Une étude publiée dans le BEH (Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire) du 24 Avril 2012 confirme qu’une large part de la population française vivant en métropole est déficitaire en vitamine D. En partie liées à l’alimentation, les carences en vitamine D s’expliquent avant tout par une exposition solaire déficiente ou inadaptée.

Chez les adultes de 18 à 74 ans résidant en France, l’insuffisance en Vitamine D (<30 ng/ml) concernait 80,1% des adultes, 42,5% présentant un déficit sévère à modéré (<20 ng/ml) et 4,8% un déficit sévère (<10 ng/ml). La concentration moyenne en Vitamine D est de 23,0 ng/ml, allant de 4,6 ng/ml à 79,5 ng/ml.

La concentration en 25(OH)D variait significativement selon le sexe, le lieu de naissance, le niveau d’éducation, le fait de partir ou pas en vacances, la corpulence, le tabagisme, le niveau d’activité physique. Les déficiences étaient plus fréquentes chez les participants nés en dehors d’Europe, chez les fumeurs, durant la période de février à mai et dans les zones de résidence présentant le moins bon ensoleillement annuel.

La concentration en vitamine D était plus élevée lorsque le prélèvement était réalisé entre juin et septembre, dans la zone de plus fort ensoleillement (cf. carte), et chez les participants ayant les apports alimentaires en vitamine D les plus élevés. Les apports alimentaires quotidiens moyens en vitamine D étaient de 2,3 μg/j [2,1-2,4].

Les plus faibles concentrations étaient observées de février à mai dans les deux zones de moindre ensoleillement, avec des concentrations moyennes respectivement de 18,5 et 19 ng/ml.

Sur l’année, la prévalence du déficit modéré à sévère variait de 24,4% entre les mois de juin et septembre à 56,2% entre les mois de février et mai, tandis que la prévalence du déficit sévère variait de 1,3% à 8,2% sur ces mêmes périodes. Entre juin et septembre, seuls 14,5% des participants résidant dans la zone de plus fort ensoleillement étaient concernés par un déficit modéré à sévère. À l’inverse, 64,6% des participants de la zone de moindre ensoleillement présentaient un tel déficit entre février et mai.

Les auteurs se sont basés sur les résultats de l’Étude nationale nutrition santé (ENNS) réalisée en 2006-2007 et qui comportait notamment un recueil des informations démographiques, anthropométriques (poids, taille), les habitudes alimentaires, et un dosage sanguin de la 25-hydroxyvitamine D sérique (25(OH)D). Les analyses ont porté sur 1 587 adultes (974 femmes, 613 hommes), excluant les personnes prenant une supplémentation.

La vitamine D est principalement produite de manière endogène sous l’action des rayonnements UV sur la peau, le complément provenant de l’alimentation (poissons
de mer gras sauvages, jaune d’oeuf…). Le risque de déficit en vitamine D dépend de l’ensoleillement de la région où l’on réside (variable selon la latitude, la saison, la pollution atmosphérique…), des pratiques d’exposition modérée mais régulière au soleil (activités de plein air, vêtements plus ou moins couvrants, utilisation d’écrans solaires, etc.), de la pigmentation de la peau et des apports alimentaires. Les enfants en bas âge, les femmes enceintes et les personnes âgées sont davantage exposés au risque de déficit, du fait de l’augmentation des besoins et d’une exposition moindre au soleil.

Comme le rappellent les auteurs, la vitamine D joue un rôle capital dans la minéralisation osseuse ; un déficit en vitamine D entraînant un risque d’ostéomalacie, d’ostéoporose et donc de fractures. La vitamine D pourrait également jouer un rôle protecteur contre l’hypertension artérielle, les maladies cardiovasculaires et certains cancers (cancer du côlon, cancer du sein et cancer de la prostate) et constituer un modulateur important du système immunitaire.

Source : Michel Vernay (michel.vernay@univ-paris13.fr), Marie Sponga, Benoît Salanave, Amivi Oléko, Valérie Deschamps, Aurélie Malon, Katia Castetbon. Statut en vitamine D de la population adulte en France : l’Étude nationale nutrition santé (ENNS, 2006-2007). BEH 16-17 / 24 avril 2012

Version intégrale : http://www.invs.sante.fr/Publications-et-outils/BEH-Bulletin-epidemiologique-hebdomadaire/Derniers-numeros-et-archives/Archives/2012/BEH-n-16-17-2012

Lire aussi : – surf thérapie : du soleil chaque jour pour synthétiser la vitamine D.

A propos de l'auteur :

Médecin, surfeur, auteur du livre Surf Thérapie. Adjoint au maire de Biarritz à l'Environnement, Qualité de Vie et Bien-Être.

 

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1 commentaire

  1. Ensoleillement à Biarritz en avril 2012 : 3 fois inférieur à la normale ! 66 heures de soleil à peine sur le mois au lieu de 171 en moyenne…

    Heureusement le soleil est enfin revenu aujourd'hui 🙂

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