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Archive pour la catégorie ‘ACTUALITES’

Plus de place dans les hôpitaux…

Mardi 30 décembre 2008

Pelloux fiche dysfonctionnement AMUF
envoyé par BOCO

Un nouveau drame vient révéler les carences de notre système d’hospitalisation en France. Un patient est mort faute d’avoir été hospitalisé à temps dans un service de réanimation cardiaque.

Cela paraît invraisemblable dans un pays “développé” comme le nôtre au XXIe siècle et pourtant, les conditions de ce nouveau décès n’étonneront pas outre mesure ceux qui travaillent dans les services d’urgences-SAMU de France et de Navarre…

Pour avoir été longtemps interne dans un service d’urgences et pour réguler en tant que médecin généraliste de la “permanence des soins” au SAMU, je parle en connaissance de cause…même si j’exerce dans une zone plutôt bien dotée en hôpitaux, cliniques, médecins généralistes et spécialistes mais qui connaît quand même des difficultés pour faire accéder les patients à des hospitalisations d’urgence ou à des consultations dans des délais raisonnables à l’hôpital.

Que s’est-il passé pour ce malheureux patient victime d’un malaise cardiaque ? Le SAMU est intervenu à temps mais les médecins ont ensuite dû batailler pendant des heures en contactant pas moins de 24 hôpitaux (!!!) pour trouver une place dans un service pouvant réaliser une coronarographie. Cette perte de temps aurait été fatale au patient (ou lui aurait fait perdre des chances de survie) alors que chaque seconde comptait…

Il faut savoir que les urgentistes passent presque plus de temps au téléphone qu’à soigner les patients. Et chaque coup de fil peut durer de longues minutes… On laisse parfois sonner dans le vide plusieurs fois ( l’infirmière débordée du service ne peut pas non plus passer son temps à faire le standard pour combler le manque de secrétaires).
Le médecin : “- Bonjour, auriez-vous une place pour Monsieur…?”
L’infirmière : - “Non, désolée, nous sommes complets ce soir…”
Le médecin : - “Tant pis merci, je vais essayer ailleurs…”
Bis repetita parfois plusieurs (dizaines de) fois de suite…

A l’heure de l’informatique et d’Internet, il n’y a pas de logiciel fiable aux urgences qui peut donner en temps réel et instantanément la solution d’hospitalisation la plus proche au médecin en quête d’un lit d’hospitalisation pour son patient. Le système actuel est le système D : on fait un état des lieux des lits disponibles à un moment donné dans la journée mais si une place se libère (sortie d’un patient, transfert, décès…), on ne le sait pas avant le prochain décompte des lits…

Et pourquoi n’y a-t-il plus de place dans les hôpitaux ? Parce qu’on cherche à les rentabiliser à tout prix ! Pour qu’un hôpital soit rentable au maximum, il faudrait qu’il soit plein en permanence (comme un hôtel) avec un turn-over maximum (on recherche la durée moyenne de séjour la plus courte pour les patients même s’ils reviennent comme des “boomerangs” à l’hôpital car parfois insuffisamment rétablis à leur sortie).

Mais en matière de santé, il peut y avoir des imprévus comme une catastrophe (cf. la canicule) ou une épidémie. Déjà qu’on n’arrive pas à faire hospitaliser les gens en temps normal, où hospitaliserons-nous les patients si demain une épidémie de grippe aviaire se déclare ? Les leçons de la canicule n’ont pas été retenues et les promesses de l’époque n’ont pas été tenues.

C’est exactement ce que dénonce le docteur Patrick Pelloux (cf. vidéo Daily Motion ci-dessus), président de l’Association des Médecins Urgentistes de France... Mais le mouvement de grève qu’il a initié depuis plusieurs semaines n’a aucun retentissement car les soignants sont réquisitionnés et assurent les soins quasi normalement, ce qui n’a aucun impact sur le grand public (contrairement à une grève des transports en commun par exemple)…

Que dit Madame la Ministre Roselyne Bachelot ? Tout va très bien Madame la Marquise ! Il y avait soi-disant 11 lits le soir du décès du patient… Eh bien mazette, 11 lits de réanimation pour toute la population de la région parisienne, soit 11 millions d’habitants… Et le jeu pour les urgentistes consistait à les trouver : sauf que ce jeu aurait conduit à la mort d’un patient et, qui sait, peut-être à de nouvelles gardes à vues de soignants… Ce sont encore “les lampistes” qui vont servir de bouc émissaire…

La solution : des moyens conséquents (humains et financiers) pour la santé en général et les hôpitaux en particulier. Et oui, la santé va coûter de plus en plus cher au fil des années du fait du vieillissement de la population notamment. Il faut accepter cette réalité comme préalable à la mise en route de toute politique de santé, plutôt que de couper toujours plus les vivres à l’hôpital, aux médecins, soignants,… et en demandant aux patients de se serrer la ceinture et de prendre “une bonne mutuelle”.

Ce sujet d’actualité concerne tout le monde, les surfeurs qui lisent ce blog y compris, car ils peuvent très bien être demain victime d’un accident grave ou d’un malaise cardiaque et nécessiter une hospitalisation.

N’hésitez pas à réagir à ce sujet en postant vos commentaires.

G.B.

Rééducation de la blessure de Jordy Smith

Lundi 29 décembre 2008

Jordy Smith doit pouvoir compter sur ses genoux pour assurer son surf radical.

Dans une interview sur le site Internet de Surline, on apprend que Jordy Smith poursuit la convalescence de son entorse du genou contractée sur le spot de Sunset à Hawaii.

Le rider sponsorisé par O’neill ne resurfe toujours pas sur un shortboard mais, le jour de l’interview, il est parti faire du bodyboard sur le spot de Gums à Hawaii dans le cadre de la rééducation de son genou et du renforcement musculaire de ses membres inférieurs.

Jordy va retourner en Californie poursuivre sa rééducation sous la houlette du docteur Warren Kramer et de Tim Brown, chiropracteur du staff médical de l’ASP. Il se donne au moins un mois pour revenir en forme et être prêt pour le début de la saison prochaine sur le World Tour après une année très décevante où il s’est qualifié in extremis.

En 2009, il prévoit de prendre les choses plus posément sans se mettre la pression sur le plan mental.

Ibon Amatriain se met en danger sur un spot de gros

Jeudi 25 décembre 2008

Schrodinger´s Left : c’est le nom d’un nouveau “secret”spot de grosses vagues de la Mer Cantabrique en Galice où je n’irais surfer pour rien au monde et que je ne conseillerais pas à mon pire ennemi…

Il s’agit d’une vague super vicieuse avec d’énormes remous et des sections archi creuses qui ferment violemment d’un coup sans prévenir…

Sur la vidéo YouTube ci-dessus, on voit des vagues de 8 mètres qui cassent méchamment en face d’énormes blocs de rochers. La session se déroulait le week-end dernier.

Ibon Amatriain, big wave rider basque reconnu, se risque sur des vagues énormes jusqu’au moment où il prend une boîte et se fait entraîner sur les rochers.

Il réussit à se mettre debout sur une roche mais une énorme mousse le balaye à nouveau.

Ce n’est qu’un long moment plus tard qu’il émerge enfin des turbulences et que le jet-ski piloté par Mikel Agote peut enfin le récupérer sur son rescue sled.

Une bonne frayeur pour Amatriain qui, espérons-le pour lui, le dissuadera de risquer à nouveau sa vie sur ce genre de spot ultra-dangereux…

Je n’arrive pas à bien voir sur cette vidéo de mauvaise qualité mais j’ai l’impression qu’Amatriain porte seulement une cagoule mais pas de casque ou de protection autre que son gilet de sauvetage… Il me semble qu’un minimum de protections s’avère nécessaire quand on surfe sur de telles vagues si près de rochers.

Sauvetage en mer du skippeur Yann Eliès

Lundi 22 décembre 2008

Vendée globe: le sauvetage de Yann Eliès
envoyé par liberation

Secourir un surfeur en difficultés à quelques mètres du bord relève déjà de la gageure. Imaginez maintenant la défi que représente le sauvetage en pleine mer d’un skippeur blessé à plusieurs centaines de kilomètres des côtes.

C’est pourtant ce qui est arrivé au skipper Yann Eliès dans le Vendée Globe 2008.

Jeudi 18 Décembre 2008, vers 10 heures du matin, Eliès se fracture le fémur gauche suite à une décélération brutale de son monocoque Generali stoppé net à 50 km/heure dans le creux d’une vague de l’Océan Indien, à quelques 1500 kilomètres au sud des côtes australiennes… Il effectuait une manoeuvre à l’avant de son bateau quand l’accident s’est produit.

Il a souffert le martyre pour se mouvoir jusqu’au cockpit et il s’est immobilisé sur sa bannette ( = couchette dans un bateau). Il a réussi à déclencher ses balises de détresse et à appeler les organisateurs au secours.

Ce n’est que le lendemain qu’il a pu accéder à sa trousse à pharmacie pour s’auto-administrer de puissants antalgiques (morphiniques) sur les conseils du Docteur Jean-Yves Chauve, grand spécialiste de la Médecine à distance, avec qui il était en contact régulier toutes les 2 heures. Ce médecin conseille les navigateurs depuis son domicile de Guérande selon un protocole rigoureux qu’il a mis au point.

Dès le jeudi, Marc Guillemot, à bord du Safran, s’est dérouté pour rejoindre Yann Eliès et lui apporter un très important soutien psychologique. Les conditions de mer l’empêchaient de le rejoindre à bord du Generali mais il avait néanmoins assuré la famille de Yann Eliès qu’il n’hésiterait pas à prendre tous les risques pour monter à bord du monocoque de son ami si son état l’exigeait. Mais avec des creux de 5 mètres et un vent à 25 noeuds, s’approcher à moins de 100 mètres aurait été de la folie du fait du risque élevé de collision entre les deux bateaux dans une mer aussi formée. Le contact se faisait donc par la VHF car Eliès devait économiser les batteries de son téléphone satellite.

Note de Surf Prévention : Marc Guillemot avait connu pareille mésaventure avec fractures du fémur et du bassin en 1985 sur le catamaran Jet Services IV dans l’Atlantique Nord dans un tragique accident à l’origine de la disparition de Jean Castenet.

Les autorités australiennes se sont concertées avec le Maritime Rescue Coordination Centre de Canberra considéré comme l’équivalent australien des Centres Régionaux Opérationnels de Surveillance et de Sauvetage (CROSS) français. Une frégate médicalisée par la Marine Royale Australienne, l’HMAS Arunta (118 mètres de long), est partie de Perth jeudi soir.

Yann Eliès a donc dû attendre héroïquement plus de 48 heures entre le moment de sa fracture du fémur et le sauvetage. Yann Eliès a évité les complications majeures d’une fracture du fémur que sont une hémorragie massive ou encore une embolie graisseuse qui auraient pu mettre en jeu son pronostic vital.

Etant seul sur son bateau, les seules choses à faire pour Yann Eliès étaient de rester le plus immobile possible pour éviter un déplacement et un saignement du foyer de fracture et d’utiliser ses médicaments antalgiques au mieux en suivant les prescriptions du Docteur Chauve.

La frégate est arrivée sur zone samedi soir. L’idée d’embarquer un hélicoptère sur la frégate avait été abandonnée du fait de la difficulté d’un hélitreuillage sur un monocoque de 60 pieds (tangage important, nombreux haubans, haut mât,…) .Un semi-rigide de type zodiac a été mis à l’eau pour approcher le bateau de Yann Eliès, ce qui n’a pas été chose facile avec la houle persistante et un vent qui avait tout de même commencé à mollir.

Deux hommes dont un médecin ont pu monter à bord du bateau.

Les secours australiens ont conditionné Yann Eliès dans un matelas coquille et l’ont casqué. La partie la plus technique du sauvetage a été le transbordage du brancard de Generali au semi-rigide mais il a été parfaitement éxécuté par l’équipe australienne. Ils ont manoeuvré la quille basculante pour donner à Generali une gîte ( = inclinaison sur un bord ) maximale. Le transfert aurait duré 45 minutes et s’est idéalement déroulé. Des dauphins seraient même venus se mêler à la fête d’après Marc Guillemot.

Yann Eliès conditionné dans un matelas avec casque. Copyright Reuters / Royal Australian Navy.

Le bateau de Yann Eliès a été laissé sur place en position adéquate pour dériver sans dommage jusqu’à ce que l’équipe de Generali vienne le récupérer en mer.

Le Docteur Chauve a transmis tous les éléments médicaux sur Yann Eliès en sa possession au médecin australien, le docteur David Mcllroy.

Les premiers examens réalisés à bord de la frégate militaire ont confirmé la fracture fémorale gauche et ont révélé plusieurs fêlures de côtes.

Le membre inférieur gauche de Yann Eliès a été mis en traction. Il a pu se réalimenter et se réhydrater et les doses d’antalgiques ont été diminuées.

La frégate est arrivée lundi à 4 heures du matin heure française à Freemantle.

Yann Eliès a été transféré au Royal Perth Hospital où il doit être pris en charge en chirurgie orthopédique.

Un surfeur piqué par une raie en Nouvelle-Zélande

Vendredi 19 décembre 2008

Attention de ne pas marcher sur une raie armée quand vous surfez… Copyright iStockphoto / Prmoeller

David Craige, un surfeur américain en vacances sur la côte ouest de Nouvelle-Zélande apprenait à surfer à sa fille de 10 ans sur le beach break d’Otaki Beach quand il a marché sur une raie.

L’aiguillon de la raie lui a transpercé la combinaison et la jambe occasionnant ” la pire douleur qu’il n’ait jamais ressentie”. Il croyait même avoir été mordu par un requin.Il a rapidement mis sa fille en sécurité sur le sable et c’est elle qui a passé l’alerte en appelant le 111.

Sa blessure saignait abondamment et il a utilisé la jambe de sa combinaison pour faire garrot autour de sa cuisse et a réalisé un pansement compressif à l’aide du cardigan d’une promeneuse qui passait sur la plage.

Une ambulance est arrivée une heure après et les “paramedics” ont pu soulager sa douleur atroce avec de la morphine. Il a été hospitalisé au Palmerston North Hospital.

David Craige, qui profitait de ce surf trip pour s’initier au surf, assure qu’il réessayera le surf. Par contre, il ne forcera pas sa jeune fille, traumatisée par l’accident, à remonter sur une planche de sitôt.

Lire l’article sur le site Internet de “The New Zealand Herald”.

Retrouvez tous les conseils de prise en charge d’une piqûre de raie en cliquant sur ce lien.

Deux surfeurs attaqués par un phoque en Namibie

Mercredi 17 décembre 2008

On connaissait déjà les attaques de requins sur des surfeurs mais on n’avait encore jamais entendu parler d’attaque de phoque…

C’est pourtant la mésaventure qu’ont subie deux surfeurs en Namibie le mois dernier.

Chris Nel et Neels Engelbrecht surfaient sur le spot de Cape Cross à environ 130 kilomètres au Nord de Swakopmund.

Ils se trouvaient à environ 600 mètres du bord quand l’attaque s’est produite. Neels Engelbrecht a été attaqué par l’animal en furie qui lui a arraché un morceau d’oreille et l’a mordu à la tête, aux bras et aux jambes sous ses assauts répétés.

Chris Nel, venu à la rescousse, a essayé de mettre le nose de sa planche dans la gueule de l’animal mais il a également été blessé à la tête, au dos et aux bras.

Ils ont eu toutes les peines du monde à sortir de l’eau car le phoque les a poursuivis jusqu’au bord.

C’est Chris Nel qui a conduit leur véhicule (qu’ils avaient dû garer à un kilomètre du spot) jusqu’à l’hôpital en utilisant son membre supérieur non blessé pour tenir le volant…

Les deux surfeurs s’en tirent avec une centaine de points de suture au total pour refermer leurs plaies et une hospitalisation à l’hôpital de Swakopmund.

Ils ont été vaccinés contre la rage.

Il s’agirait de la première attaque confirmée d’un phoque sur des surfeurs. Il est néanmoins déjà arrivé que ce type de phoque s’en prenne à des plongeurs. Le phoque à l’origine de l’attaque pourrait être un jeune mâle d’après un spécialiste qui aurait réagi de la sorte pour défendre son territoire.

Conseils de Surf Prévention : si vous allez surfer du côté de Cape Cross en Namibie, il est vivement conseillé d’éviter de surfer au milieu des colonies de phoques, notamment pendant la période de reproduction s’étendant d’octobre à janvier.

Plus d’informations sur allAfrica.com.

Des news de la blessure du surfeur Julian Wilson

Mardi 16 décembre 2008

Le jeune surfeur Julian Wilson est bien sur le North Shore d’Oahu à Hawaii où il continue de récupérer de son traumatisme de la cheville gauche survenu au mois d’août 2008.

Julian s’était sévèrement tordu la cheville dans un trou de sable, il avait dû se faire opérer et respecter plus de 3 mois de convalescence.

Note de Surf Prévention : Julian s’était déjà cassé une jambe en pratiquant le snowboard quelques années plus tôt.

Le revoici donc de retour sur les plages d’Hawaii avec une planche de surf shapée spécialement pour lui permettre de poursuivre sa rééducation (un fish 5′5”).

Il était déjà remonté sur une planche de surf avant d’arriver à Hawaii mais il préfère jouer la carte de la prudence en n’allant pas surfer quand les vagues font 3 mètres et en ne tentant pas d’aérial (ce qui est difficile pour l’inventeur d’une figure aérienne baptisée Sushi Roll…).

Il estime être revenu à 80% de sa forme mais tant qu’il n’aura pas une totale confiance en sa cheville (articulation clé pour prendre de la vitesse et réaliser les figures radicales inhérentes au très haut niveau), il préfère y aller mollo. Il s’est contenté de surfer à Off-the-Wall et à Backdoor dans de petites conditions. Il n’a pas rencontré de difficultés pour se caler dans de petits barrels mais il a eu un peu plus de mal sur les cutbacks où les appuis sur les chevilles sont plus importants.

Pas de soirée arrosée pour Julian (il a remarqué que l’alcool lui faisait gonfler la cheville) pour être au golf tôt le matin avec ses amis surfeurs-golfeurs Tommy Whitaker, Jarrad Howse, Luke Munro…

Il utilise beaucoup le ballon d’exercice pour renforcer ses membres inférieurs.

Son retour à la compétition et sur les surf trips est prévu pour Janvier 2009… Tenez-vous prêts à en prendre plein les yeux !

Le livre de Kelly Slater : For The Love

Dimanche 14 décembre 2008

Kelly Slater avec la planche collector de Gerry Lopez comme trophée lors du Billabong Pipeline Masters 2008.

Kelly Slater est le surfeur, l’athlète, de tous les records.

Vendredi 12 décembre 2008, il a encore ajouté une ligne à son palmarès en devenant “Pipe Master” pour la 6e fois de sa vie, après ses titres remportés en 1992, 1994, 1995, 1996 et 1999. L’année de son neuvième sacre mondial , il redevient le maître incontesté à Banzai Pipeline neuf ans après son dernier titre et gagne une planche collector d’une autre légende du spot : Monsieur Gerry Lopez…

Il a encore une fois littéralement écoeuré ses adversaires et notamment Timmy Reyes en demie-finale qui avait pourtant réussi l’exploit de mettre Kelly “combo” (Slater avait besoin d’une combinaison de deux vagues pour reprendre la tête) en cours de série. En à peine 2 minutes, le temps de prendre 2 tubes profonds, un backside sur Pipeline et un frontside sur Backdoor, Slater renversait la vapeur et reprenait la tête de façon autoritaire et définitive… En finale, c’est Chris Ward qui a vu s’envoler ses rêves de Triple Couronne hawaiienne avec une nouvelle victoire du King Slater pour sa 10e finale de l’épreuve sur 17 participations.

Mais au-delà des superlatifs et des statistiques, qui est réellement Kelly Slater ?

Personne ne le sait réellement car l’homme garde une grande part de mystère, et même des amis de 20 ans comme Mark Richards reconnaissent que Kelly reste une énigme…

J’ai néanmoins trouvé des éléments de réponse sur la personnalité et le psychisme de Kelly Slater dans son livre “For The Love” écrit avec le journaliste de surf reconnu Phil Jarratt.

Le livre de Kelly Slater et Phil Jarratt For The Love

On n’y parle pas seulement de ses victoires en compétition ou de sa relation amoureuse (très médiatisée à l’époque) avec Pamela Anderson qu’il avait rencontrée sur le tournage de la série Baywatch. On en apprend plus sur sa famille (saviez-vous que Kelly Slater a une fille de 12 ans ?) et sur ses amis (dont Jack Johnson qui préface l’ouvrage). Le tout agrémenté de superbes photos pour la plupart inédites.

Ce livre est plein de vie mais Kelly Slater y évoque aussi la mort.

Il a pourtant été largement épargné par les accidents de surf si l’on excepte une blessure au genou qui l’a enquiquiné pendant 3 ou 4 ans en début de carrière.

Dans un passage du livre, on apprend que Kelly pense à la mort assez souvent et qu’il est passé par des stades où il n’en avait plus du tout peur. Il se dit que la peur de la mort est peut-être en fait la peur de ne pas avoir accompli tout ce que l’on aurait voulu faire dans sa vie, pas seulement les choses matérielles mais également tous les actes manqués sur lesquels on aimerait revenir, les personnes pour lesquelles on n’a pas été présent au bon moment, les conversations que l’on n’a pas écoutées,…

Kelly estime que nous devrions tous être capables de faire face à notre propre mort mais également à celle des autres. Il revient sur des épisodes traumatisants qui l’ont marqué au fer rouge d’amis victimes d’une noyade en surfant.

Il revient sur la noyade d’un ami proche à Waimea, Donny Solomon, qui était parti en arrière au canard sur une vague énorme, quelques instants après avoir partagé une vague avec Kelly. Les décès de Mark Foo à Mavericks dans “seulement” 15 pieds (après que son leash se soit probablement coincé sur le reef) et celui de Todd Chesser à Outside Alligator Rock (une série de 10 vagues consécutives de 10 mètres lui a été fatale) lui ont fait comprendre que même les big wave riders les plus expérimentés n’étaient pas immunisés contre la noyade.

Kelly Slater rappelle que la noyade peut survenir dans des petites conditions de surf comme ce fut le cas pour Malik Joyeux qui périt à Pipeline dans des vagues d’une taille abordable pour quelqu’un qui avait dompté les plus grosses déferlantes du monde à Teahupoo. Kelly raconte également la noyade de l’ancien surfeur professionnel devenu écrivain, Jamie Brisick, dans des vagues de 50 centimètres à Ventura après qu’il ait perdu connaissance suite à un traumatisme crânien contre sa planche de surf et qui a dû son salut à un pompier qui l’a repéré et a pu le ranimer sur la plage…

Toutes ces tragédies ont fait se poser beaucoup de questions à Kelly et à certains de ses amis les plus intrépides comme Shane Dorian ou Brock Little. Le jeu en valait-il vraiment la chandelle ? ” Quelle session (…), quelle photo, quelle décharge d’adrénaline, quelle distinction vaut la peine de prendre le risque de se noyer?” se demande Kelly Slater. Cette réflexion vient contredire les commentaires imbéciles du genre “ce n’est pas si grave, il est mort en faisant ce qu’il aimait..” que l’on peut entendre chaque fois qu’un surfeur décède en surfant.

Kelly Slater s’est bien fait peur à quelques reprises en restant le temps de 2 voire 3 vagues sous l’eau, de quoi subir un “aquastress” mais jamais au point d’inhaler de l’eau. Sa plus grosse frayeur dans les vagues, il se l’est faite lors de sa première session à Mavericks où il a pris la première vague d’une série de 15 pieds, a chuté alors qu’il ne s’y attendait pas, a été entraîné au fond et a été maintenu sous l’eau par la vague suivante. Quand il a enfin refait surface, Jeff Clark était là sur son jet-ski pour le récupérer.

Pour éviter de se retrouver dans ce genre de situations, Kelly Slater donne des conseils de prévention: “il faut calculer les risques surtout quand les vagues sont grosses. Faire attention à la tendance (à la hausse ou à la baisse) des bouées, connaître les lineups des spots à la perfection et être très concentré. (…) Quand tu ne peux pas voir le reef, il faut faire attention aux petites turbulences et à la couleur de l’eau. (…) Se poser la question : quelle était la taille de la plus grosse vague au cours de la dernière heure et où celle-ci a-t-elle cassé ? (…) Si tu te fais prendre par une série, tu as besoin de savoir où ramer pour te retrouver là où l’énergie se disperse et où tu peux passer dessous.”

Il y a vraiment beaucoup de choses intéressantes à apprendre dans ce livre sur Kelly Slater, sur le surf, la vie et l’amour…

Extrait du livre de Kelly Slater For The Love

Le point sur les blessures à Hawaii

Mercredi 10 décembre 2008

Aamion Goodwin sort de sa session en civière. Copyright Tyler Cuddy.

A mi-saison hawaiienne, le site Internet de Surfline fait le point sur les blessures de surfeurs sur le North Shore d’Oahu:

- Choc contre sa planche sous l’eau après une chute dans un tube à Off-the-wall (OTW) et plaie de la lèvre inférieure pour Zander Morton refermée à la colle…Super Glue (fortement déconseillé par Surf Prévention).

- Fracture d’une vertèbre lombaire après choc contre le reef pour Cory Ziems.

- Fracture du pied droit pour Ben Bourgeois après un virage mal négocié à Gas Chambers.

- Alors qu’il s’amusait à se faire enfermer dans des close-outs à OTW, “just for the shot”, Torrey Mester a pris une dérive de sa planche dans le cuir chevelu et s’est retrouvé avec une plaie fronto-pariétale gauche hémorragique qu’un pote médecin lui a refermé avec 12 agrafes. S’il avait porté un casque , comme le recommande Surf Prévention, le traumatisme ne serait pas arrivé…

- Entorse du genou pour Jordy Smith pendant sa finale à Sunset.

- Gabe Kling est mal retombé d’un roller à Rocky Point, avec sa main droite sur l’une de ses dérives tranchantes (encore et toujours !): il a été suturé au Kahuku Hospital.

- Plaie du talon gauche pour Sam Page par…une dérive à OTW ! (à quand des ailerons moins tranchants ???). Il a nettoyé sa plaie, a appliqué du citron vert et l’a également refermée avec de la colle…

- Aamion Goodwin a été victime d’une entorse du genou sévère (ligaments croisés + ménisque) après un accident spectaculaire à Pipeline: un surfeur non identifié lui a grillé la priorité et lui est littéralement tombé dessus alors qu’Aamion était parfaitement calé pour un tube d’anthologie… Il a dû être évacué par les sauveteurs et des surfeurs (cf.photo ci-dessus et vidéo Surfline).

What else ?

Jordy Smith victime d’une entorse du genou gauche à Sunset

Mardi 9 décembre 2008

Interview de Jordy Smith depuis une chambre hyperbare sur Skype.

Après un saison en demi-teinte, Jordy Smith avait remis les pendules à l’heure à Sunset Beach lors de la O’neill World Cup of Surfing la semaine dernière avec une vague à 10/10 et le meilleur score sur une série de la compétition.

Tout allait pour le mieux jusqu’à la finale. Au bottom-turn de sa premère vague son pied avant (le pied gauche car il est regular foot) a glissé vers le nose, il s’est retrouvé à faire le grand écart sur sa planche et a senti son genou lâcher. Il a ensuite dû encaisser une énorme série de vagues, a cassé sa planche et a dû remonter  à la surface et rentrer à la nage en ne comptant plus que sur une jambe…

Il souffre d’une entorse sévère du ligament croisé antérieur et du ligament latéral interne du genou gauche. Sur la photo Jordy suit un traitement par oxygène hyperbare pour tenter d’accélérer la guérison de sa blessure.

Cette blessure compromet sérieusement ses chances de participation au Billabong Pipeline Masters (les médecins de l’ASP lui ont fortement déconseillé) et hypothèque sa requalification pour le World Tour 2009. Il est actuellement 25e au classement ASP et il n’a plus qu’à espérer que ses poursuivants ne fassent pas un bon résultat à Pipeline et ne lui passent devant (seuls les 28 premiers sont qualifiés): Ben Dunn, Damien Hobgood, Roy Powers, Mick Campbell, Tiago Pires ou encore Dean Morisson peuvent encore lui couper l’herbe sous le pied. 

A moins de bénéficier d’une injury wild card…pour laquelle il serait en concurrence avec d’autres surfeurs et notamment le basque Aritz Aranburu. Autant dire dès maintenant qu’il serait vraiment injuste que Jordy Smith en bénéficie au détriment d’Aritz qui a été blessé pendant trop d’épreuves pour espérer se qualifier alors que Jordy a eu sa chance mais n’a pas été à la hauteur des grands espoirs placés en lui.

- D’autres informations sur l’oxygénothérapie hyperbare.