La méthode de remise en forme « Surf Thérapie » que je vous propose se réalise exclusivement dans l’environnement marin naturel. Il ne s’agit pas d’une thalasso aseptisée « en boîte » que proposent certains établissements. J’ai remarqué avec étonnement l’autre jour qu’un grand centre de thalassothérapie proposait à ses curistes de « profiter des bienfaits de la mer à l’intérieur de l’établissement ». Il me paraît antinomique de vouloir profiter pleinement des bienfaits d’un élément naturel enfermé dans un centre… Je m’amuse parfois en voyant les clients de ces centres de thalasso isolés de l’environnement océanique derrière les vitres d’un local pendant que je passe devant eux sur la plage avec ma planche de surf pour profiter de la thalassothérapie…la vraie !

A mon sens, une thalassothérapie ne peut être complète que si le curiste bénéficie de soins dans le milieu marin, à l’extérieur. Et quelle façon plus agréable y-a-t-il de profiter de la mer que d’y surfer ? La véritable thalassothérapie se réalise au grand air marin, sur le sable de la plage, dans l’eau de mer ou sur les vagues de l’océan comme je le propose dans la « Surf Thérapie ». Et cette thalassothérapie-là ne coûte pas un centime !

Lisa Andersen Stand Up Paddle Surf - Copyright Tim Mac Kenna

Joseph La Bonnardière, l’inventeur du concept de thalassothérapie, doit parfois se retourner dans sa tombe. Dans sa thèse qui date de 1865, ce médecin avait défini la thalassothérapie comme « le traitement hygiénique, préservatif et curatif par la mer et tout ce qui tient à la mer, la médication essentiellement marine. » La thalassothérapie était encore utilisée au début du XXe siècle pour soigner des patients atteints de tuberculose dans les sanatoriums marins. Mais la présence de malades contagieux, vécue comme une promiscuité par les plagistes en vacances (de plus en plus nombreux depuis les congés payés instaurés en 1936 par le Front Populaire en France)  a eu progressivement raison de la vocation thérapeutique de ces centres qui se sont tournés vers la cure hygiéno-diététique préventive.

L’aspect médical de la thalassothérapie est passé au second plan en ce début de 21e siècle. Ce n’est peut-être pas un hasard si on parle plus volontiers en 2010 de « thalasso » que de « thalassothérapie ». Le côté thérapeutique a été progressivement occulté par le bien-être. Même si celui-ci est intimement lié à la santé, le grand public a tendance à considérer une thalasso comme un cure de confort plutôt que comme de véritables soins médicaux.

Le coût des soins est un facteur limitant pour la démocratisation de la thalassothérapie. A l’heure actuelle, force est de constater que ce sont plutôt des gens aisés qui profitent de la thalasso. On entend souvent parler de telle vedette ou de tel animateur de la télévision qui vient se ressourcer en thalasso. Ces soins sont encore difficilement accessibles aux classes sociales inférieures qui en auraient le plus besoin, car plus sujettes à certaines pathologies comme la fatigue, le stress ou les troubles musculo-squelettiques. Les Français aiment l’eau mais encore faudrait-il leur donner les moyens d’en profiter au quotidien. D’après une étude IPSOS récente, seuls 14% des hommes et 21% des femmes déclarent avoir déjà fait une cure de thalassothérapie.

Ne croyez pas que je suis un détracteur de la thalassothérapie. J’en suis au contraire un fervent défenseur et j’aimerais pouvoir prescrire des soins de thalassothérapie à mes patients. J’ai d’ailleurs écrit une lettre en ce sens à Roselyne Bachelot, notre Ministre de la Santé qui vient elle aussi se ressourcer régulièrement en thalasso, en lui suggérant de rembourser les soins de thalassothérapie dans certaines indications médicales. Une thalassothérapie peut apaiser des maux comme certains troubles psychologiques ou des douleurs rhumatismales. Une cure de thalassothérapie devrait également être prise en charge pour les femmes qui viennent d’accoucher, à une époque où celles-ci doivent encore reprendre le travail avant d’avoir fini leur allaitement (malgré les recommandations de l’Académie de Médecine).

Pourquoi ne pas compenser le déremboursement de certains médicaments au service médical rendu jugé insuffisant par la prise en charge de soins de thalassothérapie par l’assurance-maladie ? Le frein majeur est que la thalassothérapie n’a pas encore suffisamment fait la preuve « scientifique » de ses vertus thérapeutiques dans certaines indications pour prétendre à une telle prise en charge. A l’heure de la médecine fondée sur les preuves (« evidence-based medicine »), il faut des études épidémiologiques sérieuses pour démontrer l’intérêt médical de tel ou tel traitement. Le thermalisme a bien compris cet enjeu et a sorti récemment des études de tout premier plan qui prouvent, si besoin en était, les vertus des cures thermales (cf. étude Thermarthrose qui démontre les bénéfices de la cure thermale sur l’arthrose du genou). Et comme on ne trouve que ce que l’on cherche, la thalassothérapie a tout intérêt elle aussi à multiplier les études pour étayer les bienfaits de ses soins sur la santé. Les eaux thermales ont des propriétés curatives et l’eau de mer a aussi les siennes qu’il faut établir scientifiquement en s’appuyant sur les nombreux travaux qui ont déjà été réalisés aux siècles précédents. Les centres de thalassothérapie proposent une eau de mer purifiée, réchauffée administrée en bains, en douches, en jets…qui permettent de potentialiser les vertus de l’eau de mer.

Je suggère de démocratiser la thalassothérapie en la rendant accessible à tous, de remettre le versant médical au centre de cette discipline (en remettant en avant les vertus thérapeutiques de l’eau de mer et du climat marin pour soigner des maux courants). Il faudrait aussi et surtout mieux utiliser l’océan qui se trouve juste en face des centres de thalassothérapie : c’est tout l’objectif de mon concept de « surf thérapie » dont j’espère que les curistes pourront un jour bénéficier. Rajouter un côté ludique et naturel aux thalassothérapies en initiant les curistes au surf permettrait de renouveler l’engouement pour les cures de thalassothérapie et d’attirer un public plus jeune. La Surf Thérapie que je propose est complémentaire d’une thalassothérapie classique. Le surf pourrait faire partie intégrante du programme de soins préconisé par le médecin du centre (plutôt que d’être proposé en stages indépendants de la cure comme cela se fait dans certains centres).

A propos de l'auteur :

Médecin, surfeur, SUPeur. Auteur des livres Surf Thérapie et DETOXseafication. Adjoint au maire de Biarritz à l'Environnement, Qualité de Vie et Bien-Être.

 

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