Les surfeurs représentent l’une des plus grandes communautés au monde d’hommes, et de femmes, de la mer. Nous devons aujourd’hui nous mobiliser d’urgence pour protéger les océans dont dépend l’équilibre planétairemenacé à court terme. Si nous ne le faisons pas, personne ne le fera à notre place. Il nous faut nous sentir encore davantage concernés par les océans d’où viennent les vagues que nous surfons.

Nous avons beaucoup mieux à faire que de protéger jalousement les seules vagues qui cassent en face de chez nous pour notre petit plaisir personnel… Il est temps de passer d’un localisme territorial, égoïste et borné à un localisme environnemental, altruiste et constructif.

Jusqu’à présent, les surfeurs ont surtout défendu leur pré carré avec leurs vagues en tant que « ressources surfables ». La mobilisation s’est manifestée par le localisme avec ses travers. Les surfeurs locaux se sont parfois organisés en bandes pour faire la loi sur leurs spots et lutter contre leur surfréquentation par des surfeurs extérieurs, comme l’a montré l’exemple des Blacks Shorts à Hawaii ou des Bra Boys en Australie.

Aujourd’hui, le localisme violent inter-surfeurs n’a plus de raison d’être. Plutôt que de nous tirer dans les pattes, la priorité aujourd’hui est à l’union sacrée entre les surfeurs pour défendre notre bien commun : l’Océan. Nos ennemis ne sont pas les autres surfeurs, mais tous ceux qui polluent, pillent et tuent les océans. Ainsi que tous ceux qui ne font rien pour les préserver.

On dit les surfeurs individualistes, mais ils savent très bien se mobiliser quand ils le veulent et se montrer solidaires. Des surfeurs locaux se mobilisent déjà pour protéger leur spot, face à une pollution ou à des projets immobilier, d’aménagement du territoire, d’exploitation énergétique, qui menacent leurs vagues. On l’a vu dans les Landes avec la mobilisation contre le projet EDF, à Fukushima après la catastrophe nucléaire, à Jeffreys Bay contre le projet de centrale nucléaire, au Chili contre une centrale à charbon, ou encore à Madère avec l’artificialisation du littoral.

Nous devons aujourd’hui regarder encore plus loin que l’horizon de notre spot, car ce sont tous les océans qui sont menacés. Défendre certaines vagues en particulier n’est pas pertinent quand on sait que c’est l’ensemble de l’environnement marin et son équilibre global qui sont menacés. Les problèmes environnementaux dépassent largement le territoire de nos spots, et ne peuvent pas toujours se résoudre localement. A un problème global, il faut répondre par une mobilisation générale.

Au lieu d’être les locaux d’un seul spot, nous devons devenir des locaux de l’Océan.

Aujourd’hui, de lourdes menaces pèsent sur les océans : pollutions plastiques, chimiques, microbiologiques, radioactives… mais aussi surpêche disparition des récifs coralliens, acidification des océans… Nous sommes les premières victimes collatérales de ces problèmes qui nous amènent à surfer dans un environnement altéré, mais nous confrontent également à des effets inattendus comme les invasions de méduses ou la recrudescence des attaques de requins à certains endroits.

Nous ne pouvons plus compter que sur nous-mêmes. C’est à nous, surfeurs et gens de la mer, de reprendre notre destin en mains. Comme l’affirme Jean-Michel Cousteau, les surfeurs sont les meilleurs ambassadeurs de l’océan. Internet et les réseaux sociaux ont démontré que la communauté des surfeurs se compte en millions de personnes.

L’Union fait la force. Pour faire entendre notre voix et peser dans les décisions politiques, il est temps de nous rassembler dans un groupe qui transcendera les frontières, les nationalités et les convictions politiques ou religieuses. Il est temps de former un groupe qui rassemblera aussi bien les surfeurs qui luttent contre la pollution en France que les surfeurs japonais de Fukushima. Il est temps de nous organiser de manière indépendante des marques, des fédérations et des associations dont l’action est paralysée par les conflits d’intérêts avec les puissants lobbys de l’eau et de l’énergie notamment.

Il faut faire comprendre aux politiques que la communauté des surfeurs est une communauté qui compte dans la défense du milieu marin, tant au niveau local qu’international.

La première étape est de nous rassembler dans un groupe partageant comme objectif commun la protection réelle, efficace et immédiate des Océans.

A propos de l'auteur :

Médecin, surfeur, auteur du livre Surf Thérapie. Adjoint au maire de Biarritz à l'Environnement, Qualité de Vie et Bien-Être.

 

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13 Commentaires

  1. Adrien dit :

    Ok !

    Que fait-on ?
    Par où commence-t-on ?

    Je l’ai dit sur d’autres billets : Je suis contre la pollution et le localisme.
    Par contre, je pollue quand même, comme tout le monde, et si je suis d’accord pour que l’on arrête de polluer la planète, je préfère que les usines de traitement/épuration/dépollution/valorisation/recyclage ne soient pas trop proches de chez moi, comme tout le monde…

    Je peux quand même participer ?

  2. En fait, on a déjà commencé depuis longtemps avec les différents articles qui ont pu être publiés et les réactions des internautes dont tu fais partie Adrien.

    Bien sûr que tu peux participer !

    On t'explique la marche à suivre dans un tout prochain article 🙂

  3. Adrien dit :

    Quand je vois le nombre de réactions que peuvent soulever vos billets sur "faut-il réglementer les S.U.P. sur nos spots ?" et "l'évolution du localisme", par rapport aux sujets tellement plus importants concernant l'Environnement marin, la proctection des océans, etc, je suis malheureusement un peu pessimiste sur les réelles convictions et motivations de l'Homme…

    Et encore, les gens qui parcourent ce blog sont censés être "un peu" sensibilisés !

    Bref, y a du boulot ! Bon courage !

  4. Dav dit :

    cette planète est foutue, quiquonque ose dire le contraire est un fou, alors surfons un maximum en limitant nos emissions de produits et de gaz polluants, parceque avoir foi en l'avenir et surtout en l'humanité relève de l'aveuglement complet.

    Ami(e)s utopistes, revez, moi je vais surfer pres de ma centrale nucléaire.

    Peace
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Centrale_nucl%C3%A9a

    • rd dit :

      En tous temps et en tous lieux on a cru à la fin du monde, Dav. Nos connaissances ne nous permettent pas d'affirmer que la planète est foutue comme tu dis… Ce serait bien présomptueux. Elle a sans doute beaucoup plus de "ressources" que tu ne le penses, et croire que l'homme par son action la détruira forcément est très misanthropique et défaitiste…

      Si les ressources naturelles ne sont pas illimitées, des alternatives au chaos écologiques existent, d'autres vont être inventées mais il faut du temps pour qu'elles pénètrent les esprits… D'autant que notre urgence écologique se heurte à une urgence sociale dans le monde en voie de développement (Chine, Inde etc). Les pays en voie de développement se développent et à terme, les populations de ces pays seront suffisamment riches pour sortir la tête du guidon et à ce moment, elles commenceront à se préoccuper de la planète. Notre temps n'est pas leur temps. En attendant faisons notre possible pour préserver la biodiversité sans moralisme ni catastrophisme (ces deux vilains défauts ont un effet répulsif sur les gens vis-à-vis de l'écologie) mais avec responsabilité.

      Il ne faut pas être pessimiste pour deux raisons : la 1ère est que suivant ton raisonnement, mort pour mort autant se lâcher et ne faire aucun effort, la 2nde est que cela ne sert à qu'à angoisser tout le monde… Les mentalités changent, il faut malgré tout croire en l'homme.

  5. clo dit :

    En tout cas, ce n’est pas en allant « nettoyer » les plages comme des toutous que les choses évolueront. Ces actions arrangent les politiques et les vacanciers. Demandez aux touristes si ils trouvent les plages propres?95% seront affirmatifs.Normal, la cribleuse est passé ce matin, de la poudre aux yeux.
    Perso je serai pour laisser la merde sur la plage l’été,que le tourisme en prenne un coup. Ce ne sera que comme ça que les politiques bougeront sous la pression des lobby touristiques(et encore?). Ou alors,je veux bien nettoyer les plages pour tout mettre devant un bâtiment représentant l’Etat.
    La « pression des surfeurs »(soi dit en passant des consommateurs féroces de produits polluants importés), ça doit bien les faire rigoler à nos politiques et autres dirigeants économiques….
    Enfin, réagir sur un post comme le localisme ou les sup est bien plus à la portée de tout le monde, que de problèmes géopolitiques qui nous dépassent complètement la plupart du temps.
    « Surf prévention », ton idée est très jolie, mais je crois que la réalité est bien plus dure. Les chinois et autres nations émergentes, en ont rien à carrer des surfeurs.Ils boycottent les grands sommets « écolos »(même si les nations présentes font plus acte de présence qu’autre chose),alors les surfeurs sur facebook ou autres ne vont pas trop les préoccuper…

  6. incognito dit :

    commencons par nous opposer au projet EDF…

  7. Steph dit :

    L'écologie intéresse beaucoup de monde, et beaucoup de surfeurs, tant mieux.
    Mais les types qui gagnent des millions d'euros en polluant et en faisant polluer n'en ont absolument rien à battre, ils veulent du pognon, plein, maintenant et tout de suite.
    Hasard malencontreux ou volonté divine (ou les deux), ce sont aussi ceux qui nous gouvernent, ou en tout cas qui décident ou financent ceux qui décident…
    Pendant que je trie mes déchets, les gros industriels polluent à tour de bras, tandis que j'évite de jeter mon mégot de clope, d'immenses quantités de produits chimiques sont déversées dans la mer, par des types qui ont le "mérite agricole" ou la "légion d'honneur"…

    La mobilisation contre la destruction des ressources naturelles suivra la même pente que celle contre la pauvreté, les banques prédatrices ou les politiques anti-sociales: d'un coté, des millions de gens sans aucun pouvoir, si ce n'est celui de choisir son bourreau pour les 5 prochaines années, et de l'autre quelques types détenant tous les leviers de commande, et busant de leurs pouvoirs.

    Moi, ces types, je ne les fréquentes pas, je ne les connais pas. Mais, par exemple, un type comme De Rosnay, il les croise tous les jours, mange avec eux, tout ca…
    Et pendant que je surfe dans de l'eau polluée, que je dois acheter de l'eau minérale et tout le toutim, Msieu de Rosnay (et tous les nantis bien en cours, ce n'est qu'un exemple), il leur dit quoi, aux types qui se gavent en polluant…?

    Tant que ces types continuent leur petit jeu hypocrite, on pourra toujours "se mobiliser"..;Ouais..Ca fait 25 ans que "je me mobilise", et j'ai encore l aux yeux des nouveaux gaz employés par les CRS. La prochaine fois quun industriel pollue, qu'on le gaze un peu et que 10 CRS le cognent, tiens, pour commencer!

    • D'accord avec toi Steph, sauf pour ton appréciation sur Joël de Rosnay qui n'a jamais eu de responsabilités politiques, mais qui ne mâche pas ses mots contre certains lobbys comme tu pourras l'entendre dans de tous prochains podcasts. Il est notamment l'un des instigateurs du projet de rendre l'Ile Maurice autonome en énergie. Pendant que d'autres ne font rien, il pense, il écrit et il agit pour que les choses évoluent dans le bon sens.

    • pont dit :

      dans le mille steph bien vu

  8. Steph dit :

    Alors je retire ce que j'ai dit sur lui en particulier, mais j'espère m'être correctement exprimé en expliquant mon point de vue, à savoir que nombre des instigateurs (et supposés soutiens) de ce genre d'initiative (excellente dans son principe, évidemment), sont les grands amis de ceux qui polluent au quotidien, en entretiennent une ambivalence coupable en acceptant d'un coté ce qu'ils fustigent de l'autre…

  9. nico dit :

    Euhhh…. c'est un pas un peu facile de rejeter la faute sur les politiques.A un moment faut se regarder dans le miroir. La France est une démocratie. On a les politiques qu'on mérite !!
    J'attends avec impatience les propositions à venir de cet article…

  10. Hypocrites dit :

    Si je comprend bien les représentants des surfeurs sont pour la lutte contre la pollution, mais contre les requins et les poissons.

    Donc non a l’eau polluée qui salit votre combinaison moulante, non aux poissons qui peuplent les océans.

    C’est sacrément hypocrite tout ça. tu parle de défenseur de l’océan, être écolo ce n’est pas fait pour paraître tendance et faire le mec cool qui se révolte contre le système.

    Clarifiez votre position, l’écologie ce n’est pas quand ca vous arrange, c’est accepter de changer ses habitudes pour laisser sa part de notre terre à la faune.

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