.

Une vraie santé 2.0 ne pourra se faire qu’avec la reconnaissance et l’accréditation des médecines alternatives et complémentaires et des nouveaux thérapeutes. Or, une discipline comme la naturopathie n’est toujours pas reconnue en France (contrairement à des pays développés comme l’Allemagne, les Etats-Unis ou l’Australie) et l’ostéopathie souffre de l’hétérogénéité des formations et donc des compétences inégales des futurs diplômés.

Peut-on encore parler santé en 2013 sans inclure les médecines naturelles ? Il n’y a plus une seule vision de la médecine qui écrase toutes les autres, mais une demande de plus en plus forte des patients pour une médecine plus globale où le meilleur de la médecine moderne s’associerait au meilleur des médecines alternatives éprouvées dans une approche holistique. Ces médecines dites alternatives, qui sont en fait complémentaires, s’inscrivent dans cette logique. Nous évoquerons surtout ici la naturopathie, et l’homéopathie à laquelle 56% des français ont maintenant recours.

Des disciplines comme le yoga ou la méditation de plus en plus plébiscitées par le public, qui prennent soin du corps et de l’esprit, peuvent aussi participer à la prévention, tout comme les activités physiques à visées préventive ou thérapeutique.

On accompagne le corps vers une santé durable grâce à une bonne hygiène de vie et à des moyens complémentaires. Il n’y a pas de petits moyens pour potentialiser son état de santé. C’est la somme de nombreuses petites choses et de différentes approches qui fera que vous aurez une santé de fer.

C’est à vous de ramer pour prendre la vague d’une vie plus saine et équilibrée. Au même titre qu’un surfeur ne devrait pas lutter contre l’océan mais composer avec lui, nous devrions oeuvrer pour accompagner notre organisme vers un état de santé optimal. Cela passe pour une écoute plus attentive de son corps et par une meilleure connaissance des moyens de le fortifier sans lui nuire.

Il faut avant tout préparer « le terrain » pour le rendre impropre au développement de la maladie. « Le microbe n’est rien, le terrain est tout » aurait déclaré Pasteur au crépuscule de sa vie. Et pour préparer le terrain – notre corps – il faut lui offrir un environnement stable et compatible avec la vie en bonne santé.

Nous verrons dans ce qui va suivre que l’eau de mer et les produits d’origine marine peuvent devenir nos meilleurs alliés santé.

A propos de l'auteur :

Médecin, surfeur, auteur du livre Surf Thérapie. Adjoint au maire de Biarritz à l'Environnement, Qualité de Vie et Bien-Être.

 

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6 Commentaires

  1. Ben dit :

    Dommage que l’article ne parle pas de la chiropraxie, médecine douce permettant de traiter efficacement les douleurs de dos. Très connue à travers le monde, et de nombreux pays francophone, elle reste souvent oubliée par les médecins français.

    • Grofiion dit :

      Et la chiropraxie elle soigne les hémorroïdes aussi ?

    • Il est vrai que l’on ne parle peut-être pas assez de la chiropraxie. Les surfeurs professionnels connaissent pourtant bien la discipline et le directeur médical de l’ASP, Tim Brown, est lui-même chiropracteur.

      Le grand public ne connaît pas bien la chiropraxie et ne fait pas forcément la différence avec l’ostéopathie.

      Si les médecins français l’oublient comme vous dites, c’est que la chiropraxie n’est même pas évoquée pendant le cursus médical.

      Nous devrions pourtant intégrer ces alternatives au médicament et à la chirurgie dans nos « arbres décisionnels ».

      Mais aujourd’hui encore, chacun prêche pour sa paroisse et croit détenir la vérité universelle.

      Le patient est pris en otage au milieu et a du mal à s’y retrouver.

      S’il a mal au dos, qui le soulagera le mieux ? Son médecin ? Le rhumato ? L’orthopédiste ? L’ostéopathe ou le chiropracteur ?

      C’est à chacun de nous professionnels de santé de mieux communiquer pour bien expliquer qui fait quoi comment.

      Si un chiropracteur/chiropractrice veut contribuer à Surf Prevention pour aborder des sujets touchant au surf, cela pourrait être intéressant.

  2. Osteohendaye dit :

    L’osteo et la chiro ont grosso modo les mêmes principes fondamentaux, le fondateur de la chiro était me semble t il un eleve du fondateur de l’osteo …
    Il y a parfois plus de similitudes entre un chiro et un osteo qu’entre 2 osteos, c’est une richesse et une faiblesse pour l’ostéopathie car les patients ne savent pas chez qui ils vont tomber…
    Et je partage complètement ton point de vue pour ce qui est de l’approche préventive, les médecines orientales l’avaient bien compris.
    Le terrain est fondamental !!!

    http://www.osteohendaye.com

  3. Surfer sur la Vague de la Santé : Un sujet hyper intéressant, sauf que je me demande bien comment garder cette vague bien haute pour répondre à nos besoin le plus longtemps possible ?!

    Merci pour ce partage & bon courage pour la suite.

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