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Archive pour la catégorie ‘Point de vue’

Comment choisir ses dérives de surf ?

Mercredi 15 octobre 2008

Grâce aux boîtiers dont sont maintenant équipées la plupart des planches de surf, il est possible de changer ses dérives et d’essayer différents modèles.

Si vous êtes un surfeur de niveau moyen, il ne vous servira à rien d’avoir les mêmes dérives qu’un surfeur professionnel connu.

Le critère n°1 de sélection doit être la sécurité des ailerons. Des dérives trop tranchantes peuvent entraîner des blessures profondes et potentiellement graves. Elles causent à elles seules plus de la moitié des plaies chez les surfeurs.

Quand on voit à quel point certains modèles de dérives (de marques connues que nous ne nommerons pas) sont tranchants, on se dit que c’est presque criminel de vendre de tels produits à de jeunes surfeurs. Pour certains modèles, les surfeurs doivent même signer une décharge.

Sur la vidéo YouTube ci-jointe, à partir du  temps 2:26, un test simple à réaliser est proposé pour évaluer les dérives.

Le test consiste à presser une pomme contre le bord arrière d’une dérive. Si elle se coupe en deux sans forcer, c’est que les dérives sont trop tranchantes. Si la dérive ne tranche pas la pomme, vous pouvez vous équiper de ce modèle d’ailerons sans problème.

Contrairement à une idée reçue, les dérives à bords souples fonctionnent très bien. J’en utilise sur mes planches et je m’amuse tout autant qu’avec des dérives dures dernier cri à mon niveau intermédiaire. Et j’ai beaucoup moins peur de m’entailler avec !

Ce n’est pas pour faire de la publicité (ou de la contre-publicité) à telle ou telle marque que je dis cela : il s’agit juste de conseils de bon sens…

Selon moi, les planches de surf devraient être équipées de dérives à bords souples que ce soit les planches d’initiation, de location ou même celles des surfeurs confirmés.

Toutes les grandes dérives centrales de longboard, de SUP ou de single fin devraient avoir des bords non coupants pour éviter qu’elles ne se transforment en couteau de cuisine en cas de collision du surfeur avec cette partie de la planche.

Cela éviterait bien des plaies délabrantes voire hémorragiques chez les surfeurs.

Le frein actuel reste le tarif légèrement plus élevé des dérives flexibles ou à bord souple mais la sécurité n’a pas de prix…

Retrouvez tous les conseils pour choisir vos dérives sur la fiche “les dérives d’une planche de surf”.

Guillaume Barucq.

Kelly Slater est le plus vieux champion du monde de surf !

Vendredi 3 octobre 2008

Et de neuf pour Kelly à Mundaka !

Pour la 9e fois de sa carrière, l’extraterrestre Kelly Slater a été sacré champion du monde de surf en ce vendredi 3 Octobre 2008 au cours du Billabong Pro à Mundaka au Pays Basque grâce à sa victoire sur Eneko Acero au 3e tour de l’épreuve.

Il bat donc son propre record de longévité au firmament de la hiérarchie du surf mondial : le plus vieux champion du monde de l’histoire du surf a maintenant 36 ans ! Le come-back et le titre 1999 de Mark “Occy” Occhilupo à 33 ans paraissaient déjà incroyables à l’époque mais que dire de cet accomplissement du “King Slater” qui n’a pourtant plus rien à prouver à personne depuis bien longtemps.

On savait déjà qu’il est possible de surfer de 7 ans à 77 ans. Voici donc une nouvelle preuve que l’on peut “durer” au meilleur de sa forme en surf passée la trentaine. Dans son interview à la sortie de l’eau aujourd’hui, Slater a même dit qu’il se voyait encore se perfectionner à 80 ans car il lui reste encore beaucoup à apprendre (sic).

Tout au long de la saison, Kelly a écrasé par son talent toute la concurrence si l’on excepte les exploits individuels de Manoa Drollet à Tahiti, Tiago Pires à Bali, Adrian “Ace” Buchan à Seignosse…et maintenant Tom Whitaker à Mundaka qui ont sorti le grand jeu.

Cela fait des années que l’on nous fait croire que le successeur de Slater est enfin arrivé… Cette année, les projecteurs étaient tournés vers Jordy Smith, Dane Reynolds ou encore Jeremy Flores. Ce fut un bide intégral ! Car même si ces surfeurs sont capables de gros coups d’éclats, ils ne semblent pas encore arriver à la cheville de Slater car trop peu consistants et réguliers pour briguer une couronne mondiale.

Une polémique a eu lieu cette année pour savoir si Slater était surnoté ou si Taj Burrow s’était fait arnaquer par les juges en finale contre lui au Boost Mobile Pro à Trestles. De mon point de vue, ce ne sont pas les juges qui favorisent Kelly Slater mais c’est plutôt son surf engagé et radical qui correspond exactement aux nouveaux critères de jugement.

En compétition, il ne s’agit plus, comme par le passé, de prendre la plus grosse vague de la série et d’enchaîner 10 rollers de façon mécanique jusqu’à la plage. Il faut maintenant exécuter  quelques figures explosives (une ou deux énormes manoeuvres ou même un seul gros tube ou aerial peuvent suffire à scorer) sur les portions les plus critiques de la vague. C’est la qualité des figures qui compte maintenant et non plus leur quantité.

Slater, qui a surfé relâché comme en free surf toute l’année, donnait le maximum sur chacune de ses figures quand certains virtuoses des aerials se contentaient d’assurer leurs timides rollers.

Une autre qualité de Kelly est qu’il a toujours su garder la tête sur les épaules malgré la médiatisation, la fortune, ses nombreuses conquêtes… Ses analyses d’après série sont toujours justes et témoignent de sa simplicité et de son expérience.

Rien à redire donc sur ce neuvième titre bien mérité. Kelly Slater entre maintenant dans le panthéon des sportifs de légende comme Michael Jordan ou Tiger Woods.

Retrouvez quelques-uns des secrets de sa préparation sur le blog de Surf Prévention.

Mais la raison principale du succès de Kelly Slater est peut-être encore plus évidente : ce type aime le surf. Tout simplement.

Le surf aux Jeux Olympiques, c’est pour quand ?

Mercredi 27 août 2008

Les J.O. de Beijing 2008 viennent de s’achever et les surfeurs restent une nouvelle fois sur leur faim car leur sport préféré n’y est toujours pas représenté.

Le Comité International Olympique ne semble pas fermé à l’inclusion de nouveaux sports, comme le prouvent les arrivées du BMX aux Jeux d’été et du snowboard pour les J.O. d’hiver. Encore que ces deux exemples ne soient pas forcément comparables au surf, car ces disciplines sont des variantes de sports qui existaient déjà aux jeux : le BMX dérive du cyclisme et le surf des neiges du ski.

Le surf, lui, serait un sport totalement nouveau aux J.O. . Pour le moment, il se heurte à un obstacle majeur: son terrain de jeu se limite quasi exclusivement aux vagues de l’Océan. Certains pays organisateurs ne pourraient donc pas accueillir l’épreuve du surf sur leur territoire. Les pays qui ont la chance d’avoir une côte pourvue en spots de surf ne seraient pas certains d’avoir de la houle pendant la quinzaine…

Pour Fernando Aguerre, président de l’International Surfing Association, la solution repose sur les piscines à vagues. Les dernières innovations technologiques des parcs à vagues permettent d’offrir des vagues de qualité, comme on peut le voir sur la vidéo. Le fait que les vagues soient standardisées permettrait de réduire le facteur chance qui existe dans une compétition de surf classique mais qui est difficilement compatible avec les exigences sportives olympiques.

Fernando Aguerre se bouge pour que le surf figure aux JO: pour lui, il ne fait que poursuivre la démarche engagée en 1920 par un athlète médaillé d’or en natation, un certain Duke Kahanamoku, qui était déjà intervenu à l’époque auprès du C.I.O. pour proposer le surf aux Jeux Olympiques.

Il faut s’y prendre très à l’avance pour avoir une chance de figurer aux JO d’été de…2016 qui se dérouleront à Rio de Janeiro, à Madrid, à Chicago ou à Tokyo. C’est en 2009 à Copenhague que le programme des sports sera arrêté pour 2016 mais la concurrence sera rude, avec le golf et le rugby notamment…

Pour qu’un nouveau sport apparaisse, il faut qu’un autre soit éliminé du programme, ce qui rend les choix cornéliens. Pour garder de l’intérêt auprès de la jeunesse et des partenaires, les JO ont cependant tout intérêt à se renouveler régulièrement. Le surf apporterait une fraîcheur supplémentaire et pourrait avoir un impact positif en dépoussiérant l’image des Jeux. Il est dommage que des sports de glisse pratiqués par des dizaines de millions de personnes à travers le monde comme le surf ou le skateboard ne soient représentés qu’aux X-Games

L’idée de développer les piscines à vagues choquera peut-être certains puristes. Mais il n’y a pas de raison pour que le surf demeure un sport de privilégiés qui vivent en bord de mer ou qui ont les moyens de se payer un surf trip.

Fernando Aguerre compare le surf au football. Que ce soit pour le jeune footballeur qui joue au ballon dans une cour de banlieue ou pour le footballeur professionnel qui évolue sur la pelouse du Camp Nou à Barcelone, le terrain de jeu est différent mais la passion pour le ballon rond est la même. En surf, il pourrait se passer la même chose si les habitants des villes éloignées de la mer pouvaient profiter de vagues de qualité et se prendre de passion pour ce sport merveilleux qu’est le surf.

Au même titre que les terrains de foot ou les cours de tennis, les piscines à vagues pourraient faire partie des aménagements indispensables pour satisfaire les habitants d’une ville et leur permettre d’être en meilleure santé physique et dans de meilleures dispositions psychologiques grâce au surf.

Le surf en piscine ne remplacerait évidemment pas le surf dans les vagues naturelles mais il en deviendrait un complément essentiel.

Les piscines à vagues permettraient surtout de réguler la surpopulation accidentogène des spots côtiers en nombre limité et aux surfaces non extensibles: plus il y a de monde sur un spot, plus le risque de collision est important, d’où l’intérêt de trouver d’autres plans d’eau pour répartir la population grandissante des surfeurs et réguler ainsi leur densité. 

Ne serait-il pas plus adapté de donner des cours de surf en piscine en réglant la puissance des vagues au minimum ? Cela permettrait de libérer de l’espace pour les free surfeurs en diminuant le nombre trop important d’écoles sur les spots et réduirait les risques pour les débutants qui sont parfois envoyés à l’eau dans des conditions inadaptées à leur niveau.

En France, les piscines à vagues, ce n’est pas encore ça… Il y a bien Etampes mais pour les piscines dernier cri, il faudra encore attendre. Quand on sait par exemple que les spots de la côte basque sont saturés en été et que la future Cité “du Surf” de Biarritz n’a même pas envisagé ce genre d’aménagement, on se dit qu’on sera (encore une fois) à la traîne pour profiter des innovations dans le domaine des vagues artificielles…

Comme le montre la vidéo ci-dessus, les piscines dernière génération changent totalement la donne. Ces nouveaux spots artificiels permettraient de démocratiser le surf et de lui faire acquérir ses lettres de noblesse olympiques…

Qui sait, ce sera peut-être vous, demain, qui serez bien content d’en profiter quand vous serez muté dans les terres, loin de la mer, pour le travail…