Oubliez le jogging ou le sport en salle : rien ne vaut le milieu aquatique naturel pour se dépenser !

La dépense énergétique liée à l’activité physique est le plus souvent exprimée en calories (ou kilocalories plus exactement). Pour se faire une idée de l’énergie dépensée pendant une activité aquatique (surf, stand-up paddle, natation ou marche aquatique), voyons approximativement les calories « brûlées » par une personne de 75 kg pendant une durée de 30 minutes* d’exercice.

Surf : 150 calories (session tranquille)
Cette estimation basse correspond à une session de 30 minutes dans des vagues d’1 mètre. La dépense énergétique relativement faible correspond au fait qu’on passe en moyenne 40% du temps stationnaire à attendre les vagues, moins de 5 % du temps à surfer, et 50% du temps à ramer (la rame étant la partie la plus physique de la session).
La dépense énergétique au cours d’une session sera d’autant plus augmentée que : les vagues surfées sont fréquentes, longues et/ou grosses ; que le surf est actif (plus de figures) ; que la rame est physique (courant, nombre de canards, distance bord-lineup ; que la température ressentie est froide (eau froide, vent, combinaison peu épaisse ou pas de combinaison). Pour rentabiliser sa session niveau dépense énergétique, il faut donc rester le plus actif possible, tout en restant correct bien évidemment (ne pas snaker pour prendre plus de vagues que les autres).

Stand-Up Paddle : 200 calories (en SUP balade à un rythme modérée)
Le grand avantage du SUP en balade est qu’on est toujours en mouvement. Le temps debout est maximisé et même à l’arrêt, les muscles centraux et des membres inférieurs sont sollicités en permanence pour garder l’équilibre.
Pendant une session de SUP surfing dans les vagues, la dépense énergétique peut monter à 300 calories / 30 minutes, à condition qu’il n’y ait pas de temps mort (privilégier une session active où on enchaîne les vagues et les remontées au pic, à condition là-aussi de ne pas importuner les autres surfeurs).
La course en stand-up paddle (« SUP Race ») reste la façon la plus énergivore de pratiquer le SUP avec une dépense qui peut monter à 500 calories par demie-heure. La course en SUP est très exigeante physiquement et ne doit être pratiquée que par des personnes entraînées après un check-up cardio-vasculaire.

stand up paddle tahiti
Photo Tim McKenna / Surf Thérapie.

Natation : 250 calories (nage continue à un rythme modéré)
Le nombre de calories dépensées est variable en fonction de la nage pratiquée avec par dépense énergétique croissante : le dos crawlé, la brasse, le crawl et la nage papillon.
Le bodysurf dans les vagues peut être encore plus physique selon la taille des vagues, le courant et la température de l’eau, et peut approcher les 500 calories / 30 minutes pour une session physique.
La dépense est augmentée pendant les bains de mer en eau froide en maillot.

natation biarritz
Photo Laurent Masurel / Surf Thérapie.

Marche aquatique : 250 calories (marche soutenue avec de l’eau au-dessus des genoux)
La marche dans l’eau de mer est plus physique que la marche dans le sable classique (environ 100 calories par 1/2 heure), car on doit vaincre la résistance hydrodynamique, d’autant plus importante qu’on marche vite. Pour augmenter la difficulté, il suffit de s’immerger davantage, et d’avancer plus vite : en passant d’une eau à mi-mollet à de l’eau jusqu’au sternum, on multiplie la résistance par 10 environ ; en marchant 2 fois plus vite dans l’eau, la résistance de l’eau est multipliée par 4. On peut également utiliser des gants palmés, des plaquettes ou une pagaie pour augmenter encore la résistance. La température basse de l’eau et la présence de vagues augmentent la dépense énergétique d’une activité qui peut devenir extrêmement physique.

marche aquatique cote basque
Photo Arnaud Texier / Surf Thérapie.

Ces 4 activités (surf, SUP, natation et marche aquatique) permettent une dépense énergétique située entre 300 et 1000 kilocalories / heure en fonction de l’intensité de pratique. A vous de choisir en fonction des conditions du jour et de votre temps disponible de l’activité qui sera la plus « rentable » physiquement.

Indice de Masse Grasse chez les surfeurs :

Différentes études sur la morphologie de surfeurs de haut niveau ont montré qu’ils étaient significativement plus petits (174 cm pour les garçons, 166 cm pour les filles) et plus légers (68 kg pour les hommes, 59 kilos pour les femmes) que les athlètes d’autres sports comme la natation. Ceci peut s’expliquer par le fait qu’un morphotype petit et léger peut être un avantage pour le surf (le surf est un sport où on peut voir des champions de moins de 1m70 et des championnes de moins de 1m65).

Les surfeurs présentent des pourcentages de masse grasse très variables, ce qui suggère que ce paramètre n’est pas déterminant dans la pratique du surf. Mais paradoxalement, la masse grasse est relativement élevée chez les surfeurs de haut niveau. L’indice de masse grasse de surfeurs professionnels est inférieur à celui de la population générale, mais il reste supérieur à celui d’athlètes d’autres disciplines, d’endurance notamment. Chez les surfeurs de haut niveau, il se situe entre 9,5% et 10,5% selon les études. Chez les surfeuses pro, il se situerait entre 19,5% et 22%.

Ces pourcentages de masse grasse relativement élevés peuvent s’expliquer par l’exposition des pratiquants au froid et par la protection qu’une couche graisseuse peut apporter. On retrouve ce phénomène chez d’autres sportifs aquatiques comme chez certains nageurs. Les activités aquatiques ne sont donc pas faites pour « fondre » (ce qui ne devrait jamais être l’objectif) mais permettent d’obtenir un poids et un indice de masse corporel normal (inférieur à 25).

*plus le poids de la personne et la durée de l’exercice augmentent, plus le nombre de calories dépensées augmente.

Cet article est extrait du livre Surf Thérapie. Pour en savoir plus :

Références :

Mendez-Villanueva A, Bishop D. Physiological aspects of surfboard riding performance. Sports Med. 2005;35(1):55-70.
Hervé Dubois. Etude du suivi physiologique de surfeurs français de haut niveau pendant 5 ans. Thèse de médecine. Université Victor Segagen – Bordeaux II.
Meir, RA, Lowdon, BJ & Davie, AJ 1991, ‘Heart rates and estimated energy expenditure during recreational surfing‘, The Australian Journal of Science and Medicine in Sport, vol. 23, no. 3, pp. 70-74.
Lowdon, BJ. The somatotype of international surfboard riders. Aust J Sports Med. 1980; 12: 34–39
Lowdon, BJ. Fitness requirements for surfing. Sports Coach. 1983; 6: 35–38
Lowdon, BJ and Pateman, NA. Physiological parameters of international surfers. Aust J Sci Med Sport. 1980; 12: 30–33
Ainsworth BE, et al. 2011 compendium of physical activities: A second update of codes and MET values. Medicine & Science in Sports & Exercise. 2011;43:1575.

Liens:
www.mayoclinic.org/healthy-living/weight-loss/in-depth/exercise/art-20050999
www.surfinok.com/how-many-calories-does-paddle-boarding-burn/
www.mensfitness.com/get-fit/top-5-water-activities-for-burning-calories
www.nutristrategy.com/caloriesburnedswimming.htm
www.natationpourtous.com/entrainement/nutrition-depenses.php

A propos de l'auteur :

Médecin, surfeur, auteur du livre Surf Thérapie. Adjoint au maire de Biarritz à l'Environnement, Qualité de Vie et Bien-Être.

 

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4 Commentaires

  1. surfnoumea dit :

    C’est sur que quand « Alana » surfe en micro bikini parce que rip curl lui a demandé, elle brule plus de calorie que si elle avait un shorty, mais c’est moins vendeur…..

  2. mi dit :

    la marche aquatique c’est très bien pour les calories, le surf pour le fun, le paddle pour l’équilibre, la natation pour l’endurance et le shorty pour l’hiver…

  3. joe dit :

    et comme d’ habitude le bodyboard on se gratte !!!

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